Un chant de Noël ukrainien revient à Kiev après un siècle et le tour du monde

Des choristes du chœur de la radio ukrainienne se préparent à une séance d'enregistrement dans l'auditorium de la maison de la radio de Kiev, à Kiev, le 22 décembre 2023. (Photo Florent Vergnes AFP)
Des choristes du chœur de la radio ukrainienne se préparent à une séance d'enregistrement dans l'auditorium de la maison de la radio de Kiev, à Kiev, le 22 décembre 2023. (Photo Florent Vergnes AFP)
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Publié le Dimanche 24 décembre 2023

Un chant de Noël ukrainien revient à Kiev après un siècle et le tour du monde

  • Ce chant traditionnel de Noël connu dans sa transcription par le compositeur Mykola Leontovytch au début du XXe siècle et joué pour la première fois à Kiev en 1916
  • Le concert de Kiev va reproduire la première interprétation du chant à Carnegie Hall, New York, survenue en octobre 1922 alors que l'Ukraine avait déclaré son indépendance en 1918 aux lendemains de la Révolution d'octobre

KIEV, Ukraine : La chanson de Noël «Le son des cloches» (Carol of the Bells) bien connue dans le monde anglo-saxon va être interprétée dimanche à la Philarmonie de Kiev pour une raison ignorée du plus grand nombre: il s'agit à l'origine d'un chant traditionnel ukrainien.

La chanson, appelée Schedryk (littéralement le Généreux) en ukrainien, est un chant traditionnel de Noël connu dans sa transcription par le compositeur Mykola Leontovytch au début du XXe siècle et joué pour la première fois à Kiev en 1916.

Son interprétation cette année par le Choeur radiophonique ukrainien aura lieu à la veille de Noël, célébré pour la première fois de manière synchrone avec le monde occidental, soit le 25 décembre du calendrier grégorien, en signe de rupture avec l'Eglise orthodoxe russe.

Celle-ci a gardé pour les fêtes religieuses l'ancien calendrier julien, décalé de 13 jours, ce qui place le 25 décembre et la célébration de Noël au 7 janvier du calendrier civil.

Le concert de Kiev va reproduire la première interprétation du chant à Carnegie Hall, New York, survenue en octobre 1922 alors que l'Ukraine avait déclaré son indépendance en 1918 aux lendemains de la Révolution d'octobre, et lutté déjà, en vain, pour la défendre.

Le président de la République populaire d'Ukraine, le nationaliste Simon Petlioura, avait envoyé en 1919 le Choeur national ukrainien en tournée en Europe occidentale puis aux Etats-Unis pour défendre les couleurs du pays.

- Diplomatie musicale -

«Petlioura voulait convaincre les Occidentaux de reconnaître l'indépendance de l'Ukraine, et il avait lancé ce projet de diplomatie musicale», explique Tina Peresunko, une des organisatrices du concert de dimanche.

Schedryk, qui deviendrait donc Carol of the Bells, faisait partie du programme.

L'Ukraine a été ensuite intégrée à l'Union soviétique en 1922.

Le compositeur Mykola Leontovytch n'a pas connu le succès de son oeuvre: il a été assassiné par un agent soviétique en 1921, selon le ministère ukrainien de la Culture.

En 1936, un Américain d'origine ukrainienne, Peter Wilhousky, a repris la musique et écrit les paroles sous le titre Carol of the Bells.

Simon Petlioura, exilé à Paris, y a été assassiné en 1926 par un anarchiste juif, Samuel Schwartzbard, qui lui reprochait les pogroms antijuifs commis en Ukraine en 1919.

L'Ukraine, redevenue indépendante depuis l'explosion de l'URSS en 1991, lutte à nouveau depuis l'annexion de la Crimée par la Russie et le début d'un conflit dans l'est de son territoire en 2014, puis une invasion majeure lancée par l'armée russe le 24 février 2022.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.