Décès de Patrick Buisson, conseiller de l'ombre et chantre de l'union des droites

Patrick Buisson quitte part après avoir assisté à une cérémonie de remise des prix, le 15 octobre 2012 à Paris (Photo de Miguel MEDINA / AFP).
Patrick Buisson quitte part après avoir assisté à une cérémonie de remise des prix, le 15 octobre 2012 à Paris (Photo de Miguel MEDINA / AFP).
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Publié le Mercredi 27 décembre 2023

Décès de Patrick Buisson, conseiller de l'ombre et chantre de l'union des droites

  • Historien et essayiste, Patrick Buisson avait notamment été le conseiller de Nicolas Sarkozy quand ce dernier était à l'Elysée de 2007 à 2012
  • Ce gourou de la communication a toutefois eu maille à partir avec la justice

PARIS: Conseiller de l'ombre de Nicolas Sarkozy, soutien d'Eric Zemmour à la dernière présidentielle, l'historien Patrick Buisson, chantre de l'union des droites, est décédé mardi à l'âge de 74 ans.

La police est intervenue à son domicile des Sables-d'Olonne (Vendée), a-t-elle indiqué à l'AFP, sans plus de précisions.

Journaliste, gourou de la communication politique, sondeur, essayiste, l'homme aux multiples casquettes a notamment travaillé auprès de Nicolas Sarkozy pour la campagne de 2007 et pendant tout son quinquennat. Beaucoup l'ont accusé d'avoir une responsabilité majeure dans la défaite de 2012, en droitisant à l'excès la campagne présidentielle.

"Son esprit parfois provocateur et sa plume acérée manqueront au débat politique", a réagi sur X Marine Le Pen, le président du Rassemblement national Jordan Bardella louant un homme qui "a fait progresser les idées du camp national comme très peu d’intellectuels".

"Il vit, avant beaucoup, les grands dangers qui menacent notre pays", a commenté de son côté le patron des Républicains Eric Ciotti.

Docteur en Histoire - sa thèse portait sur les relations France-Algérie - Patrick Buisson a été "l'hémisphère droit de Sarkozy", comme l'avait titré Le Monde.

Discours sur l'identité nationale, sécurité, immigration, suspension de Schengen, référendum pour réformer l'assurance-chômage: autant de trouvailles martelées dans les meetings sarkozystes, attribuées à cette éminence grise. Dans les adresses du candidat Sarkozy "aux petits, aux sans-grade", beaucoup voyaient aussi sa partition.

Dès les années 1980, il a été un fervent partisan d'une union des droites pour faire barrage à l’alliance entre socialistes et communistes, qui avait permis la victoire de François Mitterrand.

Ce rapprochement voulu, Patrick Buisson l'a illustré par son parcours: membre de l’Action française dans sa jeunesse, il a travaillé pour l’hebdomadaire d'extrême droite Minute qu'il a dirigé et pour Valeurs Actuelles avant de collaborer avec Philippe de Villiers.

Il s'est ensuite rapproché de l'UMP avec Nicolas Sarkozy, puis, après la rupture avec ce dernier, de François Fillon qu'il a soutenu lors de la primaire LR pour la présidentielle de 2016.

Patrick Buisson a en revanche régulièrement critiqué le Rassemblement national pour sa stratégie tournée vers l’électorat de gauche, soutenant le polémiste Eric Zemmour à la dernière présidentielle.

"Il fût le premier, avec Philippe de Villiers, à envisager ma candidature", a réagi le président de Reconquête, louant "un ami de trente ans" et "le meilleur analyste de l'opinion française".

«Poison de la droite»

Le conseiller a-t-il été "le poison de la droite" comme l'affirmait le socialiste Julien Dray ? Lui regrettait ne pas être allé jusqu'au bout: "Sarkozy, je ne l'ai pas fini", confiait-il en 2013 à un journaliste.

La justice a mis fin à cette ambition.

Patrick Buisson a été condamné en 2014 pour avoir enregistré à l’Élysée des discussions avec l'ancien président et avec son épouse Carla Bruni, sans leur accord.

L’année suivante, il a été mis en examen dans l’affaire des sondages de l’Élysée - 130 factures pour des conseils, dont une quinzaine de sondages, payées par la présidence de la République sans appels d’offres préalables. Il a été condamné en janvier 2022 à deux ans de prison avec sursis et 150.000 euros d'amende pour recel de favoritisme, abus de biens sociaux et détournement de fonds publics.

Démarche légèrement voutée, physique austère, Patrick Buisson était "un homme d'intuition (...) intéressé par les choses iconoclastes", selon un de ses anciens clients sondeurs.

En 2005, il surprend et séduit Nicolas Sarkozy en prophétisant un non massif au référendum constitutionnel européen, quand presque tous prévoyaient la victoire du oui.

A l'Elysée, après la victoire de 2007, l'essayiste était un visiteur régulier du président, mais sans bureau ni fonction dans l'organigramme. Ce dernier lui a remis la Légion d'honneur, une cérémonie à laquelle avait assisté... Jean-Luc Mélenchon.

Tous alors sollicitaient ses conseils, son éclairage, se rengorgeait-il en privé, dans son bureau, envahi par les livres, de la chaîne Histoire qu'il dirigeait.

Dans une surprenante tribune au Point de 2013, son propre fils, Georges Buisson, traçait un portrait en demi-teinte de son père, "passé maître dans l'art de déceler les ressorts cachés de l'opinion". Le texte s'achevait par une formule énigmatique: "le Semeur lançait aussi ses graines dans les buissons d'épines".

L'Action française a salué mardi "un ami (...) qui n'a jamais renoncé à ses convictions".


Les fortes chaleurs s'étendent, la sécheresse au cœur des préoccupations

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
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  • Canicule : 78 départements en vigilance orange, avec jusqu’à 39 °C. La chaleur devrait durer jusqu’au week-end
  • Sécheresse : 94 % de la population est concernée par des restrictions d’eau, avec des sols et cours d’eau à des niveaux critiques

PARIS: Les chaleurs caniculaires continuent de gagner du terrain mercredi, s'étendant à quasiment toute la France, tandis que le gouvernement tente de trouver des solutions à la sécheresse dramatique qui frappe le pays.

Pas moins de 78 départements de la métropole, du sud à l'ouest en passant par la Normandie, l'Ile-de-France et jusqu'aux Vosges, sont placés en vigilance orange canicule.

"Les maximales sont de l'ordre de 36°C à 39°C sur les départements placés en vigilance orange", indique Météo-France dans son bulletin de 06H00. Seule une portion du nord-est et quelques zones en altitude seront épargnées.

Au total en Europe, au moins 92 millions de personnes devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée mercredi, dont 30 millions en France, selon les calculs de l'AFP.

Mercredi soir, le ciel sera majoritairement dégagé, offrant des conditions parfaites pour observer la première éclipse solaire totale visible en Europe depuis 1999. Mais, en plus des lunettes de protection, il faudra prévoir casquettes et bouteilles d'eau.

Vers 20H00, lorsque le soleil sera momentanément obscurci par la lune, le thermomètre devrait encore afficher des valeurs "très élevées sur de nombreuses régions, en particulier à l'Ouest, souvent comprises entre 30 et 35°C, entre 25 et 28°C le long de la Manche", indique le prévisionniste national.

Jeudi, le nombre de départements français en vigilance orange canicule passera à 80 et l'intégralité des départements restants du territoire métropolitain sera en vigilance jaune canicule.

- "Fenêtres fermées" -

Dans la journée, les conditions seront encore rudes, notamment pour certains travailleurs.

"Les fours tournent à plein régime jusqu'à 12 heures ou 13 heures donc (...) on garde la chaleur", explique Eléonore, 23 ans, une boulangère de Rennes qui a souhaité garder l'anonymat, et qui ne dispose que d'un ventilateur pour se rafraichir.

Dans la boucherie d'Erwan Créach ou dans les bus de la capitale bretonne, "pas le choix", c'est climatisation obligatoire pour préserver la viande et le moteur des véhicules.

"Je fais quasiment des pauses toutes les heures et demi pour (...)  éviter que le bus ne tombe en panne. Ça me permet de m'hydrater aussi", explique Jean-Pierre, chauffeur, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Mais cette répétition épuise moralement. "A nouveau, on vit fenêtres fermées, dans le noir, et on ne peut même pas aérer la nuit tellement il fait chaud", constate, dépité, Romain Vandepitterie, un entrepreneur bordelais qui travaille chez lui.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet, qui avait d'abord principalement concerné le sud du pays.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.

Avec comme corollaire, une qualité de l'air qui se dégrade. Jeudi, la pollution à l'ozone devrait dépasser le seuil d'information-recommandation sur l'Ile de France, avertit Air Parif.

Le répit n'est pas attendu avant le weekend.

- Restrictions d'eau -

Autre conséquence du thermomètre en surchauffe et du manque de pluie, la sécheresse en France ne cesse d'empirer.

Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, selon Météo-France et l'Office français de la biodiversité (OFB).

Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94% de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP, alors que près des deux tiers des nappes phréatiques, principales réserves d'eau du pays, présentent des niveaux sous les normales.

Face à cette crise, le gouvernement réunit mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) ainsi que les préfectures de régions. Au menu: un état des lieux de la sécheresse et de ses conséquences, ainsi qu'un partage de retours d'expériences sur les mesures permettant de renforcer l'anticipation et la résilience des territoires.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi missionné mercredi quatre députés et trois sénateurs pour proposer de nouvelles mesures contre les feux de forêt, favorisés par le réchauffement climatique et la sécheresse.


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.