Ukraine: Zelensky promet de «ravager» les forces russes, de nouvelles frappes font cinq morts

Les résidents locaux inspectent les dégâts à l’extérieur d’un immeuble après l’attaque nocturne de drones russes à Kharkiv, le 31 décembre 2023, au milieu de l’invasion russe de l’Ukraine. (AFP)
Les résidents locaux inspectent les dégâts à l’extérieur d’un immeuble après l’attaque nocturne de drones russes à Kharkiv, le 31 décembre 2023, au milieu de l’invasion russe de l’Ukraine. (AFP)
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Publié le Lundi 01 janvier 2024

Ukraine: Zelensky promet de «ravager» les forces russes, de nouvelles frappes font cinq morts

  • Moscou et Kiev voient une escalade des violences ces derniers jours avec une attaque sans précédent qui a fait 24 morts samedi à Belgorod
  • La capitale ukrainienne Kiev observe un jour de deuil lundi pour les victimes de cette attaque, qui se montent à 19 dans la ville, a indiqué la municipalité

KIEV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a promis dans son discours pour la nouvelle année de "ravager" les forces russes en Ukraine, où de nouvelles frappes à Donetsk et Odessa dans la nuit de dimanche à lundi ont fait cinq morts.

Moscou et Kiev voient une escalade des violences ces derniers jours avec une attaque sans précédent qui a fait 24 morts samedi à Belgorod, en Russie, succédant à une attaque de missiles contre l'Ukraine vendredi, qualifiée de "massive" par Kiev, et qui a fait une quarantaine de morts.

La capitale ukrainienne Kiev observe un jour de deuil lundi pour les victimes de cette attaque, qui se montent à 19 dans la ville, a indiqué la municipalité.

Denis Pouchiline, responsable de l'administration de Donetsk nommé par Moscou, a fait état sur Telegram de "13 blessés et quatre morts" après des frappes dans la nuit de dimanche à lundi dans la ville de l'est de l'Ukraine sous contrôle russe.

Il avait rapporté plus tôt dans la soirée des "bombardements massifs" dans plusieurs districts de Donetsk qui avaient causé sept blessés.

Dans le sud de l'Ukraine, le gouverneur d'Odessa Oleg Kiper a rapporté qu"'une personne est morte en résultat d'une attaque ennemie", et signalé trois blessés, dans des messages sur Telegram.

Dans l'ouest de l'Ukraine, le gouverneur de la région de Lviv Maksym Kozytskyi a indiqué que les systèmes de défense anti-aérienne avaient abattu des drones venus de Russie au petit matin.

Drones et F-16 

Lors de son discours pour la nouvelle année, Volodymyr Zelensky a promis de "ravager" les forces russes qui ont envahi son pays, au terme d'une année marquée par l'échec de la contre-offensive estivale de l'Ukraine et le gel quasi-total de la ligne de front.

L'Ukraine disposera d'au moins "un million" de drones supplémentaires dans son arsenal l'année prochaine, a ajouté le président ukrainien, ainsi que d'avions de chasse F-16 fournis par ses partenaires occidentaux.

Son homologue russe Vladimir Poutine a lui assuré lors de ses vœux de Nouvel an que son pays ne reculerait "jamais".

Après un discours très martial l'an dernier, il a proclamé dimanche que l'année 2024 serait celle de la "famille".

Sans mentionner explicitement l'Ukraine, il a rendu un hommage appuyé aux soldats, des "héros", les assurant du "soutien de la nation entière".

Dimanche la Russie avait frappé Kharkiv, dans le nord-est de l'Ukraine, en réponse à une attaque sans précédent contre Belgorod, ville russe située à une trentaine de kilomètres de la frontière ukrainienne.

Les bombardements à Belgorod, qui ont tué 24 personnes et blessé 108 autres, selon le gouverneur de la région, Viatcheslav Gladkov, ont été l'attaque la plus meurtrière pour les civils en Russie depuis le début du conflit en février 2022.

Cibles militaires ou civiles à Kharkiv 

Moscou affirme que Kiev en est responsable, mais l'Ukraine est pour l'instant restée muette.

Le ministère russe de la Défense a assuré dimanche que les forces armées avaient frappé "des centres de décision et des installations militaires" à Kharkiv.

Mais le gouverneur de la région ukrainienne visée, Oleg Sinegoubov, a indiqué que des roquettes avaient touché samedi soir un hôtel, des bâtiments résidentiels, des cliniques ou des hôpitaux, faisant 28 blessés.

Parmi eux, deux adolescents et un Britannique, qui était le conseiller sécurité d'une équipe de journalistes allemands, selon les autorités ukrainiennes.

Moscou nie toujours viser des cibles civiles en Ukraine.

L'armée de l'air ukrainienne a affirmé que six missiles guidés russes avaient visé Kharkiv. Elle a dit en outre avoir abattu 21 des 49 drones Shahed, de fabrication iranienne, lancés par la Russie vers son territoire dans la nuit et ciblant particulièrement le sud et l'est.

Vendredi, l'Ukraine a été endeuillée par une attaque de missiles qui était, selon elle, la plus massive depuis le début du conflit, à l'exclusion de ses tout premiers jours.

Le président Volodymyr Zelensky a affirmé samedi que 39 personnes étaient mortes sur l'ensemble du pays, mais d'autres décès ont été annoncés depuis portant le bilan à plus d'une quarantaine de morts.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.