Moscou dit avoir frappé l'Ukraine après une attaque sans précédent à Belgorod

Un pompier sur une grue combat un incendie dans un bâtiment après une attaque de drone russe à Kharkiv, le 31 décembre 2023, dans le cadre de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo de Sergey Bobok AFP)
Un pompier sur une grue combat un incendie dans un bâtiment après une attaque de drone russe à Kharkiv, le 31 décembre 2023, dans le cadre de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo de Sergey Bobok AFP)
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Publié le Dimanche 31 décembre 2023

Moscou dit avoir frappé l'Ukraine après une attaque sans précédent à Belgorod

  • «En réponse à cet acte terroriste, les forces armées russes ont frappé des centres de décision et des installations militaires», a déclaré le ministère
  • Si Kiev mène régulièrement des attaques en territoire russe, notamment à l'aide de drones, il s'agit de la frappe la plus meurtrière pour les civils en Russie depuis le début du conflit en février 2022

KIEV: Moscou a déclaré dimanche avoir frappé des cibles "militaires" dans la ville ukrainienne de Kharkiv, les autorités locales assurant au contraire qu'il s'agissait de bâtiments civils, des représailles à l'attaque sans précédent qui a fait 24 morts la veille à Belgorod, en Russie.

Samedi, la Russie avait assuré qu'elle ne laisserait pas "impunie" l'attaque de missiles et de roquettes contre cette ville située à une trentaine de kilomètres de la frontière ukrainienne.

Moscou affirme que Kiev en est responsable, mais l'Ukraine est pour l'instant restée muette.

Ces bombardements ont tué 24 personnes et blessé 108 autres, selon un nouveau bilan annoncé par le gouverneur de la région, Viatcheslav Gladkov.

Il a indiqué plus tard qu'un nouveau bombardement ukrainien avait tué un homme âgé et blessé une femme dans le village de Krasnoïé, presque collé à l'Ukraine.

Si Kiev mène régulièrement des attaques en territoire russe, notamment à l'aide de drones, la frappe de Belgorod est la plus meurtrière pour les civils en Russie depuis le début du conflit en février 2022.

«Délire tordu»

"En réponse à cet acte terroriste, les forces armées russes ont frappé des centres de décision et des installations militaires" à Kharkiv, a déclaré le ministère russe de la Défense dimanche.

Le gouverneur de la région ukrainienne visée, Oleg Sinegoubov, a pourtant assuré que des roquettes avaient touché samedi soir un hôtel, des bâtiments résidentiels, des cliniques ou des hôpitaux, faisant 28 blessés.

Parmi eux, deux adolescents et un Britannique, qui était le conseiller sécurité d'une équipe de journalistes allemands, selon les autorités ukrainiennes.

La Russie a reconnu avoir ciblé un "ancien complexe hôtelier", le Kharkiv Palace, mais a assuré que s'y trouvaient des membres des services de renseignements et des forces armées ukrainiennes "impliqués" dans l'attaque de Belgorod, ainsi que des "mercenaires étrangers".

Des allégations qualifiées de "délire tordu" par le renseignement militaire ukrainien, qui a dit qu'aucun de ses employés n'avait été blessé.

Moscou nie toujours viser des cibles civiles en Ukraine.

49 drones 

De son côté, l'armée de l'air ukrainienne a affirmé que six missiles guidés russes avaient visé Kharkiv.

Elle a en outre dit avoir abattu 21 des 49 drones Shahed, de fabrication iranienne, lancés par la Russie vers son territoire dans la nuit et ciblant particulièrement le sud et l'est.

Ces derniers jours ont été marqués par une escalade de violence entre la Russie et l'Ukraine.

Vendredi, l'Ukraine a été endeuillée par une attaque de missiles qui était, selon elle, la plus massive depuis le début du conflit, à l'exclusion de ses tout premiers jours.

Le président Volodymyr Zelensky a affirmé samedi après-midi que 39 personnes étaient mortes sur l'ensemble du pays, mais d'autres décès ont été annoncés depuis.

Le gouverneur de la région de Dnipropetrovsk, Serguiï Lyssak, a ainsi déclaré dimanche qu'un des blessés s'était éteint à l'hôpital, portant le bilan pour sa zone à 7 morts.

A Kiev, le service d'Etat pour les situations d'urgence a affirmé avoir retrouvé 23 corps dans les décombres depuis l'attaque de vendredi.

«Attaque aveugle»

Dimanche, Vladimir Poutine a assuré que son pays ne reculerait "jamais" lors de ses voeux de Nouvel an, diffusés à la télévision russe.

L'année dernière, le président russe avait prononcé un discours au ton très martial, flanqué de militaires en uniforme. Cette fois, il a proclamé que l'année 2024 serait celle de la "famille", avec le Kremlin en arrière-plan.

Même s'il n'a pas mentionné explicitement l'Ukraine, il y a fait plusieurs allusions, rendant un hommage appuyé aux soldats, des "héros", ou expliquant que la Russie avait "défendu fermement" ses intérêts et sa sécurité en 2023.

Volodymyr Zelensky doit à son tour prendre la parole dans la soirée, un discours attendu au terme d'une année marquée par l'échec de la contre-offensive estivale de l'Ukraine et le gel quasi-total de la ligne de front.

Côté russe comme ukrainien, les célébrations se dérouleront dimanche soir sous haute tension, après les frappes des derniers jours.

Le gouverneur de la région russe de Koursk, Roman Starovoït, a invité les résidents à rester chez eux, eu égard à la "situation agitée".

Son homologue de la région de Voronej, Alexandre Goussev, a indiqué avoir annulé les "programmations festives", par "solidarité" avec les habitants de Belgorod.


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.