Ukraine: Cinq morts dans des frappes «massives» russes, Kiev veut d'urgence plus d'aide militaire

Des membres de l'unité ukrainienne de neutralisation des explosifs et munitions (EOD) examinent un cratère à l'extérieur d'un immeuble résidentiel endommagé dans le centre de Kharkiv après une frappe de missile le 2 janvier 2024 (Photo, AFP).
Des membres de l'unité ukrainienne de neutralisation des explosifs et munitions (EOD) examinent un cratère à l'extérieur d'un immeuble résidentiel endommagé dans le centre de Kharkiv après une frappe de missile le 2 janvier 2024 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 03 janvier 2024

Ukraine: Cinq morts dans des frappes «massives» russes, Kiev veut d'urgence plus d'aide militaire

  • La Russie a effectué mardi de nouvelles frappes «massives» contre l'Ukraine, tuant au moins cinq civils et blessant 130 personnes principalement à Kiev et Kharkiv
  • Comme à son habitude, l'armée russe a quant à elle assuré n'avoir visé que des installations militaires qui ont toutes été «détruites»

KIEV: La Russie a effectué mardi de nouvelles frappes "massives" contre l'Ukraine, tuant au moins cinq civils et blessant 130 personnes principalement à Kiev et Kharkiv, selon les autorités ukrainiennes qui réclament à leurs alliés occidentaux une aide militaire accrue.

Comme à son habitude, l'armée russe a quant à elle assuré n'avoir visé que des installations militaires qui ont toutes été "détruites" à l'aide de missiles de longue portée et de drones explosifs.

"Les trajectoires ont été spécialement calculées par l'ennemi pour causer le plus de dégâts possibles. C'est une terreur tout à fait consciente", a dénoncé le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son adresse quotidienne.

Selon lui, la Russie a tiré près de 300 missiles et plus de 200 drones explosifs Shahed contre l'Ukraine depuis le 29 décembre.

La Russie "prend délibérément pour cible des infrastructures essentielles et des quartiers résidentiels", a dénoncé le ministre ukrainien de la Défense, Roustem Oumerov.

L'armée ukrainienne a affirmé que la Russie avait tiré tôt mardi 99 missiles. Soixante-douze ont été abattus dont 10 Kinjal hypersoniques par des systèmes de défense antiaérienne Patriot, "un record".

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a assuré après ces frappes que le Royaume-Uni "continuerait de soutenir fermement l'Ukraine" en 2024, notamment via "de nouvelles livraisons" d'armes.

La cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock a estimé qu'"avec chaque missile, Poutine montre qu'il veut anéantir l'Ukraine". "Nous sommes aux côtés du peuple ukrainien tant qu'il a besoin de nous", a-t-elle assuré.

L'ONU veut une désescalade immédiate entre Moscou et Kiev

Le chef des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, a appelé mardi à une désescalade immédiate des hostilités entre la Russie et l'Ukraine.

"L'escalade des hostilités est alarmante, des dizaines de civils ont été tués en Ukraine et en Russie. Le droit international humanitaire interdit les attaques aveugles et les attaques contre des installations civiles", a déclaré le Bureau des droits de l'homme de l'ONU sur X, l'ancien Twitter.

"Volker Türk appelle à des mesures immédiates de désescalade, de protection des civils et de respect du droit international".

«Tas de ruines»

A Kiev, un immeuble du quartier de Solomianskiï, près du centre, a été en partie détruit. Deux personnes sont mortes et 49 autres ont été blessées, a annoncé son maire Vitali Klitschko.

"C'est l'horreur !", clame sur place Galina Soloviova, une femme de 79 ans.

"Il n'y a plus rien dans l'appartement : plus d'eau, plus d'électricité, plus de gaz. Tout a été soufflé", dit sa fille, Violetta, 56 ans. "Ce n'est plus qu'un tas de ruines..."

Une autre habitante du bâtiment, Valentina Guerda, 53 ans, pointe du doigt les Russes : "Nous étions des frères mais nous sommes devenus des ennemis", lâche-t-elle auprès de l'AFP. "Je souhaite donc qu'il leur arrive la même chose qu'à nous !".

Brièvement coupée dans la matinée pour plusieurs dizaines de milliers d'Ukrainiens, l'électricité a été "complètement" rétablie à Kiev dans l'après-midi, s'est félicitée sur Telegram l'administration municipale.

La deuxième ville d'Ukraine, Kharkiv, située dans le nord-est, non loin de la frontière russe, a de son côté été la cible d'"au moins quatre frappes", selon le gouverneur Oleg Synegoubov.

Au total, cinq personnes ont été tuées et 130 blessées dans ces bombardements en Ukraine mardi, ont indiqué les services de secours.

Après les attaques russes matinales, l'armée ukrainienne a, selon le ministère russe de la Défense, tiré à la mi-journée plusieurs salves de missiles sur la région russe frontalière de Belgorod.

Ce bombardement ukrainien a fait un mort et onze blessés et endommagé des immeubles et maisons d'habitation, selon le gouverneur régional Viatcheslav Gladkov.

Un village russe accidentellement bombardé par l'armée de l'air russe

Le ministère russe de la Défense a reconnu mardi le bombardement accidentel d'un village de l'ouest de la Russie, non loin de la frontière ukrainienne, assurant qu'il n'y avait toutefois aucune victime.

La Russie a mené mardi matin, aux alentours de l'heure de cet incident, des frappes massives contre l'Ukraine.

Evoquant "l'explosion accidentelle d'une munition" transportée par un avion de l'armée de l'air vers 9H00 (06H00 GMT), le ministère a indiqué aux agences de presse russes qu'une déflagration avait secoué le village de Petropavlovka, dans la région de Voronej, à 150 km de l'Ukraine.

"Il n'y a pas de blessés, mais des destructions ont été constatées sur sept bâtiments", a indiqué sur Telegram le gouverneur régional Alexandre Goussev, précisant que des habitants avaient dû être pris en charge dans des centres d'accueil.

Kiev demande «plus» d'armes

La nouvelle série de frappes russes intervient au lendemain de la menace agitée par Vladimir Poutine d'"intensifier" ses bombardements, en représailles d'une attaque sur Belgorod samedi (25 morts), qui elle même faisait suite à une série de frappes sur l'Ukraine un jour plus tôt (une quarantaine de morts).

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a réclamé d'urgence l'accélération des livraisons occidentales de "systèmes de défense antiaérienne supplémentaires, de drones de combat" et de "missiles d'une portée de plus de 300 kilomètres".

Aux Etats-Unis, le principal soutien de l'Ukraine, les négociations patinent depuis des semaines entre Républicains et Démocrates sur la validation de l'enveloppe de 61 milliards réclamée avec insistance par les présidents américain Joe Biden et ukrainien Volodymyr Zelensky.

"Nous avons besoin de plus de systèmes (de défense antiaérienne, ndlr) et de munitions", a insisté le commandant en chef de l'armée ukrainienne Valery Zaloujny.

"Il est urgent et crucial de soutenir l'Ukraine maintenant, pour arrêter Poutine", a lancé sur X (ex-Twitter) l'ambassadrice américaine en Ukraine, Bridget Brink.

Dans un communiqué, la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Ukraine, Denise Brown, avait quant à elle jugé "alarmantes" les frappes russes qui laissent des centaines de milliers d'Ukrainiens "sans électricité (et) sans eau", à un moment où les températures sont négatives en Ukraine.

Or, près de deux ans après le début de son invasion, la Russie semble déterminée à accroître ses attaques, un moyen notamment de forcer Kiev, qui manque de munitions, à utiliser les armes livrées par les Occidentaux.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Short Url
  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Short Url
  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.


Le secrétaire américain à l'Armée de terre démissionne après des mois de tension

Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
Short Url
  • Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll
  • "Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré

WASHINGTON: Le secrétaire américain à l'Armée de terre Dan Driscoll a remis sa démission, après des mois de tensions avec le ministre de la Défense Pete Hegseth, a confirmé lundi la Maison Blanche à l'AFP.

S'il est accepté, ce départ constituera le dernier bouleversement en date à la tête de l'institution, déjà secouée ces derniers mois par plusieurs mises à l'écart dont celle au printemps de son chef d'état-major, le général Randy George.

Dan Driscoll était le plus haut responsable civil de l'armée de terre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025.

Sa démission a été révélée dans un premier temps par le Wall Street Journal en fin de journée lundi, puis reprise par plusieurs médias américains.

"Le secrétaire Driscoll s'est montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump (...) apportant un leadership remarquable lors d'opérations militaires historiques", a salué la Maison Blanche dans un communiqué.

Elle a jugé l'armée américaine "plus forte que jamais grâce à son travail aux côtés" de Donald Trump et du ministre de la Défense, Pete Hegseth.

Dan Driscoll a notamment été impliqué dans des négociations concernant la guerre en Ukraine, aux côtés des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

Il est un ami proche du vice-président JD Vance, dont il a été camarade de promotion à la faculté de droit de la prestigieuse université de Yale.

Ses relations avec Pete Hegseth étaient en revanche notoirement mauvaises, selon les médias américains qui bruissaient de rumeurs sur son départ depuis plusieurs mois.

Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll.

"Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré.

Ancien militaire ayant servi en Irak, Dan Driscoll s’est présenté sans succès au Congrès en 2020. Il a ensuite été conseiller dans l'équipe de campagne pour la réélection de Donald Trump en 2024.

Sa démission intervient cinq mois après l'éviction du chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Randy George, limogé début avril.

Elle menace de facto de laisser l'armée de terre américaine sans direction civile ni militaire permanente.

Depuis l'éviction du général George, le poste de chef d'état-major de l'armée de terre est occupé par son ancien bras droit, le général Christopher LaNeve, vétéran des guerres d'Irak et d'Afghanistan désigné par Pete Hegseth pour assurer l'intérim.