Nouvelles frappes sur la bande de Gaza devenue «inhabitable» selon l'ONU

Une photo prise depuis Rafah montre de la fumée s'échappant de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, lors des bombardements israéliens le 5 janvier 2024 (Photo, AFP).
Une photo prise depuis Rafah montre de la fumée s'échappant de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, lors des bombardements israéliens le 5 janvier 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 06 janvier 2024

Nouvelles frappes sur la bande de Gaza devenue «inhabitable» selon l'ONU

  • Théâtre samedi de nouvelles frappes israéliennes, la bande de Gaza est devenue un "lieu de mort" tout simplement "inhabitable", alerte l'ONU
  • Des frappes israéliennes ont retenti tôt samedi à Rafah, ville à la pointe sud de la bande de Gaza où se sont réfugiés ces dernières semaines des centaines de milliers de Palestiniens

JÉRUSALEM: Théâtre samedi de nouvelles frappes israéliennes, la bande de Gaza est devenue un "lieu de mort" tout simplement "inhabitable", alerte l'ONU après quasiment trois mois d'une guerre Israël/Hamas sans répit qui pourrait embraser la région.

Selon des journalistes de l'AFP, des frappes israéliennes ont retenti tôt samedi à Rafah, ville à la pointe sud de la bande de Gaza où se sont réfugiés ces dernières semaines des centaines de milliers de Palestiniens qui tentent d'échapper aux affrontements.

Dans le nord de Gaza, où l'armée israélienne avait lancé son opération terrestre fin octobre, les bombardements se poursuivent. "Tout le quartier est détruit et je ne sais pas où les gens vont retourner. Où allons-nous vivre ?", a dit vendredi à l'AFP un habitant de Jabaliya (nord) après une frappe israélienne.

"Regardez cette destruction, mais malgré cela, nous resterons déterminés. Nous n'avons pas fui vers le sud ou ailleurs, nous sommes restés à al-Sika (quartier de Jabaliya), là où se trouvaient nos maisons", a-t-il ajouté.

La bande de Gaza est "tout simplement devenue inhabitable", et ses habitants "font face à des menaces quotidiennes sous les yeux du monde", a résumé le coordinateur des affaires humanitaires des Nations unies, Martin Griffiths.

Selon l'Unicef, les affrontements, la malnutrition et la situation sanitaire ont créé "un cycle de la mort qui menace plus de 1,1 million d'enfants" dans ce territoire paupérisé avant même le début de la guerre.

Israël a juré de "détruire" le Hamas - mouvement islamiste classé comme terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne - après son attaque inédite sur le sol israélien le 7 octobre, fatale à 1.140 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir du bilan israélien. Environ 250 personnes ont été prises en otage, dont une centaine libérées lors d'une trêve fin novembre.

Les opérations militaires israéliennes ont fait 22.600 morts à Gaza, majoritairement des femmes et mineurs, selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.

"Nous continuons de demander une fin immédiate au conflit non pas seulement pour la population de Gaza et ses voisins menacés, mais pour les générations à venir qui n'oublieront jamais les 90 jours d'enfer et d'attaques sur les principes les plus fondamentaux de l'humanité", a déclaré M. Griffiths.

«Riposte inéluctable»

Israël a toutefois martelé que son opération à Gaza allait se poursuivre jusqu'au "retour" des otages et "l'élimination" des capacités militaires du Hamas qui restent d'ailleurs "importantes", selon son allié américain.

"2024 sera une année de combats", a prévenu le porte-parole de l'armée israélienne Daniel Hagari, en faisant état aussi "d'un très haut niveau de préparation" des troupes à la frontière avec le Liban, théâtre quasi quotidien depuis le 8 octobre d'échanges de tirs avec le Hezbollah, mouvement soutenu par l'Iran comme le Hamas.

Ces tensions sont allées crescendo cette semaine avec l'élimination, dans une frappe attribuée à Israël, du N. 2 du Hamas, Saleh al-Arouri, dans un quartier sud de Beyrouth, fief du Hezbollah.

"La riposte est inéluctable (...) Nous ne pouvons pas garder le silence sur une violation de cette magnitude car cela signifierait que tout le Liban serait exposé" à l'avenir, a déclaré vendredi le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. "Nos combattants dans l'ensemble des zones frontalières (...) répondront à cette dangereuse violation", a-t-il ajouté.

En Syrie et en Irak, les attaques contre des bases militaires des Etats-Unis, principal allié d'Israël, ont bondi ces dernières semaines tandis qu'au Yémen les rebelles Houthis, aussi soutenus par l'Iran, ont multiplié les tirs en mer Rouge afin d'y freiner le trafic maritime international en "soutien" aux Palestiniens de Gaza.

Dans ce contexte, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell doit s'entretenir ce week-end avec des responsables au Liban alors que le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken est en Turquie pour une tournée régionale qui doit aussi le conduire en pays arabes et en Terre sainte dans l'espoir d'éviter un embrasement régional.

Gaza après la guerre

Autre élément possible à son programme: l'avenir à plus long terme de Gaza. Le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a dévoilé jeudi son premier plan pour l'après-guerre qui prône la mise en place d'une administration sans le Hamas, mais sans présence civile israélienne.

"Les habitants de Gaza sont Palestiniens. Par conséquent des entités palestiniennes seront en charge (de la gestion) à la condition qu'il n'y ait aucune action hostile ou menace contre l'Etat d'Israël", a souligné M. Gallant, dont le plan n'a pas reçu à ce stade l'aval du gouvernement israélien divisé sur cette question épineuse.

Pour Ziad Abdo, 60 ans, un Palestinien qui a fui les combats pour se réfugier à Rafah, "l'avenir, ce sera surtout la reconstruction. Regardez les hôpitaux détruits, les écoles en ruines. Il ne reste plus rien".

Mais pour deux ministres israéliens d'extrême-droite - Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich - le futur de Gaza passe plutôt par le départ de Palestiniens sur place et le retour de colons juifs.

D'ailleurs en Cisjordanie occupée, le nombre de nouvelles colonies sauvages et de routes pour les colons a connu une progression "sans précédent" depuis le début de la guerre à Gaza, soutient dans une étude l'ONG israélienne Peace Now (La Paix Maintenant).

"Les trois mois de guerre à Gaza sont instrumentalisés par des colons afin de créer un état de fait sur le terrain et ainsi prendre le contrôle de plus larges pans" de la Cisjordanie, souligne l'ONG, citant un "environnement politique" favorable aux colons.


Cisjordanie : la violence «ne fait qu'empirer», selon l'ONU

Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU. (AFP)
Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU. (AFP)
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  • Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU
  • Les Etats tiers doivent agir de toute urgence et de concert pour mettre un terme aux meurtres et aux expulsions

GENEVE: Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU.

"Alors que les attaques perpétrées par des colons israéliens, ainsi que la création de colonies et d'avant-postes, atteignent des niveaux sans précédent, les Etats tiers doivent agir de toute urgence et de concert pour mettre un terme aux meurtres et aux expulsions dont continue d'être victime le peuple palestinien, et pour mettre fin à l'occupation israélienne", a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies, dans un communiqué.


Iran: les Gardiens disent avoir frappé trois pétroliers dans le détroit d'Ormuz

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz
  • "Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter"

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim.

"Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter", ont affirmé les forces navales des Gardiens, citées par Tasnim.

 

 


L'Arabie saoudite frappe une milice irakienne soutenue par l'Iran

L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
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  • Le Royaume affirme ne pas rechercher l'escalade

RIYAD : Le ministère saoudien de la Défense a annoncé tôt mercredi avoir frappé des cibles appartenant à des groupes soutenus par l'Iran en Irak.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministère a indiqué que l'Arabie saoudite ne cherchait pas l'escalade, mais qu'elle répondrait à toute agression.

Selon le ministère, l'opération a été menée conjointement avec les forces américaines.

Plus tôt, le ministère avait annoncé avoir intercepté et détruit plusieurs drones mardi soir, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale.

Le porte-parole officiel du ministère, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que ces attaques « terroristes » provenaient une nouvelle fois du territoire irakien et avaient été menées par des milices terroristes soutenues par l'Iran.

Il a réaffirmé le droit inhérent du Royaume à défendre son territoire et ses infrastructures, ainsi que son droit de répondre au moment et à l'endroit qu'il jugera appropriés.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que cette « approche agressive adoptée par les milices terroristes affiliées à l'Iran en Irak intervenait alors même que le Royaume déployait des efforts pour contribuer à mettre fin à l'escalade dans la région, de manière à préserver sa sécurité et sa stabilité ».

« Cependant, ces milices terroristes affiliées à l'Iran ont choisi une voie d'escalade irresponsable, en violation du droit international et au mépris des exigences de la fraternité islamique, qui imposent le respect des principes du bon voisinage », poursuit le communiqué.

Des drones lancés depuis l'Irak, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale du Royaume ainsi que Riyad, avaient déjà été interceptés lundi.

Une coalition d'anciens groupes paramilitaires pro-iraniens en Irak a déclaré mercredi que plusieurs personnes avaient été tuées et blessées lors de frappes américano-saoudiennes sur le territoire irakien.

« Ces attaques ont entraîné la mort de plusieurs membres de nos forces, fait plusieurs blessés, et causé des dégâts matériels à plusieurs bâtiments et propriétés », a indiqué dans un communiqué les Forces de mobilisation populaire (PMF), connues en arabe sous le nom de Hashed Al-Shaabi

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com