Projet de «charte des valeurs»: le recteur de la Grande Mosquée de Paris se retire

Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Mosquée de Paris, en conférence de presse le 2 novembre (Photo, AFP).
Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Mosquée de Paris, en conférence de presse le 2 novembre (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 30 décembre 2020

Projet de «charte des valeurs»: le recteur de la Grande Mosquée de Paris se retire

  • Une partie du texte de la charte, appelant notamment à lutter contre les courants idéologiques radicaux étrangers, a été supprimée à la demande de trois fédérations membres du CFCM
  • Chems-Eddine Hafiz estime que la représentation des musulmans «mérite autre chose que des agissements douteux qui cherchent à séparer les Français de confession musulmane de leur société»

PARIS: «J’ai décidé (…) de ne plus participer aux réunions qui visent à mettre en œuvre le projet du Conseil national des imams et de geler tous les contacts avec l’ensemble de la composante islamiste du CFCM», a indiqué Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Mosquée de Paris, via un communiqué rendu public le 28 décembre, qui précise qu’il s’agit d’une «décision irrévocable».

Une polémique autour de la charte des valeurs républicaines

La polémique est grande entre les neuf fédérations membres du Conseil français du culte musulman (CFCM) autour de la rédaction de la charte des valeurs qui sera exigée par le futur Conseil national des imams de France (CNI) pour la délivrance de l’agrément aux imams en fonction de leurs connaissances et du respect des valeurs républicaines et déontologiques. 

Demandée par le président français, Emmanuel Macron, lors de son discours aux Mureaux, dans les Yvelines, lors de la présentation de sa stratégie de lutte contre les séparatismes, en octobre dernier, cette charte républicaine consiste à faire valoir l’attachement des fédérations musulmanes membres du CFCM aux lois et aux valeurs de la république française. «Au lendemain de l’effroyable crime qui a coûté la vie à Samuel Paty, le chef de l’État avait exprimé sa volonté de voir toutes les instances musulmanes prendre leurs distances, de manière officielle et tangible, avec toute forme de propos séparatistes», précise Chems-Eddine Hafiz dans le communiqué.

«Cette nécessaire clarification devait se matérialiser à travers l’élaboration d’une charte des valeurs», fait savoir le recteur de la Grande Mosquée de Paris, ajoutant que «la décision a été prise conjointement par le président Emmanuel Macron et toutes les fédérations qui composent le CFCM». Une charte qu’il a soutenue «dans un but pédagogique, afin que notre jeunesse musulmane, notamment, puisse comprendre que rien ne l’empêche, en France, de vivre de façon harmonieuse sa citoyenneté et sa foi», souligne Chems-Eddine Hafiz, qui n’a pas manqué pas de rappeler: «Les deux ne se contredisent pas; elles ne se télescopent pas, ne sont pas incompatibles, bien au contraire, elles se complètent, car la liberté de conscience est garantie.»

Or, une partie du texte de la charte, appelant à lutter contre les courants idéologiques et les doctrines de l’islamisme, notamment les courants idéologiques radicaux étrangers, et prônant la non-criminalisation de l’apostasie, l’importance de l’école laïque publique et l’égalité entre les femmes et les hommes, a été supprimée à la demande de trois fédérations membres du CFCM dont les noms n’ont pas été révélés.

L’idéologie de l’islamisme radical mise en cause

Chems-Eddine Hafiz pointe du doigt la composante islamiste au sein du CFCM, des membres sous influence de doctrines étrangères qui bloquent les négociations pour l’élaboration de la charte des valeurs de l’islam de France. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris va plus loin, il accuse ces membres de vouloir «saborder toutes les initiatives qui visent à créer des rapprochements salutaires entre les musulmans de France et la communauté nationale», et ajoute que des «cercles malveillants» voudraient transformer «une religion paisible en idéologie de combat».

«L’idéologie islamiste rigoriste est bien présente au sein du CFCM», commente Rachid, qui approuve la décision du recteur de la Mosquée de Paris. «Il est urgent de donner un coup de pied dans la fourmilière afin de rendre sa noblesse à l’islam», explique-t-il, soulignant «que la grande majorité des musulmans de France partagent les valeurs de la république, et attendent de pouvoir pratiquer leur religion avec sérénité et discrétion».

De son côté, Chems-Eddine Hafiz estime que la représentation des musulmans «mérite autre chose (…) que des agissements douteux entourés d’actions qui cherchent à diviser la communauté nationale et à séparer les Français de confession musulmane de leur société».


Deux employés d'un Burger King jugés en décembre pour harcèlement après un suicide

Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
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  • Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026
  • Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais"

LILLE: Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime.

A l'issue de leurs gardes à vue jeudi soir dans le cadre de cette affaire, "des convocations par officier de police judiciaire ont été remises aux deux prévenus" pour être jugés, selon la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier.

Il s'agit d'un salarié du même niveau hiérarchique que la victime et d'un supérieur direct, de hiérarchie intermédiaire, a précisé la procureure.

Ils doivent comparaître le 10 décembre au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, selon un avis du parquet reçu par la soeur de la victime, partie civile dans ce dossier, et dont l'AFP a obtenu une copie.

Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026.

Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais".

Le procès à venir "est un soulagement pour la famille, car nous redoutions que l'affaire soit classée sans suite. C'est une première étape, mais l'objectif reste qu'ils soient condamnés, pour Sylvana et pour toutes les victimes de harcèlement au travail. Il faut que cela cesse", a déclaré à l'AFP Boubacar Dembélé, fondateur du collectif Agir Ensemble, qui lutte contre le harcèlement.

Plusieurs salariés du même établissement se sont joints à la plainte d'Angelina Dufossé et ont témoigné à la justice du harcèlement subi.

Par ailleurs, une autre plainte avait déjà été déposée en mai 2025 par une ancienne employée du même restaurant, Séphina Lapotre, pour harcèlement moral lié à sa religion et à son port du voile.

De son côté, Burger King avait déclaré en février à l'AFP qu'un audit RH réalisé à sa demande dans le restaurant de Calais avait été "partagé aux autorités compétentes" et que les deux salariés concernés étaient suspendus.

 


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
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  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.