Critiques américaines contre la riposte anti-islamiste de Paris après les attentats

Selon Sam Brownback, «les pays s'en sortent mieux lorsqu'ils travaillent avec les chefs religieux pour identifier les inquiétudes et les problèmes, sans entrer en conflit avec des groupes religieux» (Photo, AFP)
Selon Sam Brownback, «les pays s'en sortent mieux lorsqu'ils travaillent avec les chefs religieux pour identifier les inquiétudes et les problèmes, sans entrer en conflit avec des groupes religieux» (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 09 décembre 2020

Critiques américaines contre la riposte anti-islamiste de Paris après les attentats

  • «Je suis inquiet, évidemment, pour ce qui se passe en France»
  • «La France se bat contre le séparatisme islamiste, jamais contre l'islam», avait répondu le président français

WASHINGTON: Un haut responsable américain a critiqué mardi la riposte de Paris contre l'islamisme radical après les récents attentats en France, illustrant le dialogue de sourds entre la « liberté religieuse » chère aux Etats-Unis et la « laïcité » défendue bec et ongles par le président français Emmanuel Macron. 

« Je suis inquiet, évidemment, pour ce qui se passe en France », a dit l'émissaire des Etats-Unis pour la liberté religieuse, Sam Brownback, lors d'un échange avec des journalistes. 

« Il peut y avoir un dialogue constructif qui peut, je pense, être utile », mais « quand on est trop répressif, la situation peut s'aggraver », a prévenu cet ambassadeur respecté, au lendemain de la publication de la nouvelle liste noire américaine sur la liberté de religion. 

« Notre point de vue, c'est que le rôle du gouvernement est de protéger la liberté religieuse. Vous ne pouvez pas pratiquer votre foi de façon violente (...) mais si vous pratiquez votre foi pacifiquement, vous êtes dans votre bon droit », a-t-il ajouté. 

Selon Sam Brownback, « les pays s'en sortent mieux lorsqu'ils travaillent avec les chefs religieux pour identifier les inquiétudes et les problèmes, sans entrer en conflit avec des groupes religieux ». 

Emmanuel Macron a nettement haussé le ton contre l'islamisme radical depuis l'assassinat en octobre d'un professeur qui avait montré en classe des caricatures de Mahomet dans un cours sur la liberté d'expression, suivi d'un attentat qui a fait trois morts dans la basilique de Nice, dans le sud-est de la France. 

« Pas de problèmes avec l'islam »  

Le gouvernement français a annoncé une « action massive et inédite » contre 76 mosquées et a dissous des associations décrites comme des « officines islamistes » oeuvrant « contre la République ». Il doit présenter mercredi un projet de loi « renforçant les principes républicains », qui vise à lutter contre « les séparatismes » et l'islamisme radical. 

Dans le monde musulman, cette réponse a souvent été perçue comme une attaque contre l'islam en général, et des appels au boycott de produits français ont même été relayés par le président turc Recep Tayyip Erdogan, engagé dans un face à face sans merci avec Emmanuel Macron. 

Mais la position française a été critiquée aussi au-delà, et notamment dans le monde anglo-saxon. 

« La France se bat contre le séparatisme islamiste, jamais contre l'islam », avait répondu le président français dans une tribune publiée début novembre dans le quotidien britannique Financial Times. 

Quelques jours plus tard, il avait décroché le téléphone pour se plaindre, auprès du New York Times, de certains médias anglophones qui « disent que le coeur du problème, c'est que la France est raciste et islamophobe ». 

Selon le journaliste du quotidien américain qui avait recueilli les doléances d'Emmanuel Macron, ce dernier reproche aux médias américains de chercher « à imposer leurs propres valeurs à une société différente », sans comprendre « la laïcité à la française ». 

Vendredi, il est encore longuement revenu sur ces critiques, assurant que la France n'avait « pas de problèmes avec l'islam » et tentant d'expliquer que cette vision très particulière de la « laïcité » -- qui n'a d'ailleurs pas de traduction optimale en anglais -- trouvait ses racines dans la séparation entre la politique et le religieux qui est à la fondation de la République française. 

De la même manière, il a défendu une fois de plus la liberté d'expression et le droit de critiquer et caricaturer les religions. 

Jusqu'ici, le gouvernement américain avait vivement dénoncé les attentats d'octobre en France et s'était tenu à l'écart de cette polémique. 

Les critiques de l'ambassadeur Brownback reflètent toutefois un positionnement très différent, à Washington, dans la relation de l'Etat à la religion. 

Les Etats-Unis défendent la « liberté de religion » avant tout et voient avec suspicion toute restriction à sa pratique. Ce principe a été érigé en « première des libertés » par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, un chrétien évangélique fervent, qui invoque régulièrement Dieu dans ses prises de position publiques. 


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.