Le duo «Barbenheimer» en pole position pour les Golden Globes

Vue de l'atmosphère lors de la 81e édition des Golden Globe Awards, au Beverly Hilton, le 4 janvier 2024 à Beverly Hills, en Californie. (Photo par Michael Tran / AFP)
Vue de l'atmosphère lors de la 81e édition des Golden Globe Awards, au Beverly Hilton, le 4 janvier 2024 à Beverly Hills, en Californie. (Photo par Michael Tran / AFP)
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Publié le Dimanche 07 janvier 2024

Le duo «Barbenheimer» en pole position pour les Golden Globes

  • Les films «Barbie» et «Oppenheimer» partent favoris dimanche pour les Golden Globes en pleine quête de renouveau, après des accusations de racisme et de corruption
  • Le battage médiatique autour du phénomène «Barbenheimer» tombe à pic pour les Golden Globes, récemment rachetés et réformés par des investisseurs privés

LOS ANGELES : Après avoir dominé le box-office l'été dernier et fait l'objet d'innombrables détournements croisant leurs deux univers, les films «Barbie» et «Oppenheimer» partent favoris dimanche pour les Golden Globes en pleine quête de renouveau, après des accusations de racisme et de corruption.

Sortis le même week-end, ils ont enfanté le phénomène viral «Barbenheimer», qui a poussé de nombreux spectateurs à enchaîner les deux films en salle. Résultat, le duo revendique 2,4 milliards de dollars de recettes au box-office et 17 nominations aux Golden Globes.

«Ils sont tellement différents l'un de l'autre, et pourtant ils ont tous deux connu le succès», observe auprès de l'AFP le producteur de la cérémonie, Glenn Weiss.

Réalisé par Greta Gerwig, «Barbie» profite de l'aura mondiale de la poupée en plastique pour livrer une satire acerbe sur la misogynie et mettre en lumière l'émancipation des femmes.

Le film mène la danse avec neuf nominations et est notamment pressenti pour rafler le prix de la meilleure comédie et du meilleur scénario. Avec les plus grosses recettes en salles de l'année, il part également favori pour une nouvelle récompense créée pour honorer le succès au box-office.

«Oppenheimer», qui a également drainé les foules l'été dernier, compte lui huit nominations et semble bien parti pour le prix du meilleur film dramatique.

Ce long-métrage, qui pourrait consacrer Christopher Nolan comme meilleur réalisateur, décortique la vie du scientifique, incarné par Cillian Murphy, chargé de mener les recherches américaines sur la bombe thermonucléaire à travers sa rivalité avec un puissant politicien sous les traits de Robert Downey Jr.

Les deux comédiens sont de sérieux candidats pour le prix du meilleur acteur et celui du meilleur second rôle.

- Scandales -

Le battage médiatique autour du phénomène «Barbenheimer» tombe à pic pour les Golden Globes, récemment rachetés et réformés par des investisseurs privés.

Longtemps considérée comme un tremplin vers les Oscars, l'ex-soirée préférée d'Hollywood, réputée pour son atmosphère décontractée, a été minée par des scandales de corruption et de racisme ces dernières années.

Pour sortir de cette mauvaise passe, l'association de la presse étrangère d'Hollywood (HFPA), qui avait créé ces récompenses et concentrait les accusations de manquements éthiques et d'amateurisme, a été dissoute.

La nouvelle organisation a largement diversifié le jury, en invitant des critiques issus du monde entier. Assez pour convaincre la chaîne américaine CBS de retransmettre la 81e cérémonie dimanche.

«Les Globes ont pris un nouveau départ», assure M. Weiss.

La présence, ou l'absence, des invités dira si Hollywood est réellement prêt à tourner la page.

Outre des poids lourds du cinéma comme Leonardo DiCaprio («Killers of the Flower Moon»), les nommés comprennent des stars de la musique: Billie Eilish et Dua Lipa concourent pour la meilleure chanson et Taylor Swift est en lice avec son récent film-concert.

L'organisation espère un regain d'intérêt pour son tapis rouge, après la double grève des acteurs et des scénaristes qui a paralysé l'industrie pendant six mois. Privées de promotion pendant le mouvement social, de nombreuses stars pourraient vouloir rattraper le temps perdu et vanter leur film en vue des Oscars.

«Nous voulons que ce soit une grande fête d'ouverture de saison où tout le monde ressentira cette énergie», ambitionne M. Weiss. «Nous avons tous vécu des grèves ensemble. Nous sommes maintenant sortis de cette période.»

- Doublé pour Bradley Cooper ? -

Outre le duo «Barbenheimer», «Maestro» de Bradley Cooper se tient en embuscade.

Avec ce biopic du chef d'orchestre et compositeur Leonard Bernstein, l'Américain peut prétendre au doublé meilleur réalisateur et meilleur acteur, ce qui serait une première.

La comédienne amérindienne Lily Gladstone convoite de son côté le prix de la meilleure actrice dans un film dramatique, grâce à son rôle dans «Killers of the Flower Moon». Une fresque historique où Martin Scorsese retrace le massacre d'une tribu par des spoliateurs blancs, qui compte sept nominations.

Côté comédies, c'est Emma Stone qui tient la corde pour cette récompense, avec son rôle de Frankenstein au féminin dans «Pauvres créatures», sacré meilleur film à la Mostra de Venise.

Enfin, dans les catégories télévisées, la série dramatique «Succession», chronique des luttes de pouvoir au sein d'une famille à la tête d'un empire médiatique, et la comédie «The Bear», qui explore l'arrière-cuisine d'un restaurant de Chicago, partent favorites.


Liban: 39 sites culturels placés sous protection renforcée de l'Unesco en raison de la guerre

Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • L’UNESCO place 39 sites culturels au Liban sous protection renforcée face aux risques liés au conflit
  • Des sites majeurs comme Baalbeck, Tyr et Byblos bénéficieront d’un soutien technique et financier

PARIS: L'Unesco a placé mercredi sous protection renforcée 39 sites culturels au Liban par crainte de dégâts causés par les bombardements auxquels fait face le pays après un mois de guerre.

"Ces 39 biens culturels bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé contre les attaques et les usages à des fins militaires", écrit l'Unesco dans un communiqué.

Parmi ces biens figurent les sites archéologiques de Baalbeck et de Tyr, le musée national de Beyrouth ou encore le site de Byblos.

La convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Les 39 sites "recevront une assistance technique et financière de l'Unesco pour renforcer leur protection juridique, améliorer les mesures d'anticipation et de gestion des risques ainsi que fournir une formation supplémentaire aux professionnels de la culture et au personnel militaire de la zone", détaille l'Unesco.

"La protection renforcée permet également d'envoyer un signal à l'ensemble de la communauté internationale quant à l'urgence de protéger ces sites", ajoute l'organisation qui explique avoir convoqué mercredi une "réunion extraordinaire (...) à la suite d'une demande" du Liban.

Ces sites bénéficieront également d'une "aide financière internationale de plus de 100.000 dollars américains pour les opérations d'urgence sur le terrain", ajoute l'Unesco.

Située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr, ville inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1984, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Encore en construction, un musée sur le site a subi quelques dommages. Mais ni la nécropole des IIe et IIIe siècles ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, n'ont été atteints.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, "d'autres biens dans des pays voisins" ont subi des dégâts, écrit l'Unesco, sans détails.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
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  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.