Trois ans après l'attaque du Capitole, Trump promet de «sauver l'Amérique» en 2024

L'ancien président américain et candidat républicain à l'élection présidentielle Donald Trump quitte les lieux après avoir pris la parole lors d'un rassemblement "Commit to Caucus" à Clinton, dans l'Iowa, le 6 janvier 2024. (Photo par Tannen Maury AFP)
L'ancien président américain et candidat républicain à l'élection présidentielle Donald Trump quitte les lieux après avoir pris la parole lors d'un rassemblement "Commit to Caucus" à Clinton, dans l'Iowa, le 6 janvier 2024. (Photo par Tannen Maury AFP)
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Publié le Dimanche 07 janvier 2024

Trois ans après l'attaque du Capitole, Trump promet de «sauver l'Amérique» en 2024

  • Trois ans après l'attaque sans précédent contre le siège du Congrès à Washington par ses partisans le 6 janvier 2021, Donald Trump a affirmé dans deux discours décousus qu'il allait «gagner pour la troisième fois» la présidentielle en novembre
  • Traitant Joe Biden d'«incompétent», de «corrumpu» et de «pire» président de l'histoire des Etats-Unis, Donald Trump, 77 ans, qui a bouleversé en une décennie la démocratie américaine, a jugé que la première puissance mondiale était «en déclin»

NEWTON, États-Unis : En campagne électorale, Donald Trump a assuré samedi qu'il allait «sauver l'Amérique» en gagnant la présidentielle de novembre contre le «corrompu» Joe Biden dans un pays «défaillant» et au bord de la «Troisième guerre mondiale».

Trois ans jour pour jour après l'assaut du Capitole, l'ancien président républicain a enchaîné les meetings dans le petit Etat de l'Iowa (Midwest), qui organise le 15 janvier ses caucus et lance ainsi le bal des primaires républicaines de 2024, lui donnant depuis un demi-siècle un poids surdimensionné dans la campagne présidentielle.

Le milliardaire, qui rêve d'être réélu en novembre et de retourner à la Maison Blanche le 20 janvier 2025 malgré ses quatre inculpations au pénal, fera face dans huit jours aux électeurs pour la première fois depuis son départ avec fracas de la présidence le 20 janvier 2021.

Trois ans après l'attaque sans précédent contre le siège du Congrès à Washington par ses partisans le 6 janvier 2021, Donald Trump a affirmé dans deux discours décousus de plus de deux heures chacun, dans les petites villes de Newton et de Clinton, qu'il allait «gagner pour la troisième fois» la présidentielle en novembre.

- «Joe-la-Crapule» -

Elu en novembre 2016 et battu quatre ans plus tard, le tribun considère que la victoire à ce scrutin lui a été «volée» par le démocrate Joe Biden, 81 ans, qu'il a une nouvelle fois appelé «Joe-la-Crapule» et dont il a moqué l'âge.

Le traitant d'«incompétent», de «corrumpu» et de «pire» président de l'histoire des Etats-Unis, Donald Trump, 77 ans, qui a bouleversé en une décennie la démocratie américaine, a jugé que la première puissance mondiale était «en déclin».

Evoquant les guerres en Ukraine, à Gaza, les tensions avec l'Iran ou la Chine, il a mis en garde ses centaines de partisans MAGA («Make America Great Again») enthousiates à Newton: si M. Biden est réélu, le pays risque la «Troisième guerre mondiale» et la «Dépression» comme dans les années 1930.

«Nous sommes une nation défaillante» et «nous allons la ramener de l'enfer», a-t-il lancé en soirée dans une école de Clinton en se vantant d'être «le seul candidat capable de sauver l'Amérique de chaque catastrophe de Biden».

- «Je suis un dictateur» -

Ironisant sur les avertissements des démocrates et de médias d'un risque de «dictature» Trump en cas de second mandat, l'homme d'affaires a proclamé sous les rires et applaudissements : «Je suis un dictateur».

La veille, dans un discours en Pennsylvanie axé sur la démocratie en danger, Joe Biden avait comparé la rhétorique de son rival à celle de «l'Allemagne nazie».

En dépit de ses déboires judiciaires et du risque de prison pour ses tentatives d'inverser les résultats de la présidentielle 2020, les sondages créditent Donald Trump de 60% des voix républicaines face à ses principaux adversaires, Nikki Haley et Ron DeSantis, qu'il ne s'est pas privé de moquer.

Dans l'Iowa et dans nombre d'Etats conservateurs, le septuagénaire dispose d'une base très fidèle qui balaie d'un revers de main ses frasques et ses ennuis judiciaires.

L'attaque contre le Capitole, temple de la démocratie américaine, demeure un sujet de profonde division aux Etats-Unis: un quart des Américains et 44% des électeurs trumpistes pensent, sans preuve, que la police fédérale (FBI) en est à l'origine, selon un sondage du Washington Post et de l'université du Maryland.

- 1.200 arrestations -

Ce même FBI a annoncé samedi l'arrestation en Floride de trois personnes pour leur participation au 6 janvier. En 35 mois d'une enquête tentaculaire toujours en cours, les autorités ont inculpé plus de 1.200 personnes, dans quasiment les 50 Etats américains. Plus de la moitié ont été condamnées.

Pour M. Trump, ce sont des «otages».

Il nie depuis trois ans avoir incité ses partisans à l'insurrection -- dont de nouvelles images de violences ont été diffusées samedi par les télévisions -- et à attaquer le Congrès où était certifié ce 6 janvier 2021 la victoire de Joe Biden.

Alors pour juger des pressions qu'il aurait exercées pour tenter d'inverser les résultats, un procès pénal doit commencer le 4 mars à Washington.

Ce sera à la veille d'une des plus grosses échéances des primaires républicaines: le «Super Tuesday» dans une quinzaine d'Etats: Texas, Californie... mais aussi Colorado et Maine.

Ces deux derniers Etats l'ont déclaré en décembre inéligible à la présidence en raison de ses agissements le 6 janvier 2021. La Cour suprême s'est saisie vendredi de ce dossier, même si, en attendant qu'elle tranche en février, le nom Trump est maintenu sur les bulletins de vote pour les primaires.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.