Les inspections de Boeing 737 MAX 9 se multiplient après l'envol d'une porte

Un Boeing 737 MAX 9 d'Alaska Airlines attend à une porte d'embarquement de l'aéroport international de Seattle-Tacoma le 6 janvier 2024 à Seattle, Washington (Photo, AFP).
Un Boeing 737 MAX 9 d'Alaska Airlines attend à une porte d'embarquement de l'aéroport international de Seattle-Tacoma le 6 janvier 2024 à Seattle, Washington (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 08 janvier 2024

Les inspections de Boeing 737 MAX 9 se multiplient après l'envol d'une porte

  • La compagnie Singapore Airlines (SIA) a fait savoir qu'elle n'utilisait pas d'appareil du type à contrôler et n'était «pas touchée»
  • Selon des données communiquées par Boeing à l'AFP, quelque 218 exemplaires du 737 MAX 9 ont été livrés à ce jour

NEW YORK: Les immobilisations pour inspection de Boeing 737 MAX 9 se sont multipliées dimanche dans le monde, entraînant des dizaines d'annulations de vols, après un incident sur un avion de la compagnie américaine Alaska Airlines qui a perdu une porte après le décollage.

A l'instar de compagnies américaines comme United Airlines, l'une des premières mondiales, Turkish Airlines, Aeromexico ou la compagnie panaméenne Copa Airlines ont cloué au sol pour les inspecter leurs appareils de ce type, après une directive de l'agence fédérale américaine de l'aviation civile (Federal Aviation Administration, FAA).

Selon des données communiquées par Boeing à l'AFP, quelque 218 exemplaires du 737 MAX 9 ont été livrés à ce jour.

La FAA a ordonné samedi "l'inspection immédiate de certains avions Boeing 737 MAX 9" avant un nouveau vol, précisant qu'environ 171 appareils étaient concernés dans le monde. La durée de l'opération est estimée entre quatre et huit heures par avion.

L'agence européenne de sécurité aérienne (EASA) a indiqué pour sa part qu'elle suivrait les recommandations américaines, tout en ajoutant que cela ne devrait pas avoir d'incidence, aucun opérateur en Europe n'utilisant le 737 MAX 9 avec les options techniques concernées.

Ces appareils "peuvent continuer de fonctionner normalement", indique l'agence européenne, dont le siège est à Cologne (Allemagne) dans un communiqué.

La compagnie Singapore Airlines (SIA) a fait savoir qu'elle n'utilisait pas d'appareil du type à contrôler et n'était donc "pas touchée" par la mesure.

L'incident est survenu vendredi, vers 18H30 (02H30 GMT samedi) peu après le décollage d'un vol Alaska Airlines de l'aéroport international de Portland (Oregon, nord-ouest).

Selon l'agence américaine chargée de la sécurité des transports (National Transportation Safety Board, NTSB), une porte s'est ouverte et détachée de la carlingue en plein vol. L'appareil, qui transportait 171 passagers et 6 membres d'équipage, était alors à près de 5.000 m d'altitude.

Blessés légers 

Il s'agit d'une porte condamnée et masquée par une cloison qui ne laisse apparaître qu'un hublot, selon la NTSB, une configuration proposée par Boeing aux clients qui le demandent.

La directive de la FAA concerne d'ailleurs les modèles "avec la porte du milieu bouchée", selon le document publié sur son site.

 

Retrouvée, la porte arrachée en plein vol va aider l'enquête

La porte d'un avion d'Alaska Airlines qui s'est détachée du fuselage peu après le décollage vendredi a été retrouvée, ont annoncé les autorités aéronautiques américaines, ce qui devrait aider à comprendre la cause de cet incident très rare qui a conduit à clouer au sol des Boeing 737 MAX 9 et à annuler des dizaines de vols dans le monde.

"Je suis heureuse d'annoncer que nous avons trouvé le panneau de porte", a déclaré lors d'une conférence de presse Jennifer Homendy, présidente de l'agence américaine chargée de la sécurité des transports, le National Transportation Safety Board (NTSB) qui a dépêché une équipe pour enquêter sur les raisons de l'incident.

Un enseignant a récupéré le panneau, tombé dans son jardin de la ville de Portland, dans l'État de l'Oregon. "Il a pris une photo. Sur les photos, je peux juste voir l'extérieur du panneau de la porte, les parties blanches. Nous ne voyons rien d'autre, mais nous allons aller le chercher et commencer à l'analyser", a indiqué la cheffe du NTSB.

Après avoir fait demi-tour, l'avion est revenu se poser à Portland, l'incident n'occasionnant que quelques blessés légers.

La NTSB a annoncé avoir dépêché une équipe à Portland pour enquêter sur les raisons de ce dysfonctionnement.

United, qui possède la flotte de 737-9 la plus importante au monde, a annoncé à l'AFP laisser au sol 46 appareils, 33 ayant déjà été examinés.

Alaska, qui avait neutralisé la totalité de ses 65 avions de ce modèle avant même l'annonce de la FAA, a précisé samedi sur X (ex-Twitter) que "plus du quart" de sa flotte de 737 MAX-9 avait été inspecté et dit n'avoir pas trouvé à ce stade "d'élément préoccupant".

Copa Airlines a suspendu pour vérification l'exploitation de ses 21 appareils de ce modèle et Turkish Airlines celle des cinq qu'elle détient.

"C'était vraiment brutal. A peine en altitude, la façade du hublot s'est détachée", a témoigné un passager du vol, Kyle Rinker, sur la chaîne américaine CNN.

Selon la NTSB, personne n'était assis aux deux places à côté de la cloison qui s'est envolée.

Mais selon des passagers cités par le quotidien de Portland, The Oregonian, un adolescent assis dans cette rangée a eu sa chemise arrachée par la décompression, occasionnant des blessures légères.

«Incident terrifiant»

"Un incident terrifiant", a jugé le secrétaire américain aux Transports Pete Buttigieg, sur X.

"Nous avons beaucoup, beaucoup de chance que cela ne se soit pas terminé de façon plus tragique", a déclaré aux journalistes la présidente de la NTSB, Jennifer Homendy.

La responsable a révélé que, selon de premières analyses, la porte était tombée au-dessus de Cedar Hills, dans la proche banlieue de Portland et appelé les habitants de la zone à se manifester s'ils la trouvait.

L'appareil incriminé avait été certifié en novembre, selon le registre de la FAA disponible en ligne.

"Nous soutenons sa décision (de la FAA, ndlr) de réclamer une inspection immédiate des 737-9 de même configuration que l'appareil incriminé", a réagi Boeing dans une déclaration transmise à l'AFP.

L'incident intervient après une série de problèmes techniques et deux crashes ces dernières années pour le 737 MAX.

Les deux accidents, qui ont fait 346 morts en octobre 2018 et mars 2019, ont entraîné le maintien au sol du 737 MAX durant 20 mois et l'imposition de changements dans le système de contrôle en vol.

Plus récemment, Boeing a dû ralentir ses livraisons à cause de problèmes sur le fuselage, en particulier sur la cloison étanche arrière de l'appareil.

A fin décembre, Boeing avait livré au total plus de 1.370 exemplaires du 737 MAX et son carnet de commandes atteignait plus de 4.000 unités.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Short Url
  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.

 


Intempéries au Portugal: cinq morts, 450.000 clients toujours sans électricité 

Short Url
  • La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts
  • "Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité

LISBONNE: La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts, et 450.000 clients étaient toujours sans électricité jeudi matin, selon un nouveau bilan des autorités portugaises.

Ce nouveau bilan humain a été confirmé à l'AFP par un porte-parole de l'Autorité nationale de la protection civile (ANPEC). La cinquième victime, dont le décès a été annoncé jeudi, est un homme de 34 ans, mort dans la municipalité de Marinha Grande (centre) "à la suite des intempéries", selon la protection civile, qui n'a pas donné plus de détails.

Parmi les autres décès enregistrés, certaines personnes ont été tuées par la chute d'arbres et de structures métalliques, tandis qu'une autre a été retrouvée en arrêt cardiaque dans un chantier de construction.

"Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité.

La majorité des foyers et institutions touchées se trouvent dans le district de Leiria (centre), où la tempête a provoqué d'importants dégâts sur le réseau, provoquant notamment la chute de poteaux et de lignes à haute tension, ralentissant les réparations, selon les médias locaux.

La circulation ferroviaire restait suspendue sur plusieurs lignes, dont l'axe entre Lisbonne et Porto (nord) pour les trains longue distance, en raison des perturbations causées par les intempéries, selon un communiqué des chemin de fer portugais (CP) qui a suspendu la vente de billets pour ces trains.

Plusieurs écoles du centre du pays restaient fermées pour des raisons de sécurité, a expliqué la municipalité de Castelo Branco.

Les pompiers de Leiria ont effectué jeudi matin plusieurs dizaines d'interventions "liées à des petites inondations" et à "des dégâts sur les toitures d'habitation", provoqué par la tempête, a précisé à l'agence Lusa le commandant régional adjoint Ricardo Costa.

"Les habitants demandent de l'aide, car il continue de pleuvoir, même si ce n'est pas une pluie très forte, mais cela cause de nombreux dégâts dans les habitations", a-t-il ajouté.

Le passage de la tempête Kristin a été marqué par de fortes averses et des rafales de vent, ayant atteint des pics de 178 km/h, et causé de nombreux dégâts.

Le gouvernement portugais a dans un communiqué décrit cette tempête comme "un évènement climatique extrême, qui a provoqué des dégâts significatifs sur plusieurs parties du territoire".

 


Trump prévient l'Iran que «le temps est compté» avant une possible attaque américaine

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
Short Url
  • Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place
  • Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes

WASHINGTON: Donald Trump a pressé mercredi l'Iran de conclure un accord sur le nucléaire, affirmant sur sa plateforme Truth Social que "le temps était compté" avant une attaque américaine contre Téhéran.

"Espérons que l'Iran acceptera rapidement de +s'asseoir à la table+ et de négocier un accord juste et équitable - PAS D'ARMES NUCLÉAIRES", a écrit le président américain, menaçant d'une attaque "bien pire" que les frappes américaines en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.

Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place.

Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes.

"Comme dans le cas du Venezuela, elle est prête, disposée et capable d'accomplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence si nécessaire", a-t-il ajouté.

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays.

Les autorités iraniennes avaient signalé qu'un canal de communication avait été ouvert avec Washington, mais le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a estimé mercredi que pour négocier, les Américains allaient devoir "cesser les menaces, les demandes excessives".