Proche-Orient, Ukraine... Les chocs à répétition font tanguer le commerce mondial

Les risques d'un embrasement au Proche-Orient fragilisent le commerce mondial tout en lui imposant de redessiner ses routes (Photo, AFP).
Les risques d'un embrasement au Proche-Orient fragilisent le commerce mondial tout en lui imposant de redessiner ses routes (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 13 février 2024

Proche-Orient, Ukraine... Les chocs à répétition font tanguer le commerce mondial

  • La croissance des échanges internationaux devrait être inférieure à celle du PIB mondial dans les dix prochaines années
  • A la guerre opposant Israël au Hamas palestinien se sont succédées des attaques de rebelles Houthis en mer Rouge qui empêchent les navires de transiter en paix par le canal de Suez

PARIS: Les années passent et les crises s'accumulent sur le commerce international, affecté après la pandémie et la guerre en Ukraine par les risques d'un embrasement au Proche-Orient qui le fragilisent tout en lui imposant de redessiner ses routes.

La croissance des échanges internationaux devrait être inférieure à celle du PIB mondial dans les dix prochaines années, a montré lundi une étude du Boston Consulting Group (BCG), soit "un revirement majeur par rapport à la tendance observée depuis la fin de la Guerre froide" selon le cabinet de conseil.

Cette situation survient après trois années de remise en question profonde du fonctionnement même de la mondialisation, sur fond de crises internationales majeures et de flambée inflationniste.

En 2020, la pandémie de Covid-19 avait très durement affecté les chaînes de distribution mondiales avec des navires stationnés durant des semaines au large des principaux ports mondiaux, étouffés par les pénuries de travailleurs et les contraintes sanitaires.

L'invasion russe de l'Ukraine en février 2022 est venue ensuite aggraver les tensions sur les chaînes d'approvisionnement et sur une inflation qui a franchi des niveaux sans précédent depuis cinquante ans.

Celle-ci reflue depuis plusieurs mois mais menace à nouveau de redécoller à mesure que les craintes géopolitiques se sont focalisées sur le Proche-Orient et le risque d'un embrasement régional, alertent plusieurs économistes.

Embrasement au Proche-Orient

A la guerre opposant Israël au Hamas palestinien se sont succédées des attaques de rebelles Houthis en mer Rouge qui empêchent les navires de transiter en paix par le canal de Suez, une des principales autoroutes mondiales par laquelle passe 12% du commerce mondial.

Les vaisseaux contournent désormais l'Afrique en passant par le cap de Bonne Espérance, ce qui rallonge le voyage entre l'Asie et l'Europe de 10 à 20 jours, et fait déjà augmenter les tarifs pour couvrir les frais liés à ce détour.

Le tarif moyen entre Chine et Méditerranée a augmenté de l'ordre de 15 à 20%, selon Niels Rasmussen, analyste en chef pour Bimco, principale association mondiale de transporteurs maritimes. Des marques comme Ikea ont déjà annoncé des retards.

Cela aura moins d'effets sur les produits chers ou de luxe où le coût du transport pèse proportionnellement moins, mais l'effet global sur l'inflation pourrait culminer à +0,7 point en fin d'année, dans l'hypothèse où "la mer Rouge se fermait aux bateaux pendant plusieurs mois et que les frais de transport demeuraient autour de deux fois le prix de décembre", a évalué le cabinet économique Oxford Economics dans une récente note.

Dans cette situation, "un embrasement du Proche-Orient, une insécurité croissante dans le trafic de la mer Rouge (...) remettraient en cause la stabilité internationale et affecteraient durablement le commerce mondial", a alerté lundi le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire, ajoutant à cette liste les risques d'un potentiel incident entre la Chine et Taïwan.

De récents incidents entre Manille et Pékin en mer de Chine méridionale pourraient par ailleurs perturber les échanges dans cette vaste zone maritime par laquelle transite aujourd'hui une grande partie du commerce entre l'Asie et le reste du monde.

Face aux chocs géopolitiques à répétition, à la confrontation commerciale féroce entre les Etats-Unis et la Chine et aux réflexes protectionnistes, les autoroutes du commerce se modifient, passant "d'une logique de circuit de Formule 1 où le niveau des coûts de production façonnait les chaînes de valeurs à une logique de rallye où l'assurance et la résilience des chaînes sont prioritaires", analyse ainsi le BCG.

A ce jeu, les pays de l'Asie du sud-est feront partie des grands gagnants de ce nouvel ordre, d'après l'étude de la société de conseil, et devraient voir leur commerce croître de 1.200 milliards de dollars sur les dix prochaines années, en raison de l'émergence de cette région comme une destination clé pour les entreprises cherchant à réduire leur dépendance à la Chine.

Signe du "friendshoring", un terme anglo-saxon devenu à la mode lors de la pandémie pour désigner la priorité au commerce avec ses alliés afin de limiter les risques, l'Europe devrait augmenter ses échanges avec les Etats-Unis de 38%, tout comme avec l'Inde (+66%) et la Turquie (+23%) à horizon 2032, selon le BCG.


Forbes France cesse de paraître, après le retrait de son investisseur français

L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
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  • "En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun"
  • L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe"

PARIS: L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France.

"En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun, et développé un site réunissant 2 millions de visites par mois, ainsi qu'une communauté de plus de 430.000 personnes sur les réseaux sociaux", indique le groupe  360 Business Media dans un communiqué.

L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe", ajoute -t-il, confirmant une information parue dans le quotidien économique Les Echos.

Le dernier numéro de Forbes France a paru en décembre. Le magazine pourrait être relancé si un repreneur se déclare.

Le magazine américain, connu pour son classement annuel des plus grandes fortunes de la planète, édite des versions dans de nombreux pays et en plusieurs langues.

Interrogé par l'AFP, le groupe 360 Business Media a précisé qu'il employait 20 salariés, dont 10 pour Forbes France, à qui "il sera proposé de basculer sur les autres titres s'ils le souhaitent".


La France «ne baisse pas les bras» dans son soutien économique à l'Ukraine, dit Nicolas Forissier

La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7. (AFP)
La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7. (AFP)
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  • La France marque des points politiquement en Ukraine en restant un soutien fort du pays
  • Il s'agit de mettre en place des partenariats gagnant-gagnant entre entreprises françaises et ukrainiennes

KIEV: La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7.

Q: La France marque des points politiquement en Ukraine en restant un soutien fort du pays. Comment transforme-t-on ces points en gains économiques ?

R: En étant opiniâtres, en étant francs dans la négociation et la discussion. Il s'agit de mettre en place des partenariats gagnant-gagnant entre entreprises françaises et ukrainiennes. C'est l'esprit dans lequel il me semble que nous avons travaillé, l'esprit de cette visite à Kiev. On réussit parce qu'on a aussi de l'excellence, des savoir-faire, des entreprises qui sont dans tous les domaines. Et parfois, même souvent, et c'est le cas en Ukraine mais pas seulement, nos partenaires préfèrent travailler avec des entreprises françaises. Il y aura toujours une concurrence quel que soit le pays. Mais il y a une relation particulière qui existe aujourd'hui entre l'Ukraine et la France.

Q: Quelle impression vous a laissée la population ukrainienne lors de cette visite de deux jours ?

R: J'ai été très ému par la visite de Boutcha (ville où des massacres de civils ont eu lieu par l'armée russe en mars 2022, NDLR). Aussi par la remise des générateurs électriques donnés par la France à l'Ukraine. Je pense que c'était le sentiment de tous ceux qui ont participé à cette mission: c'est quand nos amis sont dans la difficulté qu'on doit être avec eux.

Q: L'Ukraine traverse un hiver froid et la communauté internationale s'intéresse moins au sort du pays. Comment attirer l'attention ?

R: D'abord, ce n'est pas le cas de la France, nous sommes vraiment présents et nous le démontrons. Dans le cadre du G7 énergie on va le montrer aussi, on va encore une fois pousser beaucoup pour apporter des solutions. Je suis venu pour inciter nos entreprises à être conquérantes, présentes, à ne pas avoir peur parce qu'il y a une situation compliquée. C'est maintenant qu'il faut être présents. C'est le message du ministre du Commerce extérieur mais aussi du gouvernement français tout entier. Cela va de pair avec la solidarité qu'on a exprimée aux Ukrainiens pendant tout ce voyage: on ne baisse pas les bras.

 


La French Fab accélère le MRO intelligent et durable au Moyen-Orient

Le Pavillon France à l’AIME/MRO Middle East 2026 à Dubaï : 21 entreprises françaises présentent des solutions de maintenance aéronautique intelligentes, durables et data-driven pour répondre aux besoins du marché du Moyen-Orient. (Photo: fournie)
Le Pavillon France à l’AIME/MRO Middle East 2026 à Dubaï : 21 entreprises françaises présentent des solutions de maintenance aéronautique intelligentes, durables et data-driven pour répondre aux besoins du marché du Moyen-Orient. (Photo: fournie)
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  • La France s’impose comme un partenaire clé du MRO au Moyen-Orient, en apportant des solutions durables, digitales et à forte valeur ajoutée, alignées avec les stratégies aviation des Émirats et de l’Arabie saoudite
  • Le Pavillon France à AIME/MRO Middle East 2026 illustre la montée en puissance d’un écosystème MRO innovant, couvrant l’ensemble du cycle de vie des aéronefs

​​​​​​DUBAÏ: À l’occasion du salon AIME/MRO Middle East, qui se tient les 4 et 5 février 2026, au Dubai World Trade Centre (DWTC), le Pavillon France, porté par la marque French Fab, réunit 21 entreprises françaises. Celles-ci y présentent des solutions de maintenance aéronautique (MRO) intelligentes, à faible impact environnemental et fondées sur la donnée, adaptées aux besoins croissants du marché régional.

Un marché MRO en pleine accélération au Moyen-Orient

La demande en MRO au Moyen-Orient continue de croître fortement. Les dépenses régionales ont atteint 16 milliards de dollars en 2025 et devraient dépasser 20 milliards de dollars d’ici 2035. La flotte commerciale progresse à un rythme annuel de 5,1 %, pour atteindre près de 2 600 appareils, soit 6,7 % de la flotte mondiale.

Cette dynamique est portée par la forte reprise du trafic aérien et par les stratégies nationales de l’aviation aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite, qui stimulent la demande pour la maintenance prédictive, la réduction des temps d’immobilisation (TAT), la sécurisation des composants critiques et la décarbonation des opérations.

Dans ce contexte, Etihad Engineering a lancé le plan stratégique Al Massar (« le chemin »), visant à doubler son chiffre d’affaires d’ici 2030, avec une expansion majeure des hangars à Abou Dhabi et un élargissement significatif de ses capacités MRO.

Partenariats stratégiques : la France au cœur des écosystèmes MRO régionaux

L’expertise aéronautique française est déjà solidement ancrée dans les écosystèmes MRO des Émirats et du Royaume d'Arabie saoudite. Plusieurs partenariats structurants illustrent cette intégration :

  • EPCOR, filiale d’AFI KLM E&M et partenaire du Pavillon France, a signé un contrat de maintenance long terme avec Riyadh Air pour les APU APS5000 de sa flotte de Boeing 787 Dreamliner.
  • Safran Test Cells (Safran Aero Boosters) a remporté un contrat auprès de Sanad (Mubadala) pour la conception et la construction d’une cellule d’essais moteurs au futur centre MRO GTF d’Al Ain.
  • Satys Aerospace et ExecuJet MRO Services Middle East ont inauguré une nouvelle installation dédiée à la peinture aéronautique à Dubai South (DWC).
  • Thales, Emirates et Dubai Air Navigation Services (dans) co-développent un système basé sur l’IA permettant de réduire les circuits d’attente jusqu’à 40 %, de diminuer la consommation de carburant et d’améliorer la ponctualité des vols.

« La réputation mondiale de la France dans l’aéronautique, combinée à une forte intégration locale, fait de nos entreprises des partenaires naturels pour l’avenir du MRO au Moyen-Orient », souligne Axel Baroux, directeur général de Business France Moyen-Orient.

« Les acteurs français apportent excellence opérationnelle, réduction des TAT et maintenance plus verte, déjà visibles dans de nombreux projets régionaux », ajoute-t-il.

Des solutions françaises alignées avec la vision régionale

La délégation française couvre l’ensemble du cycle de vie de l’avion, de la maintenance aux intérieurs, en passant par la digitalisation et la logistique.

Dans le MRO composants et les services de cycle de vie, REVIMA, Domusa, AMC Aviation, Tarmac Aerosave, EOLE Aero et Air Châteaudun démontrent une expertise reconnue.

ImaginAir, BT2i Group, SELA et Latécoère réinventent les aménagements cabine et l’expérience passager.

ABC, Techman Head, TEI, Usimat Sermees et Manitou fournissent des outillages critiques, bancs d’essais et équipements de soutien au sol.

Aquarese Industries et GMI Aero innovent dans le traitement de surface et la réparation de composites.

AirInt Services et SkinPack Solutions améliorent l’efficacité grâce à des logiciels de maintenance cabine, des jumeaux numériques et du kitting optimisé, tandis que Prodex Aerospace Solutions garantit une réponse AOG fiable et une logistique aéronautique performante.

Les visiteurs sont invités à découvrir ces solutions et à rencontrer les équipes du Pavillon France, situé dans les Sheikh Saeed Halls du DWTC, les 4 et 5 février 2026.