Zelensky en Estonie: des «pauses» dans le conflit aideraient la Russie

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé dans la nuit de mercredi à jeudi à Tallinn pour la deuxième étape de sa tournée dans les pays baltes, fidèles alliés de Kiev face à la Russie. (AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé dans la nuit de mercredi à jeudi à Tallinn pour la deuxième étape de sa tournée dans les pays baltes, fidèles alliés de Kiev face à la Russie. (AFP)
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Publié le Jeudi 11 janvier 2024

Zelensky en Estonie: des «pauses» dans le conflit aideraient la Russie

  • La tournée du président Zelensky se déroule alors que Moscou et Kiev s'accusent mutuellement de viser des civils dans leurs frappes de missiles
  • Tallinn, capitale de l'Estonie, est la deuxième étape d'une tournée dans les pays baltes, fidèles alliés de l'Ukraine, qui s'inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer le soutien à Kiev à l'approche du deuxième anniversaire de la guerre

TALLINN: Toute "pause" dans la défense de l'Ukraine contre l'invasion russe ne ferait qu'aider Moscou à se réarmer et lui permettrait "d'écraser" ce pays, a averti jeudi le président Volodymyr Zelensky à Tallinn, au deuxième jour de sa tournée dans les pays baltes.

"Donnez à la Fédération de Russie deux ou trois ans, et elle nous écrasera. Nous ne prendrions pas ce risque (...) Il n'y aura pas de pause en faveur de la Russie", a déclaré le président ukrainien, en réponse une question lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue estonien Alar Karis.

"Une pause sur le champ de bataille, sur le territoire de l'Ukraine, n'est pas une pause dans la guerre. Cela ne signifie pas que c'est la fin de la guerre. Et cela ne mène pas à un dialogue politique avec la Fédération de Russie ou avec qui que ce soit d'autre", a-t-il insisté.

La tournée du président Zelensky se déroule alors que Moscou et Kiev s'accusent mutuellement de viser des civils dans leurs frappes de missiles dans un contexte d'escalade brutale des attaques.

Tallinn, capitale de l'Estonie, est la deuxième étape d'une tournée dans les pays baltes, fidèles alliés de l'Ukraine, qui s'inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer le soutien à Kiev à l'approche du deuxième anniversaire de la guerre.

M. Zelensky a également souligné l'importance de l'aide internationale à son pays regrettant le blocage par la Hongrie d'une aide européenne de 50 milliards d'euros.

"Nous avons un retard et un blocage d'un important paquet financier sans lequel il est impossible de survivre. Disons que c'est difficile", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune avec la Première ministre estonienne Kaja Kallas.

Celle-ci l'a assuré du soutien de l'Estonie à l'Ukraine "jusqu'à la victoire" soulignant que "la liberté devait être armée mieux que la tyrannie".

Elle a également réitéré la promesse de son gouvernement de consacrer 0,25 % du produit intérieur brut (PIB) du pays à l'aide militaire à l'Ukraine au cours des quatre prochaines années.

"Nous espérons que cela servira d'exemple à tous les autres", a ajouté Mme Kallas.

Le président ukrainien a également répété que l'adhésion à l'Otan constituerait la meilleure garantie de sécurité pour son pays et pour la région.

L'Otan y gagnerait aussi "une armée dotée d'une expérience militaire, non pas théorique mais pratique", a-t-il ajouté.

«Défi au monde démocratique»

"Dans cette guerre brutale, sur ce grand champ de bataille, nous sommes tous des alliés qui luttent pour la liberté", a déclaré M. Karis estimant que "la solution, qui consiste à faire reculer l'agresseur, nécessite un effort conjoint de tous les pays démocratiques".

"Toutes les chances de la Russie dans cette guerre reposent sur l'espoir que le front uni des alliés se brise et que les Ukrainiens soient laissés seuls", a-t-il ajouté. "Je vous assure que nous ferons tout pour que cela n'arrive pas. La guerre doit se terminer par la victoire de l'Ukraine".

Le président estonien a également estimé que les Occidentaux ne devraient pas "avoir de limites aux livraisons d'armes à l'Ukraine".

"Lorsque nous apportons un soutien militaire, nous devons comprendre que dans une guerre, il est inévitable d'attaquer les objectifs militaires de l'agresseur, de ralentir et d'affaiblir les forces de l'ennemi et de défendre le peuple ukrainien", a-t-il ajouté.

Dans un déclaration sur X, le président estonien a averti que la Russie ne souhaitait pas seulement conquérir l'Ukraine.

"Avec d'autres dictateurs, elle a lancé un défi au monde démocratique. En utilisant des armes acquises auprès de la Corée du Nord et d'autres acteurs étatiques, Poutine mène également leur combat", a-t-il écrit appelant l'Europe à "devenir puissante sur le plan militaire".

Lors de la première étape de sa tournée balte, mercredi en Lituanie, le président Zelensky  a fustigé les hésitations des Occidentaux concernant l'aide financière et militaire à l'Ukraine, qui "ne font qu'accroître le courage et la force de la Russie".


L'Iran a présenté une nouvelle proposition aux Etats-Unis via le Pakistan (média d'Etat)

A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
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  • L’Iran a soumis une nouvelle proposition de négociation visant à relancer le dialogue avec les États-Unis pour mettre fin au conflit
  • Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans ces discussions, qui restent bloquées malgré les efforts diplomatiques

TEHERAN: L'Iran a présenté une nouvelle offre en vue de la reprise des négociations avec les Etats-Unis, actuellement au point mort, pour mettre fin durablement à la guerre, a annoncé l'agence officielle iranienne Irna.

"La République islamique a transmis jeudi soir le texte de sa dernière proposition au Pakistan, médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis", selon l'agence, qui n'a pas donné plus de détails.


Téhéran active ses défenses aériennes, Trump prêt à ignorer le Congrès

Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Téhéran a activé sa défense antiaérienne malgré un cessez-le-feu fragile, tandis que Washington affirme que la limite légale des 60 jours pour autoriser la guerre ne s’applique plus, ce qui suscite des tensions politiques
  • Le conflit et le blocage du détroit d’Ormuz provoquent une flambée des prix du pétrole et une crise énergétique mondiale, avec des risques économiques majeurs

TEHERAN: Téhéran a activé jeudi soir ses systèmes de défense antiaérienne contre des drones et des petits avions, à l'approche des 60 jours du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, date limite après laquelle Donald Trump doit théoriquement demander l'autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre.

Mais son gouvernement a laissé entendre qu'il ignorera cette obligation qui incombe au président américain en principe vendredi, et que les démocrates se retrouvent impuissants à faire respecter.

Les Etats-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l'Iran le 28 février, et instauré un cessez-le-feu depuis le 8 avril, en dépit duquel le bras de fer entre entre Téhéran et Washington se poursuit, propulsant les cours des hydrocarbures à des sommets inédits depuis quatre ans.

Selon la Constitution américaine, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Une loi adoptée en 1973 permet cependant au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d'urgence, à condition, s'il engage des troupes américaines plus de 60 jours, qu'il obtienne une autorisation du pouvoir législatif.

Vendredi représente donc la date limite, mais le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a argué jeudi qu'en raison du cessez-le-feu "l'horloge des 60 jours est suspendue".

"Les hostilités qui ont commencé le samedi 28 février sont terminées", a ajouté à l'AFP un haut responsable de l'administration américaine. "Il n'y a pas eu d'échanges de tirs entre les forces armées américaines et l'Iran depuis le mardi 7 avril".

Washington impose un blocus des ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, faisant s'envoler les prix du pétrole.

Un haut responsable américain a évoqué une possible prolongation de cette mesure "pendant des mois".

Face à la perspective d'un enlisement du conflit, le Brent, la référence mondiale du pétrole brut, a brièvement dépassé jeudi les 126 dollars, un sommet depuis début 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Vendredi, il gagnait 0,59% à 111,05 dollars vers 05H00 GMT.

- "Défaite honteuse" -

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé jeudi que les Etats-Unis avaient subi une "défaite honteuse" face à l'Iran.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui dénoncé le blocus américain comme un "prolongement des opérations militaires".

A Téhéran, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir, contre des drones et des aéronefs dont la provenance n'a pas été communiquée.

"Le bruit de la défense antiaérienne a cessé après environ 20 minutes d'activité et de riposte contre de petits aéronefs", ont indiqué les agences Tasnim et Fars précisant que Téhéran se trouvait de nouveau dans une "situation normale".

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré la trêve et de premières discussions le 11 avril à Islamabad, la diplomatie semble dans l'impasse.

Pendant que les négociations piétinent, les répercussions du blocage d'Ormuz se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale, entre pénuries rampantes, poussées d'inflation et révisions à la baisse de la croissance.

"Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire", a jugé le patron de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol.

- "Au bord du gouffre" -

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est aussi alarmé de l'"étranglement" de l'économie planétaire en raison de la paralysie du détroit.

"C'est à présent le temps du dialogue, de solutions qui nous éloignent du bord du gouffre et de mesures capables d'ouvrir une voie vers la paix", a-t-il plaidé dans un message sur X.

Sur le front libanais, de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays ont fait au moins dix-sept morts jeudi.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre ce dernier et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, considérant le Liban "à un tournant". "Son peuple a l'occasion historique de reprendre en main son pays et de forger son avenir", a-t-elle estimé sur X.

Les opérations menées au Liban par Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, ont fait plus de 2.500 morts et plus d'un million de déplacés depuis début mars, selon les autorités.


L'accord entre l'UE et le Mercosur entre en vigueur, de façon provisoire

Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
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  • L’accord UE–Mercosur entre en vigueur provisoirement, créant une vaste zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs avec baisse des droits de douane sur plusieurs produits
  • Soutenu par certains pays pour dynamiser l’économie, il est vivement critiqué notamment en France pour les risques de concurrence déloyale envers les agriculteurs européens

BRUXELLES: Il est vivement dénoncé par la France et le monde agricole mais plébiscité par Bruxelles, l'Espagne et l'Allemagne: l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur entre en vigueur vendredi, de façon provisoire.

Ce traité, fruit de plus de 25 ans de tractations ardues, va créer l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs.

Les premières conséquences de son application sont immédiates, d'après Bruxelles.

Dès vendredi, les droits de douanes sur les voitures, produits pharmaceutiques ou le vin, que l'UE exporte vers l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay seront "supprimés ou considérablement réduits".

"C'est une grande journée", a salué le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, qualifiant cet accord d'"historique".

"C'est en réalité une journée bien sombre", rétorque l'eurodéputée française Manon Aubry à l'AFP. Les agriculteurs européens "vont se confronter à une concurrence déloyale de centaines de milliers de tonnes de denrées agricoles qui vont inonder le marché européen, avec des normes sanitaires et environnementales au rabais", alerte l'élue de gauche radicale, très investie sur ce dossier.

- Les tracteurs à Bruxelles -

Cet accord commercial a fait l'objet d'innombrables rebondissements depuis les premières négociations, lancées à la fin des années 1990.

Et pour cause: les deux camps sont fondamentalement divisés quant à ses effets.

Pour ses partisans, Berlin et Madrid en tête, ce texte va permettre de relancer l'économie européenne, en souffrance face à la concurrence de la Chine et aux droits de douane des Etats-Unis.

Pour ses détracteurs, le risque est au contraire de bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants. On retrouve ici la France, la Pologne, et de nombreux agriculteurs.

Dans l'espoir d'amadouer ce camp-ci, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.

Mais rien n'y a fait.

Equipés de tracteurs, fumigènes et drapeaux, les agriculteurs sont venus crier leur colère jusque dans les rues de Bruxelles et de Strasbourg, devant le Parlement européen.

Et le traité de libre-échange, qui facilite l'entrée en Europe de bœuf, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui inquiètent les filières concernées, a finalement été signé mi-janvier.

- Diversifier les partenariats -

Le Parlement européen a dans la foulée saisi la justice pour vérifier la légalité de l'accord.

En attendant cette décision de la Cour de justice de l'UE, d'ici peut-être plus d'un an, la Commission a décidé d'appliquer cet accord de façon provisoire, ce qu'elle est en droit de faire.

Une décision là encore critiquée par la France - son président Emmanuel Macron a parlé d'une "mauvaise surprise" - et les agriculteurs.

Au sein des cortèges du monde agricole, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souvent cristallisé les critiques, se faisant vilipender nommément.

Celle-ci rétorque que l'UE n'a d'autre choix que de diversifier ses partenariats commerciaux face au retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Elle a donc aussi scellé un accord commercial avec l'Inde fin janvier et avec l'Australie en mars.

Pour marquer l'entrée en vigueur de celui du Mercosur vendredi, la cheffe de l'exécutif européen échangera, aux côtés du président du Conseil européen, Antonio Costa, par visioconférence, avec les dirigeants des pays du Mercosur.