France: moins d'investissements dans les start-up mais «  des champions » peuvent encore émerger, assure France Digitale

En France, il y a besoin d'investir massivement dans la transition énergétique et écologique, la +deeptech+ - c'est-à-dire la recherche fondamentale qui devient ensuite appliquée avec l'IA. (AFP).
En France, il y a besoin d'investir massivement dans la transition énergétique et écologique, la +deeptech+ - c'est-à-dire la recherche fondamentale qui devient ensuite appliquée avec l'IA. (AFP).
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Publié le Jeudi 11 janvier 2024

France: moins d'investissements dans les start-up mais «  des champions » peuvent encore émerger, assure France Digitale

  • Le pays a encore des "ressources pour faire émerger des champions dans l'innovation"
  • L'association France Digitale, qui regroupe 2.000 acteurs du secteur, tire un bilan positif de l'année écoulée, qu'elle voit comme un exercice de "normalisation" du marché

PARIS: Malgré la chute de 38% des investissements en capital-risque dans les start-up françaises en 2023, l'association France Digitale, qui regroupe 2.000 acteurs du secteur, tire un bilan positif de l'année écoulée, qu'elle voit comme un exercice de "normalisation" du marché.

Le pays a encore des "ressources pour faire émerger des champions dans l'innovation", assure sa directrice des affaires publiques, Marianne Tordeux Bitker, au lendemain de la publication du baromètre annuel du cabinet EY.

Question: La baisse des investissements en capital-risque sur l ' année 2023 est-elle un mauvais signal pour les start-up françaises ?

Réponse: Je vois surtout des bonnes nouvelles dans ce bilan 2023. Le marché se relance, entre début et fin 2023, avec une normalisation des valorisations des start-up. Il y a un grand nombre d'opérations, même si les valeurs sont plus basses que celles de 2020 et 2021, mais il s'agissait d'années exceptionnelles. Le fait que les valorisations baissent et se normalisent permet de relancer le marché.

Et, si on compare la France à d'autres nations européennes, elle a les ressources pour faire émerger des champions dans l'innovation. D'abord parce qu'elle attire des capitaux et parce qu'elle a des entreprises dans les deux secteurs, à savoir la +greentech+ (les jeunes pousses spécialisées dans l'environnement, NDLR) et l'intelligence artificielle, dans lesquels il va falloir relever le plus de défis dans les prochaines années. Le travail qui a été fait depuis des années pour consolider un écosystème, avec à la fois des investisseurs, des talents, des carnets de commandes et une politique d'innovation, porte ses fruits.

Q: avec la montée en puissance de la "greentech", certains secteurs comme les services internet ou les logiciels risquent-ils de se retrouver à la traîne ?

R: On voit, avec le capital-risque, qu'aujourd'hui les montants les plus importants sont investis là où il y a besoin d'argent.

Il y a besoin d'investir massivement dans la transition énergétique et écologique, la +deeptech+ - c'est-à-dire la recherche fondamentale qui devient ensuite appliquée avec l'IA -, le quantique, etc. C'est vrai que le secteur des logiciels exige moins d'argent. Aujourd'hui, quand on développe un logiciel dans ce monde digitalisé, les entreprises arrivent plus rapidement à toucher un marché, faire du chiffre d'affaires et atteindre la rentabilité.

C'est vraiment la tendance de 2023: pour une partie des entreprises, l'objectif est la rentabilité et le capital-risque vient les aider. En parallèle, il y a d'autres secteurs qui lèvent les plus gros montants et qui nécessitent d'avoir plus d'argent.

Q: Comment la présence et le rôle des acteurs publics en France, comme Bpifrance par exemple, sont-ils perçus par le secteur ?

R: Cela change des choses, à la fois pour les investisseurs et les entreprises. Pour les investisseurs, cela leur permet d'avoir davantage de capacités de financement, (la banque publique d'investissement), Bpifrance s'ajoute à d'autres acteurs et cela élargit le champ des possibles.

Par ailleurs, le rôle de l'État, quand il décide par exemple d'accorder une garantie, permet de "dé-risquer" les investissements. Quand une start-up a des besoins de fonds très importants, le capital risque ne suffit pas, il lui faut un savant cocktail d'investissements. Une garantie de l'État envoie un signal rassurant et peut ensuite permettre d'emprunter auprès des banques.


Maroc: Société Générale cède sa filiale à une holding marocaine pour 745 millions d'euros

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  • Le groupe bancaire français Société Générale a annoncé vendredi avoir signé pour 745 millions d'euros un contrat de cession de ses parts de Société Générale Maroc à la holding marocaine Saham
  • Saham "reprendrait ainsi la totalité des activités opérées" par Société Générale Maroc, ainsi que celles de la compagnie d'assurance La Marocaine Vie

PARIS: Le groupe bancaire français Société Générale a annoncé vendredi avoir signé pour 745 millions d'euros un contrat de cession de ses parts de Société Générale Maroc à la holding marocaine Saham.

Saham "reprendrait ainsi la totalité des activités opérées" par Société Générale Maroc, ainsi que celles de la compagnie d'assurance La Marocaine Vie, que la Société générale détenait via sa filiale d'assurance Sogecap, a indiqué la direction dans un communiqué.

L'ensemble des salariés seront également repris par Saham, un empire de l'assurance, des métiers de l'offshoring (délocalisation) et de la finance au Maghreb et en Afrique, fondé par l'ex-ministre marocain de l'Industrie, le milliardaire Moulay Hafid Elalamy.

Société Générale a commencé à se désengager en Afrique. En décembre et en janvier, elle a vendu deux de ses filiales au Congo et au Tchad et elle est en cours d'exécution de cessions de ses filiales en Guinée Equatoriale et au Burkina Faso.

Le groupe Société Générale, qui a une présence ancienne en Afrique, entend par ces ventes "façonner un modèle simplifié, plus synergétique et performant."

Elle rejoint un mouvement lancé par d'autres groupes bancaires, comme Barclays ou BNP Paribas, qui ont cédé plusieurs de leurs filiales africaines ces dernières années.

La stratégie de simplification du portefeuille d'activités s'inscrit dans la feuille de route stratégique de Société Générale, dont le bénéfice net a bondi à 2,5 milliards d'euros en 2023. Jeudi, elle avait annoncé avoir signé un protocole de vente au groupe bancaire BPCE de ses activités de financements de biens d'équipements pour les entreprises regroupées dans SGEF, pour un montant de 1,1 milliard d'euros.


Des milliards de dollars de fraude au Vietnam: la patronne d'un géant de l'immobilier condamnée à mort

La magnate vietnamienne de l'immobilier Truong My Lan (au centre) au tribunal à Ho Chi Minh ville le 11 avril 2024. (Photo AFP)
La magnate vietnamienne de l'immobilier Truong My Lan (au centre) au tribunal à Ho Chi Minh ville le 11 avril 2024. (Photo AFP)
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  • Truong My Lan est condamnée pour avoir escroqué environ 42.000 personnes entre 2012 et 2022, via un montage d'obligations transitant par la SCB, détenue à plus de 90% par son groupe, avec la complicité de fonctionnaires de la supervision bancaire
  • Selon le parquet, le total des dommages causés par l'escroquerie s'élevait désormais à 27 milliards de dollars (25 millions d'euros), soit l'équivalent de 6% du PIB du pays en 2023

HO CHI MINH-VILLE, Vietnam : La dirigeante d'un géant de l'immobilier a été condamnée à la peine de mort dans une affaire de fraude dont les dommages ont été estimés par le parquet à 25 milliards d'euros au total, le plus grand scandale financier qu'ait connu le Vietnam.

Les actions de Truong My Lan, patronne du conglomérat Van Thinh Phat, accusée d'avoir escroqué des fonds de la Saigon Commercial Bank (SCB) pendant une décennie, «ont érodé la confiance des gens dans la direction du Parti (communiste) et de l'Etat», a estimé le jury, selon les médias d'Etat, lors du procès qui s'est tenu dans un tribunal de Hô Chi Minh-Ville (sud).

Mme Truong a été reconnue coupable de corruption, détournement de fonds et violation de la loi bancaire. La femme d'affaires a nié son rôle et rejeté la faute sur ses subordonnés.

Au cours d'un procès XXL qui a duré environ un mois, Mme Truong et 85 autres prévenus ont comparu pour répondre aux interrogations et à la colère de milliers d'épargnants lésés qui ont perdu leurs fonds presque du jour au lendemain.

La liste des accusés comprenait des anciens fonctionnaires de la banque centrale, des ex-membres du gouvernement ainsi que des dirigeants de la banque impliquée dans le montage frauduleux, la Saigon Commercial Bank (SCB), sur fond de purge anticorruption orchestrée depuis plusieurs années par le pouvoir communiste visant les hautes sphères politiques et économiques.

La peine de mort n'avait été requise par le procureur que contre Mme Truong considérée comme le cerveau de l'opération.

- «Peu de connaissances» -

Au moment de sa dernière prise de parole en public, lors des audiences, elle a confessé avoir pensé au suicide. «Dans mon désespoir, j'ai pensé à la mort», a-t-elle déclaré, dans des propos rapportés par Tuoi Tre, un journal d'Etat.

«Je suis tellement en colère d'avoir été assez stupide pour m'être impliquée dans un secteur aussi difficile (la banque) pour lequel je n'avais que peu de connaissances», a-t-elle assuré.

Truong My Lan est condamnée pour avoir escroqué environ 42.000 personnes entre 2012 et 2022, via un montage d'obligations transitant par la SCB, détenue à plus de 90% par son groupe, avec la complicité de fonctionnaires chargés de superviser le secteur bancaire.

Elle a été arrêtée en octobre, accusée d'avoir détourné 304.000 milliards de dongs, soit 11,5 milliards d'euros, qui auraient alimenté son train de vie luxueux et servi à la corruption.

Mais le parquet a affirmé jeudi que le total des dommages causés par l'escroquerie s'élevait désormais à 27 milliards de dollars (25 millions d'euros), soit l'équivalent de 6% du PIB du pays en 2023.

Le procès a révélé certaines combines, comme un pot-de-vin d'environ cinq millions d'euros en liquide dissimulé dans des boîtes de Styrofoam, un isolant thermique habituellement utilisé pour le transport de fruits ou de fruits de mer.

La destinataire, ancienne responsable chargée de l'inspection au sein de la banque centrale, a assuré avoir refusé le paquet, tendu par l'ancien président de la SCB. Ce dernier a affirmé de son côté ne pas l'avoir repris après l'avoir donné, selon un média d'Etat.

Les procureurs ont aussi fait état de plus d'un millier de propriétés confisquées à Mme Truong.

- Dispositif policier -

L'ampleur du scandale a poussé des centaines de personnes à manifester dans la capitale Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville, dans une inhabituelle expression de colère collective tolérée dans le pays communiste.

Mercredi, un important dispositif policier s'est déployé devant le siège de la banque centrale à Hanoï, lieu de précédents rassemblements.

Faute de transparence et de régulation efficace, le système bancaire vietnamien laisse la porte ouverte à de puissants acteurs privés qui peuvent imposer leurs intérêts au détriment des épargnants.

Ces dernières années, le régime communiste a accéléré sa campagne anticorruption. Au nom de cette politique, plus de 4.400 personnes, dont des anciennes stars du monde des affaires et des ministres déchus, ont été poursuivies dans plus de 1.700 affaires depuis 2021.

Le recours à la peine capitale est monnaie courante au Vietnam pour des affaires de stupéfiants, mais demeure rare pour des délits ou crimes économiques.

Les statistiques sur son application sont classées secret d'Etat, mais Amnesty International estime que de «nombreuses» exécutions ont lieu chaque année, de l'ordre de plusieurs dizaines par an.


Les nouveaux contrôles douaniers post-Brexit vont aggraver l'inflation britannique, selon une étude

Un partisan anti-Brexit tient une pancarte lors d'un rassemblement à l'extérieur du Palais de Westminster, qui abrite les Chambres du Parlement, dans le centre de Londres, le 31 janvier 2024, alors que les nouveaux contrôles douaniers post-Brexit entrent en vigueur. (Photo Justin Tallis AFP)
Un partisan anti-Brexit tient une pancarte lors d'un rassemblement à l'extérieur du Palais de Westminster, qui abrite les Chambres du Parlement, dans le centre de Londres, le 31 janvier 2024, alors que les nouveaux contrôles douaniers post-Brexit entrent en vigueur. (Photo Justin Tallis AFP)
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  • Ces nouveaux contrôles aux frontières «devraient faire grimper le prix des produits agricoles importés de l'Union européenne (UE) de 2 milliards de livres» (2,34 milliards d'euros) par an, ce qui gonflera «l'inflation britannique de 0,2 point de pourcenta
  • Londres avait reporté à cinq reprises certaines formalités et contrôles des importations, de peur de pénaliser une économie déjà atone et d'alimenter l'inflation

LONDRES : Les nouveaux contrôles douaniers post-Brexit, qui doivent entrer en vigueur le 30 avril pour de nombreuses marchandises arrivant au Royaume-Uni en provenance de l'UE, coûteront deux milliards de livres aux entreprises et aggraveront l'inflation britannique, selon une étude publiée jeudi.

Ces nouveaux contrôles aux frontières «devraient faire grimper le prix des produits agricoles importés de l'Union européenne (UE) de 2 milliards de livres» (2,34 milliards d'euros) par an, ce qui gonflera «l'inflation britannique de 0,2 point de pourcentage», d'après cette étude de l'assureur Allianz Trade.

L'inflation britannique, qui atteignait 3,4% sur un an en février, a nettement ralenti depuis son pic à plus de 11% fin 2022, mais elle reste la plus élevée du G7.

Depuis l'entrée en vigueur effective du Brexit en janvier 2021, l'UE a mis en place des contrôles renforcés pour les marchandises en provenance du Royaume-Uni.

De son côté, Londres avait reporté à cinq reprises certaines formalités et contrôles des importations, de peur de pénaliser une économie déjà atone et d'alimenter l'inflation.

Fin janvier, des certificats sanitaires et phytosanitaires sont devenus obligatoires, notamment pour certains produits d'origine animale ou végétale de «risque moyen». Fin avril, des contrôles physiques entreront en vigueur.

Parmi les produits concernés par les nouvelles formalités au passage de la Manche figurent certains fromages, beurres ou crèmes, saucisses, jambon ou charcuterie, mais aussi certaines fleurs coupées, racines ou tubercules.

Le gouvernement avait reconnu en janvier que ces changements pourraient se traduire par des coûts supplémentaires de 330 millions de livres (386 millions d'euros) par an sur les importations depuis l'UE, mais assurait que cela n'aurait pas d'impact significatif sur l'inflation alimentaire.

Allianz Trade estime pour sa part que ces coûts se chiffreront en milliards et prévient que «les exportateurs de l’UE répercuteront (au moins une partie de) ces coûts supplémentaires sur leurs clients britanniques». «Les produits laitiers, la viande et le poisson» seront les produits les plus touchés, souligne l'assureur.

Cependant, cet impact sur l'inflation «sera atténué», car une autre politique du gouvernement britannique suspend en parallèle certains droits «sur des marchandises non couvertes par des accords de libre-échange», ce qui «réduira les coûts d'importation de 7 milliards de livres et par conséquent l'inflation de 0,6 point de pourcentage», remarque Allianz Trade.

Le gouvernement britannique met en effet en place, à partir de jeudi, pour un peu plus de deux ans, des suspensions de certains droits d'importation sur 126 produits non-fabriqués, ou en quantités insuffisantes, sur le territoire britannique, dans des secteurs comme la chimie, l'automobile ou l'agroalimentaire.