Avec les JO, la porte de la Chapelle poursuit sa mue et tente de convaincre

Construction d'un espace aquatique à proximité de l'autoroute A1 et du Stade de France à Saint-Denis, au nord de Paris, le 25 mai 2022, en prévision des Jeux Olympiques de Paris 2024. (AFP)
Construction d'un espace aquatique à proximité de l'autoroute A1 et du Stade de France à Saint-Denis, au nord de Paris, le 25 mai 2022, en prévision des Jeux Olympiques de Paris 2024. (AFP)
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Publié le Jeudi 11 janvier 2024

Avec les JO, la porte de la Chapelle poursuit sa mue et tente de convaincre

  • L'Arena, salle de 8 000 places qui doit accueillir le badminton et la gymnastique rythmique pendant les JO, est l'un des nombreux chantiers en cours de la principale entrée nord de Paris
  • En face, le deuxième site du campus Condorcet doit accueillir plus de 4 500 personnes à la rentrée 2025

PARIS: D'une zone sinistrée, Anne Hidalgo a promis de faire une entrée "majestueuse" dans Paris. Mais si la mue de la porte de la Chapelle s'accélère avant les Jeux olympiques, le chemin reste encore long pour la transformer en quartier attractif.

Elle s'élève désormais au-dessus de l'entrée du périphérique et de l'A1: l'Arena, seule infrastructure construite intra muros en vue des JO (26 juillet - 11 août), doit être inaugurée le 11 février lors d'un match du Paris Basketball, son futur club résident.

Cette salle de 8.000 places, qui doit accueillir le badminton et la gymnastique rythmique pendant les JO, est l'un des nombreux chantiers en cours de la principale entrée nord de Paris.

En face, le deuxième site du campus Condorcet doit accueillir plus de 4.500 personnes à la rentrée 2025.

Entre les deux, l'axe nord-sud reliant le cœur de la capitale à la Seine-Saint-Denis est l'objet d'intenses travaux qui doivent s'achever en avril, au grand soulagement des commerçants qui, comme Brahim Fanny, leur reprochent d'avoir "tué le commerce".

Réduction de la place de la voiture au profit de larges trottoirs, d'une double piste cyclable et d'environ 160 arbres entourés de plantes: autour de son rond-point, la rue de la Chapelle dévoile un nouveau visage plus favorable au piéton.

Avec le parc Chapelle Charbon ouvert en 2020 tout près, la porte va "renaître" en 2024, s'est félicitée la maire socialiste Anne Hidalgo mercredi lors de ses voeux.

Outre une "dalle de granit comme sur les Champs-Elysées", le budget d'environ 50 millions est dédié à un mobilier urbain - colonne Morris, fontaine Wallace, bancs Davioud - correspondant à "l'esthétisme parisien", avait énuméré en décembre le premier adjoint (PS) Emmanuel Grégoire, soulignant ainsi que "la porte de la Chapelle, c'est Paris".

Tout sauf une évidence? Ce quartier populaire, isolé par les axes ferroviaires et routiers, souffre de maux qui en ont fait un repoussoir. Début 2020, en lançant de la Chapelle la campagne pour sa réélection, Anne Hidalgo avait reconnu "la difficulté à y vivre du fait des campements de migrants et des problèmes de drogue".

Si ces campements ont disparu, "ce n'est pas un quartier fréquentable", dit une employée de restaurant que son fiancé vient chercher "en voiture tous les soirs".

«Faites quelque chose !»

Habitante du quartier depuis vingt ans, Lise Hennon dit élever ses enfants dans un environnement "plus impressionnant qu'insécurisant", où les dealers "font du business entre eux".

Début décembre, les élus de gauche de la mairie ont été pris à partie par une femme dont le fils venait de se faire agresser sur l'axe en travaux. "Faites quelque chose !", leur a-t-elle demandé, excédée.

Outre les "moyens de police très importants", le quartier a besoin d'une "occupation positive de l'espace", répond Emmanuel Grégoire, pour qui l'Arena et le campus doivent insuffler une nouvelle dynamique commerciale afin que "le plus vite possible, les gens se disent, +tiens, je vais aller manger porte de la Chapelle+".

Avec l'Arena, une boulangerie et un espace culturel à Chapelle International, un ensemble d'immeubles flambant neuf, sont les prémices d'un "quartier agréable à vivre et où on a une raison d'aller", veut croire le maire (PS) du XVIIIe arrondissement, Eric Lejoindre.

"Ça fait 17 ans que je suis là, pas la peine de parler du futur: on n'a eu que des promesses", rétorque Farid, patron de bar, qui liste les déboires liés aux travaux, une "catastrophe" selon lui: obligation d'enlever véranda et terrasse sans compensation financière, absence de concertation et de signalétique, inondations, chaussée inadaptée aux piétons...

Salim Aouchiche, gérant du bar voisin où Mme Hidalgo a démarré sa campagne, se dit "mitigé" quant à l'après-JO: "c'est beau de mettre tant de millions pour refaire l'avenue, mais ce n'est pas avec eux qu'on va résoudre ces problèmes de sécurité".

Si "ces aménagements vont dans le bon sens", Olivier Ansart, président de l'association ASA-PNE qui accompagne les projets urbain du nord-est parisien, regrette lui la "densité" des nouveaux logements dans des "zones très fragiles d'un point de vue social", notamment à Chapelle International où "la partie végétale est réduite à la portion congrue".


Le président Macron recevra le prince héritier saoudien pour une visite officielle de deux jours

Le président français Emmanuel Macron, à gauche, rencontre le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane lors d’une visite officielle à Riyad, le 2 décembre 2024. (Photo d’archives AFP)
Le président français Emmanuel Macron, à gauche, rencontre le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane lors d’une visite officielle à Riyad, le 2 décembre 2024. (Photo d’archives AFP)
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  • Les deux dirigeants aborderont les enjeux économiques et régionaux et assisteront à la cérémonie de clôture de la Coupe du monde d’esport à Paris

RIYAD : Le président français Emmanuel Macron recevra dimanche le prince héritier et Premier ministre saoudien Mohammed ben Salmane pour une visite officielle de deux jours, a annoncé l’Élysée dans un communiqué.

Cette visite fait suite au déplacement d’Emmanuel Macron en Arabie saoudite en décembre 2024.

« Elle témoigne de la vitalité du dialogue entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France et permettra de renforcer davantage le partenariat stratégique entre nos deux pays. À cette fin, le président de la République et le prince héritier réuniront, pour la première fois, le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien », précise le communiqué.

Les deux dirigeants évoqueront les grands enjeux économiques et stratégiques qui façonnent le partenariat franco-saoudien et échangeront leurs points de vue sur les principales questions régionales, alors qu’une coordination étroite entre la France et ses partenaires du Golfe est essentielle pour promouvoir la stabilité et la paix au Proche et au Moyen-Orient, ajoute le communiqué.

Les deux dirigeants assisteront également dimanche à la cérémonie de clôture de la Coupe du monde d’esport, organisée pour la première fois à Paris, hors d’Arabie saoudite, depuis sa création.

L’organisation de cette compétition mondiale majeure témoigne du nouvel attrait de la France comme destination pour les grands événements sportifs internationaux, notamment après le succès des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, souligne l’Élysée.

Elle reflète également l’ambition commune de la France et de l’Arabie saoudite de faire du sport et de la culture des vecteurs de rapprochement entre les deux pays, ajoute le communiqué. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Louis Blin: le rayonnement culturel, un nouvel enjeu identitaire pour l’Arabie

Les jeux vidéo, le cinéma, la musique, le patrimoine, les arts contemporains et la création artistique s’inscrivent tous dans un même mouvement : celui d’une Arabie saoudite qui cherche à conjuguer ouverture internationale et affirmation de ses racines. (Fourni)
Les jeux vidéo, le cinéma, la musique, le patrimoine, les arts contemporains et la création artistique s’inscrivent tous dans un même mouvement : celui d’une Arabie saoudite qui cherche à conjuguer ouverture internationale et affirmation de ses racines. (Fourni)
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  • La culture devient un levier stratégique de la transformation de l’Arabie saoudite, au cœur de la Vision 2030, pour construire une identité nationale ouverte sur le monde tout en valorisant son patrimoine
  • La France occupe une place privilégiée dans cette transformation, notamment à travers AlUla, la Villa Hegra et l’EWC, avec une coopération fondée sur la rencontre entre patrimoine, expression artistique et industries culturelles

PARIS : Longtemps perçue comme un domaine secondaire, voire dissocié des grands enjeux économiques et géopolitiques, la culture est désormais devenue l’un des moteurs de la transformation de l’Arabie saoudite.

Au cœur de la Vision 2030, elle accompagne une profonde mutation du Royaume et participe à la construction d’une nouvelle identité nationale, davantage ouverte sur le monde.

Dans cette dynamique, la France occupe une place singulière, de la coopération autour d’AlUla aux résidences d’artistes de la Villa Hegra, jusqu’à l’implantation à Paris de l’Esports World Cup (EWC), les initiatives se multiplient et dessinent les contours d’un partenariat culturel appelé à prendre de l’ampleur.

Pour Louis Blin, diplomate et spécialiste du monde arabe, cette évolution ne doit pas être réduite au seul essor spectaculaire du divertissement.

Jeux vidéo, cinéma, musique, patrimoine, arts contemporains ou création artistique participent d’un même mouvement, celui d’une Arabie saoudite qui cherche à conjuguer ouverture internationale et affirmation de ses racines.

« On a tendance à dissocier l’économie de la culture », observe Blin, auteur de plusieurs ouvrages sur l’Islam et l’Arabie, où il a été en poste. Pourtant rappelle-t-il, la France elle-même démontre combien les industries culturelles peuvent constituer un secteur économique majeur.

Le jeu vidéo en est l’un des exemples les plus emblématiques. C’est précisément autour de cette industrie que les deux pays se rencontrent aujourd’hui, notamment à travers l’EWC, dont la présence à Paris constitue un nouveau symbole de cette convergence.

Mais cette rencontre culturelle franco-saoudienne ne date pas de l’EWC, elle s’est construite progressivement autour de projets structurants, parmi lesquels le développement culturel et patrimonial d’AlUla occupe une place centrale.

La coopération franco-saoudienne y associe restauration du patrimoine, archéologie, tourisme culturel, création contemporaine et développement d’un écosystème artistique international.

À proximité, la Villa Hegra est devenue un autre laboratoire de cette relation, en accueillant notamment des résidences d’artistes et en offrant aux créateurs un espace de dialogue avec le patrimoine et les paysages d’AlUla.

L’EWC apporte aujourd’hui une dimension nouvelle à cette coopération, et le choix de Paris traduit la volonté de faire de l’événement bien davantage qu’une compétition internationale de jeux vidéo.

Il illustre la place croissante du divertissement dans la stratégie d’influence saoudienne et la volonté de rapprocher deux sociétés autour de pratiques culturelles communes.

Cette stratégie répond également à un enjeu identitaire, puisque le changement saoudien s’inscrit, selon Blin, dans le contexte plus vaste de la mondialisation.

Après des décennies durant lesquelles « l’affirmation de l’authenticité a parfois été associée au refus de certaines formes de diversité culturelle », le Royaume cherche,  du point de vue de Blin, à construire « une identité nationale capable de s’ouvrir au monde sans renoncer à son héritage ».

Mais pour lui, la difficulté réside précisément dans cet équilibre, car l’objectif ne serait pas d’importer une culture étrangère, mais de « bâtir quelque chose de nouveau à partir de l’ancien ».

Cela poursuit-il, « implique de redécouvrir et de valoriser un patrimoine beaucoup plus vaste que les seules références religieuses, telles que le patrimoine préislamique, l’histoire du Hijaz, ou les traditions de l’Asir ».

« Il faut restaurer nos cerveaux, parce que sinon on n’arrivera jamais à restaurer les pierres », résume-t-il, pour expliquer que la transformation culturelle ne peut être uniquement matérielle, mais suppose également une évolution des mentalités, « une réappropriation du patrimoine et l’émergence d’une nouvelle génération de créateurs ».

C’est là, de l’avis de Blin, que la coopération avec la France prend tout son sens, puisque ce pays dispose d’une longue expérience en matière de patrimoine, de création artistique et d’industries culturelles.

L’Arabie saoudite, de son côté, dispose d’un patrimoine exceptionnel et d’une volonté politique et financière considérable pour le mettre en valeur, « leur rapprochement peut ainsi produire un modèle original, fondé sur la rencontre plutôt que sur l’imitation ».

La culture devient donc un puissant outil de transformation de l’image du Royaume, car le jeu vidéo, par exemple, constitue un terrain de rencontre particulièrement efficace avec la société française. Lorsque les deux pays partagent les mêmes passions, les mêmes créateurs et les mêmes expériences culturelles, les représentations évoluent naturellement.

Pour Blin, l’enjeu dépasse largement l’échéance fixée par la Vision 2030, « 2030 est une date mobilisatrice », rappelle-t-il, mais « la transformation culturelle, elle, est appelée à se poursuivre bien au-delà.

Et contrairement à une idée souvent répandue, Blin considère que « cette mutation ne serait pas uniquement l’œuvre du prince héritier, celui-ci aurait surtout accompagné une aspiration déjà présente dans la société » mais « ce n’est pas lui qui a créé la vague, c’est la société », en soulignant notamment le rôle des jeunes et des femmes.

De l’héritage d’AlUla aux artistes de la Villa Hegra, jusqu’à l’univers mondialisé de l’EWC, la dynamique qui se dessine est celle d’une Arabie saoudite qui entend désormais faire de la culture un langage universel, capable de raconter au monde une nouvelle histoire du Royaume.


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
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  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.