L’Iran confirme avoir saisi un pétrolier dans le golfe d’Oman à bord duquel sont montés des hommes armés

Une photo, prise lors d’une tournée organisée par la milice houthie du Yémen le 22 novembre dernier, montre le cargo Galaxy Leader (à droite), saisi par les Houthis deux jours plus tôt, en train de s’approcher du port de la mer Rouge au large de la province yéménite de Hodeïda. (Photo fournie)
Une photo, prise lors d’une tournée organisée par la milice houthie du Yémen le 22 novembre dernier, montre le cargo Galaxy Leader (à droite), saisi par les Houthis deux jours plus tôt, en train de s’approcher du port de la mer Rouge au large de la province yéménite de Hodeïda. (Photo fournie)
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Publié le Jeudi 11 janvier 2024

L’Iran confirme avoir saisi un pétrolier dans le golfe d’Oman à bord duquel sont montés des hommes armés

  • Dix-neuf membres d’équipage se trouvaient à bord du pétrolier au moment où les hommes armés sont montés
  • Le système de suivi du navire aurait été désactivé et le navire semblerait se diriger vers l’Iran

DUBAÏ : L’Iran a confirmé jeudi que sa marine avait saisi un pétrolier dans le golfe d’Oman à bord duquel étaient montés des hommes armés.

Cinq hommes armés, masqués et portant des uniformes militaires noirs sont montés à bord du pétrolier, selon les opérations commerciales maritimes du Royaume-Uni (UKMTO).

La télévision d’État iranienne a confirmé la saisie du navire jeudi en fin d’après-midi, quelques heures après que les hommes armés sont montés à bord.

«Le pétrolier contrevenant Suez Rajan  (…) a volé du pétrole iranien en le conduisant aux Américains et en le leur livrant», a rapporté la télévision d’État, précisant que c’est la marine iranienne, et non le Corps paramilitaire des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), qui a procédé à la saisie. Par le passé, ces derniers ont souvent été impliqués dans les incidents en mer qui ont suscité des tensions.

Plus tôt, la chaîne d’information saoudienne Al-Arabiya a publié sur la plateforme X des informations diffusées par la télévision d’État iranienne selon lesquelles le CGRI aurait détenu un pétrolier américain en mer d’Arabie, sans toutefois citer le nom du navire ni faire directement référence au St. Nikolas.

Les propriétaires du navire ont déclaré à Arab News qu’ils avaient perdu le contact avec le navire tôt jeudi matin.

L’incident a été signalé à 50 milles marins à l’est de Sohar, une ville située dans le sultanat d’Oman.

Les experts en sécurité ont affirmé que le système de suivi du navire avait été désactivé et que le navire semblait se diriger vers l’Iran.

Un porte-parole d’Empire Navigation, directeur du pétrolier St. Nikolas, a confirmé à Arab News que le contact avait été perdu avec leur navire vers 6h30, heure d’Athènes (4h30 GMT) «alors qu’il naviguait au large du sultanat d’Oman, aux alentours de Sohar. Les membres d’équipage sont au nombre de dix-neuf: dix-huit Philippins et un Grec».

«Le navire avait chargé, quelques jours auparavant, à Bassorah [Irak], une cargaison d’environ 145 000 tonnes métriques de pétrole brut à destination d’Aliaga [Turquie], via le canal de Suez. L’affréteur du navire est Tupras.»

«Empire Navigation a activé son plan d’urgence et averti les autorités compétentes. Par ailleurs, la société met tout en œuvre pour rétablir la communication avec le St. Nikolas

Reuters a cité la société de renseignement privée américaine Ambrey, qui a déclaré que le système d’identification automatique du pétrolier avait été désactivé et a ajouté que le pétrolier se dirigeait vers Bandar-e Jask, en Iran.

«L’UKMTO a reçu un rapport selon lequel un navire aurait été arraisonné par 4 à 5 personnes armées non autorisées à environ 3h30 UTC dans une zone située à 50 milles marins à l’est de Sohar, au sultanat d’Oman», a signalé le site Internet de l’UKMTO, qui émet des avertissements à l’intention des marins au Moyen-Orient.

«Les personnes qui ont fait irruption dans le navire porteraient des uniformes noirs de style militaire avec des masques noirs.»

«L’agent de sécurité d’entreprise signale que le navire a changé de cap en direction des eaux territoriales iraniennes et que le contact avec le navire a été perdu. Les autorités enquêtent en ce moment.»

«Des voix inconnues auraient été entendues au téléphone, ainsi que la voix du capitaine. Impossible d’établir d’autres contacts avec les navires pour le moment. Les autorités enquêtent en ce moment», indiquait un compte-rendu antérieur publié sur le site.

De précédents rapports conseillaient aux navires dans la zone de «transiter avec prudence et de signaler toute activité suspecte à l’UKMTO».

L’Associated Press (AP) affirme que ceux qui sont montés à bord du navire avaient couvert les caméras de surveillance lors de leur embarquement.

Cet incident survient au lendemain de l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution qui condamne avec la plus grande fermeté les multiples attaques des Houthis contre des navires en mer Rouge au cours des deux derniers mois.

Le statut de l’incident est actuellement orange sur le site Internet de l’UKMTO, ce qui indique qu’une «approche suspecte de vol et d’embarquement» a eu lieu. Un statut rouge signifierait «attaque, détournement, incident, enlèvement».

Les tensions se sont accrues au large du golfe Arabique ces derniers jours. La milice houthie du Yémen a déclaré mercredi avoir mené une frappe de représailles contre la marine américaine en mer Rouge au moyen de plusieurs missiles et drones.

À cette occasion, des navires des marines américaine et britannique ont abattu 21 drones houthis.

Le ministre britannique de la Défense, Grant Shapps, a affirmé mercredi que la poursuite des attaques des Houthis en mer Rouge était «totalement inacceptable».

Shapps avait déclaré le 1er janvier dernier que la Grande-Bretagne était «prête à prendre des mesures directes» contre les milices houthies, soutenues par l’Iran, au Yémen; ces dernières ont attaqué à plusieurs reprises des navires en mer Rouge.

Le St. Nikolas est un pétrolier construit en 2011 et battant pavillon des Îles Marshall. Il est associé à la société maritime grecque Empire Navigation.

L’attention a commencé à se porter sur le Suez Rajan en février 2022, lorsque le groupe United Against Nuclear Iran a annoncé qu’il soupçonnait que le pétrolier transportait du pétrole provenant de l’île iranienne de Khargh, son principal terminal de distribution de pétrole dans le golfe Arabique.

Des images satellites et des données relatives à la navigation maritime analysées à l’époque par l’AP ont confirmé cette allégation.

Pendant des mois, le navire est resté en mer de Chine méridionale, au large de la côte nord-est de Singapour, avant de partir soudainement pour la côte du Texas, sans explication. Le navire a déchargé sa cargaison sur un autre pétrolier en août, qui a déversé son pétrole à Houston, conformément à une ordonnance du ministère de la Justice.

Au mois de septembre, Empire Navigation a été reconnue coupable de contrebande de pétrole brut iranien et condamnée à payer une amende de 2,4 millions de dollars (1 dollar = 0,91 euro) pour une affaire impliquant le pétrolier Suez Rajan, qui transportait environ 1 million de barils de pétrole.

(Avec agences)

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée saoudienne intercepte des drones provenant d'Irak

Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
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  • Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak
  • Ceux-ci visaient des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense

RIYAD: Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense.

"Des attaques terroristes ont été lancées depuis le territoire irakien par des milices terroristes soutenues par l'Iran", a affirmé le ministère dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Riyad appelle l'Irak à empêcher les attaques 

L'Arabie saoudite a exhorté lundi le gouvernement de Bagdad à empêcher les attaques de drones lancées depuis son territoire, après avoir accusé des groupes armés pro-Iran basés en Irak, d'avoir ciblé le royaume.

Le royaume "réaffirme la nécessité pour le gouvernement irakien de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'empêcher que son territoire ne serve de point de départ à une agression", peut-on lire dans un communiqué des autorités publié par une chaîne de télévision officielle saoudienne.

 

 

 


Le Liban renforce le contrôle de ses ports, asséchant ainsi les sources de financement du Hezbollah

Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
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  • Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations
  • Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne

BEYROUTH : La confrontation entre le Liban et le Hezbollah ne se limite plus à la question des armes du groupe et à la mise en œuvre des engagements internationaux dans le Sud. Elle s’est étendue à une campagne plus large visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ports maritimes, l’aéroport et les postes-frontières, afin de limiter l’influence du Hezbollah et de couper ses sources de financement illicites.

Depuis l’élection du président Joseph Aoun et la formation du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, les autorités ont mis en œuvre une stratégie sécuritaire et administrative visant à réaffirmer le contrôle souverain sur les points d’entrée terrestres, maritimes et aériens du pays.

Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations. Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne, l’aéroport de Beyrouth et le port de Beyrouth.

L’influence du Hezbollah recule

Alors que les mesures de lutte contre la contrebande et de contrôle des frontières continuent d’être renforcées, leurs effets sont déjà visibles, le Hezbollah perdant de son influence au sein d’institutions où il exerçait autrefois une emprise considérable.

Une source impliquée dans la surveillance des points de passage terrestres, maritimes et aériens du Liban a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein de ces installations avait diminué à un niveau sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration.

Selon cette source, ce changement a directement affecté les capacités financières et logistiques du groupe, qui, avant la dernière guerre, bénéficiait d’un environnement sécuritaire et administratif différent permettant la circulation des marchandises et des liquidités avec relativement peu de contraintes.

Ces derniers mois, l’État libanais a également renforcé la surveillance technique en déployant des scanners modernes au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth et au poste-frontière de Masnaa. Ces équipements ont permis de freiner la contrebande de marchandises, de matières interdites et d’argent liquide via ces installations.

La source a ajouté que les passages illégaux, qui constituaient depuis des années l’épine dorsale du réseau logistique du Hezbollah, « ne jouent plus le rôle qu’ils jouaient autrefois », les autorités syriennes ayant renforcé les contrôles de leur côté de la frontière, parallèlement au renforcement des mesures de contrôle libanaises. En conséquence, le trafic transfrontalier illégal a chuté à des niveaux que la source a qualifiés de quasi négligeables.

Un changement fondamental

La source a noté que la situation aux points de passage non officiels avec la Syrie a radicalement changé par rapport aux années précédentes, lorsque des camions liés au Hezbollah auraient traversé régulièrement la frontière, profitant de la faiblesse de l’État et de la marginalisation des institutions officielles au profit du groupe et des réseaux de contrebande opérant dans son orbite.

Ces changements se sont étendus au-delà de la circulation des marchandises pour toucher les réseaux de financement du groupe. Une source officielle a fait état d’une baisse marquée des tentatives d’introduction au Liban, via l’aéroport, de sacs contenant de l’argent liquide et de l’or, ainsi que de la contrebande de pilules de Captagon et de haschisch, activités que la source a décrites comme figurant parmi les opérations illicites les plus importantes liées au trafic transfrontalier.

La source a également souligné l’importance de la décision du gouvernement d’interdire aux avions iraniens d’atterrir à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, affirmant que cela avait renforcé la pression sur les canaux d’approvisionnement du Hezbollah en fermant l’une des voies qui aurait été utilisée pour acheminer des liquidités et d’autres formes de soutien matériel au groupe.

Des responsables ont également qualifié la chute du régime de Bachar al-Assad de tournant le plus important — et de coup le plus dur — auquel le Hezbollah ait été confronté depuis sa création. La Syrie n’offrant plus ce qu’ils ont décrit comme un environnement logistique sûr, le Hezbollah et l’Iran ont perdu l’un de leurs principaux couloirs pour acheminer des armes et des fonds au Liban.

Une source sécuritaire a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein des institutions chargées de superviser les ports et les postes-frontières était devenue « quasi inexistante » à la suite d’une série de mesures sécuritaires et administratives visant à reconstruire les systèmes de contrôle au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri et au poste-frontière de Masnaa.

Selon cette source, ces mesures ont notamment consisté à réaffecter de nombreux agents de sécurité et du personnel administratif soupçonnés d’avoir été sous l’influence du Hezbollah et qui auraient facilité le passage de marchandises de manière quasi quotidienne. Cette restructuration, a précisé la source, a comblé des failles qui constituaient depuis longtemps des points faibles au sein des agences chargées de surveiller ces installations.

La source a ajouté que les autorités ne se sont pas limitées à des remaniements administratifs. Elles ont également ouvert des enquêtes et engagé des poursuites judiciaires à l’encontre de personnes soupçonnées d’avoir facilité le passage de marchandises, de sacs d’argent liquide et de bijoux pour le compte du Hezbollah au cours des derniers mois, dans le cadre d’une politique plus large visant à démanteler les réseaux d’influence du groupe au sein des institutions publiques.


Iran: les Gardiens de la Révolution stoppent six navires dans le détroit d'Ormuz

La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
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  • "La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour"
  • Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions

TEHERAN: La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat.

"La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour", a indiqué un correspondant de la télévision d'Etat depuis le Golfe.

Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions.

Samedi, les Gardiens, armée idéologique iranienne, avaient annoncé avoir stoppé quatre navires qui tentaient de traverser la partie sud du détroit après avoir tiré des coups de semonce.

Les forces armées iraniennes ont à plusieurs reprises empêché des navires de franchir ce passage maritime stratégique en effectuant ces tirs.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.