Josep Borrell : L’Europe doit s'unir et travailler avec ses partenaires du Moyen-Orient pour l’arrêt des hostilités à Gaza

Josep Borrell a affirmé que le conflit entre Israël et le Hamas était «la question géopolitique la plus urgente que nous ayons à traiter». (Photo, Reuters)
Josep Borrell a affirmé que le conflit entre Israël et le Hamas était «la question géopolitique la plus urgente que nous ayons à traiter». (Photo, Reuters)
Short Url
Publié le Dimanche 14 janvier 2024

Josep Borrell : L’Europe doit s'unir et travailler avec ses partenaires du Moyen-Orient pour l’arrêt des hostilités à Gaza

  • Après des entretiens avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faiçal ben Farhane, M. Borrell a indiqué qu’il considérait le Royaume comme l’un des principaux partenaires de l’UE pour ramener la solution à deux États sur le devant de la
  • M. Borrell a précisé qu’il avait également discuté avec des responsables saoudiens des efforts déployés pour mettre fin aux attaques des Houthis contre les navires en mer Rouge

LONDRES: Le Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a déclaré samedi que l’Europe devait s’unir et travailler avec ses partenaires du Moyen-Orient pour faire cesser les hostilités à Gaza.

À l’issue de son voyage au Moyen-Orient, où il s’est entretenu avec des dirigeants et des fonctionnaires au sujet des crises dans la région, Josep Borrell a affirmé que le conflit entre Israël et le Hamas était «la question géopolitique la plus urgente que nous ayons à traiter».

Après des entretiens avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faiçal ben Farhane, M. Borrell a indiqué qu’il considérait le Royaume comme l’un des principaux partenaires de l’UE — aux côtés de la Jordanie, de l’Égypte et de la Ligue arabe — dans ses efforts pour relancer les négociations israélo-palestiniennes et ramener la solution à deux États sur le devant de la scène.

«Avec mes interlocuteurs saoudiens, nous avons abordé la situation à Gaza», a-t-il mentionné. «Nos analyses ont convergé sur plusieurs points critiques : la nécessité d’un arrêt rapide des combats et de la libération des otages, la nécessité d’éviter un déplacement forcé des Palestiniens hors de l’enclave et la nécessité d’un retrait rapide des forces israéliennes à la fin de l’opération militaire», a-t-il ajouté. 

M. Borrell a précisé qu’il avait également discuté avec des responsables saoudiens des efforts déployés pour mettre fin aux attaques des Houthis contre les navires de la mer Rouge.

«Nous avons ensuite évoqué les risques d’extension du conflit à l’ensemble de la région. Nous avons notamment parlé de la situation précaire en mer Rouge en raison des attaques menées par la milice houthie contre les navires marchands», a-t-il poursuivi.

«Pour notre part, nous réfléchissons aux différentes possibilités de rétablir la liberté de navigation, notamment la création d’une nouvelle opération maritime européenne aux côtés de la mission Atalanta, qui opère déjà au large des côtes somaliennes», a-t-il souligné.

Lors de sa visite au Liban, M. Borrell s’est entretenu avec le Premier ministre sortant, Najib Mikati, et d’autres personnalités politiques concernant la nécessité d’éviter que le pays ne soit entraîné dans un conflit plus large avec Israël.

«J’ai fait part à tous mes interlocuteurs de notre profonde inquiétude face au risque de voir le Liban entraîné dans un conflit avec Israël, et de notre désir de contribuer à empêcher qu’un développement aussi désastreux ne se produise», a-t-il indiqué.

«Tous, y compris le représentant du Hezbollah, m’ont dit qu’ils étaient tout aussi désireux d’éviter d’être entraînés dans une telle spirale descendante.»

M. Borrell s’est par ailleurs entretenu avec le Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa), Philippe Lazzarini, et a réaffirmé le soutien de l’UE à cette organisation humanitaire, son opposition au déplacement des Palestiniens de Gaza et son soutien à une augmentation de l’aide autorisée dans l’enclave.

Samedi, M. Lazzarini a estimé que la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, qui entrait dans son centième jour, «souillait l’humanité».

«La mort, la destruction, le déplacement, la faim, la perte et le deuil massifs qui ont marqué les cent derniers jours souillent notre humanité commune», a-t-il affirmé dans un communiqué lors de sa visite dans la bande de Gaza.

«Cela fait cent jours que cette guerre dévastatrice a commencé, tuant et déplaçant des personnes à Gaza, en réponse aux attaques horribles que le Hamas et d’autres groupes ont menées contre des personnes en Israël. Cela fait cent jours que les otages et leurs familles vivent dans la souffrance et l’angoisse.»

Après son voyage au Moyen-Orient, M. Borrell s’est également dit convaincu que l’UE et ses partenaires régionaux pouvaient travailler ensemble à la résolution des crises.

«Depuis que je suis rentré de cette mission, ma conviction ne fait que se renforcer quant à l’urgence pour l’UE d’intensifier son implication dans la résolution du conflit israélo-palestinien. Dans le même temps, je suis plus que jamais convaincu qu’il est possible de le faire en étroite coopération avec nos partenaires régionaux», a-t-il ajouté.

«Depuis le 7 octobre, les opinions divergent au sein de l’UE sur la manière de réagir au conflit à Gaza. Cette absence de consensus a affaibli l’UE dans la région et nous a empêchés d’influer sur les événements, bien que nous soyons très directement touchés par ce conflit et ses conséquences.»

«Le moment est venu pour nous de nous unir et d’assumer notre responsabilité afin de faire cesser les hostilités à Gaza, et de travailler avec nos partenaires pour poursuivre activement la mise en œuvre de la solution à deux États.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Netanyahu affirme que la menace du Hezbollah impose la poursuite de l'action militaire au Liban

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
Short Url
  • Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban
  • Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle)

BEYROUTH: Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives.

Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban.

M. Aoun a souligné que leur objectif était de mettre fin au conflit, ajoutant à l'intention du Hezbollah que la véritable "trahison" était d'avoir entraîné le Liban dans la guerre.

Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, avait auparavant accusé les autorités libanaises d'avoir fait "des concessions gratuites et humiliantes".

"Naïm Qassem joue avec le feu, et ce feu brûlera le Hezbollah et tout le Liban", a averti le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, lors d'une rencontre avec l'envoyée de l'ONU au Liban.

Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne a annoncé avoir commencé à frapper "des sites d'infrastructures du Hezbollah" dans la vallée de la Bekaa (est) et dans d'autres zones du sud.

Elle a affirmé avoir "détruit au cours des derniers jours plus de cinquante infrastructures terroristes dans le sud du Liban, y compris un complexe souterrain utilisé par le Hezbollah" pour des attaques contre Israël.

Le Hezbollah a pour sa part revendiqué de nouvelles attaques contre les troupes israéliennes déployées dans des localités frontalières du sud,  notamment contre un char Merkava à Kantara, et un bulldozer qui "démolissait des maisons dans la ville de Bint Jbeil".

"10% des missiles" 

Les deux parties s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril puis prolongé de trois semaines le 23 avril, après deux sessions de pourparlers à Washington au niveau des ambassadeurs libanais et israélien.

Selon M. Netanyahu, il "reste encore deux menaces principales venant du Hezbollah: les roquettes de type 122 et les drones. Cela exige une combinaison d'actions opérationnelles et technologiques", a-t-il affirmé devant des gradés.

Selon lui, le mouvement dispose encore "d’environ 10% des missiles" qu'il détenait au début de la guerre, déclenchée le 2 mars par des tirs du Hezbollah sur Israël en riposte à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours".

Ses forces ont délimité par une "ligne jaune" une zone le long de la frontière pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

"Pas d'accord humiliant" 

"Mon objectif est de parvenir à la fin de l'état de guerre avec Israël", a affirmé M. Aoun, assurant qu'il "n'accepterait pas un accord humiliant".

"Ce que nous faisons n'est pas une trahison, la trahison est plutôt commise par ceux qui entraînent le pays dans une guerre au profit d'intérêts étrangers", a-t-il rétorqué au mouvement chiite.

Ce dernier, qui dénonce une "capitulation" et se pose en défenseur de la souveraineté territoriale du Liban, "refuse catégoriquement de négocier directement avec Israël", a réaffirmé lundi son chef, dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, affiliée au mouvement.

Il a demandé au gouvernement libanais de renoncer à "un grave pêché qui place le Liban dans un cycle d'instabilité", ajoutant que son mouvement, dont Israël exige le désarmement, ne renoncerait pas à ses armes.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir, a pour sa part affirmé que 2026 "pourrait encore être une année de combats" sur tous les fronts.

Selon des chiffres de l'AFP fondés sur des sources officielles libanaises, les opérations israéliennes ont fait depuis le début de la trêve au moins 36 morts, dont 14 dimanche.

Depuis le 2 mars, la campagne militaire israélienne a tué 2.521 personnes et en a blessé 7.804 blessées, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués au Liban depuis le 2 mars, dont un dimanche, selon les autorités.


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Short Url
  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.

 

 


Liban: le Hezbollah refuse «catégoriquement» les négociations directes avec Israël

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Short Url
  • "Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité"
  • Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".

"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.