Que penser de la nouvelle stratégie de guerre d’Israël à Gaza ?

La confusion autour des projets de retrait des troupes israéliennes pourrait être le signe que Tsahal a reconnu qu’elle n’a pas réussi à atteindre ses objectifs de guerre déclarés contre les dirigeants de Gaza, le Hamas (Photo, AP).
La confusion autour des projets de retrait des troupes israéliennes pourrait être le signe que Tsahal a reconnu qu’elle n’a pas réussi à atteindre ses objectifs de guerre déclarés contre les dirigeants de Gaza, le Hamas (Photo, AP).
La confusion autour des projets de retrait des troupes israéliennes pourrait être le signe que Tsahal a reconnu qu’elle n’a pas réussi à atteindre ses objectifs de guerre déclarés contre les dirigeants de Gaza, le Hamas (Photo, AP).
La confusion autour des projets de retrait des troupes israéliennes pourrait être le signe que Tsahal a reconnu qu’elle n’a pas réussi à atteindre ses objectifs de guerre déclarés contre les dirigeants de Gaza, le Hamas (Photo, AP).
La confusion autour des projets de retrait des troupes israéliennes pourrait être le signe que Tsahal a reconnu qu’elle n’a pas réussi à atteindre ses objectifs de guerre déclarés contre les dirigeants de Gaza, le Hamas (Photo, AP).
La confusion autour des projets de retrait des troupes israéliennes pourrait être le signe que Tsahal a reconnu qu’elle n’a pas réussi à atteindre ses objectifs de guerre déclarés contre les dirigeants de Gaza, le Hamas (Photo, AP).
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Publié le Dimanche 14 janvier 2024

Que penser de la nouvelle stratégie de guerre d’Israël à Gaza ?

La confusion autour des projets de retrait des troupes israéliennes pourrait être le signe que Tsahal a reconnu qu’elle n’a pas réussi à atteindre ses objectifs de guerre déclarés contre les dirigeants de Gaza, le Hamas (Photo, AP).
  • Israël envoie des messages contradictoires, annonçant d’une part qu’il retire certaines forces de Gaza, tout en indiquant d’autre part qu’un passage à des opérations plus ciblées aura lieu
  • Cette annonce pourrait être le résultat de la pression américaine, de la nécessité économique ou même de l’acceptation du fait que l’ancienne stratégie ne fonctionne tout simplement pas

LONDRES: Israël envoie des messages contradictoires, annonçant d’une part qu’il retire certaines forces de Gaza, tout en indiquant d’autre part que la guerre se poursuivra pendant de nombreux mois, avec un passage à des opérations plus ciblées et la préparation d’un conflit de grande envergure avec le Hezbollah.

Les commentateurs sont divisés sur les raisons de cette prétendue réduction des effectifs et sur l’apparente annonce d’un conflit plus large, suggérant que cette annonce pourrait être le résultat de la pression américaine, de la nécessité économique ou même de l’acceptation du fait que l’ancienne stratégie ne fonctionne tout simplement pas.

Au début du mois de janvier, un porte-parole militaire a annoncéque l’armée israélienne allait retirer certaines de ses unités de l’enclave palestinienne assiégée dans le cadre d’une réorientation vers des «opérations plus ciblées».

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Des véhicules militaires israéliens se dirigent vers Gaza le 13 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe islamiste palestinien Hamas. (Reuters)

 

Daniel Hagari, un porte-parole de l’armée israélienne, a ensuite expliqué au New York Times que «la guerre est passée à une nouvelle étape, mais la transition se fera sans cérémonie ; nous ne ferons pas de grandes annonces».

Par la suite, un autre porte-parole de l’armée a semblé laissé entendre que, au moins pour le nord de Gaza, la campagne de bombardement avait atteint son apogée, affirmant que le Hamas dans cette partie de la bande de Gaza avait été «démantelé».

L’analyste jordanien Oussama al-Sharif a informé Arab Newsque cette mesure n’avait «pas encore été confirmée», mais que, si elle était prise, cela signifierait probablement le retrait d’environ 7000 soldats.

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Les forces de sécurité israéliennes examinent une route touchée par une roquette tirée depuis le Liban, à Kiryat Shmona, dans le nord d’Israël, le 11 janvier 2024. (AP)

Selon un communiqué militaire, le retrait de cinq brigades vise à permettre à ceux qui participent à l’offensive terrestre depuis le début de la guerre, le 7 octobre, de «s’entraîner et se reposer».

En mentionnant la nécessité de l’entraînement, la déclaration indique clairement que toute suggestion visant à mettre fin à la guerre de manière imminente, du moins sans pression, ne viendra pas du côté israélien.

En effet, un responsable cité par l’agence de presse Reuters a précisé que la prochaine étape de l’offensive «durerait au moins six mois et impliquerait des missions intenses de nettoyage des terroristes. Personne ne parle de colombes de la paix s’envolant de Shuja’iyya».

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Des membres des Brigades palestiniennes Ezzedine al-Qassam participent à une manifestation de partisans du mouvement Hamas à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 27 octobre 2022, un an avant que le Hamas ne lance une attaque massive contre des cibles israéliennes près de la frontière. (Photo, AFP)

Pour M. Al-Sharif, ces retraits pourraient signifier «un certain nombre de choses». Ne restant plus que des «décombres» dans le nord de la bande de Gaza, il se peut que le nombre de cibles soit insuffisant pour justifier le maintien de leur présence.

«Cela pourrait également se traduire par le déplacement de certaines troupes vers le nord, où les tensions sont à la hausse. Il est clair que le Hezbollah ne cherche pas l’escalade et qu’il est conscient du coût terrible d’une guerre totale avec Israël», a-t-il ajouté.

Shlomo Brom, général de brigade à la retraite et ancien responsable de la planification militaire stratégique d’Israël, a laissé entendre dans une récente interview accordée à Al Jazeeraque cette décision pourrait avoir été prise en réponse à la pression exercée par les États-Unis.

Il est certain que le retrait semble avoir été bien accueilli par l’administration Biden.

Trois responsables américains ont déclaré à Politico que cette décision était considérée comme un signe que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, tenait enfin compte des demandes de Washington de réduire le nombre de victimes civiles.

Le fait que les États-Unis aient réussi à convaincre M. Netanyahou de passer d’opérations de haute intensité à des frappes plus ciblées contribuerait certainement à expliquer les changements survenus sur le terrain.

Jusqu’à présent, cependant, cela ne semble pas s’être produit, ce qui a semé davantage de confusion quant au raisonnement qui sous-tend le retrait des troupes. Selon M. Al-Sharif, il pourrait s’agir d’un signe que l’armée a reconnu qu’elle n’avait pas atteint les objectifs de guerre qu’elle s’était fixés.

«Nous pouvons dire que la situation à Gaza reste fluide et qu’Israël n’a pu réaliser aucun des objectifs qu’il s’était fixés», a-t-il constaté. «Mais nous pouvons aussi dire qu’Israël semble déterminé à procéder à la destruction massive des camps de réfugiés de Gaza ainsi que de Khan Younès. Même si le Hamas semble tenir bon, cela s’est fait au prix d’un lourd tribut en vies civiles.»

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Des Palestiniens déplacés reçoivent de la nourriture dans un camp de réfugiés à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, alors que les combats se poursuivent entre Israël et le groupe militant Hamas. (Photo, AFP)

Néanmoins, d’autres signes de changement de stratégie ont été observés, notamment une attaque présumée de drone israélien à Beyrouth au début du mois, qui a tué Saleh al-Arouri, un haut responsable du Hamas.

Ensuite, Wissam al-Tawil, chef adjoint de la force Radwan du Hezbollah, a été tué lors d’une attaque présumée de drone israélien sur un véhicule dans la ville de Khirbet Selm, dans le sud du Liban.

Puis, le 9 janvier, Ali Hussein Burji, commandant des forces aériennes du Hezbollah dans le sud du Liban, a également été tué à Khirbet Selm lors d’une autre frappe aérienne israélienne présumée.

EN BREF

• L’armée israélienne a confirmé le 8 janvier qu’elle retirerait des milliers de soldats de la bande de Gaza.

• Selon des responsables, l’armée israélienne passe d’une campagne terrestre et aérienne de grande envergure à une phase plus ciblée.

• D’après Israël, environ 1300 personnes, pour la plupart des civils, sont morts lors de l’attaque du Hamas du 7 octobre.

• Plus de 23 350 personnes tuées à Gaza lors d’une opérationmilitaire de représailles menée par Israël.

Ces attaques n’ont toutefois pas été sans conséquences. En réponse, le Hezbollah a annoncé qu’il avait lancé une attaque de drone contre une base de l’armée israélienne le 9 janvier, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’une escalade régionale plus large.

Le professeur Kobi Michael, chercheur principal à l’INSS, affilié à l’université de Tel-Aviv, et à l’institut Misgav pour la sécurité nationale, craint que la guerre ne s’étende.

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Les forces de sécurité israéliennes examinent une route touchée par une roquette tirée depuis le Liban, à Kiryat Shmona, dans le nord d’Israël, le 11 janvier 2024. (Photo AP, Leo Correa)
 

«Je ne pense pas que le retrait des troupes de Gaza soit lié à la perspective d’une extension de la guerre sur un autre front, et je ne pense pas qu’Israël ou le Hezbollah veuillent être entraînés dans une guerre l’un contre l’autre, bien qu’il y ait des lignes rouges claires», a expliqué le Pr Michael à Arab News.

«Il est important de comprendre que la relation entre Israël et le Hezbollah relève de ce que j’appelle la “diplomatie cinétique”. Chaque jour, chaque partie fixe ses lignes rouges et les deux parties semblent vouloir s’y tenir.» 

Alors que les deux parties sont engagées dans leur confrontation la plus meurtrière depuis dix-sept ans, le secrétaire généraladjoint du Hezbollah, Naïm Qassem, a assuré que le groupe n’avait pas l’intention d’étendre la guerre à partir du Liban.

«En revanche, si Israël étend la guerre, la réponse sera inévitableet devra être la plus dissuasive possible», a-t-il déclaré lors d’un discours retransmis en direct.

M. Al-Sharif a noté que la seule partie qui souhaitait étendre la guerre «à tout prix» était M. Netanyahou «et ses partenaires d’extrême droite», sachant que le Premier ministre actuel n’a pas réussi à inverser la tendance à la détérioration de sa cote de popularité, qui était déjà en baisse avant le début de la guerre.

Oubai Shahbandar, journaliste et ancien conseiller du Pentagone en matière de défense au Moyen-Orient, n’a pas voulu se prononcer sur les risques d’une guerre plus large, mais a prévenu qu’elle entraînerait de nouveaux défis pour l’armée israélienne.

«Le Hezbollah est mieux armé que le Hamas. Il possède des armes plus avancées et un terrain plus favorable, ainsi qu’une ligne directe d’approvisionnement en armes iraniennes, de sorte que les perspectives d’une guerre totale posent des défis militaires uniques (pour Israël)», a indiqué M. Shahbandar à Arab News. 

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Des combattants du Hezbollah se tiennent près de lance-roquettes lors d’une tournée de presse dans le village d’Aaramta, dans le sud du Liban, le 21 mai 2023. (Photo, AFP)

 

Sans nier les difficultés potentielles, le Pr Michael semble convaincu que l’armée israélienne est bien placée pour mener une guerre contre le Hezbollah, le cas échéant.

«Certes, le Hezbollah n’est pas le Hamas. Mais l’armée israélienne a les moyens de mener une guerre contre le Hezbollah, et elle est également prête à le faire si nécessaire. Bien sûr, elle préférerait d’abord trouver une solution à la situation à Gaza, mais elle surveille constamment ces lignes rouges», a-t-il souligné.

«Ce qu’il faut retenir, c’est qu’Israël se bat déjà sur sept fronts :contre le Hamas, contre le Hezbollah, en Syrie, en Cisjordanie, dans l’ouest de l’Irak et au Yémen. Et puis il y a l’Iran lui-même, qui est le septième front, et c’est sur ce front que les combats sur tous les autres sont déterminés. L’Iran est la main qui berce l’enfant. C’est l’Iran qui détermine l’intensité des combats sur tous les autres fronts.»

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Malgré les lourdes pertes humaines et les souffrances des Palestiniens, Israël a indiqué que la guerre se poursuivrait pendant de nombreux mois, avec un passage à des opérations plus ciblées et la préparation d’un affrontement le long de la frontière israélienne. (Reuters)

Le point sur lequel le Pr Michael et M. Shahbandar sont d’accord, c’est que toute forme de guerre régionale plus large entraînerait «une pression massive et sans précédent sur la vie socio-économique en Israël».

Ils estiment que cette pression pourrait expliquer la décision de l’armée israélienne de retirer une partie de ses troupes de Gaza, M. Shahbandar soulignant la pression économique engendrée par l’entretien de 300 000 réservistes.

«Un pourcentage considérable de la main-d’œuvre a été mobilisé pour cette guerre et il est nécessaire qu’ils retournent à la vie civile pour le bien de l’économie», a-t-il ajouté.

Les indices de suivi de l’économie israélienne sont moins favorables, même si le gouvernement affirme que l’économie peut supporter les exigences d’une guerre. L’indice économiqued’Israël prévoit une baisse de 2,2% du taux de croissance de l’économie nationale en 2023.

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Malgré les lourdes pertes humaines et les souffrances des Palestiniens, Israël a indiqué que la guerre se poursuivrait pendant de nombreux mois, avec un passage à des opérations plus ciblées et la préparation d’un affrontement le long de la frontière israélienne. (AP)

Pour le Pr Michael, le retrait reflète un changement dans le déroulement de la guerre. «Si nous pouvons confirmer une chose, c’est que la guerre est en train de changer, et non de se terminer», a-t-il affirmé.

«Tout dépend profondément de l’évolution de la situation sur le terrain. Prenons l’exemple des dirigeants du Hamas à Khan Younès. S’ils sont enlevés ou tués, cela affectera la manière dont les autres combattants continueront à mener cette guerre.»

«En réalité, l’objectif est de détruire le centre d’opérations du Hamas. Pour y parvenir, l’armée israélienne suit constamment des processus d’apprentissage très intensifs sur le terrain. Je m’attends à ce qu’un autre changement se produise bientôt.»

Le Pr Michael estime qu’un tel changement pourrait se produire en l’espace de deux ou trois semaines, et qu’il pourrait s’articuler autour de la poursuite du retrait des unités opérant à l’intérieur de Gaza et de leur déplacement vers les nouvelles zones de conflit.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Après sa rencontre avec le prince Khalid ben Salmane, Graham salue la trajectoire du Royaume

Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
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  • Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington

DUBAÏ : Le sénateur américain Lindsey Graham estime que l’Arabie saoudite est « sur la voie de la lumière », dans une déclaration publiée après sa rencontre avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington.

« Mes échanges avec l’Arabie saoudite au cours des deux derniers jours m’ont donné un sentiment de confiance : le Royaume — tout en poursuivant ses propres intérêts — est sur une voie qui mène à la lumière, et non à l’obscurité », a déclaré le sénateur.

Il a également indiqué qu’il se réjouissait de se rendre prochainement en Arabie saoudite.

« Au fil des années, j’ai développé une solide relation de travail avec l’Arabie saoudite. Je sais que le président Trump est un fervent admirateur du prince héritier Mohammed ben Salmane. J’ai été témoin des changements que le prince héritier a adoptés et j’en ai été impressionné », a ajouté Lindsey Graham.

Le sénateur américain a également affirmé qu’après avoir rencontré le prince Khalid, ainsi que le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, plus tôt, « je suis convaincu que l’Arabie saoudite estime que la meilleure chose pour la région est la croissance économique et la prospérité ».

« L’Arabie saoudite souhaite devenir, à l’avenir, une destination de choix, afin que des personnes du monde entier viennent visiter ce que je considère comme un pays remarquable. Le Royaume veut être l’une des forces dominantes dans le domaine de l’IA, ce qui signifie que les esprits les plus brillants afflueront. Je suis convaincu que tel est toujours l’objectif du prince héritier et du Royaume. »

Lindsey Graham a également salué le rôle que le Royaume cherche à jouer en Syrie.

« Ils ont clairement indiqué être l’ami à la fois du gouvernement syrien et du peuple kurde. Cette attitude visant le compromis plutôt que la destruction finira, espérons-le, par l’emporter », a-t-il déclaré.

Le prince Khalid devrait discuter, lors de sa visite, des relations saoudo-américaines et des moyens de les renforcer. Il a déjà rencontré le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et l’envoyé spécial Steve Witkoff.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis reprennent leur aide alimentaire à la Somalie

Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis". (AFP)
Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis". (AFP)
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  • La Somalie est dans le viseur de Donald Trump. Fin novembre, le président américain l'avait qualifiée de "pays pourri"
  • Il s'est aussi pris de façon répétée à la communauté somalienne aux États-Unis

NAIROBI: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi reprendre leur aide alimentaire à la Somalie, qu'ils avaient suspendue début janvier, après que Mogadiscio a annoncé avoir rendu l'aide alimentaire que Washington accusait les autorités somaliennes d'avoir saisie illégalement.

Le département d'Etat américain avait annoncé le 8 janvier avoir suspendu "tous les programmes américains d'assistance" à la Somalie, évoquant une "politique de tolérance zéro" en matière de gaspillage ou de vol après avoir reçu des informations selon lesquelles des responsables somaliens avaient "détruit un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) financé par les Etats-Unis et saisi illégalement 76 tonnes d'aide alimentaire".

La Somalie est dans le viseur de Donald Trump. Fin novembre, le président américain l'avait qualifiée de "pays pourri" et fait part de son intention de mettre fin au statut spécial protégeant les ressortissants somaliens de l'expulsion.

Il s'est aussi pris de façon répétée à la communauté somalienne aux États-Unis. Après un scandale suscité par des révélations sur une gigantesque fraude aux aides publiques dans le Minnesota, mise en place par des membres de la diaspora somalienne, il a lancé une opération anti-immigration extrêmement critiquée à Minneapolis, capitale de cet Etat.

Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis".

"À la suite de cette déclaration, nous reprendrons la distribution de denrées alimentaires au PAM tout en continuant à réévaluer notre posture d’assistance plus générale en Somalie", peut-on lire dans le même message.

"Toutes les marchandises du PAM affectées par l'expansion du port ont été rendues" et un "plus grand entrepôt" avait été fourni à l'agence onusienne, avait annoncé mardi sur X le gouvernement somalien, insistant sur sa "transparence".

Mogadiscio avait initialement indiqué que la démolition de l'entrepôt s'inscrivait dans le cadre de "travaux d'agrandissement et de réaménagement" du port de Mogadiscio et que tous les vivres resteraient sous la responsabilité du PAM.

Les fragiles autorités somaliennes sont dépendantes de l'aide militaire américaine face aux insurgés islamistes shebab qu'elles combattent depuis près de 20 ans ainsi que contre des jihadistes de l'Etat islamique.

Mardi, le Commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom) avait indiqué avoir accéléré le rythme de leurs frappes aériennes contre ces deux groupes, avec 23 frappes depuis le 1er janvier.


Un groupe de femmes retrace la route sacrée de la Hijrah jusqu’à Médine

Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
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  • L’environnement favorable du Royaume pour les femmes a rendu possible ce périple de 500 km à pied, selon la fondatrice de Soul Al-Hijrah

DJEDDAH : Dans un voyage spirituel unique, un groupe de femmes a retracé les pas sacrés du prophète Muhammad de La Mecque à Médine.

Les 22 participantes – aventurières, cadres, médecins, infirmières, enseignantes, mères âgées de 30 à 50 ans – seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir effectué le voyage le plus proche de l'itinéraire original.

Les femmes ont parcouru à pied près de 500 km pour revivre ce que le prophète Muhammad et ses compagnons ont pu traverser il y a plus de 1 400 ans.

« Oui, c’est la toute première marche de la Hijrah réservée aux femmes. Elles sont venues du monde entier pour marcher ensemble lors de ce périple inoubliable. Elles ont complété un voyage d’une semaine, expérimentant la signification historique et spirituelle du trajet », a déclaré Salma Abdulrahman, directrice de Soul Al-Hijrah, à Arab News.

Les 22 participantes ont visité des sites clés le long de la route, pour une immersion totale dans la valeur historique et spirituelle de la Hijrah. Abdulrahman faisait partie des premières à emprunter ce chemin.

« J’ai trouvé mon âme sur ce chemin et j’ai eu l’impression de renaître. Ce voyage a ravivé mon cœur et changé le cours de ma vie. C’est aussi le début de ma société de tourisme, Soul Al-Hijrah », a-t-elle expliqué.

Elle a accompagné les participantes tout au long du voyage : « Ce fut un honneur de les servir et d’accueillir les invités de notre bien-aimé Prophète Muhammad, paix et bénédictions sur lui, en veillant à leur confort tout au long du parcours. C’est un honneur que je chéris profondément, et ma joie envers elles est indescriptible. »

Abdulrahman a ajouté que plus de 20 voyages ont déjà été organisés sur la route de la Hijrah pour des groupes venus du monde entier, témoignant de l’intérêt croissant pour ce type de tourisme spirituel et historique.

« Il faut dire que ce type d’initiative n’aurait pas été possible sans l’environnement favorable offert par le Royaume aux femmes saoudiennes, leur donnant la confiance nécessaire pour être à l’avant-garde du secteur touristique », a-t-elle souligné.

La Dre Dina Altayeb, parodontiste et implantologue, a décrit ce voyage comme le plus intense et profond parmi toutes ses aventures. « J’aimerais que plus de gens aient cette opportunité, car elle offre d’innombrables bienfaits pour l’âme, le corps et l’esprit », a-t-elle déclaré.

Altayeb, qui est la première femme saoudienne à se qualifier et à participer au championnat du monde Ironman,  a déclaré à Arab News que c'était une expérience totalement différente. « Pour moi, ce n'était pas aussi difficile que mes aventures habituelles, mais spirituellement, ce fut une expérience formidable, car c'était une expérience émotionnelle indescriptible... (et) ce fut aussi une expérience enrichissante. »

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Les 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo: fournie)

Elle s’est dite ravie d’arriver à Médine. « Nous avons traversé des montagnes, des vallées et des déserts, tout comme l'avait fait le Prophète. Ce fut un sentiment extraordinaire lorsque nous sommes arrivés à Médine après huit jours de marche. »

Ghadeer Sultan, responsable en ressources humaines, a rejoint le groupe par hasard. « Je n’avais pas prévu de suivre le voyage de la Hijrah, c’était une coïncidence, une invitation qui m’est parvenue, et un peu de curiosité pour vivre l’expérience », a-t-elle confié.

« Lorsque nous sommes entrés dans le jardin ombragé de Médine, j'ai eu l'impression que la paix et la lumière avaient pénétré au plus profond de mon âme. J'ai ressenti la joie des Ansar à l'arrivée du Prophète, que la paix et les bénédictions soient sur lui, et mon cœur a vibré à tous ces moments historiques. Je découvrais les véritables grandes valeurs incarnées par la ville du Prophète : les valeurs d'amour et de tolérance. »

À leur arrivée à Médine, après un voyage qui a débuté le 22 décembre et s'est terminé le 29 décembre, les participantes ont été chaleureusement accueillis avec des roses et des prières.

Leur première visite a été la mosquée Quba, où le Prophète a séjourné lors de sa migration. Première mosquée de l’histoire de l’Islam et en partie construite par le Prophète lui-même, elle revêt une profonde signification spirituelle. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com