Un conflit régional est possible si la guerre de Gaza se poursuit, estime le ministre iranien des AE

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, participe à la 54e réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse, le 17 janvier 2024 (Photo, Reuters).
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, participe à la 54e réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse, le 17 janvier 2024 (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 17 janvier 2024

Un conflit régional est possible si la guerre de Gaza se poursuit, estime le ministre iranien des AE

  • Hossein Amir-Abdollahian s’est adressé au WEF un jour après que l’Iran a mené des frappes en Irak et au Pakistan
  • L’Iran «respecte la souveraineté et l’intégrité territoriale» des États voisins mais n’a «aucune réserve» lorsqu’il s’agit de défendre se pays

LONDRES: Mercredi, le ministre iranien des Affaires étrangères a exhorté Israël à mettre fin à sa guerre contre Gaza pour éviter que le Moyen-Orient ne bascule dans un conflit régional plus vaste.

S’adressant au Forum économique mondial (WEF) de Davos un jour après que l’Iran a mené des frappes en Irak et au Pakistan, Hossein Amir-Abdollahian, a affirmé que l’instabilité dans la région, notamment les attaques contre les navires marchands en mer Rouge, découle de la guerre à Gaza.

«Nous avons mis en garde contre le fait que si les crimes de guerre et le génocide contre Gaza et la Cisjordanie ne s’arrêtent pas, la guerre s’étendra, elle prendra de l’ampleur», a-t-il déclaré. 

«Cela ne signifie pas que nous le voulons ou que nous voulons jouer un rôle dans cet élargissement, non. Cela signifie que nous avons une bonne compréhension de la situation et des conditions qui prévalent dans la région. Certains des groupes mentionnés (le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen) ont agi pour défendre Gaza.»

Les craintes d’escalade se sont accrues cette semaine après les frappes de missiles du Royaume-Uni et des États-Unis contre des sites au Yémen afin de dissuader les Houthis de mener de nouvelles attaques contre des navires commerciaux en mer Rouge.

Interrogé sur la situation, M. Amir-Abdollahian a rejeté la faute sur Israël, affirmant qu’il avait provoqué le conflit en mer Rouge — où transite 15% du commerce mondial — en attaquant les Yéménites qui acheminent de l’aide à Gaza.

L’Iran est plongé dans sa propre crise diplomatique après une série de frappes qui, selon lui, ont été menées à l’intérieur d’autres pays, mais pas contre eux.

Parmi ces frappes figure celle de mardi soir contre ce que Téhéran affirme être le groupe terroriste iranien Jaish Al-Adl dans la province pakistanaise du Baloutchistan, à la frontière avec l’Iran. Selon Islamabad, cette attaque a tué deux enfants et fait plusieurs blessés.

M. Amir-Abdollahian a nié que les attaques iraniennes contre des terroristes présumés dans des juridictions étrangères étaient comparables à la réponse d’Israël à l’attaque du Hamas du 7 octobre.

«Les responsables israéliens affirment que 1200 Israéliens ont été tués, mais ils n’ont pas fait la différence entre les civils et les militaires, et (à Gaza) 16 000 enfants ont été tués pour défendre (ces Israéliens)», a-t-il précisé, ajoutant que «24 000 Palestiniens ont été tués, ce qui signifie que la proportionnalité n’a pas été respectée puisque plus de 10 fois plus de Palestiniens ont été tués». 

Affirmant que l’Iran «respecte la souveraineté et l’intégrité territoriale» des États voisins, M. Amir-Abdollahian a néanmoins indiqué que Téhéran n’avait «aucune réserve ni aucune hésitation» lorsqu’il s’agit de défendre le pays contre des actes terroristes.

Malgré ses protestations, l’Irak a rappelé son ambassadeur à Téhéran et a déposé une plainte auprès de l’ONU, tandis que le Pakistan a interdit à l’ambassadeur d’Iran de revenir dans le pays.

Cette situation a renforcé le sentiment d’une aggravation des tensions régionales, et rien n’indique que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, est prêt à envisager un cessez-le-feu durable ou des négociations pour mettre fin aux hostilités à Gaza.

«La solution à cette crise n’est pas militaire. Ils (Israël) doivent respecter les droits des Palestiniens», a souligné M. Amir-Abdollahian.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


L'évacuation de masse de la ville de Gaza est « impossible » pour la dirigeante de la Croix-Rouge

Des Palestiniens déplacés fuyant vers le sud voyagent à bord d'un camion avec leurs effets personnels le long de la route côtière qui traverse le camp de réfugiés palestiniens de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 30 août 2025. (Photo Eyad BABA / AFP)
Des Palestiniens déplacés fuyant vers le sud voyagent à bord d'un camion avec leurs effets personnels le long de la route côtière qui traverse le camp de réfugiés palestiniens de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 30 août 2025. (Photo Eyad BABA / AFP)
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  • « Il est impossible de procéder à une évacuation en masse de la ville de Gaza de manière sûre et digne dans les conditions actuelles », a déclaré Mirjana Spoljaric dans un communiqué.
  • « Beaucoup de civils ne seront pas en état d'obéir à un ordre d'évacuation parce qu'ils sont affamés, malades ou blessés », a jugé Mirjana Spoljaric.

GENEVE : La présidente du CICR a dénoncé  samedi les plans israéliens d'évacuation en masse de la ville de Gaza, soulignant qu'ils étaient « impossibles » à mettre en œuvre de manière « sûre et digne ».

« Il est impossible de procéder à une évacuation en masse de la ville de Gaza de manière sûre et digne dans les conditions actuelles », a déclaré Mirjana Spoljaric dans un communiqué.

« Une telle évacuation déclencherait un mouvement de population massif qu'aucune zone de la bande de Gaza n'est en mesure d'absorber, compte tenu de la destruction généralisée des infrastructures civiles et des pénuries extrêmes de nourriture, d'eau, d'abris et de soins médicaux », a-t-elle ajouté.

Vendredi, l'armée israélienne a déclaré la ville de Gaza « zone de combat dangereuse », en prévision d'une offensive d'envergure voulue par le gouvernement de Benjamin Netanyahu, qui vise à vaincre le Hamas et à ramener tous les otages.

L'armée n'a pas explicitement appelé à une évacuation de la ville, mais un porte-parole a jugé mercredi qu'elle était « inévitable ».

« Beaucoup de civils ne seront pas en état d'obéir à un ordre d'évacuation parce qu'ils sont affamés, malades ou blessés », a jugé Mirjana Spoljaric.

« Si un ordre d'évacuation est donné, Israël doit, selon le droit humanitaire international, faire tout ce qui est en son pouvoir pour s'assurer que les civils bénéficient de conditions satisfaisantes en matière d'abris, d'hygiène, de santé, de sécurité et d'accès à la nourriture. Or, ces conditions ne peuvent actuellement pas être remplies à Gaza. »

« Cela rend toute évacuation non seulement infaisable, mais incompréhensible dans les circonstances actuelles », a-t-elle insisté.

Selon une estimation de l'ONU, environ un million de Palestiniens se trouvent actuellement à Gaza. Des milliers d'habitants ont déjà fui cette ville, située dans le nord du territoire, où la guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023.

Ces trois dernières semaines, Israël a intensifié ses bombardements aériens sur Gaza et multiplié les opérations aux abords de cette ville, la plus grande du territoire, frappée par la famine selon l'ONU.

Malgré des pressions croissantes, tant à l'échelle internationale qu'en Israël, pour mettre fin à la guerre, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a affirmé vouloir poursuivre l'offensive dans la bande de Gaza afin d'anéantir le Hamas.


l'ONU « ne saurait souffrir d'aucune restriction d'accès » selon la France

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot (Photo AFP)
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot (Photo AFP)
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  • Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a dénoncé samedi le refus des États-Unis d'accorder des visas à des responsables palestiniens pour se rendre à New York.
  • Washington a annoncé cette décision vendredi soir, à quelques semaines de la prochaine assemblée générale de l'ONU, prévue en septembre, au cours de laquelle la France plaidera en faveur de la reconnaissance d'un État palestinien.

COPENHAGUE, DANEMARK : Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a dénoncé samedi le refus des États-Unis d'accorder des visas à des responsables palestiniens pour se rendre à New York, affirmant que le siège de l'ONU « ne saurait souffrir d'aucune restriction d'accès ».

« Le siège des Nations unies est un lieu de neutralité. C'est un sanctuaire au service de la paix. Une assemblée générale des Nations unies ne saurait souffrir d'aucune restriction d'accès », a déclaré M. Barrot à Copenhague, peu avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

Washington a annoncé cette décision vendredi soir, à quelques semaines de la prochaine assemblée générale de l'ONU, prévue en septembre, au cours de laquelle la France plaidera en faveur de la reconnaissance d'un État palestinien.

Le département d'État a indiqué « révoquer et refuser » l'octroi de visas « pour les membres de l'Organisation de libération de la Palestine et de l'Autorité palestinienne », à l'approche de cette réunion internationale.

Ce geste a également été dénoncé par Xavier Bettel, ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. « On ne peut pas nous prendre en otage », a-t-il lancé, suggérant d'organiser à Genève une session spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU pour s'assurer de la présence des Palestiniens.

« On doit pouvoir discuter ensemble, on ne peut pas simplement exclure la Palestine du dialogue », a affirmé M. Bettel devant la presse à Copenhague. 


Gaza : Kallas se montre « pas très optimiste » concernant l'adoption de sanctions de l'UE contre Israël

La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas (Photo AFP)
La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas (Photo AFP)
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  • « Je ne suis pas très optimiste, et nous n'allons certainement pas prendre de décision aujourd'hui », a-t-elle déclaré à Copenhague, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27.
  • Le Danemark, qui préside actuellement le Conseil des ministres de l'UE, s'est dit favorable à une solution contournant la règle de l'unanimité qui prévaut dans le bloc européen en matière de politique étrangère. 

COPENHAGUE, DANEMARK : La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a reconnu samedi ne pas être « très optimiste » quant à la possibilité que les Vingt-Sept sanctionnent Israël, malgré la situation humanitaire catastrophique dans le territoire palestinien de Gaza.

« Je ne suis pas très optimiste, et nous n'allons certainement pas prendre de décision aujourd'hui », a-t-elle déclaré à Copenhague, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27. « Cela envoie le signal que nous sommes divisés », a déploré Mme Kallas.

La Commission européenne a proposé la suspension des financements européens aux start-ups israéliennes, mais « même cette mesure », plutôt « indulgente », n'a pas été retenue par les 27 en raison de leurs divisions, a souligné la dirigeante estonienne.

Plusieurs pays de l'UE, dont l'Allemagne, la Hongrie ou la Slovaquie, sont réticents à prendre des mesures contre Israël, tandis que d'autres, comme l'Irlande ou l'Espagne, y sont beaucoup plus favorables.

Le Danemark, qui préside actuellement le Conseil des ministres de l'UE, s'est dit favorable à une solution contournant la règle de l'unanimité qui prévaut dans le bloc européen en matière de politique étrangère. 

L'UE doit « passer des mots aux actes », a affirmé son chef de la diplomatie, Lars Lokke Rasmussen, suggérant notamment d'interdire les importations en provenance des colonies israéliennes en Cisjordanie. Cette décision, qui relève de la politique commerciale, peut être prise à la majorité qualifiée, a-t-il expliqué.

La règle de l'unanimité bloque un grand nombre de décisions, non seulement sur Israël, mais aussi sur l'Ukraine, en raison de l'hostilité de la Hongrie.

« Nous avons un problème constitutionnel en Europe : le bateau le plus lent dans le convoi décide de la vitesse. Nous devons prendre des mesures pour que la majorité puisse s'exprimer », a expliqué le ministre danois.

La situation à Gaza est une « tragédie absolue », a déclaré de son côté le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), la bande de Gaza, où sévit la famine, est arrivée à un « point de rupture ».

Malgré des pressions croissantes, tant à l'échelle internationale qu'en Israël, pour mettre fin à la guerre, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a affirmé vouloir poursuivre l'offensive dans la bande de Gaza afin de mettre un terme au mouvement islamiste Hamas et de ramener tous les otages enlevés lors de l'attaque du 7 octobre.