Somaliland: Le président égyptien dit qu'il «ne permettra à personne de menacer la Somalie»

Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi (Photo, AFP).
Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 21 janvier 2024

Somaliland: Le président égyptien dit qu'il «ne permettra à personne de menacer la Somalie»

  • Les tensions sont fortes entre les voisins de la Corne de l'Afrique depuis un rapprochement entre Addis Abeba et le Somaliland
  • M. Sissi a réitéré le rejet par l'Egypte de l'accord qu'il considère comme une violation de la souveraineté de la Somalie

LE CAIRE: Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a averti dimanche que "l'Egypte ne permettra à personne de menacer la Somalie", après un accord maritime controversé entre l'Ethiopie et la région séparatiste du Somaliland.

Les tensions sont fortes entre les voisins de la Corne de l'Afrique depuis un rapprochement entre Addis Abeba et le Somaliland, matérialisé par la signature le 1er janvier d'un "protocole d'accord" prévoyant la location pour 50 ans à l'Ethiopie de 20 kilomètres de côtes du Somaliland sur le golfe d'Aden.

Les autorités somalilandaises ont affirmé qu'en échange de cet accès à la mer, l'Ethiopie allait devenir le premier pays à les reconnaître officiellement, ce qu'aucun pays n'a fait depuis que ce petit territoire de 4,5 millions d'habitants a unilatéralement proclamé son indépendance de la Somalie en 1991.

Illegal 

Mogadiscio a de son côté qualifié cet accord d'"illégal".

Lors d'une conférence de presse conjointe au Caire avec le président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud, M. Sissi a réitéré le rejet par l'Egypte de l'accord qu'il considère comme une violation de la souveraineté de la Somalie.

Dans un "message aux Ethiopiens", il a mis en garde contre "quiconque tentant de s'en prendre à l'Egypte et de menacer ses frères".

Le Caire et Addis Abeba sont à couteaux tirés depuis des années, échangeant des propos incendiaires au sujet d'un projet de mégabarrage controversé de l'Ethiopie sur le Nil Bleu, qui, selon l'Egypte, menace sa fragile sécurité hydrique.

La semaine dernière, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, a qualifié l'Ethiopie de "source d'instabilité dans la région".

Dimanche, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a demandé à ce que les tensions entre l'Ethiopie et la Somalie au sujet du Somaliland soient réglées par "le dialogue".


Le roi Salmane émet un décret royal pour accueillir mille pèlerins issus de familles de victimes palestiniennes

Pendant ses vingt-six années d'existence, le programme a accueilli plus de soixante mille pèlerins. (Dossier/SPA)
Pendant ses vingt-six années d'existence, le programme a accueilli plus de soixante mille pèlerins. (Dossier/SPA)
Short Url
  • Mille trois cents pèlerins provenant de plus de quatre-vingt-huit pays seront présents
  • Vingt-deux pèlerins issus des familles de jumeaux conjoints qui ont été séparés dans le Royaume participeront également à ce programme

L’agence de presse saoudienne a rapporté aujourd’hui que le roi Salmane avait émis un décret royal pour accueillir mille trois cents pèlerins provenant de plus de quatre-vingt-huit pays, dont mille membres de familles de victimes palestiniennes.

Vingt-deux pèlerins issus des familles de jumeaux conjoints qui ont été séparés dans le Royaume participeront également à ce programme.

Le ministre des Affaires islamiques, Abdelatif ben Abdelaziz, a exprimé sa profonde gratitude envers le roi Salmane et le prince héritier, Mohammad ben Salmane, pour leur générosité. Il a souligné que cet acte témoigne de leur engagement constant envers le bien-être des musulmans à travers le monde, soutenant ainsi l'islam et favorisant l'unité et la fraternité lors du Hajj, qui est entièrement financé par le roi Salmane.

En effet, le ministère met en place des services complets à La Mecque et à Médine afin de faciliter cette initiative.

Depuis l'émission du décret royal, le ministère s'est activement préparé à accueillir ces pèlerins en élaborant une stratégie impliquant plusieurs comités chargés de les accompagner de leur départ à leur retour. L'objectif est de garantir qu'ils puissent effectuer l’Omra et le Hajj sans encombre, visiter Médine et accomplir leurs prières dans la Mosquée du Prophète.

Pendant ses vingt-six années d'existence, le programme a accueilli plus de soixante mille pèlerins.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gaza: l'OMS déplore un arrêt complet des évacuations médicales depuis 3 semaines

Les évacuations médicales désespérément nécessaires de Gaza – déjà très limitées – ont été complètement interrompues lorsqu'Israël a lancé son offensive militaire sur Rafah il y a trois semaines, a déclaré mardi l'OMS (Photo, AFP).
Les évacuations médicales désespérément nécessaires de Gaza – déjà très limitées – ont été complètement interrompues lorsqu'Israël a lancé son offensive militaire sur Rafah il y a trois semaines, a déclaré mardi l'OMS (Photo, AFP).
Short Url
  • Avant que la guerre n'éclate, 50 à 100 personnes sortaient chaque jour de Gaza afin de bénéficier de traitements complexes
  • Avant cet arrêt, l'OMS avait reçu l'autorisation de procéder à 5.800 évacuations médicales, soit environ la moitié de celles demandées

GENEVE: Plus de personnes vont mourir parce que les évacuations médicales depuis la bande de Gaza ont complètement cessé depuis le début des bombardements israéliens sur Rafah il y a trois semaines, a déploré mardi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'OMS plaide depuis longtemps pour un accès permettant d'évacuer davantage de personnes gravement malades ou blessées du territoire palestinien ravagé par la guerre.

Alors que des milliers de Palestiniens ont besoin d'une évacuation médicale urgente, très peu de personnes y ont jusqu'ici été autorisées.

Depuis qu'Israël a commencé début mai à bombarder la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, "toutes les évacuations médicales ont brusquement cessé", signifiant que davantage de personnes meurent dans l'attente de soins, a déclaré la porte-parole de l'OMS, Margaret Harris.

Avant que la guerre n'éclate, 50 à 100 personnes sortaient chaque jour de Gaza afin de bénéficier de traitements complexes, pour le cancer notamment, qui n'étaient pas disponibles dans le territoire palestinien.

"Ces personnes ne sont pas parties simplement parce que le conflit a commencé, elles ont donc besoin d'un suivi", a déclaré Mme Harris aux journalistes à Genève.

Les infrastructures sanitaires de Gaza ayant été dévastées, un plus grand nombre de personnes ont besoin de partir pour accéder à des traitements (chimiothérapie, dialyse...) dont elles bénéficiaient auparavant dans le territoire, a-t-elle ajouté.

En outre, des milliers d'autres Palestiniens gravement traumatisés par la guerre doivent être évacués.

Arrêt Total 

Selon l'OMS, "quelque 10.000 personnes doivent être évacuées (...) pour recevoir le traitement médical dont elles ont tant besoin", a déclaré Mme Harris. Parmi elles, plus de 6.000  souffrent de traumatismes et au moins 2.000 sont atteintes de maladies chroniques graves.

Depuis l'arrêt total des évacuations médicales de Gaza le 8 mai, s'y est ajouté un millier de patients gravement malades ou blessés, a indiqué Mme Harris.

Avant cet arrêt, l'OMS avait reçu l'autorisation de procéder à 5.800 évacuations médicales, soit environ la moitié de celles demandées depuis le début de la guerre il y a près de huit mois. Seuls 4.900 patients avaient effectivement pu être évacués, a précisé Mme Harris.

La guerre a débuté le 7 octobre après l'attaque sur le sol israélien de commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza, entraînant la mort de plus de 1.170 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

En riposte, l'armée israélienne a lancé une offensive dévastatrice dans la bande de Gaza, où le Hamas, classé organisation "terroriste" par Israël, l'Union européenne et les Etats-Unis notamment, a pris le pouvoir en 2007.

Au moins 35.800 Palestiniens, essentiellement des civils, ont été tués, selon le ministère de la Santé du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas.


Irak: l'influent Moqtada Sadr appelle à fermer l'ambassade des Etats-Unis

Short Url
  • Toutes les formations politiques irakiennes soutiennent la cause palestinienne
  • L'ex-chef de milice qui a combattu les forces américaines après l'invasion de l'Irak en 2003 conserve une importante base populaire

 

BAGDAD: L'influent leader religieux chiite irakien, Moqtada Sadr, a renouvelé mardi son appel à fermer l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad après une frappe israélienne sur un camp de Palestiniens déplacés qui a fait des dizaines de morts dans le sud de la bande de Gaza.

"Je réitère ma demande d'expulser" l'ambassadrice américaine d'Irak, Alina L. Romanowski, et "de fermer l'ambassade par des moyens diplomatiques sans effusion de sang," a déclaré M. Sadr sur X.

Moqtada Sadr a dénoncé un "génocide" à Gaza et "le bombardement des camps à Rafah" ainsi que le soutien américain "honteux" à Israël dans la guerre dévastatrice sur le territoire palestinien, déclenchée par une attaque inédite du Hamas le 7 octobre sur le sol israélien.

L'ex-chef de milice qui a combattu les forces américaines après l'invasion de l'Irak en 2003 conserve une importante base populaire et exerce une grande influence sur la politique irakienne.

Indignation 

Il avait déjà réclamé fin octobre au gouvernement irakien qu'il "ferme" l'ambassade américaine à Bagdad en raison du "soutien inconditionnel" de Washington à Israël dans la guerre contre le Hamas palestinien.

La frappe israélienne à Rafah a fait dimanche soir 45 morts et 249 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza, et mis le feu à des tentes occupées par des Palestiniens dans un camp de déplacés.

Elle a suscité une vague d'indignation à l'étranger, et le Conseil de sécurité de l'ONU soit se réunir mardi en urgence.

A Bagdad, le ministère irakien des Affaires étrangères a condamné les "actes criminels que continue de commettre l'occupant (l'armée israélienne, NDLR) dans la bande de Gaza", appelant la communauté internationale à prendre des mesures "dissuasives" et à imposer des sanctions à Israël.

Toutes les formations politiques irakiennes soutiennent la cause palestinienne, et comme son voisin l'Iran, ennemi juré d'Israël, l'Irak ne reconnaît pas l'Etat israélien.