Otan: Le veto turc levé, la Suède invitée par Orban à discuter

La commission des Affaires étrangères de la Turquie, Fuat Oktay (au centre), préside une session de commission à la Grande Assemblée nationale de Turquie à Ankara le 16 novembre 2023 sur les aspirations de la Suède à l'OTAN. (Photo, AFP)
La commission des Affaires étrangères de la Turquie, Fuat Oktay (au centre), préside une session de commission à la Grande Assemblée nationale de Turquie à Ankara le 16 novembre 2023 sur les aspirations de la Suède à l'OTAN. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 24 janvier 2024

Otan: Le veto turc levé, la Suède invitée par Orban à discuter

  • Le parlement turc a approuvé mardi à une écrasante majorité l'adhésion de la Suède à l'Alliance atlantique
  • Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a salué «un pas de plus» vers l'adhésion de son pays à l'Otan

ANKARA: Le parlement turc a approuvé mardi à une écrasante majorité l'adhésion de la Suède à l'Alliance atlantique, le Premier ministre hongrois Viktor Orban conviant son homologue suédois à Budapest pour tenter de lever les derniers obstacles à une entrée du pays nordique dans l'Otan.

Le vote du parlement turc met un point final à 20 mois de tractations qui ont testé la patience des alliés occidentaux d'Ankara, désireux de faire front uni face à Moscou dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine.

Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a salué "un pas de plus" vers l'adhésion de son pays à l'Otan.

Tout comme le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg, qui a aussi appelé la Hongrie à achever sa "ratification nationale au plus vite".

L'adhésion de la Suède "rend l'Otan plus forte et renforce notre sécurité”, a-t-il ajouté.

"L'adhésion prochaine de la Suède, tout comme celle de la Finlande qui a déjà eu lieu, renforcera encore l'Alliance atlantique", a fait valoir de son côté le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Hebestreit.

C'est "une réaction directe à la guerre d'agression russe contre l'Ukraine", a-t-il rappelé.

Et pour le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, l'adhésion de la Suède à l'Otan rendra les pays nordiques "plus sûrs".

La Hongrie reste désormais la seule réfractaire.

M. Orban demande depuis des mois du "respect" à Stockholm, dont il dénonce la politique de "dénigrement" et ses remarques régulières sur la dérive autoritaire du pays d'Europe centrale.

Faute de signal de leur part et pressé par ses partenaires de l'Otan, le dirigeant nationaliste a donc pris les devants.

"J'ai envoyé aujourd'hui une lettre au Premier ministre Ulf Kristersson pour l'inviter en Hongrie afin de discuter de l'entrée de la Suède dans l'Alliance atlantique", a-t-il écrit sur X.

Dans son courrier consulté par l'AFP, il évoque la nécessité de "bâtir une solide confiance mutuelle" à travers "un dialogue politique plus intense".

La réponse est tombée quelques heures plus tard.

"Je ne vois pas de raison pour négocier au jour d'aujourd'hui", a réagi devant la presse le ministre suédois des Affaires étrangères.

"Lors du sommet de Madrid l'année dernière, la Hongrie (..) a octroyé à la Suède le statut d'invité" en vue d'une adhésion à l'Otan, sans poser de réserve, a souligné Tobias Billström.

Il s'est en revanche dit prêt à "des discussions", relevant "les nombreux points communs" et "la coopération militaire" entre les deux pays.

Washington «salue» le feu vert turc

Les Etats-Unis "saluent" la ratification par le parlement turc de l'adhésion de la Suède à l'Otan, a déclaré mardi le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche.

"C'était une priorité importante du président" américain Joe Biden, a rappelé Jake Sullivan dans une déclaration sur le réseau social X (anciennement Twitter), ajoutant: "la Suède est un partenaire solide et compétent dont l'appartenance à l'Otan renforce autant les Etats-Unis que l'alliance" de défense transatlantique.

«Mascarade insensée»

"De plus, nous allons bientôt former un concept plus large en devenant alliés (au sein) de l'Otan. Nous pouvons parler, d'Etat à Etat, de ce que cela signifiera", a-t-il ajouté, sans répondre à ce stade à l'invitation adressée au Premier ministre.

La Suède avait annoncé en mai 2022, dans la foulée de l'invasion russe de l'Ukraine, sa candidature à l'Otan, en même temps que la Finlande, devenue en avril le 31e membre de l'organisation.

La Hongrie a certes donné son soutien de principe mais elle traîne des pieds depuis des mois.

Certains experts y ont vu une stratégie de chantage de Viktor Orban pour obtenir des concessions de l'UE, d'autres le signe de sa proximité avec le président russe Vladimir Poutine et le chef d'Etat turc Recep Tayyip Erdogan.

Le dirigeant nationaliste avait promis de ne pas être le dernier dirigeant à donner son aval mais à trop attendre, il a été devancé par le Parlement turc.

Pour satisfaire les exigences d'Ankara, la Suède a réformé sa Constitution et adopté une nouvelle loi antiterroriste, la Turquie accusant la Suède de mansuétude envers des militants kurdes réfugiés sur son sol, considérés pour certains comme terroristes par Ankara.

Début décembre, M. Erdogan avait ajouté comme condition à la ratification d'Ankara l'approbation "simultanée" par le Congrès américain de la vente d'avions de chasse F-16 à la Turquie.

Dans l'opposition hongroise, le parti socialiste (MSZP) a appelé Viktor Orban à "mettre fin à cette mascarade insensée, qui nuit considérablement à l'image de la Hongrie", réclamant la convocation d'une session extraordinaire de l'Assemblée pour enfin procéder au vote.

Du côté des médias pro-Orban, on s'insurgeait mardi devant une Suède qui "demande un pacte de sang sans faire aucun geste en retour", selon une tribune du magazine Mandiner.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.