Immigration: la demande d'asile à un niveau historique en France en 2023

Marche de soutien à l'ancien maire de Saint-Brevin Yannick Morez, qui a démissionné après avoir été visé par des projets concernant un centre de demandeurs d'asile, à Saint-Brevin-les-Pins, dans l'ouest de la France, le 24 mai 2023. (Photo Sebastien Salom-Gomis AFP)
Marche de soutien à l'ancien maire de Saint-Brevin Yannick Morez, qui a démissionné après avoir été visé par des projets concernant un centre de demandeurs d'asile, à Saint-Brevin-les-Pins, dans l'ouest de la France, le 24 mai 2023. (Photo Sebastien Salom-Gomis AFP)
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Publié le Mardi 23 janvier 2024

Immigration: la demande d'asile à un niveau historique en France en 2023

  • Pour la sixième année consécutive, ce sont les ressortissants de l'Afghanistan qui sont les premiers demandeurs d'asile en France, avec plus de 17.500 premières demandes introduites, selon les données de l'Ofpra
  • La publication de ses données par l'Ofpra revêt un caractère sensible, alors que le ministère de l'Intérieur a choisi de publier les statistiques annuelles de l'immigration jeudi midi... soit quelques heures avant la décision du Conseil constitutionnel

PARIS : La demande d'asile a continué d'augmenter en France l'an dernier pour atteindre le niveau historique de 142.500 demandeurs, le plus haut jamais enregistré, a indiqué mardi l'Office de protection des réfugiés, dans un contexte politique tendu sur l'immigration.

Avec une hausse de 8,6% en 2023 par rapport à l'année précédente, selon les données provisoires publiées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), la France s'inscrit dans une dynamique de hausse des demandes de protection également parmi les voisins européens.

«En 2023, près de 142.500 demandes de protection internationale ont été introduites à l'Ofpra, toutes procédures confondues. Parmi elles, on dénombre quelque 123.400 premières demandes d'asile», a écrit dans un communiqué l'organe chargé d'attribuer le statut de réfugié.

En 2022, l'Ofpra avait enregistré 131.000 demandes, soit juste en-dessous du précédent pic historique avant la crise sanitaire en 2019 avec 132.000 demandes.

 «Cette augmentation (de 8%) n'est pas propre à la France, elle s'inscrit dans un contexte européen et reste d'ailleurs nettement inférieure à la moyenne européenne, qui devrait se situer entre 15 et 20%», a commenté auprès de l'AFP Julien Boucher, le patron de l'Ofpra.

Cette hausse est particulièrement marquée en Allemagne, qui a enregistré en 2023 quelque 351.000 demandes (+51%), fait-on remarquer à l'Ofpra.

Plus de 110 millions de personnes étaient déplacées de force dans le monde mi-2023, selon l'ONU, que ce soit en raison de conflits armés comme en Ukraine, de phénomènes naturels comme des sécheresses ou des inondations, ou encore à cause de crises humanitaires comme en Afghanistan.

- Calendrier sensible -

Pour la sixième année consécutive, ce sont les ressortissants de l'Afghanistan, justement, qui sont les premiers demandeurs d'asile en France, avec plus de 17.500 premières demandes introduites, selon les données de l'Ofpra. Suivent les personnes originaires du Bangladesh (8.600), de Turquie (8.500), de la République démocratique du Congo (8.000) et de la République de Guinée (7.000).

Le taux de protection de l'Ofpra, c'est-à-dire la part de demandes acceptées, est en hausse en 2023, avec 33% (+4 points comparé à 2022).

Le délai moyen de traitement d'un dossier, lui, a baissé: il faut désormais 4,2 mois à l'Ofpra pour trancher (5,2 en 2022).

Une accélération du traitement érigée en priorité par le ministère français de l'Intérieur - qui veut ainsi expulser plus rapidement les personnes déboutées de leur demande - mais qui génère une fronde interne depuis plusieurs mois.

Les agents de l'organe indépendant se sont mis en grève la semaine dernière pour la quatrième fois depuis octobre 2023, à l'appel de deux syndicats, pour dénoncer notamment une «politique du chiffre fondée sur des objectifs irréalistes».

Leur grève visait également le controversé projet de loi immigration, adopté au forceps mi-décembre. Il prévoit, entre autres, une refonte du système d'asile, dont par exemple la généralisation du recours à un juge unique au détriment de formations de jugement collégiales à la Cour nationale du droit d'asile.

Le Conseil constitutionnel, saisi par le président français Emmanuel Macron, doit se prononcer jeudi sur la conformité du texte.

Dans ce contexte, la publication de ces données par l'Ofpra revêt un caractère sensible, alors que le ministère de l'Intérieur a choisi de publier les statistiques annuelles de l'immigration jeudi midi... soit quelques heures avant la décision très attendue des Sages.

Signe de la sensibilité politique du sujet, l'Ofpra s'est refusé à qualifier lui-même le niveau de la demande d'asile d'«historique» ou de «record».


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.