Brexit: à Gibraltar, le soulagement d'avoir évité la frontière «dure»

 Le drapeau de Gibraltar (C) et l'Union Jack (L) vole à Gibraltar le 1er janvier 2021. Gibraltar fera partie de la zone sans passeport de l'Europe pour maintenir la fluidité de la circulation à sa frontière avec l'Espagne dans le cadre d'un accord historique conclu quelques heures avant la Grande-Bretagne a quitté l'union douanière et le marché unique de l'UE. (JORGE GUERRERO / AFP)
Le drapeau de Gibraltar (C) et l'Union Jack (L) vole à Gibraltar le 1er janvier 2021. Gibraltar fera partie de la zone sans passeport de l'Europe pour maintenir la fluidité de la circulation à sa frontière avec l'Espagne dans le cadre d'un accord historique conclu quelques heures avant la Grande-Bretagne a quitté l'union douanière et le marché unique de l'UE. (JORGE GUERRERO / AFP)
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Publié le Vendredi 01 janvier 2021

Brexit: à Gibraltar, le soulagement d'avoir évité la frontière «dure»

  • Conclu in extremis jeudi, cet accord prévoit l'application à Gibraltar des accords de Schengen, qui prévoient la libre circulation des personnes sans contrôle des passeports entre 26 Etats européens, parmi lesquels la Norvège, la Suisse ou le Lichtenstein
  • Gibraltar n'étant pas un Etat souverain, il ne peut pas devenir membre de Schengen, c'est donc l'Espagne qui veillera à l'application de ces règles

GIBRALTAR: les habitants de Gibraltar confiaient leur soulagement vendredi, au lendemain de l'annonce d'un accord entre Madrid et Londres qui prévoit l'application des règles de Schengen dans le territoire britannique, gage d'une libre circulation avec l'Espagne en dépit du départ du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Quelque 15 000 personnes, la plupart espagnoles, passent chaque jour la frontière pour se rendre à Gibraltar, une minuscule enclave britannique à l'extrême sud de la péninsule ibérique, pour venir y travailler.

A ces travailleurs, qui représentent la moitié des salariés de Gibraltar, s'ajoutent des milliers de touristes qui ne viennent pour la plupart que pour la journée, souvent pour profiter des magasins duty-free.

L'unique poste-frontière de l'endroit sur la seule route qui mène à Gibraltar voit également passer chaque année quelque 50 000 camions: la bande de terre d'à peine 6,8 km2 doit importer la totalité des biens alimentaires qu'elle consomme. 

Sans accord, les contrôles renforcés et les passeports à tamponner auraient considérablement ralenti ces allées et venues, et donné lieu à une frontière «dure».

Ni travailleurs ni touristes ce vendredi: jour férié et restrictions sanitaires oblige, la frontière était presque déserte.

Cet accord, «c'est une bonne nouvelle, ça semble être la meilleure manière de maintenir l'ensemble en bon ordre», déclare Oliver Gomez, un financier de 34 ans qui promène son chien dans la marina de Gibraltar. 

Conclu in extremis jeudi, cet accord prévoit l'application à Gibraltar des accords de Schengen, qui prévoient la libre circulation des personnes sans contrôle des passeports entre 26 Etats européens, parmi lesquels la Norvège, la Suisse ou le Lichtenstein.

Gibraltar n'étant pas un Etat souverain, il ne peut pas devenir membre de Schengen, c'est donc l'Espagne qui veillera à l'application de ces règles, le tout sous l'égide de Frontex, l'agence européenne chargée du contrôle des frontières extérieures de l'Union européenne.

Frictions à la frontière

Certains habitants de Gibraltar se sont d'ailleurs inquiétés du rôle que jouera l'Espagne dans la gestion de ces règles de Schengen.

«Nous n'avons pas un très bon historique avec les Espagnols. On va voir comment ça se passe», explique Jeff Saez, employé de 43 ans dans un hôtel, croisé à vélo sur le port de plaisance.

L'Espagne a cédé Gibraltar à la couronne britannique en 1713 dans le cadre du traité d'Utrecht, mais elle n'a depuis cessé d'en revendiquer la souveraineté, donnant régulièrement lieu à des frictions à la frontière.

Les tensions ont été à leur comble en 1969, lorsque le régime du dictateur Francisco Franco avait fermé la frontière, qui n'avait rouvert totalement qu'en 1985.

En 2013, un litige concernant un récif artificiel avait provoqué des mois durant des embouteillages à la frontière en raison d'une intensification des contrôles côté espagnol.

Pour Mark Leavesley, un agent immobilier de 34 ans, le territoire se serait adapté, qu'un accord ait été trouvé ou non.

«Gibraltar a montré qu'elle était résiliente», assure-t-il.

«Economie agile»

Gibraltar a dû réinventer son économie lorsque, dans les années 1980, la Grande-Bretagne a réduit sa présence militaire sur le territoire, fermant ses chantiers navals, un des plus gros employeurs.

Là où les forces armées représentaient, à la fin des années 1970, 60% de la main de la main d'oeuvre de Gibraltar, elles pèsent aujourd'hui moins de 10%, selon John Fletcher, économiste à l'Université britannique de Bournemouth.

Le territoire disposait alors d'une politique fiscale avantageuse, ce qui lui a permis de bâtir son secteur banquier et financier, devenant l'une des régions les plus prospères d'Europe.

«C'est une économie vraiment très agile et très inventive, et elle peut l'être parce que Gibraltar est si petit qu'il peut changer très vite», poursuit auprès l'AFP John Fletcher, évoquant une «incroyable» transformation économique.

Le soulagement était aussi du côté de La Linea, la modeste ville espagnole située juste de l'autre côté de la frontière, dont les emplois et les affaires dépendent depuis longtemps de Gibraltar.

Environ 40% des clients de Nuria Hernanez, qui tient un magasin de logiciels à La Linea, viennent de Gibraltar.

«Sans eux, il n'y aurait rien ici», assure-t-elle.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.