Claque inédite pour Trump au Congrès, qui balaie son veto sur le budget de la Défense

En quatre ans à la Maison Blanche, Donald Trump a utilisé à neuf reprises son droit de veto contre des textes de loi adoptés dans les deux chambres. (AFP)
En quatre ans à la Maison Blanche, Donald Trump a utilisé à neuf reprises son droit de veto contre des textes de loi adoptés dans les deux chambres. (AFP)
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Publié le Vendredi 01 janvier 2021

Claque inédite pour Trump au Congrès, qui balaie son veto sur le budget de la Défense

  • La majorité des élus républicains ont joint leur voix aux démocrates, défiant leur chef au crépuscule de son mandat, pour adopter ce budget de 740 milliards de dollars
  • Fruit de longues négociations, le texte prévoit notamment une hausse de 3% des salaires du personnel de la Défense

Le Congrès américain a infligé vendredi une humiliation inédite à Donald Trump en contournant, à une très large majorité, son veto à l'énorme budget de la Défense.

La majorité des élus républicains ont joint leur voix aux démocrates, défiant leur chef au crépuscule de son mandat, pour adopter ce budget de 740 milliards de dollars.

En quatre ans à la Maison Blanche, Donald Trump a utilisé à neuf reprises son droit de veto contre des textes de loi adoptés dans les deux chambres. Jusqu'ici, le Congrès n'avait jamais réussi à atteindre la majorité des deux tiers nécessaire pour l'outrepasser.

Lors d'une séance exceptionnelle en ce 1er janvier, le Sénat y est parvenu avec 81 voix pour et 13 contre. Comme la Chambre des représentants avait fait de même lundi, le texte est définitivement adopté. 

Cette claque intervient alors que les élus républicains sont de plus en plus nombreux à reconnaître la défaite de Donald Trump à la présidentielle du 3 novembre, qu'il ne concède toujours pas lui-même.

Anticipant cette nouvelle rebuffade, le milliardaire avait dénoncé en début de semaine un "leadership républicain faible et fatigué".

Face à cette attaque, le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell n'a pas cédé, appelant ses troupes à "assumer leurs responsabilités" envers le Pentagone.

"Il s'agit d'assurer que nous restions dans la course face à nos concurrents comme la Russie et la Chine", a-t-il plaidé vendredi à l'ouverture des débats. "C'est aussi l'occasion de rappeler à nos soldats et à leurs familles qu'ils ont notre soutien", a ajouté l'influent sénateur.

Confédérés 

Fruit de longues négociations, le texte prévoit notamment une hausse de 3% des salaires du personnel de la Défense. 

Comme il est de coutume depuis plus d'un demi-siècle, il avait été adopté début décembre à des majorités écrasantes par la Chambre, à majorité démocrate, et le Sénat, contrôlé par les républicains. 

Mais Donald Trump avait annoncé le 23 décembre qu'il y mettait son veto, provoquant la consternation jusque dans son camp. 

Il avait jugé le texte trop favorable à la Chine et s'était élevé contre la possibilité de renommer des bases militaires honorant des généraux confédérés, qui ont combattu en défense de l'esclavage durant la guerre de Sécession (1861-1865).

Il lui reprochait également de ne pas inclure l'abolition d'une loi, dite "article 230", protégeant le statut juridique des réseaux sociaux, qu'il accuse d'être biaisés contre lui.

Le texte contrecarre aussi le projet de Donald Trump de réduire la présence militaire américaine en Allemagne, en imposant un délai d'au moins 120 jours avant une telle mesure, si bien qu'aucun retrait américain ne pourrait intervenir avant la prise de fonctions de son successeur Joe Biden le 20 janvier.

Chèque 

Donald Trump, qui s'est toujours présenté comme un roi de la négociation, a subi vendredi un autre revers.

Il n'est pas parvenu à convaincre Mitch McConnell de présenter, dans un vote, sa demande de porter à 2.000 dollars le montant d'une aide aux foyers américains, aujourd'hui fixée à 600 dollars, destinée à amortir l'impact économique de la pandémie.

Sa proposition avait pourtant reçu le soutien des démocrates, qui ont insisté vendredi pour la soumettre au vote. Mais M. McConnell a jugé qu'il s'agissait de "socialisme pour riches", puisque le chèque ira aussi "à des foyers qui n'ont pas perdu d'emploi ou de revenu".

Concentré sur sa croisade post-électorale, Donald Trump n'a pas réagi dans l'immédiat à ces camouflets. A la place, il a multiplié les tweets pour inviter ses partisans à manifester le 6 janvier à Washington, quand le Congrès entérinera sa défaite face à Joe Biden.

"Nous avons LARGEMENT gagné!" a-t-il écrit en promettant qu'"une grande quantité de preuves" seraient présentées lors de ce rassemblement. 

Pour l'heure, ces "preuves massives" régulièrement promises n'ont jamais été rendues publiques et les tribunaux ont systématiquement rejetés les recours du président. 


Moscou accuse l'UE de nourrir «la confrontation géopolitique» avec sa mission en Arménie

La diplomatie russe a accusé jeudi l'UE de nourrir «la confrontation géopolitique» en envoyant une mission civile pour surveiller la frontière instable entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, une zone que la Russie considère comme son pré carré. (AFP)
La diplomatie russe a accusé jeudi l'UE de nourrir «la confrontation géopolitique» en envoyant une mission civile pour surveiller la frontière instable entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, une zone que la Russie considère comme son pré carré. (AFP)
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  • Le ministère russe des Affaires étrangères a jugé qu'une mission européenne en Arménie allait «introduire la confrontation géopolitique dans la région et y exacerber les contradictions existantes»
  • Pour Moscou, en envoyant sa mission, l'UE cherche à «miner les efforts de médiation de la Russie»

MOSCOU: La diplomatie russe a accusé jeudi l'UE de nourrir "la confrontation géopolitique" en envoyant une mission civile pour surveiller la frontière instable entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, une zone que la Russie considère comme son pré carré.

Estimant que l'UE est devenue un "suppôt des Etats-Unis et de l'Otan et mène une politique de la confrontation dans l'espace" post-soviétique, le ministère russe des Affaires étrangères a jugé qu'une mission européenne en Arménie allait "introduire la confrontation géopolitique dans la région et y exacerber les contradictions existantes".

Moscou réagissait ainsi à une série d’initiatives européennes récentes sur le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, dont l'annonce lundi par l'UE de l'établissement d'une mission civile en Arménie de deux ans pour aider à surveiller la frontière instable entre les deux ex-républiques soviétiques rivales du Caucase.

La Russie est le médiateur traditionnel du conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan depuis les années 1990 et a déployé après la guerre de 2020 une mission de maintien de la paix dans le Nagorny Karabakh, un territoire que Bakou et Erevan se disputent.

Mais l'influence russe dans la région a connu un déclin certain, du fait de la concurrence géopolitique occidentale et turque, mais aussi du fait de son assaut contre l'Ukraine qui inquiète ses voisins.

Pour Moscou, en envoyant sa mission, l'UE cherche à "miner les efforts de médiation de la Russie".

Les Européens font depuis des mois leurs propres tentatives de médiation entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. La mission que l'UE va déployer n'a cependant pas reçu d'aval du côté azerbaïdjanais.

L'Arménie de son côté dénonce depuis des semaines l'inaction de la Russie dont la mission de maintien de la paix n'a, selon elle, rien fait pour empêcher le blocus en cours du Nagorny Karabakh.

Les Etats-Unis ont de leur côté apporté leur soutien à la mission de médiation européenne.

"Nous saluons les efforts déployés par nos partenaires, dont l'Union européenne, pour instaurer la confiance dans la région et assurer un environnement propice à un dialogue direct entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan", a déclaré aux journalistes le porte-parole du département d'Etat, Vedant Patel.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a exhorté cette semaine l'Azerbaïdjan à lever le blocus du Nagorny-Karabakh.

Depuis plus d'un mois, des Azerbaïdjanais qui se présentent comme des défenseurs de l'environnement manifestant contre des mines illégales bloquent une route cruciale reliant l'Arménie au Nagorny Karabakh, une région séparatiste d'Azerbaïdjan peuplée d'Arméniens.

En raison de ce blocage, cette enclave, qui compte quelque 120 000 habitants, est confrontée à des coupures de courant et d'internet, ainsi qu'à des problèmes de chauffage et d'accès à la nourriture et aux médicaments.

"C'est une politique de nettoyage ethnique", a dénoncé jeudi le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, pendant une réunion du gouvernement, accusant l'Azerbaïdjan d'exercer des "pressions économiques et psychologiques en vue de provoquer un exode d'Arméniens du Karabakh".


Possible réintégration de la Russie aux JO-2024: Kiev menace d'un boycott, d'autres pays opposés

Le CIO a rappelé mercredi que c'est la fédération internationale de chaque sport concerné aux JO qui a «seule autorité» en la matière (Photo, AFP).
Le CIO a rappelé mercredi que c'est la fédération internationale de chaque sport concerné aux JO qui a «seule autorité» en la matière (Photo, AFP).
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  • Le Comité international olympique avait indiqué mercredi que les moyens d'autoriser les sportifs russes et bélarusses devaient être «davantage explorés»
  • «Aucun athlète ne devrait être interdit de compétition sur la seule base de son passeport», a estimé le Comité

PARIS: Kiev a menacé jeudi de boycotter les Jeux olympiques de 2024 à Paris si le Comité international olympique (CIO) décidait de permettre aux athlètes russes et bélarusses, bannis de la plupart des compétitions internationales sous leurs bannières depuis l'invasion russe de l'Ukraine, d'y participer.

"Une telle situation est inacceptable pour notre Etat", a réagi le ministre ukrainien des Sports Vadym Goutzeït.

"Notre position reste inchangée: tant que la guerre continue en Ukraine, les athlètes russes et bélarusses ne devraient pas participer aux compétitions internationales", a-t-il dit sur Facebook.

"Si nous ne sommes pas entendus, je n'exclus pas la possibilité que nous boycottions et refusions de participer aux Jeux olympiques" 2024, a-t-il affirmé, alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky est fermement opposé à toute tentative de réintégrer Moscou et Minsk.

Le CIO avait indiqué mercredi que les moyens d'autoriser les sportifs russes et bélarusses devaient être "davantage explorés".

"Aucun athlète ne devrait être interdit de compétition sur la seule base de son passeport", a estimé le Comité, s'attirant les foudres de l'Ukraine et d'autres pays européens.

Le Conseil olympique d'Asie (COA) a de son côté proposé jeudi d'intégrer ces athlètes à ses compétitions régionales comme les Jeux asiatiques en exprimant son soutien à la position du CIO.

La proposition du COA pourrait notamment permettre aux athlètes bannis de participer à ses épreuves régionales de qualifications, dont certaines ont déjà commencé, pour les JO-2024.

Michelle Donelan, La ministre britannique de la Culture également chargée des Sports, a de son côté estimé que l'initiative du CIO était "très éloignée des réalités de la guerre".


Le Canada nomme sa première conseillère chargée de la lutte contre l’islamophobie

Des personnes manifestent à Québec le 5 février 2017, une semaine après l'assaut du 29 janvier contre le Centre culturel islamique (Photo, AFP).
Des personnes manifestent à Québec le 5 février 2017, une semaine après l'assaut du 29 janvier contre le Centre culturel islamique (Photo, AFP).
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  • La nomination d’Amira Elghawaby «est une étape importante dans notre combat contre l’islamophobie et la haine sous toutes ses formes», a déclaré Justin Trudeau
  • «L’islamophobie est un phénomène que de nombreux musulmans ne connaissent que trop bien. Nous devons changer cela», a-t-il ajouté

MONTRÉAL: Le Canada a nommé jeudi sa toute première conseillère chargée de la lutte contre l'islamophobie, dans un pays marqué par une série d'attaques visant des communautés musulmanes ces dernières années.

La nomination d’Amira Elghawaby, une activiste et journaliste reconnue, "est une étape importante dans notre combat contre l’islamophobie et la haine sous toutes ses formes", a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau dans un communiqué.

"L’islamophobie est un phénomène que de nombreux musulmans ne connaissent que trop bien. Nous devons changer cela", a-t-il ajouté.

Mme Elghawaby jouera le rôle de "porte-parole, conseillère, experte et représentante" auprès du gouvernement dans l'élaboration de politiques reflétant la réalité des communautés musulmanes, précise un communiqué.

"J'ai hâte de rencontrer les élus, les décideurs et les leaders communautaires de tout le pays afin d'amplifier la voix des musulmans canadiens", a déclaré sur Twitter celle qui dirige les communications de la Fondation canadienne des relations raciales.

"Aujourd'hui, nous marquons un moment historique pour les musulmans au Canada", a réagi dans un communiqué le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC).

"Il y a des changements urgents à réaliser, qu'il s'agisse d'améliorer la supervision de nos agences de sécurité nationale ou d'empêcher nos organisations communautaires de faire l'objet de contrôles injustes", a souligné Stephen Brown, PDG du CNMC.

Dans une série de tweets, Amira Elghawaby a également rappelé le nom des membres de communautés musulmanes tués lors d'actes islamophobes ces dernières années.

En juin 2021, quatre membres d'une famille musulmane ont été tués lorsqu'un homme les a renversés avec son camion à London, en Ontario. Quatre ans plus tôt, six musulmans avaient péri et cinq avaient été blessés dans une attaque contre une mosquée de Québec.

Cette nomination fait suite aux recommandations formulées lors d'un sommet national sur l'islamophobie organisée par le gouvernement fédéral en juin 2021 en réponse à ces attaques.