Craintes pour les civils à Gaza malgré la décision de la CIJ

Des Palestiniens attendent devant l'université Al-Aqsa alors qu'ils fuient Khan Yunis vers des zones plus sûres plus au sud de la bande de Gaza par la sortie ouest de la ville, le 26 janvier 2024, au milieu des batailles en cours entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo par AFP)
Des Palestiniens attendent devant l'université Al-Aqsa alors qu'ils fuient Khan Yunis vers des zones plus sûres plus au sud de la bande de Gaza par la sortie ouest de la ville, le 26 janvier 2024, au milieu des batailles en cours entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo par AFP)
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Publié le Samedi 27 janvier 2024

Craintes pour les civils à Gaza malgré la décision de la CIJ

  • Saisie par l'Afrique du Sud, la Cour internationale de Justice (CIJ) a appelé vendredi Israël à empêcher tout acte éventuel de «génocide» à Gaza, une accusation jugée «scandaleuse» par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu
  • Israël, qui contrôle l'entrée de l'aide internationale dans ce territoire assiégé, doit prendre «des mesures immédiates» pour permettre l'accès à l'aide à Gaza, a déclaré la CIJ, qui ne dispose d'aucun levier pour imposer ses décisions

TERRITOIRES PALESTINIENS : Le sort des civils à Gaza reste samedi au cœur de vives préoccupations au lendemain d'une décision de la plus haute juridiction de l'ONU appelant Israël à empêcher tout acte éventuel de «génocide» dans le territoire palestinien.

Et ces inquiétudes se focalisent sur Khan Younès, principale ville du sud du territoire assiégé qui est le théâtre ces derniers jours de combats acharnés entre l'armée israélienne et le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Ces affrontements, doublés de raids aériens israéliens, ont poussé des milliers de personnes à quitter la ville et ont réduit a minima la capacité des deux principaux hôpitaux locaux, Nasser et al-Amal.

Dans la nuit, des témoins ont fait état de frappes violentes sur place et le Croissant-Rouge palestinien a dit avoir reçu des morts et traité des blessés à l'hôpital al-Amal.

Quant à l'hôpital Nasser, le plus important de Khan Younès, sa «capacité chirurgicale» est «quasiment inexistante», et les «quelques membres du personnel médical qui sont restés doivent composer avec des stocks de matériel médical très faibles», a déploré Médecins sans frontières (MSF).

«Alors que les combats s'intensifient autour de l'hôpital Nasser (...) des centaines de patients et des membres du personnel de santé ont fui. Il reste actuellement 350 patients et 5.000 personnes déplacées (par les combats) dans l'hôpital», a renchéri sur X Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

«L'hôpital est à court de carburant, de nourriture et de fournitures», a-t-il ajouté appelant à un «cessez-le-feu immédiat».

- Décision historique -

Saisie par l'Afrique du Sud, la Cour internationale de Justice (CIJ) a appelé vendredi Israël à empêcher tout acte éventuel de «génocide» à Gaza, une accusation jugée «scandaleuse» par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Israël, qui contrôle l'entrée de l'aide internationale dans ce territoire assiégé, doit prendre «des mesures immédiates» pour permettre l'accès à l'aide à Gaza, a déclaré la CIJ, qui ne dispose d'aucun levier pour imposer ses décisions.

Or le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira mercredi pour se pencher sur cette décision, à la demande de l'Algérie qui cherche à lui «donner un effet exécutoire».

La Cour, qui siège à La Haye, n'a cependant pas appelé à un cessez-le-feu à Gaza, où l'armée israélienne mène une offensive militaire en représailles à l'attaque sans précédent menée contre Israël le 7 octobre par le Hamas.

L'attaque du Hamas a entraîné la mort d'environ 1.140 personnes en Israël, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.

Quelque 250 personnes ont été enlevées pendant cette attaque et emmenées à Gaza, dont une centaine libérées fin novembre durant une trêve en échange de prisonniers palestiniens.

En réponse, Israël a juré «d'anéantir» le Hamas et lancé une vaste opération militaire ayant fait 26.083 morts, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon le ministère de la Santé du mouvement.

- «Compatir» -

L'Union européenne a demandé l'application «immédiate» de cette décision, qualifiée de «sans fondement» par Washington, principal allié d'Israël, tandis que la France a souligné que le crime de génocide nécessitait «l'établissement d'une intention».

Le Brésil a également demandé le «respect total et immédiat» de la décision, par la voix de son ministère des Affaires étrangères.

La décision a été saluée par la Turquie, l'Iran, l'Espagne et le Qatar, médiateur qui accueille la direction du Hamas. L'Arabie saoudite a elle demandé à ce qu'Israël «rende des comptes» pour ses «violations» du droit international.

«C'est la première fois que le monde dit à Israël qu'il dépasse les bornes. Ce qu'Israël nous a fait à Gaza pendant quatre mois ne s'est jamais produit dans l'histoire», a réagi Maha Yasin, une Palestinienne âgée de 42 ans

«Au moins, j'ai l'impression que le monde a commencé à compatir avec nous», a ajouté cette femme qui fait partie des 1,7 millions de Palestiniens déplacés, selon des estimations de l'ONU, par les raids et les combats.

- Réunion à Paris -

Si Israël rejette la décision de la CIJ, et s'oppose à la démarche de l'Afrique du Sud devant ce tribunal, il participe à des discussions visant à mettre une «pause» à son opération en échange de la libération des otages.

Le patron de la CIA, le service de renseignement américain, va rencontrer «dans les tout prochains jours à Paris» ses homologues israélien et égyptien, ainsi que le Premier ministre qatari, pour tenter de conclure un accord de trêve entre Israël et le Hamas, a indiqué vendredi à l'AFP une source sécuritaire.

Le président américain Joe Biden a discuté avec l'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, des «derniers événements en Israël et à Gaza, y compris des efforts de libération des otages -enlevés par le Hamas», a annoncé vendredi la Maison Blanche, tout en laissant entendre qu'aucune annonce «imminente» n'était à prévoir.

 


Les Émirats arabes unis affirment que l’Iran a ciblé un pétrolier d’ADNOC dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes

Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Les Émirats arabes unis affirment qu’un pétrolier d’ADNOC a été ciblé par un missile iranien dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes
  • ADNOC indique que 15 de ses navires ont été attaqués depuis le début de la guerre, dont trois au cours de cette semaine

DUBAÏ : Les Émirats arabes unis ont déclaré samedi que l’Iran avait ciblé un pétrolier appartenant à l’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a condamné « l’attaque iranienne hostile visant un pétrolier appartenant à ADNOC au moyen d’un missile alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes ».

« Cette attaque constitue une violation flagrante de la résolution 2817 du Conseil de sécurité, qui garantit la liberté de navigation et rejette le ciblage des navires commerciaux ou la perturbation des voies maritimes internationales », indique le communiqué publié par WAM.

Vendredi, ADNOC avait déclaré que, depuis le début de la guerre, 15 de ses navires avaient été attaqués dans le détroit d’Ormuz, « dont trois navires cette seule semaine ».

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé la plus ferme condamnation du ciblage du pétrolier émirati alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, affirmant que « ces attaques rejetées constituent une agression contre la sécurité et la sûreté de la navigation maritime, ainsi que contre la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan signent l’accord de défense conjoint de La Mecque

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  • L’accord de défense conjoint de La Mecque prévoit que toute attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l’ensemble des signataires

LA MECQUE : L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé vendredi à La Mecque un accord de défense visant à renforcer leur capacité de dissuasion commune et à élargir leur coopération militaire, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’accord de défense conjoint de La Mecque stipule qu’une attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre tous.

Selon la SPA, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif ont été reçus par le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Cour royale du palais Al-Safa, à La Mecque. Les dirigeants ont passé en revue les relations entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan et ont discuté de questions d’intérêt commun.

La SPA indique que le Sommet de La Mecque sur la défense conjointe s’est tenu sur la base des liens historiques entre les trois pays, de leur solidarité islamique, de leurs intérêts stratégiques communs et de leur étroite coopération en matière de défense.

« L’accord reflète l’engagement des trois nations à renforcer leur sécurité collective et à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ainsi que dans le reste du monde », a rapporté la SPA.

L’accord prévoit également le développement de tous les aspects de la coopération en matière de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.


Le président turc Erdogan arrive à Djeddah pour une rencontre avec le prince héritier saoudien et le Premier ministre pakistanais

Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
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  • Le dirigeant turc doit rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif
  • Sharif et le chef de l’armée pakistanaise sont déjà en Arabie saoudite pour discuter des questions régionales et des relations bilatérales

ISLAMABAD : Le président turc Recep Tayyip Erdogan est arrivé vendredi à Djeddah, où il devrait rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, sur fond de tensions régionales entre les États-Unis et l’Iran.

Sharif est arrivé à Djeddah jeudi pour une visite de trois jours à la tête d’une délégation comprenant le chef des forces de défense du Pakistan, le maréchal Syed Asim Munir, ainsi que des ministres fédéraux et des responsables gouvernementaux. Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a indiqué que Sharif examinerait les relations bilatérales et discuterait des développements régionaux avec le prince héritier saoudien au cours de cette visite.

La visite de Sharif et d’Erdogan en Arabie saoudite intervient alors que la région du Moyen-Orient reste sous haute tension. Le président américain Donald Trump a annulé dimanche des frappes prévues contre l’Iran, affirmant que les pays du Moyen-Orient étaient parvenus à définir les « paramètres d’un accord » visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Téhéran a également déclaré plus tôt cette semaine avoir conclu un accord avec Oman concernant une voie maritime pour les échanges via le détroit d’Ormuz.

La Turquie, l’Arabie saoudite, le Pakistan, le Qatar et d’autres pays de la région ont été étroitement impliqués dans les efforts visant à mettre fin à la guerre, qui a commencé en février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran.

« Notre président, Son Excellence Recep Tayyip Erdogan, effectuera une visite de travail d’une journée en Arabie saoudite le 7 août 2026 », a écrit Burhanettin Duran, responsable de la communication de la présidence turque, sur la plateforme de médias sociaux X.

« Dans le cadre de cette visite, il est prévu que Son Excellence le Président rencontre le prince héritier et Premier ministre d’Arabie saoudite, le prince Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, ainsi que le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif. »

Les responsables pakistanais et saoudiens n’ont pas commenté la visite d’Erdogan en Arabie saoudite ni les sujets qui pourraient être abordés lors d’une éventuelle rencontre entre les dirigeants. Toutefois, l’agence de presse internationale AFP a rapporté, citant des sources, que l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan devraient signer vendredi à Djeddah un accord conjoint de défense.

Selon l’agence, les puissances régionales cherchent à renforcer leurs liens sécuritaires dans un contexte de guerre entre les États-Unis et l’Iran, qui a impliqué les États du Golfe et perturbé la navigation dans le détroit d’Ormuz et la mer Rouge.

Le Pakistan et l’Arabie saoudite ont signé un pacte de défense historique en septembre 2025. L’accord stipule qu’une attaque contre l’un des deux pays serait considérée comme une attaque contre les deux, officialisant des décennies de coopération sécuritaire entre Islamabad et Riyad.

Cet accord de défense revêt une importance particulière alors que le Pakistan est le seul État doté de l’arme nucléaire dans la région, tandis que l’Arabie saoudite est une puissance économique majeure au Moyen-Orient.

Le Pakistan joue un rôle clé dans la médiation entre les États-Unis et l’Iran depuis le début de la guerre en février. La Turquie a également joué un rôle diplomatique dans les négociations visant à mettre fin à la guerre à Gaza. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com