«Plus jamais ça»: Berlin mobilisé, le jour du souvenir de la Shoah

Un participant brandit une pancarte lors d’une manifestation contre le racisme et la politique d’extrême droite devant le bâtiment du Reichstag à Berlin, en Allemagne (Photo, AFP).
Un participant brandit une pancarte lors d’une manifestation contre le racisme et la politique d’extrême droite devant le bâtiment du Reichstag à Berlin, en Allemagne (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 27 janvier 2024

«Plus jamais ça»: Berlin mobilisé, le jour du souvenir de la Shoah

  • Depuis deux semaines, les Allemands se rassemblent partout dans le pays contre les tendances radicales de l'AfD
  • Dans un podcast diffusé samedi, le chancelier Olaf Scholz a rappelé la responsabilité allemande pour le crime contre l'humanité qu'est la Shoah

BERLIN: "Plus jamais ça", a martelé samedi le chancelier allemand pour la journée du souvenir de la Shoah, dans un contexte de forte mobilisation de ses concitoyens contre l'extrême droite.

Au total des manifestations dans plus de 300 villages et villes sont prévus ce week-end dans le pays, selon l'alliance "ensemble contre l'extrême droite".

A Kiel, ville du nord de l'Allemagne, 11.500 personnes, selon la police, 15.000, selon les organisateurs, se sont rassemblés sur la place de la mairie en fin de matinée.

"La démocratie n'est pas pour les peureux !", "Carton rouge pour l'AfD (le parti d'extrême-droite allemand, l'Alternative pour l'Allemagne)", pouvait-on lire sur les panneaux, a indiqué à l'AFP Johannes Böcker, kinésithérapeute de 29 ans qui participait au rassemblement.

"Pour moi, il était important de manifester pour commémorer les victimes du national-socialisme mais aussi pour protester contre la montée de l'extrême-droite", a-t-il dit.

A Düsseldorf (ouest), "plusieurs dizaines de milliers de personnes" se sont rassemblées, selon la police.

Responsabilité allemande 

Dans un podcast diffusé samedi, le chancelier Olaf Scholz a rappelé la responsabilité allemande pour le crime contre l'humanité qu'est la Shoah.

Il s'est réjoui de voir son pays "debout", car "des millions de citoyennes et citoyens défilent dans la rue".

Depuis deux semaines, les Allemands se rassemblent partout dans le pays contre les tendances radicales de l'AfD.

"Il y a trois fois plus de manifestations que la semaine passée, particulièrement dans l'Est de l'Allemagne", a écrit l'alliance citoyenne Campact, qui compte parmi les organisateurs du mouvement, dans un communiqué diffusé samedi matin.

Dans cette région qui correspond à l'ancienne RDA, l'AfD obtient ses meilleurs résultats électoraux.

Il y a deux semaines, le social-démocrate Olaf Scholz est descendu dans la rue à Potsdam, ville voisine de Berlin où il demeure. Samedi, son ministre de la Défense, Boris Pistorius, compte manifester à Osnabrück (Nord-Ouest), où il est né.

La journée internationale du souvenir de l'Holocauste, qui correspond à la date de la libération du camp de la mort d'Auschwitz-Birkenau par les Soviétiques le 27 janvier 1945, est tous les ans l'occasion de commémorations.

Mais cette année, son 79e anniversaire survient dans un contexte tendu après la révélation le 10 janvier par le média d'investigation allemand Correctiv d'une réunion d'extrémistes à Potsdam, où ils ont discuté en novembre dernier d'un projet d'expulsion massive de personnes étrangères ou d'origine étrangère.

Devant les députés du Bundestag, le 18 janvier dernier, la ministre allemande de l'Intérieur Nancy Faeser l'avait comparée à la conférence de Wannsee où les nazis planifièrent en 1942 l'extermination des Juifs européens.

"+Plus jamais ça+ exige la vigilance de tous. Notre démocratie n'est pas un don de Dieu, elle est faite par les hommes", a prévenu le chancelier. Et de conclure: "Plus jamais ça, c'est tous les jours".


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.