Cisjordanie: Israël affirme avoir tué des militants du Hamas cachés dans un hôpital

C'est la première fois depuis 2015 que les forces israéliennes lancent ce type d'opération dans un hôpital de Cisjordanie, où les tensions s'intensifient sur fond de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien à Gaza. (AFP).
C'est la première fois depuis 2015 que les forces israéliennes lancent ce type d'opération dans un hôpital de Cisjordanie, où les tensions s'intensifient sur fond de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien à Gaza. (AFP).
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Publié le Mercredi 31 janvier 2024

Cisjordanie: Israël affirme avoir tué des militants du Hamas cachés dans un hôpital

  • Des membres des forces israéliennes ont tué trois personnes mardi matin à l'intérieur de l'hôpital Avicenne de Jénine
  • Dans un communiqué commun, l'armée, la sécurité intérieure et la police israélienne affirment avoir "neutralisé" au cours d'une opération conjointe un "terroriste du Hamas"

JENINE: Les forces israéliennes ont envoyé mardi un commando déguisé en personnel médical et en civil dans un hôpital de Jénine, en Cisjordanie occupée, pour exécuter trois hommes présentés comme des "terroristes", dont l'un en lien avec le Hamas.

C'est la première fois depuis 2015 que les forces israéliennes lancent ce type d'opération dans un hôpital de Cisjordanie, où les tensions s'intensifient sur fond de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien à Gaza.

Un journaliste de l'AFP a vu les corps des trois hommes, pleurés par des proches, à l'intérieur de l'hôpital Avicenne de Jénine, bastion de groupes armés palestiniens. Un brancard, sur lequel un oreiller percé par une balle était tâché de sang, laissait peu de doute sur la nature de l'opération.

Plus loin, un matelas portait encore des traces de sang, dont certaines avaient éclaboussé le sol et les murs.

Dans un communiqué commun, l'armée, la sécurité intérieure et la police israéliennes ont indiqué avoir "neutralisé" ensemble Mohammad Jalamnah, un "terroriste du Hamas", ainsi que "deux autres terroristes", Bassel et Ayman Ghazawi.

Le Hamas a confirmé l'affiliation de Jalamnah. Et le Jihad islamique, un autre mouvement islamiste palestinien, a revendiqué celle des deux frères Ghazawi. Les funérailles de ces deux derniers ont été organisées en fin de matinée.

"Un groupe de membres des forces d'occupation habillés en civil est entré et a assassiné" les trois hommes avec des armes équipées de silencieux, a déclaré à l'AFP le Dr. Naji Nazzal, directeur médical de l'établissement.

"L'opération a eu lieu dans le service de rééducation du troisième étage, où Bassel Ghazawi était soigné depuis le 25 octobre", a ajouté le médecin, affirmant que l'homme ne pouvait "plus bouger du tout".

Sur une vidéo de surveillance, postée par les autorités palestiniennes sur les réseaux sociaux, une douzaine d'hommes et des femmes équipés d'armes de guerre et déguisés en personnel médical ou en civil, pénétrent à 05H43 dans une unité de soins et mettent en joue les personnes présentes. Certains membres du commando, masqués, portent une chaise roulante pliée ou un siège bébé.

«Planifié un raid» 

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a dénoncé sur X (ex-Twitter) des meurtres "odieux" qui relevaient de "crimes contre l'Humanité".

Le ministère de la Santé palestinien a pour sa part souligné dans un communiqué que les établissements hospitaliers étaient protégés par le droit international.

Il "appelle urgement l'Assemblée générale des Nations unies, les institutions internationales et les organisations de défense des droits de l'Homme à mettre fin à l'enchaînement quotidien de crimes commis par l'occupation (israélienne) contre notre peuple et nos centres de santé".

Selon le communiqué des forces israéliennes, Jalamnah "entretenait des contacts avec des postes de commandement du Hamas à l'étranger et (avait) été blessé alors qu'il tentait de fomenter un attentat à la voiture piégée", il y a quelque temps.

Il aurait aussi "transféré des armes et des munitions à des terroristes afin de mener des attaques" et "planifié un raid inspiré des massacres du 7 octobre".

Ce jour-là, des commandos du Hamas ont lancé une attaque surprise contre Israël à partir de la bande de Gaza ayant entraîné la mort d'environ 1.140 personnes côté israélien, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.

En représailles, Israël a juré d'"anéantir" le mouvement islamiste palestinien au pouvoir à Gaza depuis 2007, et lancé une vaste opération militaire qui a fait 26.637 morts dans ce petit territoire côtier, en grande majorité des femmes, des enfants et des adolescents, selon le ministère de la Santé du Hamas.

"Jalamnah prévoyait de mener une attaque à très court terme et utilisait l'hôpital pour se cacher", ont affirmé les forces israéliennes. Selon elles, "un grand nombre" de Palestiniens recherchés par Israël utilisent les hôpitaux "comme bases pour planifier des activités terroristes et commettre des attentats".

Israël occupe la Cisjordanie depuis la guerre israélo-arabe de 1967. Depuis le 7 octobre, plus de 360 personnes y ont été tuées par les forces israéliennes, selon les autorités palestiniennes. L'année 2023 a été l'une des plus meurtrières du conflit depuis 2005 pour le territoire.


Le président libanais en route pour Washington où il doit rencontrer Donald Trump

Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
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  • Le président libanais Joseph Aoun est à Washington pour rencontrer le président américain Donald Trump et discuter du cessez-le-feu et du retrait israélien du sud du Liban
  • Les négociations entre le Liban et Israël se poursuivent sous médiation américaine, tandis que les tensions persistent avec de nouvelles frappes israéliennes dans le sud

BEYROUTH: Le président libanais a quitté Beyrouth samedi matin pour Washington, où il doit rencontrer Donald Trump, alors que son pays négocie avec Israël le retrait des zones du sud du Liban qu'il occupe depuis sa dernière guerre avec le Hezbollah pro-iranien.

Il s'agira de la première visite d'un chef d'Etat libanais aux Etats-Unis depuis 2009, lorsque Michel Sleiman avait été reçu par Barack Obama.

Outre le "sommet libano-américain" prévu à la Maison Blanche, Joseph Aoun doit s'entretenir "avec plusieurs responsables américains de la situation au Liban et des moyens de consolider le cessez-le-feu", notamment dans le sud, ainsi que du "retrait d'Israël des régions libanaises qu'il occupe", a précisé la présidence dans un communiqué.

Le Liban et Israël ont entamé en avril des négociations inédites depuis des décennies, sous l'égide des Etats-Unis, afin de mettre un terme à l'état de guerre entre eux.

Ils ont conclu un accord-cadre le 26 juin à Washington, qui prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

A l'issue d'une sixième session de négociations tenue à Rome, les deux pays sont parvenus "à un accord sur la structure et les lignes directrices" de ce processus, selon un responsable américain.

En parallèle, l'armée libanaise a commencé à renforcer ses patrouilles dans plusieurs villages jouxtant les zones occupées par les forces israéliennes dans le sud, avait indiqué une source militaire libanaise à l'AFP.

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne.

Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël en soutien à l'Iran, son allié.

L'armée israélienne poursuit toutefois des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

Samedi, l'Agence nationale d'information (Ani) a fait état de nouvelles frappes contre deux localités situées en bordure de la zone occupée, dans les régions de Tyr et de Nabatiyé.

Dans un contexte de tensions régionales, l'ambassade des Etats-Unis au Liban a conseillé vendredi à ses ressortissants de "ne pas voyager au Liban".


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.