La patronne du FMI appelle les banques centrales à ne pas abaisser leurs taux prématurément

La directrice générale du FMI a par ailleurs profité de ses échanges avec la presse pour faire le point sur deux des principaux dossiers du Fonds, l'Egypte et l'Argentine. (AFP)
La directrice générale du FMI a par ailleurs profité de ses échanges avec la presse pour faire le point sur deux des principaux dossiers du Fonds, l'Egypte et l'Argentine. (AFP)
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Publié le Samedi 03 février 2024

La patronne du FMI appelle les banques centrales à ne pas abaisser leurs taux prématurément

  • «Un desserrement prématuré représente un risque plus élevé pour l'économie que s'il intervient un peu trop tard», a estimé la patronne du FMI, Kristalina Georgieva
  • La pression monte sur les banques centrales pour commencer à abaisser leurs taux

WASHINGTON: Abaisser trop rapidement les taux directeurs alors que l'inflation n'est pas revenue au niveau attendu représenterait un "risque plus élevé" pour l'économie, que trop attendre pour agir, a estimé jeudi devant la presse la patronne du FMI, Kristalina Georgieva.

"Notre équipe a regardé dans l'histoire et sa conclusion est qu'un desserrement prématuré représente un risque plus élevé (pour l'économie, NDLR) que s'il intervient un peu trop tard", a déclaré la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), alors que la pression monte sur les banques centrales pour commencer à abaisser leurs taux.

S'exprimant plus particulièrement sur le cas des Etats-Unis, Mme Georgieva a souligné que "le moment est effectivement très important. Si vous observez la position de la Fed, ils reconnaissent que le travail n'est pas encore terminé mais que l'on s'en rapproche".

Mais, a-t-elle dit, "ne les gardez pas élevés si ce n'est pas nécessaire", tout en soulignant que "nous sommes en route pour un atterrissage en douceur" de l'économie "mais ce n'est pas fait. Nous sommes encore 15 mètres au-dessus du sol et nous devons continuer jusqu'à l'atterrissage complet".

Mercredi la Réserve fédérale (Fed) a en effet laissé ses taux d'intérêt inchangés et semblé fermer la porte à une possible baisse lors de sa prochaine réunion, prévue mi-mars, comme l'espéraient pourtant les marchés.

"Presque tous" les membres du comité monétaire de la Fed sont favorables à "une baisse des taux cette année mais il est "peu probable que le Comité atteigne, d'ici la réunion de mars, un niveau de confiance" suffisant pour d'ores et déjà l'envisager, avait ainsi déclaré son président, Jerome Powell, lors d'une conférence de presse.

Encore trop tôt pour baisser les taux, selon une gouverneure de la Fed

"Si les données continuent d'indiquer que l'inflation évolue durablement vers notre objectif de 2%, il deviendra alors approprié d'abaisser progressivement notre taux directeur pour éviter que la politique monétaire ne devienne trop restrictive. À mon avis, nous n'en sommes pas encore là", a déclaré Michelle Bowman, dans un discours.

"Un certain nombre de risques subsistent", susceptibles de faire grimper l'inflation de nouveau, a souligné Michelle Bowman. Elle a évoqué la situation géopolitique, ainsi que le fait que baisser trop tôt les taux puisse faire repartir les prix à la hausse.

Elle a également mis en garde contre le "risque que les tensions persistantes sur le marché du travail conduisent à une inflation persistante et élevée des services".

Michelle Bowman s'est ainsi voulue "prudente".

"Bien que l'orientation actuelle de la politique monétaire semble suffisamment restrictive pour ramener l'inflation à 2%, je reste disposée à relever les taux lors d'une prochaine réunion si les données indiquent que les progrès en matière d'inflation sont au point mort ou inversés", a-t-elle averti.

La directrice générale du FMI a par ailleurs profité de ses échanges avec la presse pour faire le point sur deux des principaux dossiers du Fonds, l'Egypte et l'Argentine.

Pour le pays proche-oriental, la situation sécuritaire dans la région et les attaques de la milice yéménite Houthi contre le trafic maritime dans la mer Rouge ont un impact sur une économie déjà en souffrance.

L'Egypte "reste une vraie priorité" alors que le pays "doit gérer des problèmes complexes".

"Nous discutons actuellement pour augmenter notre programme (d'aide) compte tenu des développements de ce dernier mois", a expliqué Mme Georgieva, "ils envisagent des ajustements systémiques de leur politique et nous travaillons sur ces détails".

Concernant le pays du cône sud-américain, la patronne du FMI a confirmé qu"'à ce point, nous ne discutons pas d'un nouveau programme", se félicitant du travail "d'une bonne équipe économique en place, avec un président (Javier Milei, NDLR) très pragmatique, qui cherche comment son pays peut se sortir de ces difficultés".

Jeudi, le FMI a confirmé le versement d'une nouvelle tranche d'aide de 4,7 milliards de dollars à l'Argentine dans le cadre du programme actuellement en cours.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.