Mexique: un rituel du feu pour l'an neuf, la culture indigène et les forêts

Des membres de la communauté indigène Purepecha allument des bâtons de bois lors d'une cérémonie dans le village indigène d'Ocumicho, dans l'État du Michoacan, au Mexique, le 1er février 2024. (Photo Carl de Souza AFP)
Des membres de la communauté indigène Purepecha allument des bâtons de bois lors d'une cérémonie dans le village indigène d'Ocumicho, dans l'État du Michoacan, au Mexique, le 1er février 2024. (Photo Carl de Souza AFP)
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Publié le Samedi 03 février 2024

Mexique: un rituel du feu pour l'an neuf, la culture indigène et les forêts

  • Chaque année depuis 1983, les communautés du peuple indigène Purepecha transportent pendant trois jours leur feu de village en village dans le Michoacan, grand producteur d'avocats, menacé comme tant d'autres par la délinquance organisée
  • La procession aux flambeaux avait été oubliée pendant longtemps avant d’être ravivée par le peuple Purepecha lui-même, aidé d’historiens et d’anthropologues

OCUMICHO, Mexique : «Je ne me fatigue pas», souffle Catellana Nambo, 80 ans, au terme d’une procession de près de 100 km pour le Nouvel An du peuple indigène Purepecha, lors d'un rituel du feu à travers les montagnes verdoyantes dans l’Ouest du Mexique.

A l’orée du village d’Ocumicho au crépuscule, deux colonnes de femmes en robes traditionnelles ouvrent la marche. Tournant sur elles-mêmes au son de la fanfare, elles avancent parmi des volutes de fumée qui donnent à cette procession du feu une touche onirique.

Chaque année depuis 1983, les communautés du peuple indigène Purepecha transportent pendant trois jours leur feu de village en village dans le Michoacan, grand producteur d'avocats, menacé comme tant d'autres par la violence de la délinquance organisée.

Moment de célébration d’une culture menacée, la cérémonie permet aussi à la communauté de revendiquer la défense de ses ressources naturelles comme ses forêts, menacées par l'extension des cultures d'avocats.

La tradition du «Fuego Nuevo» (feu nouveau) célèbre le début de l’année le 1er février selon la variante locale du calendrier mésoaméricain.

La procession aux flambeaux avait été oubliée pendant longtemps avant d’être ravivée par le peuple Purepecha lui-même, aidé d’historiens et d’anthropologues.

«Lorsque les Espagnols sont arrivés, ils nous ont enlevé notre façon de nous habiller, notre façon de parler, mais nous essayons de retrouver les coutumes de nos ancêtres”, explique Catellana Nambo, agricultrice à 80 ans.

“Nous intégrons de plus en plus de jeunes, (...) les enfants parlent maintenant bien le Purepecha, et nous sommes fiers d'être des Purepechas», ajoute-t-elle.

Tous les âges sont bien représentés dans la multitude colorée qui s’éparpille sur la place du village à son arrivée.

Des jeunes femmes aux cheveux tressés esquissent des pas de danse avec les membres des forces d’auto-défense en treillis, que l'on devine très jeunes malgré les visages couverts et les fusils en bandoulière.

«La lutte que nous menons concerne la défense de nos forêts, qui sont en train d’être abattues», soutient Javier de la Luz, agriculteur de 66 ans de la communauté Purepecha. «D’une certaine manière, cette fête donne aux communautés le pouvoir de défendre leurs ressources naturelles».

A la nuit tombée, les villageois enflamment des torches et dansent autour du feu, qui restera allumé un an jusqu’à son voyage vers un autre village.

«Les gens associent nos coutumes à des choses du passé, qui sont obsolètes, mais je pense vraiment que c'est ce dont le monde a besoin : prendre du recul et se rendre compte que nous avançons très vite», déclare Lucia Gutierrez, 41 ans.

L’étudiante sage-femme, qui vit entre le Michoacan et les Etats-Unis où habite son mari, est heureuse que ses enfants puissent eux aussi apprendre de cette culture, comme un contre-discours à celui du monde moderne.

«Nous oublions ce qui importe vraiment», ajoute-t-elle. «La nature, et ces célébrations».


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
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  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

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« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.