Irak: un commandant d'un groupe pro-Iran tué dans une frappe américaine à Bagdad

Des gens retirent un véhicule détruit, après ce que les sources de sécurité ont qualifié de frappe meurtrière de drone, à Bagdad, en Irak, le 7 février 2024 (Photo, Reuters).
Des gens retirent un véhicule détruit, après ce que les sources de sécurité ont qualifié de frappe meurtrière de drone, à Bagdad, en Irak, le 7 février 2024 (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 08 février 2024

Irak: un commandant d'un groupe pro-Iran tué dans une frappe américaine à Bagdad

  • Des responsables à Washington ont assuré que l'attaque de drone en Jordanie portait «l'empreinte des Kataëb Hezbollah»
  • Le Hamas lui a fustigé une «violation de la souveraineté et de la sécurité de l'Irak», selon un communiqué

BAGDAD: Un haut commandant des Brigades du Hezbollah, influent groupe armé irakien pro-Iran, a été tué mercredi soir par une frappe américaine visant son véhicule dans la capitale irakienne, Washington l'accusant d'être impliqué dans la planification des attaques visant ses soldats au Moyen-Orient.

Cette nouvelle frappe à Bagdad, près d'une semaine après des bombardements américains en Irak et en Syrie, intervient alors que Washington s'est engagé à poursuivre les représailles contre les groupes armés pro-Iran: une attaque de drone le 28 janvier a tué trois soldats américains en plein désert jordanien, à la frontière syrienne.

Abou Baqir al-Saadi, un haut commandant des Brigades du Hezbollah --Kataëb Hezbollah en arabe--, a été tué mercredi dans la frappe américaine, a annoncé le groupe dans un communiqué. Il était chargé du "dossier militaire" en Syrie, a indiqué à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un responsable de cette influente faction.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), a confirmé une frappe en Irak, assurant avoir tué "un commandant des Kataëb Hezbollah directement responsable de planification et de participation aux attaques sur les forces américaines dans la région".

"Les Etats-Unis continueront de prendre les actions nécessaires pour protéger les nôtres", selon le communiqué, qui indique que Washington fera rendre des comptes "à tous ceux qui menacent la sécurité de nos forces."

A Bagdad, un photographe de l'AFP a pu voir un important déploiement sécuritaire bloquant tout accès au site de la frappe. En soirée la carcasse de la voiture, qui n'était plus qu'un amas de tôle carbonisée, a été retirée.

«Riposte ciblée»

Au total, trois personnes --"deux chefs" des Brigades du Hezbollah et leur chauffeur-- ont péri dans l'attaque contre le véhicule, a indiqué à l'AFP un responsable sécuritaire irakien s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

"Un drone a tiré trois roquettes contre une voiture 4X4" dans le quartier de Machtal dans l'est de Bagdad, avait précisé ce responsable à l'AFP.

Classées groupe "terroriste" par Washington et visées par des sanctions, les Brigades du Hezbollah ont déjà été visées ces dernières semaines par des frappes américaines en Irak.

Le groupe est considéré comme un des meneurs de la "Résistance islamique en Irak", nébuleuse de combattants pro-Iran ayant revendiqué ces dernières semaines des dizaines d'attaques contre les soldats américains et leurs partenaires d'une coalition internationale antidjihadiste, en Irak et en Syrie.

Au total depuis la mi-octobre, plus de 165 tirs de roquettes et frappes de drones ont visé les soldats américains au Moyen-Orient, des violences attisées par la guerre à Gaza entre Israël et le Hamas palestinien.

Réagissant à la mort du commandant Abou Baqir, le mouvement irakien al-Noujaba, qui fait partie de la "Résistance islamique" a promis une "riposte ciblée", assurant que "ces crimes ne resteront pas impunis".

"Vous saurez alors que notre patience est à bout", selon un communiqué. Le groupe estime que les "violations" américaines ne cesseront pas sans "une position officielle ferme du gouvernement irakien".

Le Hamas lui a fustigé une "violation de la souveraineté et de la sécurité de l'Irak", selon un communiqué.

«Empreinte des Kataëb»

La "Résistance islamique en Irak" justifie son action en mettant en avant sa solidarité avec Gaza, mais aussi en réclamant le départ d'Irak des 2 500 soldats américains déployés dans le cadre de la coalition antidjihadiste.

Des responsables à Washington ont assuré que l'attaque de drone en Jordanie portait "l'empreinte des Kataëb Hezbollah".

Confronté à la menace d'une riposte américaine, le groupe a annoncé fin janvier "la suspension" de ses attaques contre les forces américaines, tout en appelant ses combattants à "pratiquer une défense passive en cas d'action américaine hostile à leur encontre".

Il y a près d'une semaine, les Etats-Unis avaient déjà mené des frappes en Syrie et en Irak contre des cibles des forces d'élite iraniennes et des groupes armés pro-Iran.

Ces bombardements, visant en Irak des zones à la frontière avec la Syrie, ont tué 16 combattants du Hachd al-Chaabi, coalition regroupant les factions armées pro-Iran, dont les anciens paramilitaires sont désormais formellement enrôlés dans les forces régulières irakiennes.

Depuis des semaines, le gouvernement irakien n'arrive pas à s'extirper des tensions régionales, malgré les intenses efforts diplomatiques avec ses partenaires américain et iranien notamment.


Le Hezbollah dénonce «l'agression israélienne persistante» au Liban malgré la trêve

Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
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  • "Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste
  • "Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah pro-iranien Naïm Qassem a condamné lundi les opérations israéliennes persistantes au Liban malgré la trêve, et réitéré son refus de négociations directes entre Israël et son pays.

Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril et prolongée à l'issue de deux sessions de pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, l'armée israélienne continue de mener des frappes meurtrières, surtout dans le sud du Liban, où elle démolit des bâtiments et interdit aux habitants de dizaines de localités de revenir.

"Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste.

"Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté.

Critiquant une diplomatie qui place le Liban "sous tutelle", il a plaidé pour "une diplomatie qui mène" à la cessation des hostilités et pour "des négociations indirectes" avec Israël.

"Les négociations directes sont une concession gratuite, sans résultat", a-t-il dit, vantant le comportement "légendaire" du Hezbollah au combat. "Ne trahissez donc pas la résistance", a-t-il ajouté, à l'adresse du pouvoir libanais, en défendant "l'unité nationale".

Entre le président libanais Joseph Aoun, décidé à mener des négociations directes avec Israël, et le Hezbollah pro-iranien qui s'y oppose, le fossé se creuse, et les divisions dans le pays s'accentuent.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé jeudi à une rencontre entre le président libanais et le Premier ministre israélien, qui serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante".

Lundi, l'armée israélienne a mené une série de frappes après un nouvel avis d'évacuation adressé aux habitants de quatre localités dans le sud du Liban.

Selon les termes de l'accord de trêve publié par Washington, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense" contre le Hezbollah, qui s'oppose à cette clause et continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes malgré la trêve.

Les frappes israéliennes ont fait plus de 2.600 morts et déplacé plus d'un million de personnes depuis que le Hezbollah a relancé les hostilités le 2 mars, en soutien à son allié iranien, ciblé par une offensive israélo-américaine.


Un tanker touché par «des projectiles inconnus» au large des Emirats 

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  • "Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé
  • L'agence n'a pas précisé la provenance du navire

DUBAI: Un tanker a été touché par des "projectiles inconnus" dans le détroit d'Ormuz au large des Emirats arabes unis, sans faire de victime, a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO lundi.

"L'UKMTO a reçu des informations faisant état d'un incident survenu à 78 milles nautiques (145 km, ndlr) au nord de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis", a annoncé l'agence sur X précisant que l'incident avait été signalé dimanche vers 19H40 GMT.

"Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé.

L'agence n'a pas précisé la provenance du navire.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux, est en grande partie bloqué depuis le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que la marine américaine allait commencer lundi à escorter des navires bloqués de pays tiers à travers le détroit d'Ormuz dans le cadre du Project Freedom ("Projet Liberté"), qui a été dénoncé par les autorités iraniennes.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.