A l'ombre d'Angela Davis: une exposition à Paris exhume trois militantes noires américaines oubliées

Si le titre de cette exposition au musée du quai Branly peut sembler aride, c'est pourtant tout l'inverse. (AFP)
Si le titre de cette exposition au musée du quai Branly peut sembler aride, c'est pourtant tout l'inverse. (AFP)
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Publié le Jeudi 08 février 2024

A l'ombre d'Angela Davis: une exposition à Paris exhume trois militantes noires américaines oubliées

  • À Paris, une exposition sort de l'ombre trois femmes qui, dès les années 1930, ont travaillé à une "internationale noire"
  • Didactique et efficace, l'exposition exhume des trésors d'archives sonores et visuelles, conservés à la Bibliothèque du Congrès américain à Washington

PARIS: Qui étaient les militants noirs des droits civiques avant Martin Luther King, les Black Panthers ou Angela Davis? À Paris, une exposition sort de l'ombre trois femmes qui, dès les années 1930, ont travaillé à une "internationale noire".

Katherine Dunham (1909-2006), Zora Neale Hurston (1891-1960) et Eslanda Robeson (1895-1965): trois noms qui ne diront rien au grand public, à l'exception du premier chez les connaisseurs de danse, mais qui sont des figures de l'histoire politique des États-Unis.

"Pour parler franchement, chacune aurait mérité sa propre exposition", déclare à l'AFP Sarah Frioux-Salgas, commissaire de "Déborder l'anthropologie".

Si le titre de cette exposition au musée du quai Branly peut sembler aride, c'est pourtant tout l'inverse. Didactique et efficace, elle exhume des trésors d'archives sonores et visuelles, conservés à la Bibliothèque du Congrès américain à Washington.

Son propos ? Documenter le parcours de trois femmes qui ont battu en brèche les clichés raciaux de leur époque et tenter de répondre à une question: d'où vient l'identité afro-américaine

«Diaspora noire»

Dans l'histoire intellectuelle afro-américaine, "les années 30 sont une période où l'on commence à réfléchir au lien avec l'Afrique et les Caraïbes", décrypte Sarah Frioux-Salgas.

Comment se relier les uns aux autres ? Qu'est-ce qui nous unit ? Que partageons-nous ? Telles sont quelques-unes des questions posées.

Il s'agit d'une période fondamentale dans le combat pour les droits civiques mais qui "reste dans l'ombre" de celle des années 50 et 60, complète auprès de l'AFP l'historienne Pauline Peretz.

Pour les trois militantes mises en lumière, la quête des origines commence par la pratique de l'anthropologie, qu'elles ont étudiée à l'université.

Ce faisant, elles ont voulu "comprendre les traits d'une culture noire diasporique pour ensuite la valoriser en se l'appropriant artistiquement", analyse la commissaire.

L'écrivaine Zora Neale Hurston, dont le livre féministe "Une femme noire" (republié en français en 2018) a été notamment loué par la prix Nobel de littérature Toni Morrison, s'est lancée dans une étude du Sud des Etats-Unis, et plus précisément de la ville d'Eatonville (Floride), où elle a grandi.

Le visiteur découvrira des vidéos qu'elle a tournées auprès d'ouvriers agricoles mais aussi des chants traditionnels enregistrés par Alan Lomax.

«Exceptionnelles»

Se déplacer sur le terrain, c'est aussi ce qu'a fait la chorégraphe et danseuse Katherine Dunham. Ses voyages l'ont menée dans les Antilles et les Caraïbes pour y étudier les danses traditionnelles.

Elle fondera ensuite la Katherine Dunham Company, première compagnie afro-américaine de danse contemporaine.

Plus politique, Eslanda Robeson étudie à Londres, avant de partir à la découverte du continent africain et d'en épouser les différents mouvements de décolonisation.

"C'est quelqu'un qui a épousé toutes les luttes", souligne Sarah Frioux-Salgas, qui raconte avoir découvert cette militante après avoir consacré une exposition à son époux, l'acteur et chanteur Paul Robeson.

Sur des photos d'archives de l'AFP, on voit son époux aux côtés du poète Louis Aragon, en 1949, lors du Congrès mondial des partisans de la paix de Paris, initiative du Parti communiste. Aucune trace d'Eslanda, qui était pourtant bien là.

"Les trois ont été engagées politiquement", soutient Sarah Frioux-Salgas, rappelant que Katherine Dunham refusait de danser devant une salle qui pratiquait la ségrégation raciale.

"On est face à trois femmes exceptionnelles", estime Pauline Peretz, en rappelant toutefois que l'élite intellectuelle à laquelle elles appartenaient représente une part "infime" de la population noire américaine de leur époque.


Le DJ français Kavinsky retrouvé mort à son domicile à Paris

Le DJ Kavinsky, une des figures de la scène électro française, a été retrouvé mort à son domicile à Paris, a indiqué mercredi le parquet, sollicité par l'AFP, confirmant une information du Parisien. (AFP)
Le DJ Kavinsky, une des figures de la scène électro française, a été retrouvé mort à son domicile à Paris, a indiqué mercredi le parquet, sollicité par l'AFP, confirmant une information du Parisien. (AFP)
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  • Kavinsky, Vincent Belorgey de son vrai nom, aurait fêté ses 51 ans le 31 juillet
  • Cet artiste emblématique de la French Touch était notamment célèbre pour son titre "Nightcall", repris avec le groupe pop-rock Phoenix et la star belge Angèle pendant les Jeux olympiques de Paris en 2024

PARIS: Le DJ Kavinsky, une des figures de la scène électro française, a été retrouvé mort à son domicile à Paris, a indiqué mercredi le parquet, sollicité par l'AFP, confirmant une information du Parisien.

Le parquet a précisé qu'"une enquête en recherche des causes de la mort" avait été ouverte, "afin de déterminer l'origine du décès, aucun élément suspect n'ayant été découvert sur place par les services primo-intervenants", mardi soir.

Kavinsky, Vincent Belorgey de son vrai nom, aurait fêté ses 51 ans le 31 juillet.

Cet artiste emblématique de la French Touch était notamment célèbre pour son titre "Nightcall", repris avec le groupe pop-rock Phoenix et la star belge Angèle pendant les Jeux olympiques de Paris en 2024.

"Avec la disparition soudaine de Kavinsky, la France perd l'une de ses voix les plus singulières. Du film +Drive+ aux JO de Paris, le monde entier avait vibré sur +Nightcall+. À la fois dansante et nostalgique, sa musique continuera de traverser les générations et les frontières", a réagi sur X la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Pianiste autodidacte né en Seine-Saint-Denis, Kavinsky s'est lancé au début des années 2000, assurant notamment des premières parties de Daft Punk et se produisant aux côtés d'autres nouveaux noms de la scène électro, comme SebastiAn. Mais le grand tournant de sa carrière reste "Nightcall", ce tube synthwave à l'ambiance assombrie et au tempo ralenti, qui a fait partie de la bande originale de "Drive", thriller à succès avec Ryan Gosling.


Guggenheim Abu Dhabi fixe sa date d’ouverture en décembre

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  • Le Guggenheim Abu Dhabi ouvrira le 11 décembre, marquant une nouvelle étape dans le développement d’Abu Dhabi comme destination culturelle mondiale
  • Situé dans le quartier culturel de Saadiyat, le musée mettra à l’honneur l’art moderne et contemporain à travers une collection mêlant perspectives régionales et internationales

DUBAÏ : Le Guggenheim Abu Dhabi ouvrira officiellement ses portes le 11 décembre de cette année, a annoncé mardi le Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi.

Cette ouverture marque une étape majeure dans les efforts de l’émirat pour s’imposer comme une destination mondiale de l’art et de la culture.

Le musée d’art moderne et contemporain servira de plateforme d’échange artistique, avec pour ambition de présenter des perspectives mondiales variées tout en mettant en valeur les récits des Émirats arabes unis et de la région. Conçu pour susciter la curiosité autour de l’art moderne et contemporain, il entend mobiliser les nouvelles générations à travers des expositions, des programmes éducatifs et un dialogue culturel.

Situé dans le quartier culturel de Saadiyat, le Guggenheim Abu Dhabi rejoindra le Louvre Abu Dhabi, le Musée national Zayed, le Musée d’Histoire naturelle d’Abu Dhabi et teamLab Phenomena Abu Dhabi, renforçant ainsi le statut du quartier comme l’un des principaux pôles culturels au monde.

Membre du réseau de musées Guggenheim, qui comprend notamment ceux de New York, Venise et Bilbao, l’établissement d’Abu Dhabi a été développé avec une identité propre, ancrée dans l’histoire de l’émirat en tant que carrefour du commerce et des cultures.

Mohamed Khalifa Al-Mubarak, président du Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi, a déclaré : « Le Guggenheim Abu Dhabi représente un moment décisif dans notre parcours culturel. Le musée est le fruit de la conviction profonde de l’émirat que la culture constitue le lien le plus durable entre les peuples et un pilier essentiel des sociétés tournées vers l’avenir. Il apporte de nouvelles perspectives sur l’art moderne et contemporain, en mettant en lumière des œuvres venues des quatre coins du monde.

En tant qu’élément clé du quartier culturel de Saadiyat, le musée créera de nouvelles opportunités de transformation en matière d’apprentissage, de créativité et d’échanges culturels, inspirant les générations futures à explorer leur propre potentiel. Ici, chacun trouvera sa place et pourra se reconnaître dans les récits racontés par le musée, en découvrant des idées et des voix artistiques venues du monde entier. »

La Dre Mariet Westermann, directrice générale de la Fondation Solomon R. Guggenheim, a déclaré : « La Fondation Guggenheim est fière et heureuse d’être un partenaire de longue date du Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi dans la création d’un musée d’art contemporain d’une ambition et d’une envergure exceptionnelles. La collection du musée est à la fois profondément ancrée dans son territoire et résolument internationale, centrée sur la région tout en réunissant des œuvres provenant de tous les continents. À travers les nombreuses histoires qu’il racontera et fera découvrir, le Guggenheim Abu Dhabi sera une source d’émerveillement, un lieu de rencontre et un espace de curiosité et de joie pour les habitants des Émirats arabes unis comme pour les visiteurs du monde entier. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


«Mon chat s'appelle Zizou»: à Paris, les supporters ont accueilli le sélectionneur Zidane

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  • Zidane: Une génération qu'il aura la tâche de faire encore grandir après un mandat de 14 ans de Didier Deschamps, et une Coupe du monde remportée en 2018
  • "Comme Didier Deschamps, (Zidane) est un gagnant, poursuit le comptable de 34 ans, on espère qu'il mettra un peu plus de jeu, mais déjà à la dernière coupe du monde il y en avait et j'espère juste le voir gagner"

PARIS: Et soudain, une porte coulisse, laissant entrevoir la silhouette de la légende de l'équipe de France. Tout juste nommé sélectionneur des Bleus, 20 ans après la fin de sa carrière de joueur, Zinédine Zidane s'arrête devant la centaine de supporters, patientant pour une photo ou un autographe de l'homme du jour.

"J'ai rencontré Zidane, le maillot est signé", se réjouit Romain, 29 ans, portant à la fois la tunique des Bleus sur le dos, et tenant dans la main celle de la Coupe du monde 2006, qui avait marqué la fin de l'ère "ZZ" en équipe de France.

De ce Mondial, Milya, 10 ans, en a visionné récemment "le coup de boule", image aussi triste que célèbre de l'ancien meneur de jeu, exclu lors de la finale perdue contre l'Italie pour son geste sur Marco Materazzi.

Bien sur, la petite fille n'a pas connu Zinédine Zidane joueur mais "Papa est un grand fan". A tel point qu'à la maison, le poisson rouge s'appelle "Zizou" et le chat "OM".

"On venait pour un week-end de deux jours et on s'est dit qu'on allait être là, raconte à l'AFP sa mère Cindy, 35 ans et coordinatrice d'un habitat inclusif, on est tous fans de foot dans la famille, mais aussi de l'OM, donc Zidane, ça a du sens", reprend-elle, installée près des barrières posées en face du siège de la Fédération française de football, dans le 15e arrondissement de Paris.

"Une histoire du foot" 

Chez Xavier aussi, on a "appelé le chat Zizou", de quoi perturber son fils Hugo, 7 ans, qui apprendra à connaître davantage le champion du monde 98 comme celui qui accompagnera Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé ou encore Bradley Barcola.

Une génération qu'il aura la tâche de faire encore grandir après un mandat de 14 ans de Didier Deschamps, et une Coupe du monde remportée en 2018.

"Comme Didier Deschamps, (Zidane) est un gagnant, poursuit le comptable de 34 ans, on espère qu'il mettra un peu plus de jeu, mais déjà à la dernière coupe du monde il y en avait et j'espère juste le voir gagner".

"Quand on voit comment se structure l'Espagne (sacrée au Mondial-2026, ndlr), le challenge sera là, complète Fabrice, cadre de 54 ans, il faudra voir comment structurer une équipe avec un fort potentiel".

Ce dernier a vécu en 1998, depuis le Stade de France, la finale qui avait sacré les Français pour la première fois, avec un doublé du natif de Marseille. Un souvenir qui a évidemment marqué d'autres supporters réunis à Paris.

Les drapeaux s'agitent, et les membres de l'association des "Irrésistibles français" lancent une Marseillaise ou encore des chants pour patienter. Autour d'eux, certains passants s'arrêtent par curiosité, quand une compagnie de CRS, venue de Marseille, veille au bon déroulement de l'attente, qui a pris fin ce mardi.

"C'est une histoire du football français que l'on voit aujourd'hui, reprend Romain, employé dans la communication, Zidane c'est la France mais aussi au delà. J'ai grandi avec lui, les premiers matches que j'ai suivis étaient avec lui".

Les prochains le seront avec Zinédine Zidane le sélectionneur.