Poutine affirme à l'Occident que la Russie ne peut être vaincue en Ukraine

Dans ce message de plus de deux heures à l'adresse de l'Amérique et de l'Occident, qui a souvent pris une tournure de leçon d'histoire très subjective, le président russe a également dit écarter l'idée d'envahir la Pologne ou la Lettonie. (AFP).
Dans ce message de plus de deux heures à l'adresse de l'Amérique et de l'Occident, qui a souvent pris une tournure de leçon d'histoire très subjective, le président russe a également dit écarter l'idée d'envahir la Pologne ou la Lettonie. (AFP).
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Publié le Vendredi 09 février 2024

Poutine affirme à l'Occident que la Russie ne peut être vaincue en Ukraine

  • Vladimir Poutine a affirmé qu'il était possible de trouver un accord pour la libération du journaliste américain Evan Gershkovich, détenu en Russie depuis presque un an
  • Le président russe a en outre affirmé que l'élection d'un nouveau président américain, prévue pour le 5 novembre et qui devrait opposer le républicain Donald Trump au démocrate Joe Biden, ne changerait pas les relations entre les Etats-Unis et la Russie

WASHINGTON: Vladimir Poutine a affirmé au journaliste conservateur américain Tucker Carlson, dans une longue interview diffusée jeudi, qu'une défaite de la Russie en Ukraine était "impossible".

Dans ce message de plus de deux heures à l'adresse de l'Amérique et de l'Occident, qui a souvent pris une tournure de leçon d'histoire très subjective, le président russe a également dit écarter l'idée d'envahir la Pologne ou la Lettonie, deux pays dans lesquels son pays "n'a pas d'intérêts".

"Jusqu'ici, il y a eu les vociférations et les cris sur (la nécessité) d'infliger une défaite stratégique à la Russie sur le champ de bataille", a-t-il déclaré à l'ex-animateur star de Fox News, dans une grande salle où les deux hommes étaient assis face à face dans des fauteuils blancs.

"Mais maintenant ils semblent se rendre compte que c'est difficile à réaliser, voire même impossible. A mon avis, c'est impossible par définition. Ça n'arrivera jamais. Il me semble que maintenant, ceux qui sont au pouvoir en Occident en sont également conscients", a ajouté celui qui a lancé l'invasion de l'Ukraine en février 2022.

"Si cette réalisation a été bien comprise, ils doivent réfléchir à la suite. Nous sommes prêts à ce dialogue", a-t-il assuré. Les propos du maître du Kremlin, qui s'exprimait en russe, étaient doublés en anglais.

Vladimir Poutine a en outre affirmé qu'il était possible de trouver un accord pour la libération du journaliste américain Evan Gershkovich, détenu en Russie depuis presque un an.

"Je crois qu'un accord peut être conclu", a-t-il dit. "Il n'y a pas de tabou pour régler cette question. Nous sommes prêts à la résoudre mais certains termes sont en train d'être discutés via des canaux des services spéciaux."

« Pas question »

Le président russe, dont cette interview est la première qu'il a accordée à un journaliste occidental depuis le conflit en Ukraine, a aussi dit exclure une invasion de la Pologne ou de la Lettonie.

"Pouvez-vous imaginer un scénario dans lequel vous envoyez des troupes russes en Pologne?", lui a demandé Tucker Carlson, un proche de l'ex-président américain Donald Trump.

"Seulement dans un cas de figure, si la Pologne attaque la Russie", a répondu M. Poutine.

"Nous n'avons pas d'intérêts en Pologne, en Lettonie ou ailleurs. Pourquoi ferions-nous cela? Nous n'avons tout simplement aucun intérêt (...). Il n'en est pas question", a-t-il ajouté.

Le président russe a en outre affirmé que l'élection d'un nouveau président américain, prévue pour le 5 novembre et qui devrait opposer le républicain Donald Trump au démocrate Joe Biden, ne changerait pas les relations entre les Etats-Unis et la Russie.

"Vous venez de me demander si quelque chose changerait si un autre dirigeant arrivait. Ce n'est pas une question de qui est le dirigeant, de la personnalité d'une personne en particulier", a affirmé M. Poutine.

Donald Trump comme Vladimir Poutine ne tarissent pas d'éloges l'un sur l'autre. M. Trump s'est vanté, sans plus de précisions, de pouvoir résoudre la guerre en Ukraine en 24 heures s'il était réélu.

Le président Biden, lui, a qualifié son homologue russe de criminel de guerre, et affiche un soutien inébranlable à Kiev.

Tucker Carlson a annoncé en grande pompe cette semaine qu'il interviewait Vladimir Poutine.

Les médias d'Etat russes ont abondamment couvert la visite du présentateur, publiant notamment des photos de lui à l'aéroport et au célèbre théâtre du Bolchoï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com