L'UE approuve une aide financière cruciale à l'Ukraine, envoie un message à Poutine

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban (Photo, AFP).
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 02 février 2024

L'UE approuve une aide financière cruciale à l'Ukraine, envoie un message à Poutine

  • Les dirigeants européens ont trouvé un accord jeudi sur une aide de 50 milliards d'euros pour l'Ukraine, jusque là bloquée par le Premier ministre hongrois Viktor Orban
  • «La Russie ne peut pas compter sur une quelconque fatigue des Européens dans leur soutien à l'Ukraine», a assuré le président français Emmanuel Macron

BRUXELLES: Les dirigeants européens ont trouvé un accord jeudi sur une aide de 50 milliards d'euros pour l'Ukraine, jusque là bloquée par le Premier ministre hongrois Viktor Orban, remerciés pas le président Volodymyr Zelensky qui y voit un "signal clair" à la Russie.

"La Russie ne peut pas compter sur une quelconque fatigue des Européens dans leur soutien à l'Ukraine", a assuré le président français Emmanuel Macron. C'est un "message très fort" envoyé au président russe Vladimir Poutine, a commenté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

C'est aussi un signal envoyé aux Etats-Unis, où une nouvelle enveloppe budgétaire pour l'Ukraine est actuellement bloquée au Congrès. "J'espère que (cela) aidera à faciliter les choses" pour que le président américain Joe Biden puisse faire passer son plan d'aide à ce pays en guerre, a déclaré le chancelier allemand Olaf Scholz.

De fait, Joe Biden a rapidement remercié Ursula von der Leyen "et l'Union européenne de cette importante enveloppe financière (...) qui fera beaucoup pour aider l'Ukraine au moment où elle continue à se battre contre l'agression russe", a indiqué à la presse un porte-parole de l'exécutif américain, John Kirby

Kiev a désespérément besoin de l'aide occidentale pour maintenir à flot son économie, près de deux ans après le début de l'invasion de ce pays par la Russie.

A Bruxelles, où les dirigeants européens étaient réunis en sommet extraordinaire pour sortir du blocage suscité par le veto de Viktor Orban -- seul parmi les Vingt-Sept à avoir maintenu des liens étroits avec Moscou --, le suspense aura finalement été de courte durée.

"Nous avons un accord", a clamé le président du Conseil européen Charles Michel sur X dès le début de la réunion dans la matinée. Cela "garantit un financement stable, prévisible et à long terme pour l'Ukraine", s'est-il félicité.

«Forte unité»

Cette décision "prouve une fois de plus la forte unité de l'UE", s'est aussitôt réjoui le président Zelensky, qui s'est adressé aux Vingt-Sept par visioconférence.

"Aujourd'hui l'UE a pris une décision attendue de longue date", a-til précisé dans la soirée dans son message quotidien. "Il s'agit d'un message clair à Moscou, l'Europe va résister et l'Europe ne sera pas brisée".

L'aide destinée à l'Ukraine (33 milliards de prêts et 17 milliards de dons sur quatre ans) est incluse dans une rallonge au budget de l'UE jusqu'en 2027. Ce budget européen révisé sera voté plus tard dans le mois au Parlement européen.

Pour garantir le ralliement de Viktor Orban, le sommet avait été précédé d'un ballet diplomatique. Des rencontres bilatérales dès mercredi soir avec le président français Emmanuel Macron et la cheffe de gouvernement italien Giorgia Meloni.

Puis une réunion jeudi matin rassemblant, outre ces trois dirigeants, Olaf Scholz, Ursula von der Leyen et Charles Michel.

Le compromis trouvé jeudi prévoit que soit rédigé chaque année un rapport de la Commission européenne sur l'utilisation des fonds par l'Ukraine, et la possibilité pour les dirigeants dans deux ans, si besoin et à l'unanimité, de demander un réexamen de l'aide.

La Hongrie réclamait de pouvoir procéder à une révision annuelle de ce soutien mais les autres pays de l'UE ne voulaient surtout pas lui donner de telles occasions réitérées d'opposer son veto.

Orban "a lâché du lest (...) il a vu qu'il y avait de l'irritation, qu'il y avait une limite à ne pas franchir", a commenté un diplomate européen sous couvert d'anonymat.

«Mission accomplie»

Mais l'intéressé a affiché sa satisfaction: "Mission accomplie", a-t-il affirmé sur X, précisant avoir reçu des "garanties" que les fonds destinés à la Hongrie et actuellement gelés par l'UE n'iraient pas à l'Ukraine. "Et notre position sur l'Ukraine reste la même: nous avons besoin d'un cessez-le-feu et de pourparlers de paix", a-t-il ajouté.

Le dirigeant hongrois avait suscité la colère et l'exaspération de ses homologues réunis en décembre dernier en s'opposant à ce soutien financier. Il a été accusé à Bruxelles de faire du chantage à l'UE pour obtenir le déblocage de fonds européens destinés à son pays mais gelés par la Commission européenne en raison des manquements à l'État de droit reprochés à Budapest.

En décembre, la Commission avait débloqué quelque 10 milliards d'euros, mettant en avant des réformes entreprises par Budapest pour améliorer l'indépendance de ses juges.

Mais plus de 20 milliards de fonds européens sont toujours retenus, en raison d'inquiétudes de Bruxelles portant notamment sur le respect des droits des personnes LGBT+, de la liberté académique et du droit d'asile en Hongrie. Ces fonds comprennent notamment ceux du plan de relance post-Covid.

Viktor Orban accuse régulièrement la Commission d'avoir des motivations politiques, et le texte de compromis de jeudi insiste sur le caractère "objectif, juste et impartial" de toute décision de l'UE sur ces fonds.

A la question de savoir si Viktor Orban avait obtenu des promesses sur un déblocage de cet argent, Ursula von der Leyen a répondu "c'est simple: non".

A côté de la question du soutien budgétaire à l'Ukraine, le sommet a également discuté d'une aide militaire supplémentaire.

"Nous voulions discuter de la question de savoir si chaque Etat membre en faisait assez. A mon avis, tous les Etats membres n'en font pas assez", a commenté Olaf Scholz.

La réunion des 27 s'est tenue sur fond de forte mobilisation du monde agricole: plus d'un millier de tracteurs avaient pour l'occasion envahi les rues de Bruxelles, jusqu'au Parlement européen, aux abords des lieux du sommet.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.