Jeux de Paris 2024: les médailles olympiques contiennent un peu de Paris

5 084 des 15 500 athlètes venus du monde entier recevront ces objets précieux créés dans les ateliers de la maison Chaumet. (AFP)
5 084 des 15 500 athlètes venus du monde entier recevront ces objets précieux créés dans les ateliers de la maison Chaumet. (AFP)
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Publié le Vendredi 09 février 2024

Jeux de Paris 2024: les médailles olympiques contiennent un peu de Paris

  • Cent ans après l’édition de Paris 1924, la capitale française s’apprête à revivre pour la troisième fois de son histoire l’accueil des Jeux sur son sol
  • Mondialement réputée pour son savoir-faire, la maison Chaumet a travaillé la médaille comme un véritable bijou

PARIS: Cent ans après l’édition de Paris 1924, la capitale française s’apprête à revivre pour la troisième fois de son histoire l’accueil des Jeux sur son sol. À cette occasion, elle organisera pour la première fois les Jeux paralympiques d’été.

Paris a dévoilé les médailles des prochains Jeux 2024. 5 084 des 15 500 athlètes venus du monde entier recevront ces objets précieux créés dans les ateliers de la maison Chaumet. Particularité sublime, chacune d’elles comporte un authentique morceau du plus mythique des monuments de Paris: la tour Eiffel.

Pour assurer la conception du design des précieuses récompenses, qu’elles soient en or, en argent ou en bronze, la maison parisienne de la place Vendôme, l’un des fleurons de la haute joaillerie française depuis sa fondation, en 1780, et l’une des marques de l’entreprise de luxe LVMH, a accepté de relever le défi.

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Le président français du comité d'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 (Cojo) Tony Estanguet (à gauche) et le PDG de LVMH Holding Company Antoine Arnault posent à côté des médailles olympiques (à gauche) et paralympiques lors du dévoilement des médailles olympiques et paralympiques de les Jeux Olympiques de Paris 2024, à Paris le 8 février 2024. (AFP)

 

EN BREF

En signant avec le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) un contrat de sponsor de 150 millions d’euros, le groupe de luxe de Bernard Arnault s’est assuré que certaines de ses grandes maisons, telles Louis Vuitton, Dior et Berluti, seraient mises à contribution pour habiller les sportifs français.

L’hexagone, le rayonnement et le sertissage

Mondialement réputée pour son savoir-faire, la maison Chaumet a travaillé la médaille comme un véritable bijou avec un design imaginé autour de trois inspirations: l’hexagone, le rayonnement et le sertissage. 

«Chaumet a créé l’épée du sacre de Napoléon [en 1804], la tiare du pape Pie VII, mais une médaille olympique, jamais! Pour nous, cela fera date», se réjouit Benoît Verhulle, chef d’atelier depuis 2017.

Le fer d’origine de la tour Eiffel est taillé en hexagone, la forme géométrique de la France. Dénué de sa peinture «brun tour Eiffel», il retrouve sa couleur d’origine. Placé au centre et frappé de l’emblème des Jeux de Paris 2024, ce morceau de patrimoine s’intègre parfaitement au milieu des trois matériaux.

en bref

Construite entre 1887 et 1889, la Dame de fer a fait l’objet de campagnes de rénovation depuis. Certains éléments métalliques ont ainsi été définitivement retirés et précieusement conservés. 

«Ces plaques étaient stockées en un lieu secret pour pallier d’éventuelles réparations du monument. Il a d’abord fallu les faire décaper et déplomber, avant de faire des essais», explique Joachim Roncin, directeur du design de Paris 2024.

 

Toujours sur la même face de la médaille, de fines lignes se projettent à intervalles réguliers tout autour de l’hexagone de fer. Frappés plutôt que gravés, ces rayons apportent relief et éclat à cette médaille loin d’être lisse. L’hexagone est en effet lié à la médaille par six appendices de métal répartis à ses six coins pour enfermer le morceau de fer.

Clémentine Massonnat, responsable du design de la maison Chaumet, a ainsi résumé la puissance du message transmis: «Qu’elles soient d’or, de bronze ou d’argent ne suffisait pas: il fallait que les médailles soient de Paris.»

Une face commune 

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Le président français du Comité d'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 (Cojop), Tony Estanguet, se tient lors du dévoilement des médailles olympiques et paralympiques des Jeux Olympiques de Paris 2024, à Paris le 8 février 2024. (AFP)

Les médailles des Jeux olympiques et paralympiques auront une face commune, avec cet hexagone en acier où est gravé le visage de Marianne mêlé à la flamme, emblème des Jeux, déposé sur des rayons asymétriques. 

L’autre face de la médaille olympique raconte, comme pour chaque édition, la renaissance des Jeux en Grèce. Figure traditionnelle des médailles depuis 2004, la déesse de la victoire, Athéna Nikè, est représentée au premier plan, sortant du Stade panathénaïque, là où les Jeux olympiques ont connu leur renouveau, en 1896. Autre figure incontournable de l’avers des médailles olympiques, l’Acropole est elle aussi dessinée et, pour la première fois, accompagnée de la tour Eiffel.

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Les médailles paralympiques lors du dévoilement des médailles olympiques et paralympiques des Jeux Olympiques de Paris 2024. (AFP)

L’autre face de la médaille paralympique incarne pleinement l’illustration des choix créatifs de Paris 2024 et de Chaumet. Pour permettre aux athlètes en situation de handicap visuel de distinguer les trois métaux au toucher, des traits sont gravés sur la tranche de la médaille remportée : un pour l’or, deux pour l’argent et trois pour le bronze.

Le ruban des médailles sera orné des croisillons de la tour Eiffel. Celui des récompenses olympiques sera d’un bleu sobre, alors que celui des médailles paralympiques se distinguera par son rouge profond, mélange des deux premières robes de la tour Eiffel, «rouge Venise» et «brun rouge».


Diriyah lance son marché du Ramadan

Les kiosques variés proposeront des spécialités traditionnelles et contemporaines du Ramadan. (AN Photo/Lama Alhamawi)
Les kiosques variés proposeront des spécialités traditionnelles et contemporaines du Ramadan. (AN Photo/Lama Alhamawi)
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  • Le marché du Ramadan JAX débute aujourd’hui au JAX District, proposant gastronomie, culture et activités créatives jusqu’au 7 mars
  • La Biennale d’art contemporain 2026 enrichit l’événement avec expositions, ateliers et expériences artistiques immersives

RIYAD : Le marché du Ramadan JAX de la Diriyah Biennale Foundation ouvre aujourd’hui et se poursuivra jusqu’au 7 mars.

Le marché réunit des cuisines locales, une programmation culturelle et des activités créatives, offrant aux visiteurs une expérience authentique dans une atmosphère célébrant l’esprit du mois sacré du Ramadan.

L’allée principale accueille des kiosques de vendeurs ainsi que des espaces dédiés à la restauration et aux boissons, en plus de zones spécialement aménagées pour la photographie et la détente.

Les kiosques variés proposent des plats traditionnels et contemporains du Ramadan, notamment le jareesh, le saleeg, les luqaimat, le mutabbaq et les samboosas, ainsi que des boissons, des jus frais, des douceurs et des dattes.

Pendant dix jours, le marché propose également un programme culturel interactif destiné aux visiteurs de tous âges, comprenant des séances de contes, des jeux traditionnels et des démonstrations d’art du henné.

Les kiosques commerciaux présentent une sélection soignée de prêt-à-porter, d’accessoires, de produits de beauté et d’idées cadeaux.

Le marché anime les espaces publics du JAX District avec un skatepark accueillant compétitions, performances et cours collectifs, ainsi que des ateliers de design et des sessions interactives mêlant culture urbaine et art contemporain.

Les visiteurs ont également l’occasion de découvrir la Diriyah Contemporary Art Biennale 2026, intitulée « In Interludes and Transitions », et d’explorer les galeries environnantes, les espaces d’exposition et les ateliers ouverts de certains des artistes les plus en vue d’Arabie saoudite.

Le marché du Ramadan JAX se présente comme un quartier vivant et ouvert, dédié à l’engagement culturel et aux expériences interactives qui intègrent la créativité dans la vie quotidienne.

Le marché est ouvert tous les jours de 20 h à 2 h du matin.

La Biennale d’art contemporain de Diriyah est ouverte jusqu’à 1 h du matin.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président du Château de Versailles nommé à la tête du Louvre en crise

Christophe Leribault, président du domaine du Château de Versailles, pose lors d’une visite de presse des infrastructures des sites des Jeux olympiques et paralympiques de Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 à Versailles, le 29 mars 2024.
Christophe Leribault, président du domaine du Château de Versailles, pose lors d’une visite de presse des infrastructures des sites des Jeux olympiques et paralympiques de Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 à Versailles, le 29 mars 2024.
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  • Christophe Leribault prend la tête du Musée du Louvre après la démission de Laurence des Cars, fragilisée par le vol spectaculaire des joyaux de la Couronne et une crise sociale persistante
  • Défis majeurs à relever : sécurisation et modernisation du musée, restauration du dialogue social, gestion de la surfréquentation et pilotage du projet « Louvre Nouvelle Renaissance » annoncé par Emmanuel Macron

PARIS: Le musée parisien du Louvre change de tête: au lendemain de la démission de Laurence des Cars, Christophe Leribault, président du château de Versailles, a pris mercredi la tête du musée le plus visité au monde, dans la tourmente depuis le spectaculaire cambriolage du 19 octobre.

Ce conservateur général du patrimoine de 62 ans a été nommé à la présidence du Louvre en Conseil des ministres.

Il "aura à conduire des chantiers majeurs pour l'avenir de l'institution" comme  "la sécurisation et la modernisation", a déclaré la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Il devra également "restaurer un climat de confiance", a ajouté le ministère de la Culture, son autorité de tutelle.

Cet historien d'art arrive au Louvre dans un climat très lourd.

Sa présidente depuis fin 2021, Laurence des Cars, a démissionné mardi, emportée par les dysfonctionnements mis au jour par le vol de joyaux de la Couronne et la grève perlée des personnels qui grippe le musée parisien depuis la mi-décembre.

Dans ce contexte, Christophe Leribault aura pour mission de "sécuriser" et "moderniser" le musée, a indiqué la source.

Pour cela, le nouveau patron pourra s'appuyer sur sa forte expérience de la gestion d'institutions culturelles: avant Versailles, il a dirigé plusieurs musées parisiens, notamment le Petit Palais et le musée d'Orsay.

"Tenir la barre ne suffit pas. Il faut aussi pouvoir avancer. Et les conditions pour avancer ne sont plus réunies", a déclaré au quotidien Le Figaro Mme des Cars, à qui M. Leribault avait déjà succédé à la tête du musée d'Orsay fin 2021.

La pression était devenue trop forte pour la dirigeante, mise en très grande difficulté par une série de rapports ayant pointé la "sous-estimation chronique" des risques de vol au Louvre, l'obsolescence des dispositifs de sûreté et la priorisation donnée à des "opérations visibles et attractives" au détriment de la sécurité.

Laurence des Cars avait également dû admettre n'avoir découvert qu'après le cambriolage l'existence d'un audit alarmant sur la vulnérabilité de la galerie Apollon, dans laquelle les cambrioleurs se sont introduits en plein jour le 19 octobre pour s'emparer de huit bijoux d'une valeur de 88 millions d'euros.

- "Nouveau chapitre" -

Selon le ministère de la Culture, le départ de Laurence des Cars, effectif dès mercredi, "permettra au musée d'ouvrir un nouveau chapitre de son histoire".

Miné par la surfréquentation (quelque neuf millions de visiteurs par an) et des équipements vieillissants, le musée est par ailleurs confronté depuis la mi-décembre au plus long conflit social de son histoire.

Dénonçant leurs conditions de travail et l'absence de dialogue social, les personnels mènent une grève perlée qui a contraint le musée à rester fermé à quatre reprises, occasionnant quelque deux millions d'euros de pertes de recettes.

"On a besoin d'un apaisement social", a déclaré à l'AFP la déléguée CFDT au Louvre Valérie Baud, assurant que les discussions avec l'ancienne direction étaient dans "l'impasse".

Le nouveau patron du Louvre devra notamment s'attaquer à la gouvernance du Louvre, devenu un "Etat dans l'Etat" selon le député Alexandre Portier, qui préside une commission d'enquête sur la sécurité des musées.

L'exécutif se tourne vers le projet "Louvre Nouvelle Renaissance", le colossal chantier annoncé par Emmanuel Macron début janvier 2025, qui doit permettre de rénover le bâtiment existant et créer une nouvelle entrée et une nouvelle salle pour la Joconde.

Evalué à plus d'un milliard d'euros et contesté par les syndicats, ce projet a connu un récent revers avec le report sine die de la désignation du groupement d'architectes en charge d'une partie du chantier.


A l'IMA, Plongée dans l’histoire de Byblos, premier grand port international du monde antique

L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C. (IMA)
L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C. (IMA)
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  • Bien avant l’essor des grandes puissances antiques, Byblos reliait déjà la côte libanaise à l’Égypte, à la Mésopotamie et au monde égéen
  • Dès 3200 av. J.-C., elle s’impose comme l’un des principaux ports de la Méditerranée — un statut qu’elle conservera plus de deux mille ans

PARIS: Au cœur d’une exposition exceptionnelle, la cité millénaire de Byblos révèle son rôle fondateur dans l’histoire de la Méditerranée, entre commerce, diplomatie et naissance de l’écriture. Présentée à l’Institut du monde arabe, en partenariat avec la Direction Générale des Antiquités du Liban, avec la collaboration du musée du Louvre et sur une idée originale du musée des Antiquités de Leiden, cette manifestation retrace près de neuf millénaires d’histoire urbaine continue.

Une cité fondatrice du monde méditerranéen

Bien avant l’essor des grandes puissances antiques, Byblos reliait déjà la côte libanaise à l’Égypte, à la Mésopotamie et au monde égéen. Dès 3200 av. J.-C., elle s’impose comme l’un des principaux ports de la Méditerranée — un statut qu’elle conservera plus de deux mille ans. Cette position stratégique s’explique notamment par ses liens privilégiés avec les pharaons, fondés sur le commerce du cèdre, ressource précieuse recherchée pour la construction navale, les temples et les rites funéraires.

Implantée sur un promontoire dominant la mer, à quarante kilomètres au nord de Beyrouth, la ville constitue aujourd’hui l’un des plus anciens sites habités sans interruption au monde. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle témoigne d’une évolution urbaine allant d’un village de pêcheurs né il y a plus de 9000 ans à une cité-État prospère de l’âge du Bronze.

400 trésors pour raconter une civilisation

L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C.

Plusieurs objets témoignent de l’influence directe de l’Égypte, certains ayant même été offerts par les pharaons Amenemhat III et Amenemhat IV. Les dépôts votifs du Temple aux Obélisques révèlent quant à eux un univers religieux foisonnant, peuplé de figurines en bronze parfois dorées, de haches rituelles et de poignards cérémoniels.

Une découverte archéologique majeure

Moment fort du parcours : la présentation des découvertes récentes issues des fouilles menées depuis 2019. Les archéologues ont mis au jour une nécropole intacte datant d’environ 1800 av. J.-C., appartenant à l’élite de la cité — une trouvaille exceptionnelle dans la région. Ces artefacts bouleversent déjà la compréhension des structures sociales et économiques de cette puissance maritime antique.

IMA

Le site, exploré dès le XIXe siècle par l’érudit français Ernest Renan, continue ainsi de livrer ses secrets, confirmant que Byblos n’est pas seulement un vestige du passé, mais un laboratoire vivant de l’histoire méditerranéenne.

Une épopée toujours vivante

Au-delà de l’Antiquité, le parcours met également en lumière les périodes phénicienne, hellénistique, romaine et médiévale, jusqu’aux habitants actuels qui perpétuent la vie au cœur de la vieille ville. Cette continuité humaine fait de Byblos un rare exemple de cité où l’histoire ne s’est jamais interrompue.

Entre archéologie spectaculaire et récit civilisationnel, l’exposition offre ainsi une immersion dans l’une des plus anciennes aventures urbaines de l’humanité — celle d’une ville qui, bien avant les routes maritimes modernes, avait déjà fait de la Méditerranée un espace d’échanges, de cultures et d’idées.