La Hongrie se détourne du vaccin russe mais critique l'UE

Passagers masqués dans le tramway ''Lighttram'' qui traverse le centre-ville de Budapest le 29 décembre 2020, dans un contexte de pandémie. (Attila Kisbenedek / AFP)
Passagers masqués dans le tramway ''Lighttram'' qui traverse le centre-ville de Budapest le 29 décembre 2020, dans un contexte de pandémie. (Attila Kisbenedek / AFP)
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Publié le Dimanche 03 janvier 2021

La Hongrie se détourne du vaccin russe mais critique l'UE

  • Habitué des tensions avec Bruxelles, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a dépêché des experts pour surveiller le développement de vaccins en Russie et en Chine
  • "Nous savons que le vaccin russe est bon, mais il n'y en a pas assez et il n'y en aura probablement pas assez à l'avenir au vu des capacités de production limitées", a déclaré M.Orban

BUDAPEST : La Hongrie a peu de chances de recourir au vaccin russe contre le nouveau coronavirus étant donné les capacités de production limitées pour le Spoutnik V, a déclaré dimanche le Premier ministre hongrois Viktor Orban, tout en critiquant l'approche de l'Union européenne sur l'acquisition de vaccins.

Habitué des tensions avec Bruxelles, M. Orban a dépêché des experts pour surveiller le développement de vaccins en Russie et en Chine, et reçu des échantillons du vaccin russe Spoutnik V.

"Nous savons que le vaccin russe est bon, mais il n'y en a pas assez et il n'y en aura probablement pas assez à l'avenir au vu des capacités de production limitées", a indiqué dimanche M. Orban dans un entretien accordé à la radio publique hongroise.

Comparé à Spoutnik V, "le (vaccin) chinois est plus prometteur, il semble qu'il sera disponible plus tôt et en plus grande quantité", a dit le Premier ministre.

"Idéalement, vous serez à même de choisir si vous voulez vous faire vacciner avec un vaccin occidental ou un vaccin chinois", a-t-il ajouté.

En novembre, la Hongrie s'était vantée d'être le premier pays européen à recevoir des échantillons de test du vaccin russe.

La Commission européenne avait alors lancé une mise en garde à Budapest, rappelant qu'"un vaccin ne pourrait obtenir une autorisation de commercialisation qu'après une étude approfondie" par le régulateur, l'Agence européenne des médicaments (EMA). 

Des experts occidentaux et russes ont fait part de leurs inquiétudes concernant Spoutnik V, développé avec le soutien de l'appareil d'Etat et homologué en Russie dès l'été, avant même les essais cliniques à grande échelle.

La communauté internationale, surtout occidentale, y a vu la volonté de Moscou d'étendre son influence dans le monde.

Viktor Orban s'est aussi dit dimanche "pas satisfait du rythme" d'acquisition des vaccins par l'Union européenne.

"Il y avait des fabricants dont les produits étaient disponibles plus tôt au Canada, au Royaume-Uni et en Israël que par exemple dans l'UE", a-t-il regretté. 

"Mais c'est le travail de Bruxelles, ils s'en occupent", a-t-il ajouté. 

"Nous nous occupons du réseau de contact dans l'Est, car Bruxelles ne le fait pas", a-t-il affirmé. 

Souvent en désaccord avec Bruxelles qui l'accuse de saper les valeurs démocratiques, le gouvernement hongrois s'est une nouvelle fois distingué en débutant la campagne de vaccination un jour plus tôt que prévu dans l'ensemble de l'Union européenne.

Après avoir reçu sa première livraison du vaccin contre le coronavirus Pfizer-BioNTech de fabrication belge le 26 décembre, il avait immédiatement commencé à administrer le vaccin, contournant le début conjoint de l'UE qui avait commencé un jour plus tard.

 


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.