Pakistan: Accord de coalition gouvernementale sans les partisans d'Imran Khan

Le président du Parti du peuple pakistanais (PPP), Bilawal Bhutto Zardar (au centre), s'exprime lors d'une conférence de presse à Islamabad, le 13 février 2024 (Photo, AFP).
Le président du Parti du peuple pakistanais (PPP), Bilawal Bhutto Zardar (au centre), s'exprime lors d'une conférence de presse à Islamabad, le 13 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 14 février 2024

Pakistan: Accord de coalition gouvernementale sans les partisans d'Imran Khan

  • La Ligue musulmane du Pakistan (PML-N) de Nawaz Sharif, réputée être soutenue par l'armée, va faire coalition avec le Parti du peuple pakistanais (PPP) de Bilawal Bhutto Zardari, et une poignée de petits partis
  • L'annonce a été le point culminant d'une journée de négociations en coulisses et à rebondissements

ISLAMABAD: Les deux partis pakistanais qui s'étaient unis pour évincer Imran Khan du poste de Premier ministre en 2022 ont annoncé mardi un accord pour gouverner ensemble, alors que les élections du 8 février n'avaient dégagé aucun vainqueur clair.

La Ligue musulmane du Pakistan (PML-N) de Nawaz Sharif, réputée être soutenue par l'armée, va faire coalition avec le Parti du peuple pakistanais (PPP) de Bilawal Bhutto Zardari, et une poignée de petits partis.

"Les partis présents ici représentent près des deux tiers de la Chambre élue", a déclaré Shehbaz Sharif, le président du PML-N et frère de Nawaz, aux côtés des dirigeants du PPP et de deux autres groupes.

L'annonce a été le point culminant d'une journée de négociations en coulisses et à rebondissements, le PPP ayant démenti un temps être prêt à s'unir au PML-N, peut-être pour faire monter les enchères.

La coalition se fait donc sans les partisans d'Imran Khan, pourtant arrivés en tête du scrutin (90 sièges sur les 266 en jeu), alors que son parti le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) avait subi une répression ayant contraint ses candidats à se présenter en indépendants.

Dans son discours, Shehbaz Sharif leur a néanmoins tendu la main, disant la coalition prête à discuter avec Imran Khan pour inclure le PTI dans le prochain gouvernement.

"Oubliez et pardonnez, pardonnez et oubliez. Venez, unissons-nous pour le bien du pays", a-t-il déclaré. "Sacrifiez vos intérêts personnels, mettez de côté la question de l'ego".

Mais plus tôt, Imran Khan, actuellement emprisonné, avait lui écarté toute participation du PTI à une coalition.

"Nous ne siégerons ni avec le PML-N ni avec le PPP", a-t-il déclaré à quelques journalistes lors d'une audience de procédure dans la prison d'Adiala, près d'Islamabad, où il est incarcéré quasiment depuis son arrestation en août.

Questions encore sans réponses 

La conférence de presse du PML-N et du PPP a laissé nombre de questions sans réponses, en particulier les détenteurs des principaux maroquins du futur gouvernement, ce qui laisse augurer encore de longues tractations.

Shehbaz Sharif, Premier ministre du dernier gouvernement avant la dissolution de l'Assemblée, a dit souhaiter que son frère aîné Nawaz, trois fois Premier ministre, revienne au pouvoir.

Mais le principal porte-parole du PML-N, Marriyum Aurangzeb, a déclaré plus tard sur X que le jeune Sharif dirigerait l'exécutif.

"Nous avons décidé aujourd'hui de nous réunir et de former un gouvernement pour sortir le Pakistan des difficultés", a dit pour sa part pendant la conférence de presse Asif Ali Zardari, coprésident du PPP et ancien président du Pakistan.

Son fils Bilawal Bhutto Zardari avait lui déclaré plus tôt qu'il verrait bien son père redevenir président, ce qui pourrait être un des éléments des négociations à venir.

De multiples soupçons de manipulation ont accompagné les élections législatives et provinciales du 8 février, notamment du fait de la coupure des services de téléphonie et d'internet mobiles le jour du scrutin, et de la lenteur du décompte des résultats.

"Nous allons contester le trucage des élections devant la Cour suprême du Pakistan et nous examinerons l'alliance plus tard", a déclaré Imran Khan mardi.

Son parti affirme qu'il aurait remporté encore plus de sièges sans ces fraudes présumées.

L'ancien joueur vedette de cricket n'a pas pu se présenter le 8 février, car il a été condamné peu avant à de longues peines de prison pour trahison, corruption et mariage non islamique.

Après son éviction en 2022, il a défié de front l'armée, qui a dirigé le pays pendant des décennies et était pourtant présumée l'avoir soutenu lors de son élection en 2018.

Il l'a accusée d'avoir orchestré sa chute et lui a attribué ses ennuis judiciaires, destinés selon lui à l'empêcher de revenir au pouvoir.


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.