Les sociétés de sécurité privée veulent saisir leur chance aux Jeux

Cette photo prise le 14 août 2023 montre l'entrée du siège du Cojo de Paris 2024 à Saint-Denis, au nord de Paris. (Photo de BERTRAND GUAY / AFP)
Cette photo prise le 14 août 2023 montre l'entrée du siège du Cojo de Paris 2024 à Saint-Denis, au nord de Paris. (Photo de BERTRAND GUAY / AFP)
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Publié le Mercredi 14 février 2024

Les sociétés de sécurité privée veulent saisir leur chance aux Jeux

  • Le groupe BSL - 950 salariés - s'est positionné sur les sites olympiques du Grand palais et du pont Alexandre III, uniquement pour des missions de sécurité incendie
  • Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris devraient mobiliser entre 17 000 et 22 000 agents de sécurité privée selon les jours

PARIS: Plusieurs dizaines d'entreprises de sécurité privée se sont lancées dans l'aventure olympique, confiante malgré des inquiétudes face aux difficultés à recruter: "on va vivre beaucoup de problèmes mais on va réussir", veut croire un de leurs dirigeants.

Les Jeux olympiques (26 juillet - 11 août) et paralympiques (28 août - 8 septembre) de Paris devraient mobiliser entre 17.000 et 22.000 agents de sécurité privée selon les jours.

Il va donc falloir recruter: la Fédération française de la sécurité privée (FFSP) a identifié un besoin de 20 000 agents pour compléter les quelque 180 000 effectifs actuels.

Un effort considérable pour un secteur qui a beaucoup souffert du Covid-19, de nombreux agents ayant quitté le métier et obligé les sociétés à renouveler leur base d'effectifs au sortir de la crise sanitaire.

A ces difficultés s'ajoutent le manque d'attractivité d'un travail payé au Smic et une nouvelle contrainte.

La loi "sécurité globale" de mai 2021 a en effet introduit une condition supplémentaire à la délivrance d'une carte professionnelle aux demandeurs étrangers: être titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour. Le vivier s'est alors tari.

La situation est tendue, mais elle n'a pas fait hésiter la société Gest'n Sport, pour qui "être sur les JO était une évidence".

"La seule compétition qui nous manque au CV, c'est les Jeux !", lance Audrey Chagnas, cheffe de projet pour les JO dans cette entreprise de 2.000 agents spécialisée dans la sécurité événementielle.

Satisfaite des campagnes de formation et de recrutement lancées par France Travail (ex-pôle emploi), le Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) et d'autres acteurs régionaux, Audrey Chagnas n'est pas "particulièrement inquiète" pour les 1.200 agents qu'elles devra fournir chaque jour pendant les Jeux, même si elle reconnaît que le manque d'effectifs "est une possibilité".

«Turn-over»

"On aura tous des comptes à rendre à la fin, donc l'intérêt c'est que tout le monde travaille ensemble", explique celle qui a postulé pour assurer la sécurité de la pelouse au Stade de France (environ 110 agents), parmi une quinzaine de missions.

La cheffe de projet n'a qu'un leitmotiv: recruter. "Il y a un turn-over chez les agents et tout le monde n'est pas toujours disponible", souligne-t-elle après un forum à la Chambre de commerce de Seine-Saint-Denis, à Bobigny, où elle a rencontré 120 agents. "Soixante-dix devraient se présenter à l'entretien", projette-t-elle.

Très peu présent dans l'événementiel, le groupe BSL - 950 salariés - s'est positionné sur les sites olympiques du Grand palais et du pont Alexandre III, uniquement pour des missions de sécurité incendie (environ 30 agents).

"Pour l'instant, on n'a pas d'inquiétude, on est début février", indique Richard Tranché, président de la holding du groupe BSL. Engagée sur les Jeux pour leur dimension "citoyenne", l'entreprise l'est aussi "clairement pour un côté marketing", décidée à vanter à ses futurs clients ses prestations pendant les JO.

BSL n'a cependant pas répondu à tous les appels d'offres, afin, comme plusieurs autres sociétés, de "se réserver pour ses clients habituels" comme la SNCF, précise M. Tranché.

"J'espère qu'ils (l'Etat) ont quand même prévu l'armée...", glisse-t-il avant de se rassurer: "Je suis sûr qu'ils ont un plan B et que dans ce plan B (...), s'il faut rajouter du monde, ils vont s'organiser".

Alors que l'ex-secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, qui siège au Cojo, parle d'une "opportunité ratée pour les JO" en pointant un "défaut d'anticipation", les sociétés de sécurité privée pensent déjà à l'après.

"Ça n'arrêtera pas de recruter, il n'y a pas une personne qui n'aura pas de travail après les Jeux", assure Loïc Duval, responsable chez Nouvel R Sécurité (150 salariés, deux missions pour les JO).

"Tout le monde est d'accord pour dire qu'on va essayer de garder cette dynamique", conclut-il.


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.


Macron convoque un nouveau conseil de défense mardi après-midi sur la situation au Moyen-Orient

Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron convoque un conseil de défense sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, dans un contexte de pressions de Donald Trump concernant la sécurisation du détroit d’Ormuz
  • Isaac Herzog appelle les pays européens à agir contre le Hezbollah, tandis que la France propose une médiation entre le Liban et Israël pour éviter une escalade régionale

PARIS: Le président Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mardi après-midi "sur la situation en Iran et au Moyen-Orient", a annoncé l'Elysée.

Ce nouveau conseil de défense réunissant les ministres et responsables chargés des questions de sécurité - le dernier remonte au 10 mars - intervient alors que Donald Trump fait pression sur la France pour qu'elle réponde positivement à sa demande d'aide pour la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Le président israélien Isaac Herzog a de son côté appelé lundi les pays européens à "soutenir tout effort visant à éradiquer" le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de l'Iran.

Il a aussi salué l'offre française de faciliter des discussions directes entre le Liban et Israël qui a lancé des frappes aériennes massives et des "opérations terrestres limitées" contre le Hezbollah.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël le 2 mars pour venger l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué deux jours plus tôt par une frappe israélienne à Téhéran.

Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris", afin d'empêcher que "le Liban ne sombre dans le chaos".

Israël a poursuivi mardi ses bombardements sur Téhéran et contre le Hezbollah pro-iranien dans la banlieue sud de Beyrouth, au 18e jour de la guerre au Moyen-Orient qui embrase aussi l'Irak, théâtre de nombreuses attaques.


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.