Zelensky va signer vendredi un accord de sécurité avec Macron et rencontrer Scholz à Berlin

Le président français Emmanuel Macron et le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky envisagent de signer un accord bilatéral de sécurité à l'Elysée le 16 février 2024 (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron et le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky envisagent de signer un accord bilatéral de sécurité à l'Elysée le 16 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 16 février 2024

Zelensky va signer vendredi un accord de sécurité avec Macron et rencontrer Scholz à Berlin

  • Le chancelier Olaf Scholz va recevoir le dirigeant ukrainien dans la matinée
  • Zelensky est ensuite attendu à Paris où un partenariat similaire sera signé en fin d'après-midi au Palais de l'Elysée

PARIS: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky va se rendre vendredi à Berlin puis Paris pour signer des accords de sécurité destinés à garantir à son pays un soutien militaire et financier de long terme, au moment où il peine à repousser l'agression russe.

Le chancelier Olaf Scholz va recevoir le dirigeant ukrainien dans la matinée. La signature de l'accord sera suivie d'une conférence de presse, a indiqué un porte-parole du gouvernement allemand.

Volodymyr Zelensky est ensuite attendu à Paris où un partenariat similaire sera signé en fin d'après-midi au Palais de l'Elysée. Son entrevue avec Emmanuel Macron sera suivie d'une conférence de presse commune et d'un dîner de travail.

Près de deux ans après le début de l'offensive russe, le 24 février 2022, "notre détermination (à soutenir l'Ukraine) est là, ne faiblit pas et ne faiblira", a martelé un conseiller du chef de l'Etat français.

"Nous sommes déterminés aussi à faire échec à ce pari que fait la Russie", qui "mise sur le temps long, sur notre lassitude", a-t-il insisté.

Ces accords font suite aux engagements qui avaient été pris en format G7 en marge du Sommet de l'Otan à Vilnius en juillet 2023.

Les dirigeants de l'Alliance atlantique n'avaient alors pas fixé de calendrier pour une adhésion de l'Ukraine, au grand dam de cette dernière, mais les pays du G7 s'étaient engagés à lui apporter un soutien militaire "sur le long terme" afin de l'aider à faire face à l'actuelle offensive russe et dissuader la Russie de toute attaque future contre son voisin.

«Guerre des chiffres»

Le Royaume-Uni a été le premier à conclure un tel accord à l'occasion d'une visite du Premier ministre Rishi Sunak à Kiev le 12 janvier. Les Etats membres de l'Union européenne n'avaient pas encore sauté le pas.

L'Ukraine poursuit des négociations avec les autres pays du G7, de l'Italie aux Etats-Unis. Vingt-cinq autres Etats se sont en outre joints à l'initiative du G7, de la Pologne à la Scandinavie.

L'accord signé entre Kiev et Paris portera sur le "soutien militaire dans la durée à l’Ukraine" ainsi que sur le "soutien économique et en matière d'assistance civile pour renforcer la résilience de l'Ukraine", a relevé l'Elysée, sans plus de précisions.

Son contenu sera rendu public pendant la conférence de presse, de même qu'une synthèse de l'aide militaire accordée par la France, régulièrement jugée très inférieure à celle de ses principaux partenaires, ce que conteste Paris.

"On n'est pas dans la guerre des chiffres. Tout ça n'est pas réductible à des chiffres", a souligné l'Elysée, mettant en avant "l'aspect qualitatif" du matériel livré (canons, missiles de longue portée Scalp, systèmes antiaériens Crotale, missiles sol-air A2SM etc.).

Concrètement, ces accords de sécurité peuvent porter sur l'octroi d'équipements militaires, interopérables avec ceux de l'Otan, la formation des forces ukrainiennes et le renforcement de l'industrie de défense de l'Ukraine.

Renforts d'artillerie 

Sur le terrain, la situation s'avère difficile pour les Ukrainiens qui manquent d'hommes, d'armes et de munitions, tandis qu'une nouvelle enveloppe d'aide américaine est bloquée au Congrès.

Dans ce contexte, Kiev presse l'UE d'augmenter ses livraisons d'obus d'artillerie et de "signer des contrats à long terme avec les entreprises" du secteur de la défense ukrainiennes.

Paris a été à l'origine en janvier de la mise en place d'une "coalition artillerie" visant à renforcer les capacités de l'Ukraine face à la Russie.

La France s'est dite prête à produire 78 canons Caesar en 2024 et début 2025 pour l'Ukraine, outre les 30 déjà livrés. Monté sur camion, le Caesar peut tirer des obus de 155 mm à 40 kilomètres de distance.

Olaf Scholz a de son côté donné lundi le premier coup de pioche en vue de la construction d'une nouvelle usine de fabrication d'obus de l'entreprise Rheinmetall qui compte produire, sur l'ensemble de ses sites en Europe, jusqu'à 700.000 obus d'artillerie par an en 2025, contre 400 à 500.000 cette année.

Il s'agit de la troisième visite du président ukrainien dans la capitale française depuis le début de la guerre, après celles de février et mai 2023.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.


Rubio réaffirme que Washington n'acceptera pas de péage ou frais sur le détroit d'Ormuz

US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
  • Le secrétaire d'État américain Marco Rubio entame une tournée dans le Golfe en rencontrant les dirigeants des Émirats arabes unis, du Koweït et de Bahreïn afin de discuter de l'accord États-Unis–Iran et de la sécurité régionale
  • Les pays du Golfe, fortement touchés par les représailles iraniennes durant le récent conflit, s'interrogent sur la fiabilité du soutien américain malgré leurs relations étroites avec Donald Trump et leurs importants investissements aux États-Unis

ABOU DHABI: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'entretient mercredi avec les autorités des Emirats arabes unis, au premier jour d'une tournée auprès de pays alliés du Golfe fragilisés par le conflit au Moyen-Orient.

Arrivé la veille au soir à Abou Dhabi, M. Rubio doit voir à huis clos le président émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane.

S'exprimant devant la presse mardi soir, le chef de la diplomatie américaine avait indiqué vouloir parler avec les dirigeants des pays du Golfe du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran et réitéré que Washington n'acceptera pas de péage ou redevances sur le détroit d'Ormuz, point d'achoppement entre les deux pays.

"Il s'agit d'une voie navigable internationale. Aucun pays n'est autorisé à percevoir des péages ou des redevances sur une voie navigable internationale", a-t-il dit, quand au contraire l'Iran et Oman soulignent "leur souveraineté sur leurs eaux territoriales".

M. Rubio doit ensuite se rendre dans la journée au Koweït puis à Bahreïn, où il participera à une réunion jeudi des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Il s'agit du premier déplacement d'un haut responsable américain au Moyen-Orient depuis la signature la semaine dernière de ce protocole d'accord, et la tenue de négociations entre les Etats-Unis et l'Iran en Suisse.

La mission s'annonce délicate alors que les pays de la région ont payé au prix fort les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, ayant été visés par des représailles à coup de missiles et de drones iraniens lors de cette guerre dont ils ne voulaient pas.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont ainsi été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes. Le Koweït et Bahreïn ont également été durement touchés.

Avant le conflit, les Emirats avaient renforcé leur partenariat avec Washington et plaidé à plusieurs reprises pour un règlement de la question du programme de missiles iranien et des groupes soutenus par Téhéran, un sujet absent du protocole d'accord.

Les dirigeants de la région entretiennent de longue date des relations étroites avec le président Donald Trump et ont promis d'investir des milliards de dollars aux Etats-Unis.

Mais les experts notent qu'ils ont dû largement faire face seuls à la riposte iranienne et qu'ils s'inquiètent de la fiabilité des Etats-Unis.