A Florence, le tourisme de masse tue les artisans à petit feu

Une calèche transporte des touristes sur la Piazza Del Duomo à Florence, le 15 février 2024. (AFP)
Une calèche transporte des touristes sur la Piazza Del Duomo à Florence, le 15 février 2024. (AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 16 février 2024

A Florence, le tourisme de masse tue les artisans à petit feu

  • Quelque 1,5 million de touristes ont visité ce joyau d'art et d'architecture pendant les seuls mois de l'été l'an dernier, en hausse de 6,6% par rapport à l'année précédente
  • Un nombre croissant d'échoppes et d'appartements résidentiels sont convertis en «fast-food» et Airbnb

FLORENCE: Orfèvre à Florence, Tommaso Pestelli a été évincé de son atelier pour faire place à un hôtel de luxe, énième victime d'un tourisme de masse dans la ville toscane qui, selon ses défenseurs, risque d'y perdre son âme.

Les appels à une action urgente pour protéger le centre-ville, site classé de l'UNESCO, se sont intensifiés le mois dernier après les déclarations choc de la directrice allemande de la prestigieuse Galleria dell'Accademia.

Quelque 1,5 million de touristes ont visité ce joyau d'art et d'architecture pendant les seuls mois de l'été l'an dernier, en hausse de 6,6% par rapport à l'année précédente, tandis qu'un nombre croissant d'échoppes et d'appartements résidentiels sont convertis en "fast-food" et Airbnb.

"Nous sommes ouverts depuis 1908. Si vous vous débarrassez de nous, et de beaucoup d'autres comme nous, vous enlevez une partie de l'âme de la ville", tempête Tommaso Pestelli, dont le père, le grand-père et l'arrière-grand-père étaient orfèvres avant lui.

M. Pestelli, 55 ans, est parvenu à dénicher un autre petit atelier à proximité, mais de nombreux autres artisans n'ont pas eu cette chance.

Le coût moyen des loyers résidentiels a bondi de 42% entre 2016 et 2023, tandis que le nombre d'appartements répertoriés sur Airbnb est passé de quelque 6 000 à près de 15 000, selon les chiffres officiels. Même en février, les touristes font la queue devant la cathédrale et se pressent autour du David de Michel-Ange.

Avec l'expulsion des habitants et la disparition des magasins traditionnels, "Florence est en train de devenir une boîte vide", prévient M. Pestelli.

Pour Elena Bellini, 47 ans, qui vend des œuvres d'artistes locaux, la raréfaction des résidents ne tue pas seulement à petit feu la vie de quartier. Elle entraîne une augmentation de la délinquance, notamment les cambriolages.

Sur la vitrine d'une bijouterie, on peut lire: "Florence se meurt!".

Airbnb interdits 

La capitale toscane n'est pas la seule dans ce cas.

Venise et d'autres destinations prisées comme les Cinque Terre, dans le nord-ouest du pays, ont également vu leurs habitants chassés par les loyers astronomiques, l'invasion des sites touristiques et les boutiques de souvenirs.

Tandis que Venise expérimente un système de billetterie, où les visiteurs d'un jour devront payer un droit d'entrée en haute saison, le conseil municipal de Florence, de centre-gauche, a lancé une campagne pour attirer les touristes hors du centre.

Les gens recherchent de plus en plus des "itinéraires basés sur l'expérience", et la municipalité cherche à promouvoir d'autres points d'intérêt historique et artistique, liés à l'exploration de la nature et de la gastronomie, explique à l'AFP Alessia Bettini, adjointe au maire.

Le nombre de visiteurs des villages, châteaux et abbayes des environs a ainsi progressé de 4,5% en janvier, tandis que le nombre de randonneurs s'aventurant sur le Chemin des Dieux, qui traverse les Apennins jusqu'à Bologne, a augmenté de 22% l'an dernier.

Le conseil municipal a également tenté de libérer des logements pour la population locale et d'empêcher une nouvelle flambée des loyers en interdisant les nouvelles locations de vacances privées à court terme dans le centre historique. La mesure, adoptée en octobre, prévoit également des allègements fiscaux pour les propriétaires qui reviennent à des baux ordinaires.

«Un monde disparaît»

Malgré l'interdiction, une dizaine d'artisans sont en voie d'expulsion de leurs ateliers situés dans un immeuble proche du Ponte Vecchio, dans le cadre d'un projet d'aménagement touristique.

"La tradition florentine de l'orfèvrerie est en train de s'effondrer assez rapidement", déplore Tommaso Pestelli.

À quelques rues de là, Gabriele Maselli, président de l'Association des entreprises historiques de Florence, peint à la main un cadre doré, des rangées de pots et de poudres aux couleurs vives s'alignant sur les étagères derrière lui.

Un grand crucifix est accroché à un mur, tandis qu'à proximité, un restaurateur s'efforce de redonner son lustre à un tableau endommagé.

"Les gens viennent à Florence pour des produits de qualité, fabriqués à la main avec beaucoup de soin", explique Gabriele Maselli, 58 ans. "Si une entreprise est obligée de fermer, c'est toute la chaîne de production qui est touchée. C'est tout un monde qui ferme, qui disparaît à jamais".


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Short Url
  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

--
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Short Url
  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Short Url
  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.