Yémen: les rebelles houthis revendiquent une attaque contre un navire en mer Rouge

Une vedette de la marine américaine est visible à côté d'un navire qui aurait transporté une cargaison d'armes iraniennes destinées aux Houthis et qui a été saisi le 28 janvier. (Photo, AFP)
Une vedette de la marine américaine est visible à côté d'un navire qui aurait transporté une cargaison d'armes iraniennes destinées aux Houthis et qui a été saisi le 28 janvier. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 17 février 2024

Yémen: les rebelles houthis revendiquent une attaque contre un navire en mer Rouge

  • L'agence britannique de sécurité maritime UKMTO et la société de sécurité spécialisée dans le transport maritime Ambrey avait rapporté jeudi une explosion à proximité d'un navire au large de la ville de Mokha
  • Depuis novembre, les Houthis multiplient les attaques contre des navires marchands en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, poussant de nombreux armateurs à contourner cette zone maritime essentielle pour le commerce international

SANAA, Yémen : Les militants yéménites houthis ont revendiqué samedi une attaque contre un «pétrolier britannique» en mer Rouge, signalée la veille par des agences de sécurité et le département d'Etat américain.

«Les forces navales des forces armées yéménites ont mené une opération visant le pétrolier britannique Pollux en mer Rouge avec un grand nombre de missiles navals», a indiqué leur porte-parole militaire, Yahya Saree.

 

Le Commandement central des Etats-Unis (Centcom) a confirmé que quatre missiles balistiques antinavires avaient été tirés depuis les zones du Yémen contrôlées par les rebelles soutenus par l'Iran, entre vendredi après midi et samedi à 1 heure du matin, (heure de Sanaa).

Au moins trois d'entre eux "ont été tirés en direction du navire commercial MT Pollux, un navire battant pavillon panaméen, appartenant au Danemark et immatriculé au Panama", a ajouté le Centcom dans un message posté sur le réseau social X, en précisant qu'il n'y avait pas eu de dégâts ni de blessés.

Le Centcom a annoncé par ailleurs avoir mené la veille deux nouvelles "frappes d'autodéfense contre un missile de croisière antinavire mobile et un drone de surface" au Yémen, en estimant qu'ils "représentaient une menace imminente pour les navires de la marine américaine et les navires marchands".

L'agence britannique de sécurité maritime UKMTO et la société de sécurité spécialisée dans le transport maritime Ambrey avait rapporté jeudi une explosion à proximité d'un navire au large de la ville de Mokha.

«Le navire et son équipage sont en sécurité», avait précisé UKMTO tandis qu'Ambrey a faisait état de légers dégâts.

Le département d'Etat américain avait ensuite indiqué qu'un missile lancé depuis le Yémen avait touché un «navire battant pavillon panaméen en route pour l'Inde, qui transportait du pétrole brut».

Depuis novembre, les Houthis multiplient les attaques contre des navires marchands en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, poussant de nombreux armateurs à contourner cette zone maritime essentielle pour le commerce international.

Soutenus par Téhéran, les Houthis affirment viser les navires liés à Israël en «solidarité» avec les Palestiniens de la bande de Gaza, où Israël est en guerre contre le Hamas après l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre sur le sol israélien.

Depuis janvier, ils ciblent aussi les navires britanniques et américains en réponse aux frappes menées contre leurs positions par les Etats-Unis et le Royaume-uni, qui disent «défendre» la liberté de navigation.

Les Houthis, qualifiés de terroristes par Washington, avaient revendiqué jeudi une autre attaque contre «un navire britannique» dans le Golfe d'Aden.

Ils ont affirmé vendredi qu'ils «n'hésiteront pas à mener et à étendre leurs opérations militaires pour défendre le Yémen et affirmer (leur) solidarité avec le peuple palestinien».

Les militants pro-iraniens contrôlent la capitale Sanaa et de larges pans du territoire dans le nord-ouest du Yémen, pays en proie à une guerre civile depuis 2014.


Un tanker touché par un projectile non-identifié dans la région du détroit d'Ormuz

Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
  • L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman
  • Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché

LONDRES: Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO.

"Un tanker a indiqué avoir été touché par un projectile inconnu sur le côté bâbord, provoquant un incendie, alors qu'il naviguait vers le sud", a écrit l'UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l'incident n'avait pas fait de blessé ni causé de dommage à l'environnement.

L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman.

Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.

Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l'Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.

Le trafic maritime a repris après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.

Fin juin, accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays en retour, et l'Iran avait ciblé en représailles ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn. Iran et Etats-Unis s'étaient ensuite mis d'accord sur une pause des hostilités.

Le détroit d'Ormuz constitue la principale voie maritime connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, en particulier aux marchés asiatiques.

En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'Energie (EIA).


Iran: marée humaine dans la ville sainte de Qom pour les adieux à Khamenei

Une marée humaine est descendue mardi dans les rues de la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, au quatrième jour d'obsèques en Iran du défunt guide suprême Ali Khamenei qui ont mobilisé comme jamais la veille à Téhéran. (AFP)
Une marée humaine est descendue mardi dans les rues de la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, au quatrième jour d'obsèques en Iran du défunt guide suprême Ali Khamenei qui ont mobilisé comme jamais la veille à Téhéran. (AFP)
  • Des millions d'Iraniens ont envahi les rues pour un dernier adieu à Khamenei, élevé en martyr, dans un événement comparable aux funérailles en 1989 de son prédécesseur, l'ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique
  • Le cortège funèbre doit gagner mardi dans la journée l'Irak voisin, qui compte une importante communauté chiite

TEHERAN: Une marée humaine est descendue mardi dans les rues de la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, au quatrième jour d'obsèques en Iran du défunt guide suprême Ali Khamenei qui ont mobilisé comme jamais la veille à Téhéran.

La dépouille du dirigeant, tué le 28 février au premier jour de frappes israélo-américaines sur l'Iran, est exposée mardi à la mosquée Jamkaran de Qom, ville sainte qui abrite les séminaires les plus influents de l'islam chiite et plusieurs sanctuaires.

Des images aériennes diffusées par la télévision d'Etat ont montré les rues de cette ville d'environ 1,5 million d'habitants noires de monde.

Durant la prière, dirigée par l'ayatollah Abdollah Javadi-Amoli, 93 ans, figure influente du chiisme conservateur, une foule nombreuse a scandé en chœur "A mort l'Amérique!", slogan régulièrement entendu dans les rassemblements officiels de la République islamique.

Sur d'autres images des fidèles, dont des religieux portant le turban, se recueillent sur le cercueil de l'ayatollah Khamenei, et ceux de ses proches tués avec lui dont une petite-fille, âgée de 14 mois d'après les autorités.

La veille à Téhéran, la troisième journée d'hommage national a donné lieu à une démonstration de force et d'unité, six mois après des manifestations monstres et sanglantes contre le pouvoir et la vie chère.

Des millions d'Iraniens ont envahi les rues pour un dernier adieu à Khamenei, élevé en martyr, dans un événement comparable aux funérailles en 1989 de son prédécesseur, l'ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique.

Le cortège funèbre doit gagner mardi dans la journée l'Irak voisin, qui compte une importante communauté chiite.

L'inhumation de celui qui a présidé aux destinées du pays pendant plus de trois décennies, jusqu'à sa mort à 86 ans, aura lieu jeudi dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont Khamenei était originaire.

 


Législatives en Algérie: abstention record, le FLN en tête

L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi. (AFP)
L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi. (AFP)
  • L'abstention était l'un des enjeux majeurs de ce scrutin. Le vote avait été prolongé d'une heure jeudi dans tout le pays afin de "permettre aux électeurs d'exercer leur droit de vote", selon l'Anie
  • Cette faible participation illustre la difficulté des autorités et des partis en lice à mobiliser l'électorat

ALGER: L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi.

Le Front de libération nationale (FLN), parti historique de l'indépendance et formation proche du pouvoir, a remporté 90 sièges et arrive en tête du scrutin, a précisé Karim Khelfane, président par intérim de l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie), lors d'une conférence de presse.

L'abstention était l'un des enjeux majeurs de ce scrutin. Le vote avait été prolongé d'une heure jeudi dans tout le pays afin de "permettre aux électeurs d'exercer leur droit de vote", selon l'Anie.

Cette faible participation illustre la difficulté des autorités et des partis en lice à mobiliser l'électorat.

"L'abstention n'est pas une spécificité algérienne", a commenté M. Khelfane, en comparant la situation à celle des "vieilles démocraties" d'Europe, d'Amérique et d'Asie et en se félicitant d'élections "transparentes".

Le scrutin avait été précédé par une campagne terne, qui s'est tenue en pleine Coupe du monde de football et par de grandes chaleurs.

Les dernières législatives, en 2021, déjà remportées par le FLN, avaient été marquées par un taux de participation de 23%.

Elles s'étaient tenues dans le sillage du Hirak, mouvement de contestation populaire inédit né en février 2019. Il avait conduit deux mois plus tard à la démission du président Abdelaziz Bouteflika et porté des revendications de changement politique, de lutte contre la corruption et de réforme des institutions.

Mais progressivement, une interdiction des rassemblements, que les autorités ont justifiée par l'épidémie de Covid-19, et l'incarcération des figures de proue du Hirak ont étouffé la contestation à partir de mars 2020.

L'actuel président Abdelmadjid Tebboune avait été élu en décembre 2019, puis reconduit en 2024.

Des ONG de défense des droits humains dénoncent la reprise par les autorités du contrôle de l'espace public depuis l'élan du Hirak. Le pays reste confronté à de fortes attentes sociales et économiques, particulièrement chez les jeunes.