Travailler à Monaco ? Pas simple mais lucratif, et ça embauche

Vue générale du circuit de Monaco de nuit, le 25 mai 2018 à Monaco, avant le Grand Prix de Formule 1 de Monaco. (Photo Andrej Isakovic AFP)
Vue générale du circuit de Monaco de nuit, le 25 mai 2018 à Monaco, avant le Grand Prix de Formule 1 de Monaco. (Photo Andrej Isakovic AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 18 février 2024

Travailler à Monaco ? Pas simple mais lucratif, et ça embauche

  • Fin 2023, plus de 64.000 personnes travaillaient sur ce confetti de 2 km2 et 39.000 habitants, en hausse de plus de 5% en un an et de 10% depuis 2019
  • Et Monaco compte quelques atours: des rémunérations jusqu'à 30% supérieures à celles proposées en France, une excellente couverture sociale, des allocations familiales généreuses

MONACO, Principauté De Monaco : Loyers inaccessibles, bouchons interminables, trains bondés... Travailler à Monaco n'est pas une sinécure. Mais les avantages en termes de salaires et couverture sociale ne manquent pas et la Principauté tient à faire savoir que ses entreprises recrutent.

Fin 2023, plus de 64.000 personnes travaillaient sur ce confetti de 2 km2 et 39.000 habitants, en hausse de plus de 5% en un an et de 10% depuis 2019, selon l'Institut monégasque de la statistique et des études économiques (Imsee).

Les Monégasques y sont une toute petite minorité: moins de 2% dans le privé et à peine un quart dans la fonction publique. A Monaco, les salariés sont le plus souvent Français (61%) ou Italiens (15%), mais aussi Portugais, Roumains, Britanniques, Philippins...

Seulement 11% vivent dans la Principauté, où les prix de l'immobilier sont les plus chers du monde. Les autres font chaque jour le déplacement depuis la France (80%), et pas forcément des communes limitrophes, elles aussi hors de prix, ou l'Italie (8%).

Ils doivent donc affronter les bouchons ou les trains bondés et rarement ponctuels aux heures de pointe. Pour y remédier, un nouveau parking relais est en construction aux abords de l'autoroute et l'offre de train devrait s'étoffer dans les prochaines années, mais les projets de navette maritime, voire de métro Nice-Vintimille, sont au point mort.

«Il y a des gens qui nous abandonnent parce qu'ils n'en peuvent plus de faire 1h30 de bouchons chaque matin», peste Philippe Ortelli, président de la Fédération des entreprises monégasques: «Des cadres supérieurs qui s'en vont à Sophia Antipolis», la technopole de l'autre côté de Nice.

«Le monde du travail a changé, ce n'est plus le salarié qui drague les employeurs. C'est à nous d'être sexy», ajoute-t-il.

Et Monaco compte quelques atours: des rémunérations nettes jusqu'à 30% supérieures à celles proposées en France, une excellente couverture sociale, des allocations familiales généreuses ou encore des conditions de retraite «sans commune mesure» avec les pays voisins, énumère Christophe Robino, ministre des Affaires Sociales et de la Santé.

- «La fortune du frontalier» -

Côté fiscalité, les Français sont exonérés de CGS et les Italiens bénéficient d'importants abattements.

Même s'il reste quelques anachronismes. Ainsi, une partie des prestations sociales sont versées au «chef de foyer», donc pas aux mères, même quand le père ne travaille pas à Monaco. Et surtout, l'employeur n'a pas besoin de motif pour rompre un CDI. «Cela met une pression constante sur les salariés», assure Olivier Cardot, secrétaire général de l'Union des syndicats de Monaco.

Mais «l'attractivité est là», se réjouit M. Robino. Comme l'ont prouvé les 5.000 candidats qui ont participé vendredi au deuxième forum «Monaco pour l'emploi», une formule expérimentée en septembre et qui va devenir un rendez-vous annuel.

Outre les saisonniers de l'hôtellerie-restauration et de l'événementiel, Monaco a besoin de techniciens qualifiés pour ses perpétuels chantiers, de plombiers, d'électriciens, de spécialistes du numérique ou encore de comptables et de juristes.

Sam Kaveh, 19 ans, Iranien installé depuis un an à Nice, cherche un emploi avant de reprendre une formation en sociologie. Il a postulé dans la sécurité, l'événementiel et l'interim: «Ici c'est bien payé, et puis c'est Monaco !»

Même refrain pour Cioffi Pantaleone, 37 ans, cuisinier italien de Vintimille. Lui vient en moto et travaille comme saisonnier dans un palace de la Principauté depuis 2017, mais il n'arrive plus à vivre avec seulement six mois de salaire par an et quelques indemnités chômage. Faute de trouver une place dans une cuisine ouverte à l'année, il dépose son CV partout.

«Jardinier pourquoi pas, n'importe quoi mais à l'année. Et à Monaco. Monaco, c'est la fortune du frontalier», explique-t-il.

Loryn Zenarre-Willo, 24 ans, finit un Master 2 finances à Nice en alternance. Spécialisée en conformité bancaire, l'activité qui permet de lutter en particulier contre le blanchiment, elle fait la queue pour se présenter aux différentes banques présentes.

Et elle est confiante: «Ici il y a de la demande dans ce secteur. Et le train blindé, franchement, je viens de la région parisienne...»

 


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Short Url
  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

--
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Short Url
  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Short Url
  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.