Frankly Speaking: Le tennis, prochain «Grand Chelem» du sport saoudien?

Dans l'émission « Frankly Speaking », Arij Mutabagan a expliqué à l'animatrice Katie Jensen qu'il suffisait de consulter les chiffres pour se rendre compte de l'énorme potentiel de ce sport en Arabie saoudite, ce qui laisse entrevoir la possibilité pour le Royaume de participer à des tournois majeurs, voire de les accueillir (Photo, AN).
Dans l'émission « Frankly Speaking », Arij Mutabagan a expliqué à l'animatrice Katie Jensen qu'il suffisait de consulter les chiffres pour se rendre compte de l'énorme potentiel de ce sport en Arabie saoudite, ce qui laisse entrevoir la possibilité pour le Royaume de participer à des tournois majeurs, voire de les accueillir (Photo, AN).
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Publié le Lundi 19 février 2024

Frankly Speaking: Le tennis, prochain «Grand Chelem» du sport saoudien?

  • Des centaines de milliers de femmes et de jeunes filles pratiquent désormais le tennis, affirme la présidente de la Fédération saoudienne de tennis
  • Arij Mutabagani invite les détracteurs à visiter le Royaume qui se trouve actuellement dans «une phase de transformation» et à constater les progrès par eux-mêmes

DUBAΪ: Le tennis est en train de devenir un sport populaire en Arabie saoudite. Des milliers de jeunes, y compris des femmes et des filles, s'inscrivent dans des clubs et participent à des tournois dans tout le Royaume, a déclaré Arij Mutabagani, présidente de la Fédération saoudienne de tennis.

Lors de son passage à l'émission Frankly Speaking d'Arab News, Mme Mutabagani a déclaré qu'il suffisait de regarder les chiffres pour se rendre compte de l'énorme potentiel de ce sport, ce qui laisse entrevoir la possibilité pour le Royaume de participer à des tournois majeurs, voire de les accueillir.

« L'Arabie saoudite a connu une grande mutation, en particulier dans le domaine du sport et de la participation des femmes », affirme Mme Mutabagani.

« Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Nous avons augmenté la participation des femmes dans le sport. Aujourd'hui, 330 000 femmes sont inscrites à des activités sportives et environ 14 000 femmes participent à des tournois de tennis. »

Ce succès est dû en grande partie aux initiatives gouvernementales introduites dans le cadre du programme de réforme Vision 2030, qui a fait de l'investissement dans le sport et de la promotion de la santé publique et du bien-être des priorités.

« Nous disposons d’un vaste programme avec le ministère de l'Éducation, en partenariat avec la Fédération des sports pour tous, dans le cadre duquel nous aimerions présenter le tennis comme un nouveau sport aux enfants », explique Mme Mutabagani.

« Nous avons commencé en 2023 avec 30 écoles en Arabie saoudite. Nous sommes passés à 90 écoles en 2023 et en 2024. Nous sommes en train de l'étendre à 400 écoles. L'initiative ne tient pas compte du genre et répartie entre les écoles de garçons et de filles », précise-t-elle.

« En 2019, nous n'avions aucune participation féminine dans les clubs. Aujourd'hui, nous avons sept clubs qui comptent des joueuses », poursuit-elle, notant que l'équipe nationale féminine nouvellement créée a déjà participé à 20 événements.

« La participation a augmenté. Nous avions 90 femmes qui jouaient en 2019. Aujourd'hui, 700 femmes sont inscrites au tennis. »

La Fédération saoudienne des sports pour tous est responsable du développement des sports communautaires et de la promotion d'un mode de vie sain dans tout le Royaume, conformément au plan de développement à long terme du pays pour le progrès social et économique, Vision 2030.

« Nous constatons que le tennis a été introduit dans les clubs », a déclaré Mme Mutabagani à Katie Jensen, animatrice de Frankly Speaking. « En 2019, aucun club ne participait à des tournois. Aujourd'hui, nous avons sept clubs qui comptent des joueuses. Nous avons augmenté le nombre de tournois de tennis pour les femmes. Nous en avions trois. Aujourd'hui, nous en avons 20. On peut constater qu'il y a de gros progrès. »

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Des jeunes Saoudiennes comme Yara Alhogbani ouvrent la voie à la création d’un cadre de tennis prospère dans le Royaume (Photo, Fournie).

Malgré ces succès, les légendes du tennis Chris Evert et Martina Navratilova ont récemment déclaré que l'absence d'égalité entre les hommes et les femmes en Arabie saoudite devrait empêcher le Royaume d'accueillir de grands événements tels que les finales de la Women's Tennis Association (WTA).

Dans une déclaration, la princesse Rima bent Bandar al-Saoud, ambassadrice saoudienne aux États-Unis, a rejeté les propos « plus que décevants » de Chris Evert et Martina Navratilova.

« Comme beaucoup de femmes dans le monde, nous avons considéré les légendes du tennis comme des pionnières et des modèles... des lueurs d'espoir qui prouvent que les femmes pouvaient vraiment tout réussir », a-t-elle déclaré.

« Mais ces championnes ont tourné le dos aux femmes qu'elles ont inspirées et c'est vraiment décevant. »

Nullement découragée par les commentaires d'Evert et de Navratilova, Mme Mutabagani a invité les stars du tennis à se rendre dans le Royaume pour constater de visu la transformation du sport saoudien et les progrès considérables réalisés au niveau de la participation féminine.

« Prenez part à ce voyage pour changer et transformer le tennis, surtout pour la participation des femmes. Nous apprendrons beaucoup d'elles , et elles n'ont qu'à venir voir par elles-mêmes », a-t-elle poursuivi.

« Elles ont tant fait pour le tennis et la participation des femmes, pour l'égalité des sexes et pour l'obtention de prix égaux. Je respecte le fait que tout le monde soit libre de s'exprimer et de commenter. »

« Mais j'aimerais vraiment les inviter à venir en Arabie saoudite pour compter les progrès accomplis. Nous sommes dans une phase de changement. Nous essayons de changer. »

Mme Mutabagani espère que le Royaume accueillera bientôt un événement majeur de tennis ou un Grand Chelem, car cela encouragera les Saoudiens à pratiquer ce sport.

« Tout est possible », affirme-t-elle. « Le fait d'organiser ce type d'événement international dans le pays ne fera que mettre en lumière le tennis. Cela le rendra plus populaire. »

« Les joueurs auront des références. Cela incitera une nouvelle génération à travailler plus dur et à s'entraîner davantage pour devenir des champions à l'avenir et être en mesure de participer à ces tournois dans leur pays. »

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Lors de l'émission Frankly Speaking, Arij Mutabagan a expliqué à l'animatrice Katie Jensen qu'il suffisait de consulter les chiffres pour se rendre compte de l'énorme potentiel du tennis en Arabie saoudite, ce qui laisse entrevoir la possibilité pour le Royaume de participer à des tournois majeurs, voire de les accueillir (Photo, AN).

Bien que rien ne soit gravé dans le marbre, Mme Mutabagani espère que la Women's Tennis Association (WTA) ou l'Association of Tennis Professionals (ATP) choisiront le Royaume pour accueillir un tournoi du Grand Chelem.

« Nous y travaillons dur. Nous travaillons en étroite collaboration avec la WTA et l'ATP pour essayer de rendre cela possible et d'y parvenir, dans un avenir proche, je l'espère », affirme-t-elle.

« Nous essayons d'établir une relation durable avec les instances dirigeantes officielles du tennis, qu'il s'agisse de l'ATP, de la WTA ou de l'ITF (International Tennis Federation) », poursuit-elle.

« Nous avons organisé avec succès les finales de la Next Gen l'année dernière à Djeddah, ce qui nous a permis d'entamer cette relation avec l'ATP. Aujourd'hui, nous essayons également d'établir des relations avec la WTA. »

Les championnats du Grand Chelem, les tournois les plus prestigieux du tennis professionnel, sont organisés par la WTA et l'ATP, et supervisés par la Fédération internationale de tennis (ITF).

Mme Mutabagani prévoit que ces événements professionnels contribueront à accroître la participation au sport amateur en Arabie saoudite, en particulier chez les jeunes.

« Nous sommes encore en discussion », a-t-elle déclaré. « Mais notre objectif est d'établir toutes ces relations à long terme qui contribueront à développer le tennis en Arabie saoudite, qu'il s'agisse de grands événements ou d’événements plus modestes, de défis à relever, car cela améliorera le niveau de nos joueurs de tennis locaux. »

L'Arabie saoudite a cherché à accroître sa présence sportive en créant la série LIV Golf, en recrutant des joueurs de football de premier plan comme Cristiano Ronaldo et en accueillant les finales de l'ATP Next Generation en 2023.

« Le tennis a joué un rôle très important dans l’évolution du sport en Arabie saoudite », affirme Mme Mutabagani. « Nous l'avons constaté par l'augmentation du nombre d'événements spécifiques au tennis. En 2022, nous avons commencé à accueillir le premier tournoi international junior qui s'est déroulé à Riyad. »

Le Royaume a accueilli son premier tournoi professionnel en 2019 avec la Diriyah Tennis Cup. Il a profité de son succès de 2019 à 2022 pour organiser les Next Gen ATP Finals, qui se tiendront à Riyad de 2023 à 2027.

Le tournoi de tennis masculin Six Kings Slam mettra en vedette les stars internationales Rafael Nadal et Novak Djokovic, ainsi que trois autres vainqueurs du Grand Chelem, en octobre.

Compte tenu de la relative nouveauté de ce sport en Arabie saoudite, on a d'abord douté de la popularité des tournois de tennis. Cependant, Mme Mutabagani affirme que les joueurs sont ravis du nombre de spectateurs qui assistent aux matchs.

« Ils ont été extrêmement satisfaits du public », a-t-elle déclaré. « Le stade était plein pour le match de démonstration à Riyad. Les billets ont été vendus à guichets fermés et le public s'est vraiment, vraiment impliqué. »

« Nous avons remarqué que le public comprenait le tennis, ce qui est très important. »

Les meilleurs joueurs internationaux commencent généralement à jouer dans des académies ou des clubs sportifs dès leur plus jeune âge. Le Royaume aura besoin d'entraîneurs expérimentés, de formateurs et d'installations spécialisées pour retenir ses propres talents.

« Notre principal objectif est de commencer par la base et d'introduire le tennis dans toute la population, puis de le développer à partir de là et de se concentrer sur les performances de haut niveau », soutient Mme Mutabagani.

Yara al-Hogbani, 19 ans, est l'une des jeunes stars du tennis saoudien.

« Elle est une grande ambassadrice de ce sport et une source d'inspiration pour la nouvelle génération de jeunes, garçons ou filles », affirme Mme Mutabagani.

Cette année, Yara al-Hogbani a participé à l'Open Mubadala d'Abu Dhabi avec des joueuses internationales de premier plan comme Ons Jabeur, tunisienne et numéro six à la WTA, et Naomi Osaka, japonaise, première joueuse asiatique à être classée numéro un au monde.

« Al-Hogbani a travaillé très dur dès son plus jeune âge », confie Mme Mutabagani. « Elle a deux autres frères et sœurs qui sont également des joueurs nationaux. »

Elle a joué avec son frère aîné, Ammar, aux Jeux asiatiques de Hangzhou en 2023, et a ainsi constitué la première équipe professionnelle de double mixte du Royaume. Leur deuxième frère, Saud, joue à l'université de Wake Forest aux États-Unis.

Yara Al-Hogbani a également rencontré des légendes du tennis comme Novak Djokovic et Rafael Nadal, le nouvel ambassadeur de la Fédération saoudienne de tennis, lors des Next Gen ATP Finals à Djeddah en décembre. Nadal s'est engagé à aider l'Arabie saoudite à développer ses jeunes talents.

« Il lui a donné la chance de sentir ce que c'est que d'être à ce haut niveau et l'a incitée à travailler plus dur, à faire plus d'efforts et à atteindre des niveaux plus élevés à l'avenir », révèle Mme Mutabagani. « Avoir ces opportunités peut changer l'avenir de quelqu'un et... en faire une star pour les générations à venir. »

Interrogée sur le message qu'elle adresserait aux jeunes Saoudiens qui envisagent de se mettre au tennis, Mme Mutabagani, elle-même joueuse de tennis depuis toujours, confie : « Je leur dirais de prendre une raquette de tennis, d'essayer ce sport, de jouer au tennis, d'être les champions de la prochaine génération, d'être un exemple sur le court et en dehors du court. »

« Parce que le tennis est une expérience d'apprentissage de la vie, il nous enseigne à être de grands êtres humains avant d'être des sportifs. Alors, soyez un ambassadeur du tennis en Arabie saoudite, sur le terrain et en dehors. »

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


En pleines discussions à Rome, Israël se dit prêt à avancer sur deux «zones pilotes» au Liban

Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington
  • Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais

ROME: Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient.

Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington.

Mais le Hezbollah, armé et financé par Téhéran, rejette ce texte dont l'application doit commencer par le retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud du Liban.

Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais.

"J'espère et j'ai bon espoir que cette série de discussions à Rome y contribuera", a-t-il déclaré depuis Jérusalem.

Aucune information n'a filtré à ce stade des pourparlers dans la capitale italienne.

Des journalistes de l'AFP ont vu les voitures des délégations entrer dans l'enceinte de l'ambassade américaine sous haute sécurité mardi matin, tandis que l'ambassade, sollicitée, s'est refusée à tout commentaire.

"Se retirer progressivement" 

La délégation libanaise "a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion", avait fait savoir la présidence libanaise lundi soir.

Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, "l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait".

"Israël est disposé à se retirer progressivement, à condition que le Hezbollah ne soit pas présent dans les zones évacuées et que l'armée libanaise dispose des capacités nécessaires pour maintenir ces secteurs démilitarisés et empêcher tout retour du mouvement", explique l'analyste israélienne Orna Mizrahi.

Une délégation militaire américaine a d'ailleurs entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée libanaise sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces "zones pilotes".

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté début mars entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans le conflit en bombardant Israël en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

L'armée israélienne poursuit cependant des frappes limitées dans le sud, où un drone a visé mardi la localité de Nabatiyé al-Fawqa et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

"Réfléchir à deux fois" 

Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4.300 morts, d'après les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

"Les chances d'une percée à Rome sont assez limitées", estime Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris, qui voit plutôt dans cette réunion "l'opportunité de montrer que le processus est encore en place (...), qu'il y a des négociations qui perdurent malgré les oppositions et les obstacles qui commencent à apparaître".

Téhéran avait exigé l'arrêt des hostilités au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin.

Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril.

"Les Iraniens veulent établir un lien entre les deux dossiers, tandis que nous souhaitons les dissocier", relève Orna Mizrahi.

"Chaque fois qu'ils en auront l'occasion, ils (les Iraniens) chercheront à faire échouer ce qui se passe sur la scène libanaise", ajoute cette chercheuse spécialiste du Liban à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv. Même si Téhéran a actuellement d'autres priorités, notamment le contrôle du détroit d'Ormuz.

Karim Bitar souligne pour sa part que le risque d'une reprise des violences au Liban en raison du contexte régional "n'est bien évidemment pas négligeable".

"Mais je pense que l'Iran aujourd'hui y réfléchira à deux fois avant de demander au Hezbollah de lancer de nouvelles frappes contre Israël", dit-il.

Selon lui, Téhéran "souhaite maintenir le Hezbollah comme instrument de dissuasion à long terme et ne veut pas l'utiliser immédiatement pour ouvrir un nouveau front".


Netanyahu avertit les dirigeants iraniens qu'Israël ripostera en cas d'attaque

Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque
  • "Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue"

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque, alors que les frappes américaines et iraniennes ont repris avec une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu d'avril.

"Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue", a déclaré M. Netanyahu lors d'une conférence, selon une vidéo diffusée par son cabinet.


Le Liban et Israël négocient à Rome sur fond de reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis

De la fumée s'élève du site d'une explosion contrôlée par l'armée israélienne dans le village de Kfar Tibnit, vue depuis la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, avec la forteresse de Beaufort visible au loin, le 13 juillet 2026. (AFP)
De la fumée s'élève du site d'une explosion contrôlée par l'armée israélienne dans le village de Kfar Tibnit, vue depuis la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, avec la forteresse de Beaufort visible au loin, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban et Israël reprennent les négociations à Rome, Beyrouth exigeant un retrait israélien de deux zones pilotes avant toute avancée
  • Les analystes estiment qu'une percée est peu probable, les tensions entre Washington et Téhéran risquant de compliquer le processus

BEYROUTH: Le Liban et Israël entament mardi à Rome de nouvelles négociations sous l’égide des États-Unis, sur fond de reprise des hostilités dans la région entre Washington et Téhéran qui pourrait les impacter selon des analystes.

Les deux pays, en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington.

Mais le Hezbollah, armé et financé par Téhéran, rejette cet accord dont l'application doit commencer par le retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud du Liban.

"La délégation libanaise a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion", a annoncé lundi soir la présidence libanaise.

Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, "l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait".

"Israël est disposé à se retirer progressivement, à condition que le Hezbollah ne soit pas présent dans les zones évacuées et que l'armée libanaise dispose des capacités nécessaires pour maintenir ces secteurs démilitarisés et empêcher tout retour du mouvement", explique l'analyste israélienne Orna Mizrahi.

Une délégation militaire américaine a d'ailleurs entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée libanaise sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces "zones pilotes".

- "Chances limitées" -

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée un vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite pro-iranien avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël pour soutenir l'Iran.

L'armée israélienne poursuit cependant des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe selon les médias officiels libanais.

Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

"Les chances d'une percée à Rome sont assez limitées (..) Ce à quoi nous pourrions assister, c'est plutôt une sorte d'opportunité de montrer que le processus est encore en place (..) qu'il y a des négociations qui perdurent malgré les oppositions et les obstacles qui commencent à apparaître", estime Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris.

Téhéran avait exigé le cessez-le-feu au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin.

Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril. Dans la nuit de lundi à mardi, les Etats-Unis ont mené pour la troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens.

"Les Iraniens veulent établir un lien entre les deux dossiers, tandis que nous souhaitons les dissocier", affirme Orna Mizrahi.

"Chaque fois qu'ils en auront l'occasion, ils (les Iraniens) chercheront à faire échouer ce qui se passe sur la scène libanaise", ajoute cette chercheuse spécialiste du Liban à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv. Mais l'analyste israélienne estime que les priorités de Téhéran aujourd'hui sont le détroit d'Ormuz et le dossier nucléaire.

Karim Bitar affirme pour sa part, que le risque d'une reprise des violences au Liban en raison du contexte régional "n'est bien évidemment pas négligeable".

"Mais je pense que l'Iran aujourd'hui y réfléchira à deux fois avant de demander au Hezbollah de lancer de nouvelles frappes contre Israël", dit-il.

Selon lui, Téhéran "souhaite maintenir le Hezbollah comme instrument de dissuasion à long terme et ne veut pas l'utiliser immédiatement pour ouvrir un nouveau front".