Défiler ou ne pas défiler, le dilemme des jeunes créateurs

Un mannequin est maquillé dans les coulisses avant le défilé de la maison de mode norvégienne Holzweiler pour sa collection automne/hiver 2024 lors de la Fashion Week de Londres, à Londres, le 18 février 2024. (AFP)
Un mannequin est maquillé dans les coulisses avant le défilé de la maison de mode norvégienne Holzweiler pour sa collection automne/hiver 2024 lors de la Fashion Week de Londres, à Londres, le 18 février 2024. (AFP)
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Publié le Mardi 20 février 2024

Défiler ou ne pas défiler, le dilemme des jeunes créateurs

  • La griffe Feben a délaissé la capitale britannique cette saison pour défiler à Milan, bénéficiant du soutien de la maison italienne Dolce & Gabbana
  • La populaire Nensi Dojaka n’apparaissait pas au programme de février

LONDRES: Défiler ou ne pas défiler à la semaine de la mode de Londres, la question se pose pour les jeunes marques indépendantes qui doivent faire face à des coûts toujours plus élevés depuis le Brexit, aggravés par la forte inflation des deux dernières années.

Depuis sa création en 1984, la Fashion Week de Londres est connue pour offrir une plateforme aux créateurs émergents, mêlant ainsi les nouveaux talents de la mode souvent tout juste sortis d'écoles prestigieuses comme Central Saint Martins, à des grands noms du panthéon de la mode comme Burberry.

La crise du pouvoir d'achat provoquée au Royaume-Uni par l'envolée des prix et les retombées financières du Brexit représentent "un véritable défi économique" pour les jeunes marques, reconnait Caroline Rush, directrice du British Fashion Council (BFC) interrogée par l'AFP.

Le Royaume-Uni est d'ailleurs entré en récession au deuxième semestre de l'an dernier en raison des pressions provoquées par les taux d'intérêt élevés et l'inflation sur les finances des ménages comme des entreprises.

Sauter une saison

Cette édition de la semaine de la mode à Londres, qui fête ses 40 ans, a été marquée par le retour de piliers de la mode britannique, comme l'irlandaise Robyn Lynch, ou encore de la très suivie créatrice turco-britannique Dilara Findikoglu.

Ses vêtements au ton provocateur, célébrant le corps féminin, en ont fait l'un des noms les plus attendus du calendrier de la Fashion Week de Londres.

Elle avait pourtant annulé son show de septembre en dernière minute, déclarant au New York Times qu'elle n'avait "tout simplement pas les moyens financiers pour un défilé en ce moment".

Interrogée sur son retour sur les podiums en coulisse de son défilé dimanche, la créatrice n'a pas voulu répondre.

Cette saison, le défilé de KWK by KAY KWOK prévu dimanche a été annulé "en raison d'un incident dans l'usine en Chine où sont produites les pièces clés du défilé de la collection", qui a détruit "une grande partie de la collection", a expliqué un représentant de la marque à l'AFP.

La populaire Nensi Dojaka n’apparaissait pas non plus au programme de février.

"Il n'y a rien de mal à sauter une saison", insiste Caroline Rush. "Cela ne veut pas dire que vous ne continuez pas de vous développer" en tant que marque.

"Parfois, les créateurs se verront offrir un lieu d'exposition gratuit dans une autre ville ou un sponsor (...) dans une autre capitale", ajoute-t-elle, une opportunité financière déterminante pour un label émergeant.

La griffe Feben a par exemple délaissé la capitale britannique cette saison pour défiler à Milan, bénéficiant du soutien de la maison italienne Dolce & Gabbana.

Incubateurs de talents

Un autre moyen de présenter son travail: s'attirer les faveurs d'un incubateur de talents.

Le programme "NEWGEN" (pour "nouvelle génération") du British Fashion Council, qui a fêté l'an dernier ses 30 ans, permet à de jeunes créateurs d'exposer leur travail lors de la semaine de la mode de Londres.

Les lauréats reçoivent une subvention du British Fashion Council pendant trois ans pour produire leurs collections, d'une valeur d'environ 80.000 livres (93.000 euros).

"Ils bénéficient d'un mentorat sur la gestion d'une entreprise, les flux de trésorerie, les marges, la préparation à l'exportation... Tous les éléments nécessaires à la tenue d'une entreprise", explique Caroline Rush.

Le British Fashion Council leur fournit également un lieu pour leurs défilés, en ce moment un local du Old Selfridges Hotel.

Au total, la patronne du BFC estime que les coûts d'un show pour une marque se situent au minimum entre 40 et 50 000 livres. Le budget défilé des grandes marques de luxe peut s'envoler jusqu'au million, d'après Vogue Business.

L'incubateur londonien Fashion East propose aussi un programme de soutien aux jeunes talents pour trois saisons, comportant "des présentations pendant la semaine de la mode, des bourses financières et un mentorat d'experts".

En ont profité des noms désormais incontournables de la mode britannique comme Simone Rocha, ou JW Anderson.

Sans cela, les jeunes créateurs qui font la réputation de Londres seraient moins nombreux, reconnait M. Rush. "Ce serait tout simplement trop cher."


Guggenheim Abu Dhabi fixe sa date d’ouverture en décembre

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  • Le Guggenheim Abu Dhabi ouvrira le 11 décembre, marquant une nouvelle étape dans le développement d’Abu Dhabi comme destination culturelle mondiale
  • Situé dans le quartier culturel de Saadiyat, le musée mettra à l’honneur l’art moderne et contemporain à travers une collection mêlant perspectives régionales et internationales

DUBAÏ : Le Guggenheim Abu Dhabi ouvrira officiellement ses portes le 11 décembre de cette année, a annoncé mardi le Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi.

Cette ouverture marque une étape majeure dans les efforts de l’émirat pour s’imposer comme une destination mondiale de l’art et de la culture.

Le musée d’art moderne et contemporain servira de plateforme d’échange artistique, avec pour ambition de présenter des perspectives mondiales variées tout en mettant en valeur les récits des Émirats arabes unis et de la région. Conçu pour susciter la curiosité autour de l’art moderne et contemporain, il entend mobiliser les nouvelles générations à travers des expositions, des programmes éducatifs et un dialogue culturel.

Situé dans le quartier culturel de Saadiyat, le Guggenheim Abu Dhabi rejoindra le Louvre Abu Dhabi, le Musée national Zayed, le Musée d’Histoire naturelle d’Abu Dhabi et teamLab Phenomena Abu Dhabi, renforçant ainsi le statut du quartier comme l’un des principaux pôles culturels au monde.

Membre du réseau de musées Guggenheim, qui comprend notamment ceux de New York, Venise et Bilbao, l’établissement d’Abu Dhabi a été développé avec une identité propre, ancrée dans l’histoire de l’émirat en tant que carrefour du commerce et des cultures.

Mohamed Khalifa Al-Mubarak, président du Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi, a déclaré : « Le Guggenheim Abu Dhabi représente un moment décisif dans notre parcours culturel. Le musée est le fruit de la conviction profonde de l’émirat que la culture constitue le lien le plus durable entre les peuples et un pilier essentiel des sociétés tournées vers l’avenir. Il apporte de nouvelles perspectives sur l’art moderne et contemporain, en mettant en lumière des œuvres venues des quatre coins du monde.

En tant qu’élément clé du quartier culturel de Saadiyat, le musée créera de nouvelles opportunités de transformation en matière d’apprentissage, de créativité et d’échanges culturels, inspirant les générations futures à explorer leur propre potentiel. Ici, chacun trouvera sa place et pourra se reconnaître dans les récits racontés par le musée, en découvrant des idées et des voix artistiques venues du monde entier. »

La Dre Mariet Westermann, directrice générale de la Fondation Solomon R. Guggenheim, a déclaré : « La Fondation Guggenheim est fière et heureuse d’être un partenaire de longue date du Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi dans la création d’un musée d’art contemporain d’une ambition et d’une envergure exceptionnelles. La collection du musée est à la fois profondément ancrée dans son territoire et résolument internationale, centrée sur la région tout en réunissant des œuvres provenant de tous les continents. À travers les nombreuses histoires qu’il racontera et fera découvrir, le Guggenheim Abu Dhabi sera une source d’émerveillement, un lieu de rencontre et un espace de curiosité et de joie pour les habitants des Émirats arabes unis comme pour les visiteurs du monde entier. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


«Mon chat s'appelle Zizou»: à Paris, les supporters ont accueilli le sélectionneur Zidane

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  • Zidane: Une génération qu'il aura la tâche de faire encore grandir après un mandat de 14 ans de Didier Deschamps, et une Coupe du monde remportée en 2018
  • "Comme Didier Deschamps, (Zidane) est un gagnant, poursuit le comptable de 34 ans, on espère qu'il mettra un peu plus de jeu, mais déjà à la dernière coupe du monde il y en avait et j'espère juste le voir gagner"

PARIS: Et soudain, une porte coulisse, laissant entrevoir la silhouette de la légende de l'équipe de France. Tout juste nommé sélectionneur des Bleus, 20 ans après la fin de sa carrière de joueur, Zinédine Zidane s'arrête devant la centaine de supporters, patientant pour une photo ou un autographe de l'homme du jour.

"J'ai rencontré Zidane, le maillot est signé", se réjouit Romain, 29 ans, portant à la fois la tunique des Bleus sur le dos, et tenant dans la main celle de la Coupe du monde 2006, qui avait marqué la fin de l'ère "ZZ" en équipe de France.

De ce Mondial, Milya, 10 ans, en a visionné récemment "le coup de boule", image aussi triste que célèbre de l'ancien meneur de jeu, exclu lors de la finale perdue contre l'Italie pour son geste sur Marco Materazzi.

Bien sur, la petite fille n'a pas connu Zinédine Zidane joueur mais "Papa est un grand fan". A tel point qu'à la maison, le poisson rouge s'appelle "Zizou" et le chat "OM".

"On venait pour un week-end de deux jours et on s'est dit qu'on allait être là, raconte à l'AFP sa mère Cindy, 35 ans et coordinatrice d'un habitat inclusif, on est tous fans de foot dans la famille, mais aussi de l'OM, donc Zidane, ça a du sens", reprend-elle, installée près des barrières posées en face du siège de la Fédération française de football, dans le 15e arrondissement de Paris.

"Une histoire du foot" 

Chez Xavier aussi, on a "appelé le chat Zizou", de quoi perturber son fils Hugo, 7 ans, qui apprendra à connaître davantage le champion du monde 98 comme celui qui accompagnera Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé ou encore Bradley Barcola.

Une génération qu'il aura la tâche de faire encore grandir après un mandat de 14 ans de Didier Deschamps, et une Coupe du monde remportée en 2018.

"Comme Didier Deschamps, (Zidane) est un gagnant, poursuit le comptable de 34 ans, on espère qu'il mettra un peu plus de jeu, mais déjà à la dernière coupe du monde il y en avait et j'espère juste le voir gagner".

"Quand on voit comment se structure l'Espagne (sacrée au Mondial-2026, ndlr), le challenge sera là, complète Fabrice, cadre de 54 ans, il faudra voir comment structurer une équipe avec un fort potentiel".

Ce dernier a vécu en 1998, depuis le Stade de France, la finale qui avait sacré les Français pour la première fois, avec un doublé du natif de Marseille. Un souvenir qui a évidemment marqué d'autres supporters réunis à Paris.

Les drapeaux s'agitent, et les membres de l'association des "Irrésistibles français" lancent une Marseillaise ou encore des chants pour patienter. Autour d'eux, certains passants s'arrêtent par curiosité, quand une compagnie de CRS, venue de Marseille, veille au bon déroulement de l'attente, qui a pris fin ce mardi.

"C'est une histoire du football français que l'on voit aujourd'hui, reprend Romain, employé dans la communication, Zidane c'est la France mais aussi au delà. J'ai grandi avec lui, les premiers matches que j'ai suivis étaient avec lui".

Les prochains le seront avec Zinédine Zidane le sélectionneur.

 


L’UNESCO inscrit six sites de la région MENA sur la Liste du patrimoine mondial

Les châteaux du Mont Amel ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. (X/@UNESCO)
Les châteaux du Mont Amel ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. (X/@UNESCO)
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  • Une procédure d’urgence qui reflète l’impact des conflits armés, du changement climatique et d’autres crises

DUBAÏ : Du premier site naturel des Émirats arabes unis inscrit au patrimoine mondial aux sites historiques de Palestine et du Liban, six nouveaux sites du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les nouveaux sites inscrits sont : Wadi Wurayah à Fujaïrah, la réserve marine d’Aqaba en Jordanie, le château d’Alamut et les fortifications associées en Iran, le village tunisien de Sidi Bou Saïd, les châteaux du Mont Amel au Liban et Sebastia en Palestine.

Le comité a également approuvé l’inscription du paysage migratoire de Boma-Badingilo, au Soudan du Sud, selon une procédure d’urgence, tout comme les châteaux du Mont Amel et Sebastia.

L’UNESCO a indiqué que cette procédure d’urgence reflétait l’impact croissant des conflits armés, du changement climatique et d’autres crises, qui mettent gravement en péril le patrimoine culturel et naturel. Les trois sites ont ainsi été ajoutés à la Liste du patrimoine mondial en péril.

Par ailleurs, le comité a inscrit trois sites déjà classés sur la Liste du patrimoine mondial en péril, estimant que les valeurs pour lesquelles ils avaient été reconnus étaient désormais menacées. Il s’agit de l’ancienne cité de Chersonèse taurique et sa chôra en Ukraine, du centre historique de Paramaribo au Suriname et de Tyr, au Liban. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com