Durabilité énergétique: Le PIF saoudien s’associe à quatre entreprises internationales

La société japonaise Softbank figure parmi les parties impliquées dans l’opération (Photo, Shutterstock).
La société japonaise Softbank figure parmi les parties impliquées dans l’opération (Photo, Shutterstock).
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Publié le Mercredi 21 février 2024

Durabilité énergétique: Le PIF saoudien s’associe à quatre entreprises internationales

  • Le mandat d’Alat s’articule autour de l’exploitation de l’énergie solaire, éolienne et de l’hydrogène vert propre du Royaume», a affirmé le PDG d’Alat
  • Dans le cadre de ce partenariat, Alat et Softbank établiront en Arabie saoudite une entreprise d’automatisation industrielle de nouvelle génération

RIYAD: La fabrication durable en Arabie saoudite devrait se développer grâce au partenariat entre Alat, détenue par le Fonds public d’investissement (PIF), et quatre entreprises mondiales, dont Softbank Group et Carrier Corporation.

Dans son communiqué de presse, l’entreprise technologique saoudienne indique qu’elle s’est également associée à Dahua Technology Ltd et à la Saudi Technology and Security Comprehensive Control Company, connue sous le nom de Tahakom, afin d’aider ces entreprises à réduire leurs émissions et à s’orienter vers une fabrication sans émission de carbone.

L’entreprise récemment créée a ajouté qu’elle investirait 100 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,93 euro) d’ici 2030 pour renforcer les capacités du secteur technologique, profitant du développement rapide de ce secteur en Arabie saoudite.

«En collaboration avec nos partenaires internationaux et régionaux, dont les quatre premiers sont fièrement annoncés aujourd’hui, nous allons redéfinir la fabrication durable. Le mandat d’Alat s’articule autour de l’exploitation de l’énergie solaire, éolienne et de l’hydrogène vert propre du Royaume», a affirmé le PDG d’Alat, Amit Midha.

Il a ajouté qu’ils exploitent la technologie avec ferveur afin de remodeler les entreprises, en capitalisant sur l’intelligence artificielle avancée et les technologies de la quatrième révolution industrielle dans l’industrie manufacturière.

Le PDG a souligné que l’engagement de l’entreprise allait au-delà de l’énergie propre. En effet, elle intègre des pratiques durables dans tous les aspects des opérations, des bâtiments, de la logistique et des chaînes d’approvisionnement, le développement durable étant au cœur de toutes les activités.

La société a assuré qu’elle renforcerait le secteur privé et améliorerait l’environnement commercial grâce à ses systèmes d’entreprise et à ses partenariats avec les principaux fabricants internationaux de produits technologiques.

Dans le cadre de ce partenariat, Alat et Softbank établiront en Arabie saoudite une entreprise d’automatisation industrielle de nouvelle génération, qui fabriquera des robots industriels révolutionnaires. Les deux entités investiront jusqu’à 150 millions de dollars pour créer un centre de fabrication et d’ingénierie entièrement automatisé répondant à la demande locale et mondiale. Alat prévoit l’ouverture de cette installation en décembre 2024.

En ce qui concerne le partenariat entre Alat et Carrier Corporation, l’un des principaux acteurs dans le domaine des solutions intelligentes en matière de climat et d’énergie, les deux sociétés établiront un centre de recherche et de développement avancé dans le Royaume. Cette initiative vise à réduire les émissions et à améliorer considérablement l’efficacité énergétique dans les bâtiments.

Carrier Corporation fournira des solutions de pointe en matière de chauffage, de ventilation et de climatisation, comprenant des systèmes et des produits de haute technologie tels que le débit de réfrigérant variable, des refroidisseurs et des unités de traitement de l’air.

Alat a par ailleurs précisé que cet accord prévoyait la construction d’un centre de fabrication et de recherche et de développement ultramoderne qui devrait créer plus de 5 000 emplois locaux.

200 millions de dollars d’investissement

L’entreprise technologique saoudienne a annoncé que Dahua Technology Ltd, l’un des principaux fabricants spécialisés dans les solutions de sécurité et de sûreté, commencera à fabriquer des produits technologiques dans la région.

Cette démarche sera facilitée par une nouvelle coentreprise visant à produire et à commercialiser des solutions pour les applications de sécurité et de surveillance, applicables dans les villes intelligentes, les bâtiments et les environnements d’entreprise. 

Selon le communiqué, Alat et l’entreprise chinoise investiront 200 millions de dollars pour créer une entreprise mondiale sécurisée et conforme pour les produits centrés sur la vision, nommée Alat AIVisio Technology Company Ltd, ainsi qu’une usine de fabrication ultramoderne en Arabie saoudite.

De son côté, Tahakom, qui développe déjà des systèmes de transport intelligents, de l’intelligence artificielle et des solutions de sécurité de pointe, collaborera avec Alat pour combiner leurs ressources et leurs capacités afin de faire progresser les solutions de mobilité intelligente et de villes intelligentes, conformément à la Vision 2030 saoudienne, a annoncé Alat.

D’après Alat, ce partenariat comprendra une collaboration sur la conception des solutions, les spécifications des produits et l’exploitation des fonctions de recherche et de développement et d'innovation. Il prévoit également l’élaboration de feuilles de route technologiques et l’entretien des relations avec les clients et les fournisseurs.

Alat a également mentionné qu’elle visait à innover et à créer des capacités de production dans sept unités commerciales, notamment des semi-conducteurs, des dispositifs intelligents et des bâtiments intelligents, ainsi que des appareils intelligents, des solutions de santé intelligente, des produits industriels avancés et des infrastructures de nouvelle génération.

Le communiqué conclut qu’Alat fabriquera dans un premier temps des produits dans 34 catégories réparties sur sept unités commerciales. En outre, il révèle que certains des professionnels les plus expérimentés de l’industrie mondiale ont été nommés pour diriger chacune de ces unités.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.