Trump «a violé la constitution», estime la républicaine qui veut le rendre inéligible

L'ancien président américain et candidat républicain à la présidentielle de 2024, Donald Trump, arrive à l'aéroport international de Greenville-Spartanburg à Greer, en Caroline du Sud, le 20 février 2024, avant une réunion publique de Fox News (Photo, AFP).
L'ancien président américain et candidat républicain à la présidentielle de 2024, Donald Trump, arrive à l'aéroport international de Greenville-Spartanburg à Greer, en Caroline du Sud, le 20 février 2024, avant une réunion publique de Fox News (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 22 février 2024

Trump «a violé la constitution», estime la républicaine qui veut le rendre inéligible

  • Les juges ont essentiellement concentré leurs questions sur des objections formelles, en semblant vouloir éviter toute accusation d'ingérence électorale
  • Lors de l'audience, les juges ont paru sceptiques face à cette procédure inédite, basée sur une provision largement tombée dans l'oubli

LOS ANGELES: A 91 ans, Norma Anderson connaît bien la constitution américaine: en tant que législatrice, elle l'a souvent consultée lors de sa longue carrière au sein du Parti républicain, et en conserve des exemplaires dans son sac à main et près de sa télévision.

Alors le 6 janvier 2021, lorsque les partisans de Donald Trump ont pris d'assaut le Capitole à Washington pour tenter d'empêcher de transférer le pouvoir au démocrate Joe Biden, elle a corné la page du 14e amendement, qui prévoit l'inéligibilité des responsables d'actes de "rébellion".

"Le soir-même, j'ai relu cette partie", raconte-t-elle à l'AFP par visioconférence, depuis sa maison du Colorado (ouest).

Cette conservatrice pur jus, élue pendant 20 ans sous l'étiquette du "Grand Old Party", en a tiré une certitude.

"Trump ne devrait plus jamais être président, parce qu'il a violé la constitution et tenté de renverser une élection", estime-t-elle. "Pour moi, cela signifie que notre démocratie est en danger s'il est élu."

La retraitée est devenue la plaignante principale - et inattendue - d'une procédure lancée par une association, qui a poussé la justice du Colorado à ordonner le retrait de Donald Trump des bulletins de vote dans l'Etat.

Une décision vivement contestée par l'ex-président, qui réclame à la Cour suprême son annulation de toute urgence, avant la primaire du Colorado organisée le 5 mars pour choisir le candidat républicain à la Maison Blanche.

«Espoir»

Scruté par d'autres Etats et potentiellement explosif, ce dossier a été examiné début février par la plus haute juridiction du pays, qui devrait trancher la question dans les prochains jours ou semaines.

Lors de l'audience, les juges ont paru sceptiques face à cette procédure inédite, basée sur une provision largement tombée dans l'oubli. Sans pour autant décourager Mme Anderson.

"Je suis de ces gens qui ont toujours de l'espoir, jusqu'à ce qu'on leur dise non", sourit l'ex-élue, première femme à être devenue cheffe des élus républicains au parlement du Colorado.

Le 14e amendement a été adopté en 1868, après la guerre de Sécession, pour empêcher les responsables confédérés sudistes impliqués dans cette guerre civile de se faire élire. Le texte exclut des plus hautes fonctions publiques quiconque se serait livré à des actes de "rébellion", après avoir prêté serment devant la Constitution.

Mais les débats devant la Cour suprême ne se sont pas aventurés sur le terrain miné de ce qui constitue ou non une rébellion, ni sur l'évaluation des actions de Donald Trump.

Les juges ont essentiellement concentré leurs questions sur des objections formelles, en semblant vouloir éviter toute accusation d'ingérence électorale. Ils ont notamment insisté sur un obstacle central : le Colorado peut-il décider seul de disqualifier un candidat à la présidentielle?

"Ils ne devraient pas s'inquiéter de cela", rétorque Mme Anderson, en soulignant qu'en Amérique, "chaque Etat gère les élections et approuve qui est sur les bulletins."

«Comme Poutine»

Outre les prétendants républicain et démocrate, des candidats indépendants se présentent parfois à la présidentielle dans certains Etats, sans pouvoir concourir dans tout le pays, rappelle-t-elle.

"Qu'est-ce qui fait qu'un républicain ou un démocrate serait meilleur qu'un candidat indépendant?", interroge-t-elle. "Rien. Nous devrions tous être traités de manière égale."

Pour Mme Anderson, l'attitude de Donald Trump, qui soutient encore faussement que l'élection de 2020 lui a été volée et parle ouvertement de "châtiment" en cas de retour à la Maison Blanche, reste sans équivoque.

"Nos pères fondateurs ne seraient pas tendres avec lui. Ils le feraient probablement emprisonner", lance-t-elle. "Il aime être comme Poutine, ou comme un roi. (...) Son comportement le prouve, tout ce qu'il dit le prouve."

Depuis son action en justice, l'équipe de campagne de Donald Trump la dépeint comme une "RINO", un acronyme infamant désignant ceux qui n'auraient de "républicain que le nom".

Pas de quoi faire sourciller la nonagénaire, élue du Colorado entre 1986 et 2006. Elle dit se concentrer sur les "félicitations d'inconnus de tout le pays", et se fait parfois arrêter par des passants pour une photo, près de 20 ans après sa retraite politique.

"A tout le moins, nous avons attiré l'attention sur ce qu'est Donald Trump", se réjouit-elle.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.


Téhéran dit ne pas avoir tranché sur un accord brandi par Trump après l'annulation de frappes

Le président des États-Unis, Donald Trump, s'exprime dans le Bureau ovale de la White House, jeudi. (Reuters)
Le président des États-Unis, Donald Trump, s'exprime dans le Bureau ovale de la White House, jeudi. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord avec l’Iran est proche et a annulé des frappes américaines prévues
  • Téhéran assure qu’aucune décision finale n’a encore été prise concernant cet accord

TEHERAN: Téhéran a indiqué vendredi ne pas avoir encore tranché sur l'accord annoncé par le président américain pour mettre fin à la guerre, tempérant cette nouvelle annonce de Donald Trump qui a évoqué une signature dès "ce week-end".

Donald Trump a annulé jeudi des frappes américaines qu'il avait menacées de lancer dans la soirée contre l'Iran, assurant qu'un terrain d'entente avait été trouvé.

"Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l'Iran et, une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe", a déclaré le président américain depuis le Bureau ovale.

La diplomatie iranienne a toutefois peu après assuré que Téhéran n'avoir pas encore décidé de signer.

"Jusqu'à présent, l'Iran n'a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l'accord", a déclaré le porte-parole Esmaeil Baqaei aux médias d'Etat iraniens.

Le dirigeant républicain a dit penser que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait validé ce qu'il a qualifié "d'accord-cadre très solide" avec les Etats-Unis et avancé que son vice-président, JD Vance, le signerait possiblement dès "ce week-end".

Mais il n'a donné aucun détail sur le contenu de ce compromis, si ce n'est qu'il assurait une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz après la signature, et l'impossibilité pour l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.

Selon un message sur X du bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Donald Trump avait promis que tout accord final inclurait "l'élimination de l'uranium enrichi" de Téhéran.

Cet espoir de résolution du conflit a entraîné à la baisse le pétrole, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédant 1,11% à 89,37 dollars vers 2H30 GMT. Rassérénés, les marchés asiatiques bondissent aussi vendredi matin, l'indice Nikkei à Tokyo grimpant de presque 4%, et le Kospi à Séoul flambant de plus de 7%.

- Terminal pétrolier menacé -

Jeudi, Donald Trump avait promis de frapper "très fort" l'Iran dans la soirée, menaçant notamment de "prendre l'île de Kharg", son principal terminal pétrolier.

Mais "prenant acte du fait que les discussions avec la République islamique d'Iran ont été vues et approuvées par les plus hautes autorités iraniennes", il a annoncé plus tard avoir "annulé les frappes et les bombardements qui étaient prévus contre l'Iran", sur son réseau Truth Social.

Mardi, Donald Trump avait déjà promis un accord imminent avec l'Iran, pour la 38e fois depuis le début du conflit, selon un décompte de CNN.

L'Egypte a appelé Washington et Téhéran à saisir "l'opportunité" d'un accord pour mettre fin à la guerre, après l'annulation des frappes sur l'Iran, dans un communiqué publié tard jeudi.

Le cessez-le-feu au Moyen-Orient, entré en vigueur le 8 avril, a globalement été respecté jusqu'au week-end dernier, mais cette semaine a été marquée par une reprise marquée des hostilités, plus de trois mois après le début du conflit.

L'armée américaine a indiqué avoir ciblé dans la nuit de mercredi à jeudi "des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays".

L'Iran a riposté en tirant une vingtaine de missiles vers une base américaine à Azraq en Jordanie - tous interceptés - et a à nouveau ciblé les monarchies du Golfe avec des drones. A Bahreïn, une enfant a été blessée par des débris.

- Ormuz fermé -

Le détroit d'Ormuz, par lequel passait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, a concentré les tensions: l'autorité maritime iranienne a annoncé le fermer totalement "jusqu'à nouvel ordre", alors que le passage d'une vingtaine de navires par jour était jusque-là autorisé.

L'Iran le verrouille depuis le début du conflit le 28 février, les Etats-Unis imposant en retour un blocus des ports iraniens.

Le conflit avait repris dimanche quand l'Iran a lancé des missiles sur Israël, pour la première fois depuis le début de la fragile trêve, en représailles à des frappes israéliennes sur Beyrouth.

Téhéran, parrain du Hezbollah libanais, insiste pour que tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient inclue le Liban, dont Washington voudrait traiter le sort à part.

Israël avait riposté aux missiles iraniens, avant que les deux ennemis n'annoncent suspendre les hostilités, comme réclamé par Donald Trump.

Dix membres du personnel d'un hôpital de la ville de Tyr, dans le sud du Liban, ont été blessés dans un bombardement israélien jeudi, a indiqué à l'AFP le directeur de l'établissement.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite.

Les opérations israéliennes ont tué plus de 3.700 personnes, principalement dans le sud du pays où son armée occupe désormais une partie du territoire.