Comment l'imam Mohammed a réalisé l'unité tribale pour créer le premier État saoudien

Un dessin de l'imam Mohammad ben Saoud tel qu'envisagé par Manga Production à Riyad (Photo, Manga Production).
Un dessin de l'imam Mohammad ben Saoud tel qu'envisagé par Manga Production à Riyad (Photo, Manga Production).
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Publié le Jeudi 22 février 2024

Comment l'imam Mohammed a réalisé l'unité tribale pour créer le premier État saoudien

  • L'Arabie saoudite a fait ses premiers pas sur la voie de la nation en 1727, lorsque l'imam Mohammed est devenu souverain de Diriyah
  • À sa mort en 1765, il avait jeté les bases de la plus grande entité politique que l'Arabie centrale ait jamais connue

LONDRES: La famille des Saoud a fait les premiers pas sur le long chemin de la nation en 1727, lorsque l'imam Mohammed ben Saoud a succédé à son cousin, Zaid ben Markhan, à la tête de la ville-État de Diriyah.

C'est ce moment charnière, reconnu comme la date à laquelle le premier État saoudien a vu le jour, qui est célébré dans le Royaume le 22 février de chaque année en tant que Jour de la fondation.

L'imam Mohammed avait appris l'art de la politique aux côtés de son père. Il a joué un rôle important en le soutenant tout au long de son règne et a fait ses preuves en tant que dirigeant lorsque Diriyah a été attaquée en 1721 par la tribu Banu Khalid d'Al-Ahsa.

L'imam Mohammed a mené les forces de son père à la victoire, renforçant ainsi la position régionale de Diriyah.

Après la mort de son père en 1725, l'imam Mohammed s'engagea à soutenir Markhan, du clan Watban de la tribu Zaid, et, après sa victoire, le servit loyalement jusqu'à ce que le court règne du prince soit interrompu par un assassinat l'année suivante.

Dès le départ, l'unité était le rêve de l'imam Mohammed, comme en témoigne l'histoire officielle publiée par la Diriyah Gate Development Authority.

Les chroniqueurs arabes contemporains ont rapporté que «les habitants de Diriyah avaient pleinement confiance en ses capacités et que ses qualités de dirigeant libéreraient la région des divisions et des conflits».

L'imam Mohammed était déjà connu pour «ses nombreuses caractéristiques personnelles, telles que sa dévotion, sa bonté, sa bravoure et sa capacité à influencer les autres», et le fait de lui transmettre le pouvoir a été «un moment de transformation, non seulement dans l'histoire de Diriyah, mais aussi dans l'histoire du Najd et de la péninsule arabique».

Déjà réputé pour être un homme d'action, l'imam Mohammed s’avèrera également être un dirigeant avisé.

L’imam Mohammed a entrepris la tâche ardue de réaliser l’unité politique entre les tribus, à commencer par les villes voisines de Najd, dans le but ultime d’établir un plus grand État arabe (Photo, Sotheby's).

L’imam Mohammed a entrepris la tâche ardue de réaliser l’unité politique entre les tribus, à commencer par les villes voisines de Najd, dans le but ultime d’établir un plus grand État arabe.

Comme l'atteste l'histoire officielle publiée par la Diriyah Gate Development Authority, «la tâche n'a pas été facile», mais à sa mort en 1765, l'imam Mohammed ben Saoud avait jeté les bases de la plus grande entité politique que l'Arabie centrale ait jamais connue.

Dès son ascension, «il a commencé à planifier le changement du statu quo qui prévalait à l'époque, en traçant une nouvelle voie dans l'histoire de la région vers l'unité, l'éducation, la diffusion de la culture, l'amélioration de la communication entre les membres de la société et la sécurité perpétuelle».

Au cours des neuf décennies suivantes, le pouvoir et l’influence de Diriyah ont augmenté, car la grande tâche de l’unité a été confiée aux trois successeurs de Mohammed – son fils Abdelaziz, qui allait fonder le district royal d’At-Turaif, le fils d’Abdelaziz Saoud le Grand, sous la direction duquel l'autorité du premier État saoudien a atteint son apogée, s'étendant sur la majeure partie de la péninsule arabique et, à sa mort en 1814, son fils Abdallah, qui était connu pour être un grand guerrier.

Mais le fait de défier l'empire ottoman, vaste et agressif, pour le contrôle de La Mecque et de Médine s'est avéré être la perte de Diriyah. L'imam Abdallah a hérité de la colère d'Istanbul, qui a dépêché une vaste force pour mettre fin à la menace que représentait Diriyah pour l'autorité ottomane dans la péninsule arabique.

Cela prit beaucoup plus de temps que le sultan n'aurait pu l'imaginer. Au cours d'une série de batailles acharnées qui s'étalèrent sur plusieurs années, les Arabes furent lentement repoussés de la côte de la mer Rouge jusqu'à leur dernier retranchement devant les murs de Diriyah.

Après un siège de six mois, Diriyah tombe. L'imam Abdallah a été emmené prisonnier à Istanbul, où il a été exécuté.

Sans se laisser décourager, le deuxième État saoudien a surgi des décombres du premier, cette fois à Riyad, l'ancienne capitale de la région de Hajer al-Yamamah, où il a prospéré de 1824 à 1891.

Cet État aussi, tombera.

Mais parmi les membres de la famille évincée de Riyad en 1891 par la famille rivale de Rachid se trouvait le fils du dernier imam du deuxième État saoudien, âgé de 16 ans, un jeune homme destiné à faire le dernier grand pas sur la voie sur laquelle son prédécesseur, l'imam Mohammed, s'était engagé des générations plus tôt.

Ci-dessus, les guerriers du prince Abdelaziz ibn Abdel Rahmane al-Saoud à dos de chameau dans la region du Nejd, en route pour reprendre Riyad, vers 1910 (Photo, Alamy).

L'histoire de la reconquête de Riyad par le prince Abdelaziz ibn Abdel Rahmane al-Saoud et une petite troupe de guerriers en 1902, qui a permis à la famille des Saoud de retrouver sa place légitime dans la région du Najd, est bien connue de tous les écoliers d'Arabie saoudite.

Mais la réalisation la plus remarquable d'Abdelaziz – le rassemblement des nombreuses tribus de la péninsule arabique pour permettre la fondation, en 1932, du Royaume d'Arabie saoudite – nécessitera des décennies de dévouement inébranlable à la vision d'unité de son ancêtre.

Aujourd'hui, l'attachement familial à l'une ou l'autre des tribus enracinées dans l'histoire de la péninsule arabique reste une source de grande fierté pour de nombreux Saoudiens et leurs familles, et fait partie du tissu de l'héritage diversifié mais unificateur du pays.

Toutefois, cela n'a pas toujours été le cas, comme l'a noté en 1982 John Duke Anthony, président fondateur et directeur général du Conseil national des relations américano-arabes, basé à Washington.

«Pendant une grande partie de l'histoire de la péninsule arabique, la plupart de ces tribus ont existé en tant qu'entités politiques indépendantes dans un microcosme», a-t-il écrit dans un essai intitulé «Saudi Arabia: From tribal state to nation-state» («Arabie saoudite: De l'État tribal à l'État-nation»).

«En tant que tels, ils étaient capables de s'unir pour une action commune. Cependant, ils ont le plus souvent agi comme des forces de division dans un contexte sociétal plus large», a indiqué Anthony.

«C'est cette dernière caractéristique, plus que toute autre, qui a incité feu le roi Abdelaziz, fondateur de l'Arabie saoudite moderne, à rechercher un certain nombre de moyens pour intégrer les différentes tribus dans la nouvelle structure politique nationale du Royaume.

«Le contenu religieux du message d'Abdelaziz, alors qu'il entreprenait de réunir l'Arabie en un seul État, qui s'est avéré être sa plus grande source de force», a-t-il précisé.

Ci-dessus, le prince Abdelaziz ibn Abdel Rahmane al-Saud au Koweït, vers 1910 (Photo, Alamy).

«Abdelaziz a été capable de diriger et de contrôler une adhésion stricte aux doctrines islamiques et, de cette manière, de modifier de manière significative les distinctions tribales qui divisaient auparavant le royaume.»

En 2022, Hasan Massloom, membre du Conseil de la Choura d'Arabie saoudite, a écrit que dans l'Arabie saoudite moderne, le tribalisme complétait plutôt qu'il ne contredisait les ambitions de la Vision 2030 du Royaume, qui ont été dévoilées aux citoyens saoudiens et au monde par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, en 2016.

«Aucune discussion sur le changement social n'est concevable sans reconnaître l'origine tribale de la société saoudienne», a écrit Massloom dans une tribune publiée sur Arab News.

«Le tribalisme dans la péninsule arabique existe depuis des milliers d'années, avant le judaïsme, le christianisme et l'islam. Il s'agissait d'un système indépendant et cohésif de survie dans le désert qui assurait à ses membres un statut social, un avantage économique et une protection physique pour ses membres», a-t-il indiqué.

«Les membres d'une même tribu partageaient une ascendance commune, une dignité collective et une réputation commune. La dureté de la vie dans le désert aride a imposé un lien moral ferme et contraignant entre les tribus pour défendre leur progéniture et leurs biens. L'histoire des tribus s'enorgueillissait de la hiérarchie sociale, de l'obligation de vengeance et de l'attachement profond au territoire, aux pâturages et aux puits d'eau», a expliqué Masloom.

«Le roi Abdelaziz a fait pivoter avec tact la scène tribale arabe vers son rêve d'un royaume national lorsqu'il a persuadé les tribus hostiles et combattantes de mettre leurs conflits de côté et de s'unir sous sa direction pour construire un État moderne», a-t-il ajouté.

En effet, Abdelaziz, l'homme que le monde entier connaît simplement sous le nom d'Ibn Saoud, a achevé le parcours commencé par la fondation du premier État saoudien par l'imam Mohammed en 1727.

Le 27 janvier 2022, le Jour de la fondation a été institué par un ordre royal du roi Salmane en reconnaissance de ce moment charnière de l'histoire de la nation et pour honorer la sagesse d'un dirigeant qui «a assuré l'unité et la sécurité dans la péninsule arabique après des siècles de fragmentation, de dissension et d'instabilité».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.


Visite du président libanais à Washington: le Hezbollah dénonce une «soumission» à un pouvoir étranger

Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
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  • Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais
  • Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud

BEYROUTH: Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère".

Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

Cet accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe une partie du sud du pays désignée comme "zone de sécurité" - sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

La formation pro-iranienne, qui s'oppose à l'accord, a déploré dans un communiqué que la visite de M. Aoun n'avait "débouché sur aucun engagement américain" sur un retrait de l'armée israélienne du sud du Liban, ni n'avait mis fin aux tirs israéliens, ni permis un retour sûr des déplacés dans cette région.

"Dans la série ininterrompue des concessions" du pouvoir, cette visite a révélé "l’ampleur de la dépendance et de la soumission à une tutelle étrangère", a ajouté le Hezbollah.

Pendant l'entrevue, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de l'accord.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran, a réitéré son refus des négociations directes entre Israël et le Liban.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans le village de Zawtar al-Gharbiya dont l'armée israélienne contrôlait les abords.

Le chef de l'armée, Rodolphe Haykal, s'est rendu jeudi sur place où il "a passé en revue les mesures prises" afin de " garantir le retour en sécurité des habitants", selon un communiqué de l'armée.

Un photographe de l'AFP a vu des équipes de secours entrer dans cette localité, qui reste interdite d'accès aux habitants.

Elles ont récupéré trois corps, et poursuivent des opérations de recherche, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais de la guerre régionale.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud.

L'ANI a rapporté une "forte explosion" dans la localité frontalière d'al-Tiri, l'attribuant à l'armée israélienne. Des tirs israéliens dans une autre localité du sud ont blessé un travailleur syrien, a ajouté l'agence.

Des secouristes affiliés au Hezbollah ont rapporté qu'une frappe israélienne près de Nabatiyé al-Fawqa avait visé une ambulance qui se rendait sur le site d'une précédente frappe, et blessé deux secouristes.


La coopération saoudo-américaine peut-elle faire émerger un « Aramco du nucléaire » ?

L’accord s’appuie sur neuf décennies de coopération énergétique, tandis que Washington soutient les ambitions à long terme du Royaume en matière de nucléaire civil. (Getty Images)
L’accord s’appuie sur neuf décennies de coopération énergétique, tandis que Washington soutient les ambitions à long terme du Royaume en matière de nucléaire civil. (Getty Images)
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  • L’accord repose sur près de neuf décennies de coopération énergétique, alors que Washington apporte son soutien aux ambitions de long terme de l’Arabie saoudite dans le domaine du nucléaire civil
  • Des experts estiment que la profonde confiance stratégique et les intérêts commerciaux communs ont rendu possible ce partenariat historique

LONDRES : Bien que les détails techniques et les conditions politiques de l’accord nucléaire conclu entre l’Arabie saoudite et les États-Unis n’aient pas encore été entièrement dévoilés, la nouvelle a été accueillie de manière largement positive par les experts et les observateurs des deux pays.

Comme l’a souligné mercredi le ministère saoudien de l’Énergie dans un communiqué, cet accord ne sort pas de nulle part.

L’Accord de coopération sur les usages pacifiques de l’énergie nucléaire, indique le ministère, « s’inscrit dans le prolongement du partenariat stratégique historique entre les deux pays amis ».

Plus récemment, il fait suite à l’annonce effectuée lors de la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane aux États-Unis l’an dernier, concernant « l’aboutissement des négociations sur la coopération bilatérale dans les usages pacifiques de l’énergie nucléaire ».

Historiquement, la coopération énergétique entre Washington et Riyad a donné naissance à des avancées majeures. Les fondations de ce qui deviendra Aramco, aujourd’hui la plus grande compagnie pétrolière au monde, ont été posées en 1933, lorsque l’Arabie saoudite a signé un accord de concession avec la Standard Oil Company of California.

Le ministère ajoute que cet accord « reflète la vision commune des deux pays visant à renforcer leur coopération dans les domaines de l’énergie et des technologies d’avenir, tout en soutenant le développement durable ».

Mais l’ancienneté de cette vision pourrait surprendre plus d’un. 

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Un puits de pétrole à Ain Dar, en Arabie saoudite, en 1952. (Photo : Touring Club Italiano/Marka/Universal Images Group via Getty Images)

En avril 1986, deux chercheurs du département de génie nucléaire de l’Université Roi-Abdelaziz de Djeddah se sont rendus à l’aéroport international de Pittsburgh afin de participer à une conférence consacrée à la théorie et aux applications de la modélisation et de la simulation informatiques dans plusieurs disciplines.

Le titre de la communication présentée par A.F. Abdul-Fattah et W.H. Abulfaraj lors de cette conférence de deux jours organisée à l’Université de Pittsburgh était : « Évaluation technologique des réacteurs nucléaires de recherche pour l’Arabie saoudite ».

Quarante ans plus tard, ce document rappelle que, loin d’être le résultat d’une course précipitée vers l’énergie nucléaire, le nouvel accord annoncé avec les États-Unis constitue simplement la dernière pièce d’un puzzle énergétique que le Royaume assemble avec patience depuis au moins quatre décennies. 

Michael Ratney, ancien ambassadeur des États-Unis à Riyad et conseiller principal au Center for Strategic and International Studies (CSIS) à Washington, a déclaré à Arab News que l’accord nucléaire entre les États-Unis et l’Arabie saoudite était, sans aucun doute, « un accord historique ».

« Les Saoudiens réfléchissent à ce projet depuis très longtemps », a-t-il expliqué. « Le processus s’est accéléré avec la Vision 2030 en raison de son objectif de diversification économique et de la volonté de bâtir une économie viable pour l’après-pétrole.

« Et cela ne signifie pas seulement une économie qui ne dépend plus des exportations de pétrole. Cela signifie aussi une économie qui ne dépend plus du pétrole pour répondre à ses propres besoins énergétiques. »

Selon lui, le nucléaire constitue un élément logique d’un mix énergétique plus large basé sur les énergies renouvelables que le Royaume est en train de développer.

« L’Arabie saoudite investit déjà dans l’énergie solaire et l’énergie éolienne, et le nucléaire s’inscrit dans un bouquet énergétique décarboné. C’est d’ailleurs le même débat qui se déroule actuellement en Europe et aux États-Unis.

« Les Saoudiens considèrent depuis longtemps l’énergie nucléaire comme une alternative aux combustibles fossiles, et cet accord représente l’occasion de concrétiser cette ambition. »

Il a ajouté que les États-Unis avaient également beaucoup à gagner de ce nouvel accord.

« Je ne participe pas directement aux négociations », a-t-il précisé. « Mais je suppose que si nous poursuivons ce projet aujourd’hui, c’est aussi parce que nous nous attendons à ce que les Saoudiens collaborent avec des entreprises américaines pour construire les réacteurs. »

Dans une publication sur X, l’homme d’affaires et commentateur saoudien Turki Al-Faisal Al-Rasheed a lui aussi estimé que les deux parties avaient beaucoup à gagner.

Selon lui, ce partenariat « vise à répondre aux besoins de l’Arabie saoudite en matière d’énergie nucléaire à des fins pacifiques, tout en offrant à Washington un levier pour éloigner Riyad de la Chine, son principal partenaire dans de nombreux projets de la Vision 2030. »

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Le prince héritier Mohammed ben Salmane lance le projet de construction du premier réacteur nucléaire de recherche d’Arabie saoudite. (Photo SPA)

La technologie et l’expertise américaines contribueraient à « maintenir des normes élevées en matière de garanties de sécurité et de non-prolifération ». Dans le même temps, « l’Arabie saoudite dispose de ressources considérables et de multiples options à l’international ; remporter ces contrats générerait des emplois, renforcerait le leadership technologique des États-Unis et accroîtrait les revenus à l’exportation des entreprises américaines. »

Toutefois, dans un entretien accordé à Arab News, Turki Al-Rasheed a rappelé que, s’il est « essentiel — voire vital — pour l’Arabie saoudite de renouveler et de diversifier ses sources d’énergie », le Royaume peut choisir de le faire avec les États-Unis ou avec d’autres partenaires, comme la France, la Chine ou la Russie.

« Les États-Unis doivent être notre priorité, mais pas notre seule priorité », a-t-il déclaré. « N’oublions pas que la Chine est notre premier partenaire commercial. Les États-Unis sont notre partenaire militaire et politique. La Russie est notre principal partenaire dans le pétrole et l’énergie. Nous devons préserver l’ensemble de ces relations. »

La confiance des États-Unis dans leur partenariat avec l’Arabie saoudite s’est manifestée non seulement à travers l’accord signé mercredi, mais aussi par la relation étroite qui s’est développée entre les hauts responsables de Washington et de Riyad.

Lors de la cérémonie de signature organisée au siège du département américain de l’Énergie, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a salué le prince Abdulaziz ben Salmane comme « l’un des analystes les plus avisés des marchés mondiaux de l’énergie », ajoutant qu’il admirait depuis longtemps sa franchise sur les grandes questions énergétiques internationales, bien avant leur première rencontre. 

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Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright. (Photo fournie)

Depuis, a-t-il expliqué, les deux hommes ont noué une relation d’amitié fondée sur la confiance, qui dépasse largement les discussions sur le pétrole, le gaz et la coopération dans le domaine du nucléaire civil.

Chris Wright a également salué le « leadership fort et fondé sur des principes » du ministre saoudien de l’Énergie, estimant qu’il avait contribué à transformer le secteur énergétique du Royaume. Selon lui, cette relation de confiance personnelle reflète une conviction plus large : celle que l’Arabie saoudite est un partenaire stratégique de long terme.

Certains observateurs ont toutefois exprimé des inquiétudes, estimant que si l’Arabie saoudite développait une capacité d’enrichissement de l’uranium, cela pourrait déclencher une course aux armements dans la région.

L’Arabie saoudite dispose d’importants gisements d’uranium. En 2019, le prince Abdulaziz avait déclaré : « Nous voulons maîtriser l’ensemble du cycle, depuis l’extraction de l’uranium jusqu’à son enrichissement, puis à son utilisation. » 

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Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz ben Salmane Al Saoud, lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, le 4 juin 2026. (AFP/Photo d’archives)

La même année, une étude conjointe menée par le Saudi Geological Survey, le Beijing Research Institute of Uranium Geology et la China National Nuclear Corporation a identifié trois grands gisements, situés dans le centre et le nord-ouest du pays, susceptibles de produire jusqu’à 90 000 tonnes d’uranium.

« Je pense qu’il est normal que cela suscite des inquiétudes lorsque d’autres pays commencent à développer une capacité d’enrichissement nucléaire », a déclaré Michael Ratney. « Mais ce qui a été convenu dans cet accord ne donne pas à l’Arabie saoudite une arme nucléaire. Ce n’est tout simplement pas le cas.

« Il lui permet de développer un programme nucléaire civil en coopération avec les États-Unis, sous le contrôle des garanties de non-prolifération, afin que le Royaume puisse progressivement réduire sa dépendance au pétrole pour la production d’électricité. »

Selon lui, l’accord « laisse la porte ouverte » à un éventuel enrichissement de l’uranium, « mais uniquement au terme de nombreux autres accords et consultations avec les États-Unis avant d’en arriver là. Et un tel projet serait extrêmement coûteux et prendrait beaucoup de temps à mettre en œuvre. »

« Il faut déjà beaucoup de temps pour construire une centrale nucléaire. Développer une capacité d’enrichissement du combustible nucléaire prendrait encore bien plus de temps.

« En attendant, comme la plupart des pays, l’Arabie saoudite importera son combustible nucléaire, tout comme les États-Unis. Nous extrayons de l’uranium, mais nous importons également du combustible nucléaire parce que notre production ne suffit pas à alimenter l’ensemble de nos réacteurs. »

Selon Michael Ratney, l’impulsion initiale ayant conduit à l’accord actuel remonte à l’administration Biden.

« Les premières discussions ont eu lieu sous l’administration Biden, dans le cadre d’un projet d’accord global qui devait inclure un volet nucléaire, une normalisation des relations avec Israël ainsi qu’un traité de défense mutuelle avec les États-Unis.

« Ce projet a pris fin avec la fin du mandat de l’administration Biden, lorsque le processus de normalisation s’est pratiquement enlisé. Il semble désormais que l’administration Trump ait repris le volet nucléaire de cette initiative. » 

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Michael Ratney, ancien ambassadeur des États-Unis à Riyad et conseiller principal au Center for Strategic and International Studies (CSIS). (Photo fournie)

Michael Ratney estime que l’accord franchira l’étape du Congrès et qu’il est conçu pour durer.

« Il n’a pas besoin d’un vote d’approbation ; il lui suffit de survivre à un vote de désapprobation, et je pense que ce sera le cas. Je suis donc convaincu qu’il entrera en vigueur et je doute qu’une future administration cherche à le remettre en cause. »

Alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran se poursuivent, Ratney estime que l’accord comporte également une dimension politique.

« Cela fait probablement partie de la réflexion saoudienne : montrer à leurs voisins que l’Iran n’est pas le seul pays capable de développer un programme nucléaire, et que l’Arabie saoudite peut poursuivre un tel programme non pas de manière illicite, comme l’Iran est parfois accusé de le faire, mais en coopération avec une superpuissance mondiale. »

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Lors de la visite du secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, au laboratoire national de l’Idaho, le 25 juin 2026. (AFP) (AFP)

En réponse à une demande de commentaire, un porte-parole de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué que l’agence « est informée des discussions entre le Royaume d’Arabie saoudite et les États-Unis en vue de conclure un accord bilatéral de coopération dans le domaine du nucléaire civil, ainsi que du projet de demander à l’AIEA de mettre en œuvre des mesures de vérification dans le cadre de cet accord.

« Nous attendons avec intérêt de recevoir cette demande de vérification et de collaborer avec les États-Unis et le Royaume d’Arabie saoudite afin de garantir la mise en œuvre de ces mesures.

« Celles-ci devront s’accompagner des mécanismes de vérification prévus par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et par l’Accord de garanties généralisées applicable à l’Arabie saoudite.

« Une fois que les deux pays auront présenté cette demande, et conformément aux procédures de l’Agence, le Directeur général la soumettra au Conseil des gouverneurs afin d’obtenir l’autorisation nécessaire à sa mise en œuvre. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com