Maroc: un blogueur condamné pour «diffamation» sur plainte d'un ministre

Le ministre de la Justice marocain, Abdellatif Ouahbi (Photo, Instagram: @redataoujni).
Le ministre de la Justice marocain, Abdellatif Ouahbi (Photo, Instagram: @redataoujni).
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Publié le Jeudi 22 février 2024

Maroc: un blogueur condamné pour «diffamation» sur plainte d'un ministre

  • Le ministre accusait le blogueur de l'avoir diffamé dans deux vidéos qu'il a postées en ligne
  • Arrêté la semaine dernière dans la ville d'Agadir, le youtubeur Mohamed Reda Taoujini a été condamné mercredi soir à deux ans de prison et une amende équivalant à 1 830 euros

RABAT: Un blogueur marocain a été condamné à deux ans de prison pour "diffamation" sur plainte du ministre de la Justice pour des publications en lien avec une vaste affaire de trafic de drogue, a indiqué jeudi son avocat.

Arrêté la semaine dernière dans la ville d'Agadir (sud-ouest), le youtubeur Mohamed Reda Taoujini a été condamné mercredi soir à deux ans de prison et une amende équivalant à 1.830 euros à la suite de deux plaintes du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, selon son avocat Redouane Arabi.

Le ministre accusait le blogueur de l'avoir diffamé dans deux vidéos qu'il a postées en ligne s'interrogeant sur ses éventuels liens avec un vaste trafic de drogue, connu comme l'affaire "Escobar du Sahara", après l'arrestation de deux élus de sa formation politique, le Parti Authenticité et Modernité (PAM), dans le cadre de l'enquête.

«Escobar du Sahara»

Membres du PAM qui participe au gouvernement, Saïd Naciri, président du Conseil préfectoral de Casablanca (ouest) et Abdennabi Biioui, président du Conseil régional de l'Oriental (est) ont été placés en détention le 22 décembre pour leur implication présumée dans ce trafic.

M. Naciri est également président du Wydad Casablanca, l'un des plus importants clubs de football d'Afrique.

C'est la première fois que deux figures politiques d'un tel rang sont présumées impliquées dans une affaire de drogue d'une telle ampleur au Maroc.

Le blogueur a été condamné par le tribunal de première instance d'Agadir après avoir été reconnu coupable d'"outrage à un fonctionnaire public" et de "diffamation", a précisé son avocat, qualifiant la peine de "sévère et inéquitable".

Selon le site d'information Lakome2, le ministre de la Justice a également porté plainte contre trois journalistes ayant évoqué ses liens présumés avec le trafic de drogue.

L'enquête concerne au total 25 personnes, dont 20 sont incarcérées. Elles sont soupçonnées notamment de "détention, commercialisation et exportation de drogues" et "corruption", selon le parquet.

Les suspects seraient en lien avec Hadj Ahmed Ben Brahim, un Malien qui purge une peine de 10 ans au Maroc pour une affaire de trafic international de stupéfiants.

Surnommé le "Pablo Escobar du Sahara", M. Ben Brahim a été arrêté en 2019 à Casablanca, dans le cadre d'une enquête sur la saisie record de 40 tonnes de résine de cannabis en 2015 dans des camions lui appartenant.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.