Les autorités russes font du «chantage» pour enterrer «secrètement» Navalny, accuse sa mère

Yulia Navalnaya, la veuve d'Alexei Navalny, se couche avec sa fille Dasha Navalnaya, dans un endroit inconnu, sur cette photo obtenue sur les réseaux sociaux, publiée le 22 février 2024 (Photo, Reuters).
Yulia Navalnaya, la veuve d'Alexei Navalny, se couche avec sa fille Dasha Navalnaya, dans un endroit inconnu, sur cette photo obtenue sur les réseaux sociaux, publiée le 22 février 2024 (Photo, Reuters).
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Publié le Vendredi 23 février 2024

Les autorités russes font du «chantage» pour enterrer «secrètement» Navalny, accuse sa mère

  • «Ils veulent que tout soit fait secrètement, sans cérémonie» a déclaré Lioudmila Navalnaïa
  • Selon sa mère, les enquêteurs ont déjà établi la cause du décès, «et tous les documents juridiques et médicaux sont prêts»

MOSCOU: La mère de l'opposant russe Alexeï Navalny a affirmé jeudi qu'elle avait pu voir le corps de son fils, après plusieurs jours d'attente, mais a accusé les autorités russes d'exercer contre elle un "chantage" pour l'enterrer "secrètement".

"Ils veulent que tout soit fait secrètement, sans cérémonie, ils veulent m'emmener aux confins d'un cimetière, près d'une tombe fraîche, et me dire +ci-gît ton fils+. Je ne suis pas d'accord avec cela", a déclaré Lioudmila Navalnaïa, dans une vidéo diffusée jeudi par l'équipe de l'opposant.

Mme Navalnaïa a indiqué avoir été conduite à la morgue et pu voir la dépouille. Elle dit aussi se trouver à Salekhard, la capitale du district de Iamalo-Nénétsie, région du Grand Nord où est mort officiellement en détention Alexeï Navalny le 16 février.

Selon sa mère, les enquêteurs ont déjà établi la cause du décès, "et tous les documents juridiques et médicaux sont prêts".

Biden rencontre la veuve de Navalny avant l'annonce de nouvelles sanctions contre Moscou

"Un homme d'un courage incroyable": Joe Biden a présenté jeudi en personne ses condoléances à la veuve et à la fille d'Alexeï Navalny, lors d'une rencontre privée à San Francisco qui précède de peu l'annonce de nouvelles sanctions américaines contre la Russie.

Le président américain, en campagne électoral en Californie depuis mardi, s'est entretenu à l'écart de la presse avec Ioulia et Dacha Navalnaïa. Cette dernière, fille de l'opposant russe mort en détention, étudie à l'université californienne de Stanford.

"J'ai eu l'honneur de rencontrer l'épouse et la fille d'Alexeï Navalny", a dit le démocrate de 81 ans lors d'une très brève intervention devant les caméras après l'entrevue. "C'était un homme d'un courage incroyable et c'est extraordinaire de voir comment sa femme et sa fille reproduisent cela".

Selon l'équipe de l'opposant, la cause du décès est inscrite comme étant "naturelle".

"Légalement, ils auraient dû me rendre immédiatement le corps d'Alexeï, mais ils ne l'ont pas fait. Au lieu de ça, ils me font du chantage", a fustigé la mère l'opposant.

"J'enregistre cette vidéo parce qu'ils ont commencé à me menacer. En me regardant dans les yeux, ils disent que si je refuse des funérailles secrètes, ils feront quelque chose de son corps. L'enquêteur (...) m'a dit ouvertement +Le temps joue contre vous, le cadavre se décompose", a-t-elle raconté.

"Je veux que pour vous, ceux pour qui Alexeï était un être cher, pour qui sa mort a été une tragédie personnelle, il y ait une possibilité de lui dire adieux", a poursuivi la mère de l'opposant.

Depuis samedi, Lioudmila Navalnaïa cherchait à avoir accès à son corps, les enquêteurs assurant que des "expertises" étaient nécessaires. Elle s'était même adressée au président Vladimir Poutine pour obtenir gain de cause.

L'équipe du principal adversaire de Vladimir Poutine, mort après trois ans d'emprisonnement dans des conditions de plus en plus éprouvantes, accuse le Kremlin d'avoir fait tuer Alexeï Navalny et de chercher à dissimuler ses traces.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.