Ukraine: nouvelles sanctions américaines contre Moscou, mais Zelensky réclame des armes

Zelensky, s'exprimant en compagnie de la Première ministre danoise Mette Frederiksen, a jugé que les retards dans les fournitures d'armes avaient contribué au fait que la contre-attaque ukrainienne n'avait pas réussi (Photo, Service de presse présidentiel ukrainien / AFP).
Zelensky, s'exprimant en compagnie de la Première ministre danoise Mette Frederiksen, a jugé que les retards dans les fournitures d'armes avaient contribué au fait que la contre-attaque ukrainienne n'avait pas réussi (Photo, Service de presse présidentiel ukrainien / AFP).
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Publié le Samedi 24 février 2024

Ukraine: nouvelles sanctions américaines contre Moscou, mais Zelensky réclame des armes

  • Joe Biden a annoncé un arsenal de mesures visant à la fois des individus liés à l'emprisonnement de Navalny, mort en prison, et la machine de guerre russe
  • Le Trésor américain avait déjà prévenu jeudi qu'il s'agirait «de la tranche (de sanctions) la plus importante depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par Poutine»

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé vendredi de nouvelles sanctions contre la Russie mais ce sont des missiles et des avions de combat qu'a réclamés d'urgence Volodymyr Zelensky, face à la poussée de l'armée russe dans l'est de l'Ukraine, qui entre dans sa troisième année de guerre.

A Moscou, Vladimir Poutine a de son côté vanté les livraisons croissantes de missiles, de drones, de blindés, d'artillerie et d'autres armements livrés pour mener en Ukraine une lutte victorieuse "pour la vérité et la justice".

L'Ukraine a cependant affirmé dans la soirée avoir infligé un nouveau camouflet à la Russie en abattant au-dessus de la mer d'Azov un très coûteux avion russe de détection et surveillance radar A-50, l'équivalent des Awacs de l'Otan emportant un radar au-dessus du fuselage.

Si cette information était confirmée - les autorités de la région russe de Krasnodar ont fait état d'un incendie causé par la chute d'un aéronef -, ce serait le deuxième appareil de ce type abattu dans cette zone en un peu plus d'un mois.

Le président ukrainien, qui a néanmoins qualifié cette semaine d'"extrêmement difficile" la situation sur le front, a pressé vendredi ses alliés occidentaux de livrer le plus rapidement possible de nouveaux systèmes de défense antiaérienne et les avions de combat promis de longue date.

"Ce qui est important, c'est que toutes les décisions soient prises à temps", a-t-il souligné à Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, alors qu'une nouvelle aide américaine de 60 milliards de dollars est bloquée au Congrès.

"La chose la plus importante est de débloquer le ciel. La défense antiaérienne et les (...) avions y contribueront", a-t-il ajouté, à un moment où l'Ukraine est confrontée à des vagues successives, destructrices et meurtrières, de missiles de croisière, de missiles balistiques et de drones explosifs qu'elle s'épuise à intercepter.

Fragilisée par l'échec de la contre-offensive qu'elle a déclenchée l'été dernier et un manque croissant de munitions et de soldats, l'armée ukrainienne a dû se résoudre la semaine dernière à céder la ville d'Avdiïvka dans l'est, après des mois de combats acharnés.

Des F-16 «avant l'été»

M. Zelensky, s'exprimant en compagnie de la Première ministre danoise Mette Frederiksen, a jugé que les retards dans les fournitures d'armes avaient contribué au fait que la contre-attaque ukrainienne n'avait pas réussi.

Présente à Lviv, la Première ministre danoise Mette Frederiksen, dont le pays a été l'un des premiers à annoncer l'envoi à Kiev d'avions de chasse de fabrication américaine F-16, a pour sa part espéré que les premiers pourraient arriver en Ukraine "avant l'été".

A Bruxelles, l'Union européenne s'est dite "plus que jamais" unie derrière l'Ukraine et a promis de poursuivre son soutien "politique, militaire, financier, économique, diplomatique et humanitaire" pour l'aider à "se défendre, protéger son peuple, ses villes et ses infrastructures essentielles, rétablir son intégrité territoriale (...) et mettre fin à la la guerre".

Les dirigeants de l'UE ont validé début février une enveloppe supplémentaire pour l'Ukraine de 50 milliards d'euros et ses pays membres participent à des degrés divers, ainsi que le Royaume uni, à son effort de guerre mais c'est aujourd'hui l'aide militaire américaine, bloquée au Congrès par les élus républicains sous la houlette de Donald Trump, qui manque cruellement aux Ukrainiens.

Salve de sanctions

Faute de réussir dans l'immédiat à surmonter ce blocage, Joe Biden a annoncé vendredi la plus importante salve de sanctions américaines depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie il y a deux ans, répondant au premier chef à la mort en détention la semaine dernière de l'opposant russe Alexeï Navalny.

"Si Poutine ne paye pas le prix de la mort et de la destruction qu'il répand, il continuera", a souligné le président américain.

Il a fait état de sanctions ciblant "des individus liés à l'emprisonnement de Navalny" mais aussi le "secteur financier russe, l'industrie de défense, les réseaux d'approvisionnement et les auteurs de contournement des sanctions, à travers plusieurs continents" et dans nombre de pays dont la Chine et l'Allemagne.

Les Etats-Unis ont à cet égard sanctionné le même jour 14 pétroliers d'une "flotte fantôme" utilisés par la Russie pour échapper au plafond imposé par les Occidentaux au prix de son pétrole.

"L'Histoire nous observe. L'horloge tourne" et "nous ne pouvons pas tourner le dos maintenant" à l'Ukraine, a martelé M. Biden.

"C'est le moment de montrer que la tyrannie ne triomphera jamais et de dire une nouvelle fois que nous resterons aux côtés de l'Ukraine aujourd'hui et demain", a quant à lui clamé le Premier ministre britannique Rishi Sunak.

 

La Russie va se «venger» des nouvelles sanctions occidentales, affirme Medvedev

Le numéro deux du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev a juré samedi que son pays se vengera des sanctions occidentales.

"Qu'ils (les Occidentaux) souffrent tous là-bas. Il faut qu'on se souvienne de ça, qu'on se venge d'eux partout où c'est possible. Ce sont nos ennemis", a écrit sur Telegram l'ex-président russe, habitué aux déclarations va-t-en-guerre.

M. Medvedev a également appelé à mener sur les territoires des pays occidentaux des opérations secrètes, alors que la Russie est déjà régulièrement accusée d'opérations d'espionnage, d'influence et d'assassinats ou tentatives d'assassinats. Moscou les dément systématiquement.

Il faut aussi "mettre en oeuvre sur leurs territoires des activités d'un certain type, dont on ne peut pas parler publiquement. A la guerre comme à la guerre", a-t-il conclu.

«Nous avons appris à tenir»

En attendant, les frappes contre l'Ukraine continuent. Un bombardement a fait trois morts à Odessa (sud).

Le Russes ont par ailleurs procédé à une centaine d'attaques ces dernières 24 heures sur le front Est, dont près de la moitié autour de Mariïnka, un nouveau "point chaud", a noté vendredi l'armée ukrainienne.

Si l'armée russe a subi de très lourdes pertes, avec jusqu'à 120.000 morts selon des sources américaines, elle a pu recruter près d'un demi-million d'hommes en 2023 et encore environ 53.000 en janvier 2024, d'après des chiffres officiels.

L'Ukraine a vu elle aussi ses forces amoindries par sa contre-offensive de l'été 2023 et ne parvient pas à regarnir les rangs.

A Kiev, une retraitée, Nina, souligne cependant que l'Ukraine "n'a pas abandonné" après deux ans de combats : "Nous avons appris à tenir, à être plus forts et à y croire".

A l'ONU, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a accusé vendredi la Russie d'"ignorer la voix de la majorité mondiale" en poursuivant son "agression", tandis qu'une cinquantaine d'Etats affichaient leur soutien à son pays.


Un responsable iranien juge "probable" une reprise de la guerre avec les Etats-Unis

Des personnes chantent lors d’un rassemblement à Téhéran, en Iran, le 29 avril 2026. (Majid Asgaripour/Agence de presse West Asia via Reuters)
Des personnes chantent lors d’un rassemblement à Téhéran, en Iran, le 29 avril 2026. (Majid Asgaripour/Agence de presse West Asia via Reuters)
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  • La reprise du conflit entre l’Iran et les États-Unis est jugée « probable » après l’échec des négociations et le rejet par Donald Trump d’une nouvelle proposition iranienne
  • Malgré un cessez-le-feu, les tensions restent élevées (blocus, présence militaire, crise économique), et le conflit continue sous d’autres formes dans la région

TEHERAN: Un responsable militaire iranien a jugé samedi "probable" une reprise de la guerre avec les Etats-Unis, après le rejet par Donald Trump d'une nouvelle offre de Téhéran pour relancer les négociations de paix.

Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l'Iran et de représailles de Téhéran dans la région.

Une première session de pourparlers directs à Islamabad le 11 avril s'est révélée infructueuse, et jusqu'ici sans lendemain tant les divergences restent fortes entre les deux camps, du détroit d'Ormuz au volet nucléaire.

L'Iran a transmis cette semaine un nouveau texte via le Pakistan, médiateur des discussions, sans qu'aucun détail ne filtre sur le contenu.

Donald Trump a cependant dit vendredi n'être "pas satisfait" de cette dernière mouture, répétant qu'à son sens les dirigeants iraniens étaient "désunis" et incapables de s'entendre sur une stratégie de sortie du conflit.

Le président américain, qui avait déjà menacé d'anéantir la "civilisation" iranienne, a ajouté qu'il préférerait ne pas avoir à "pulvériser une fois pour toutes" l'Iran mais qu'une reprise de la guerre restait "une option".

Il a été briefé jeudi par l'armée sur de possibles nouvelles actions militaires.

"Une reprise du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis est probable, et les faits ont démontré que les Etats-Unis ne respectaient aucune promesse ou accord", a réagi samedi Mohammad Jafar Asadi, inspecteur adjoint du commandement des forces armées Khatam Al-Anbiya, cité par l'agence de presse Fars.

"Les forces armées sont parfaitement préparées à toute nouvelle tentative d'aventurisme ou à toute action imprudente de la part des Américains", a-t-il ajouté.

- "Terminées" -

Donald Trump avait théoriquement jusqu'à vendredi pour demander l'autorisation du Congrès américain pour poursuivre la guerre. Il a préféré envoyer une lettre à des responsables parlementaires pour leur notifier que les hostilités contre l'Iran étaient "terminées", même si plusieurs élus démocrates ont souligné que la présence continue de forces américaines dans la région indiquait le contraire.

L'USS Gerald Ford, le plus grand porte-avions du monde, a quitté le Moyen-Orient, mais 20 bâtiments de la marine américaine, dont deux autres porte-avions, restent déployés.

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale, avec notamment des cours du pétrole montés cette semaine à des niveaux inédits depuis 2022.

Car si les bombardements ont cessé, le conflit perdure sous d'autres formes: Washington impose un blocus aux ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Alors que Donald Trump s'indigne du refus des Européens de le soutenir militairement face à l'Iran, le Pentagone a annoncé le retrait de quelque 5.000 militaires d'Allemagne d'ici un an, une réduction conséquente de ses effectifs sur le continent.

Le président a été particulièrement agacé par des propos du chancelier allemand Friedrich Merz affirmant que les Américains n'avaient "aucune stratégie" en Iran et que Téhéran "humiliait" la première puissance mondiale.

-  Nouvelles exécutions -

Pendant ce temps, l'Iran reste inflexible. "Nous n'accepterons certainement pas qu'on nous impose" une politique, a lancé vendredi le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï.

Negar Mortazavi, du groupe de réflexion Center for International Policy, souligne "la cohésion" du pouvoir iranien, uni dans une "bataille existentielle".

Si à la faveur de la trêve, les Iraniens ont pu renouer avec une certaine normalité, leur quotidien est plombé par l'inflation qui explose tout comme le chômage, dans un pays déjà affaibli par des décennies de sanctions internationales.

Le guide suprême, Mojtaba Khamenei, a d'ailleurs exhorté dans un message écrit, les entreprises qui ont subi des dégâts à "éviter autant que possible les licenciements", au nom de la "guerre économique et culturelle" que mène l'Iran.

Amir, 40 ans, raconte débuter sa journée en "regardant les infos, et les nouvelles d'exécutions" par le pouvoir iranien. La justice a encore annoncé samedi la pendaison de deux hommes accusés d'espionnage au profit d'Israël.

"J'ai l'impression d'être coincé au purgatoire", dit-il à l'AFP. "Les Etats-Unis et Israël finiront par nous attaquer encore" pendant que "le monde ferme les yeux".

Sur le front libanais, où Israël combat le mouvement pro-iranien Hezbollah malgré le cessez-le-feu, de nouvelles frappes sur le sud du pays ont fait 13 morts, dont un enfant, selon les autorités libanaises.


L'Iran a présenté une nouvelle proposition aux Etats-Unis via le Pakistan (média d'Etat)

A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
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  • L’Iran a soumis une nouvelle proposition de négociation visant à relancer le dialogue avec les États-Unis pour mettre fin au conflit
  • Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans ces discussions, qui restent bloquées malgré les efforts diplomatiques

TEHERAN: L'Iran a présenté une nouvelle offre en vue de la reprise des négociations avec les Etats-Unis, actuellement au point mort, pour mettre fin durablement à la guerre, a annoncé l'agence officielle iranienne Irna.

"La République islamique a transmis jeudi soir le texte de sa dernière proposition au Pakistan, médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis", selon l'agence, qui n'a pas donné plus de détails.


Téhéran active ses défenses aériennes, Trump prêt à ignorer le Congrès

Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Téhéran a activé sa défense antiaérienne malgré un cessez-le-feu fragile, tandis que Washington affirme que la limite légale des 60 jours pour autoriser la guerre ne s’applique plus, ce qui suscite des tensions politiques
  • Le conflit et le blocage du détroit d’Ormuz provoquent une flambée des prix du pétrole et une crise énergétique mondiale, avec des risques économiques majeurs

TEHERAN: Téhéran a activé jeudi soir ses systèmes de défense antiaérienne contre des drones et des petits avions, à l'approche des 60 jours du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, date limite après laquelle Donald Trump doit théoriquement demander l'autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre.

Mais son gouvernement a laissé entendre qu'il ignorera cette obligation qui incombe au président américain en principe vendredi, et que les démocrates se retrouvent impuissants à faire respecter.

Les Etats-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l'Iran le 28 février, et instauré un cessez-le-feu depuis le 8 avril, en dépit duquel le bras de fer entre entre Téhéran et Washington se poursuit, propulsant les cours des hydrocarbures à des sommets inédits depuis quatre ans.

Selon la Constitution américaine, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Une loi adoptée en 1973 permet cependant au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d'urgence, à condition, s'il engage des troupes américaines plus de 60 jours, qu'il obtienne une autorisation du pouvoir législatif.

Vendredi représente donc la date limite, mais le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a argué jeudi qu'en raison du cessez-le-feu "l'horloge des 60 jours est suspendue".

"Les hostilités qui ont commencé le samedi 28 février sont terminées", a ajouté à l'AFP un haut responsable de l'administration américaine. "Il n'y a pas eu d'échanges de tirs entre les forces armées américaines et l'Iran depuis le mardi 7 avril".

Washington impose un blocus des ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, faisant s'envoler les prix du pétrole.

Un haut responsable américain a évoqué une possible prolongation de cette mesure "pendant des mois".

Face à la perspective d'un enlisement du conflit, le Brent, la référence mondiale du pétrole brut, a brièvement dépassé jeudi les 126 dollars, un sommet depuis début 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Vendredi, il gagnait 0,59% à 111,05 dollars vers 05H00 GMT.

- "Défaite honteuse" -

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé jeudi que les Etats-Unis avaient subi une "défaite honteuse" face à l'Iran.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui dénoncé le blocus américain comme un "prolongement des opérations militaires".

A Téhéran, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir, contre des drones et des aéronefs dont la provenance n'a pas été communiquée.

"Le bruit de la défense antiaérienne a cessé après environ 20 minutes d'activité et de riposte contre de petits aéronefs", ont indiqué les agences Tasnim et Fars précisant que Téhéran se trouvait de nouveau dans une "situation normale".

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré la trêve et de premières discussions le 11 avril à Islamabad, la diplomatie semble dans l'impasse.

Pendant que les négociations piétinent, les répercussions du blocage d'Ormuz se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale, entre pénuries rampantes, poussées d'inflation et révisions à la baisse de la croissance.

"Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire", a jugé le patron de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol.

- "Au bord du gouffre" -

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est aussi alarmé de l'"étranglement" de l'économie planétaire en raison de la paralysie du détroit.

"C'est à présent le temps du dialogue, de solutions qui nous éloignent du bord du gouffre et de mesures capables d'ouvrir une voie vers la paix", a-t-il plaidé dans un message sur X.

Sur le front libanais, de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays ont fait au moins dix-sept morts jeudi.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre ce dernier et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, considérant le Liban "à un tournant". "Son peuple a l'occasion historique de reprendre en main son pays et de forger son avenir", a-t-elle estimé sur X.

Les opérations menées au Liban par Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, ont fait plus de 2.500 morts et plus d'un million de déplacés depuis début mars, selon les autorités.