Londres renforce ses sanctions contre la Russie et livre des missiles à l'Ukraine

Des militaires ukrainiens de la 65e brigade mécanisée des forces armées ukrainiennes sont vus dans une tranchée près du village de première ligne de Robotyne, dans la région de Zaporizhzhia, le 21 février 2024 (Photo, Reuters).
Des militaires ukrainiens de la 65e brigade mécanisée des forces armées ukrainiennes sont vus dans une tranchée près du village de première ligne de Robotyne, dans la région de Zaporizhzhia, le 21 février 2024 (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 22 février 2024

Londres renforce ses sanctions contre la Russie et livre des missiles à l'Ukraine

  • Ces sanctions visent plus de 50 personnalités et entreprises
  • Plus de 14 millions de personnes ont fui leurs foyers en Ukraine

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé jeudi, à l'occasion des deux ans de l'invasion d'envergure de l'Ukraine, des sanctions supplémentaires contre la Russie et de nouvelles livraisons de missiles aux Ukrainiens.

Ces sanctions visent plus de 50 personnalités et entreprises, notamment dans des secteurs qui permettent à l'armée russe de se fournir en munitions, missiles et explosifs, a précisé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Elles visent aussi des "sources clés de revenus pour la Russie", avec le commerce de métaux, de diamants et de ressources énergétiques, afin de "couper les financements de la guerre illégale de Poutine de tous les côtés possibles".

"La pression économique internationale que nous exerçons signifie que la Russie ne peut pas se permettre cette invasion illégale. Nos sanctions privent Poutine des ressources dont il a désespérément besoin pour financer sa guerre", a déclaré le chef de la diplomatie David Cameron, dans le communiqué.

"Ensemble, nous ne lâcherons rien face à la tyrannie. Nous continuerons à soutenir l'Ukraine dans sa lutte pour la démocratie, aussi longtemps qu’il le faudra", a-t-il ajouté.

Il a souligné que si l'économie ukrainienne était plus modeste que l'économie russe, "les économies des amis de l'Ukraine sont 25 fois plus importantes que celle de la Russie".

Ukraine: 14 millions de personnes ont fui leurs foyers depuis l'invasion russe, selon l'ONU

Plus de 14 millions de personnes ont fui leurs foyers en Ukraine à un moment donné durant les deux années écoulées depuis l'invasion russe en 2022, dont près de 6,5 millions sont encore réfugiées à l'étranger, a indiqué jeudi l'ONU.

Ces chiffres représentent au total près d'un tiers de la population ukrainienne, précise l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations Unies, dans un rapport publié à l'approche du deuxième anniversaire de l'invasion russe, le 24 février 2022.

L'OIM précise qu'aux personnes réfugiées à l'étranger, s'ajoutent quelque 3,7 millions d'Ukrainiens restant déplacés dans leur pays.

À ce jour, plus de 4,5 millions de personnes sont rentrées chez elles, depuis l'étranger ou après avoir été déplacées en Ukraine, selon l'OIM.

"Le pays est dévasté, et les pertes en vies humaines et les souffrances continuent", déplore la directrice générale de l'OIM, Amy Pope, dans un communiqué.

"L'OIM salue le gouvernement et le peuple ukrainiens pour leur force et leur résilience, ainsi que les pays voisins de l'Ukraine qui accueillent ceux qui fuient la guerre", souligne Mme Pope.

"Nous nous engageons pleinement à alléger les souffrances des victimes du conflit, et à contribuer au relèvement" de l'Ukraine, réaffirme-t-elle.

L'agence des Nations unies dit avoir porté assistance à quelque 6,5 millions d'Ukrainiens dans leur pays mais aussi aux réfugiés accueillis dans onze pays d'Europe de l'Est.

Londres précise préparer d'autres mesures contre Moscou, afin de lutter contre la "flotte fantôme" de navires pétroliers à la propriété opaque ou dépourvus d'assurances appropriées qui permettent à la Russie de contourner les sanctions.

Ces sanctions apportent "un signal clair selon lequel, deux ans après, le Royaume-Uni et ses alliés restent unis dans leur soutien inébranlable à l'Ukraine", a souligné le Foreign Office.

Londres, l'un des principaux soutiens de Kiev, a récemment annoncé augmenter son aide militaire à l'Ukraine, qui, pour l'année 2024/2025, s'élèvera à 2,5 milliards de livres sterling (2,9 milliards d'euros).

En plus des milliers de drones déjà promis, le ministre de la Défense Grant Shapps a fait état jeudi au Parlement de la prochaine livraison de 200 missiles antichars Brimstone supplémentaires à l'armée ukrainienne, soulignant que ce type d'armes avait eu "un impact important sur le champ de bataille".

Il a ajouté que le Royaume-Uni formerait 10.000 soldats ukrainiens supplémentaires au premier semestre de cette année.

Tandis que l'aide américaine est actuellement bloquée au Congrès, il a estimé que 2024 serait "une année déterminante pour l'Ukraine" : "Il est temps pour l'Occident et toutes les nations civilisées de passer à l'action et d'apporter à l'Ukraine le soutien dont elle a besoin".


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.